18/08/2012

Bilan des 100 jours de François Hollande

Ce n'est qu'un début, continuons le combat !

                                                                                                             

Le tocsin a sonné. L'heure du bilan des 100 premiers jours de la Présidence de François Hollande est arrivée. Tous les médias titrent dans ce sens. Les commentaires fusent. On questionne déjà les Françaises et Français pour percevoir leur niveau de satisfaction. Futilités !

 

Hollande a toujours affirmé qu'il inscrivait son action sur la durée de son mandat de 5 ans. Pas de coup médiatique superficiel. Loin, les effets de manche made in Sarkozy. Dans cette actualité complexe, l'élu socialiste veut graver son changement dans le marbre et éviter la poudre aux yeux. Le jeu politique axé sur l'insignifiant est enterré. Le changement qu'il porte se concrétisera lors d'un long marathon et pas par saupoudrages aussi légers qu'inefficaces.

 

Son style est bien différent, presqu'anachronique dans cette société de l'instantané et du zapping. Le projet politique reprend le leadership sur les jeux des petites phrases tonitruantes. La réforme en profondeur supplante l'action pschitt, sans effet ni importance réelle !

 

Françoise Hollande, comme son gouvernement et sa majorité parlementaire, prennent leur temps pour réfléchir, étudier, consulter, dialoguer, puis concrétiser, avant d'évaluer et éventuellement corriger. C'est avec cette ténacité et ce sérieux que la véritable réforme de la société se déploie. Seuls les impatients peuvent être déçus ; qu'ils ne confondent pas empressement avec efficience.

 

Dans la dynamique de cette réalisation dans la durée, l'escarcelle des succès se remplit progressivement.

 

Sans viser l'exhaustivité, les exemples de réussites sont déjà nombreux ... Le comportement du politique est en mutation. Les Ministres ont réduit leur salaire dans un souci d'exemplarité et se plient à une charte éthique rigoureuse. Le train de vie des élus est réduit. La mixité est la règle au sein du Conseil des Ministres. Les femmes occupent la moitié des sièges, elles qui étaient condamnées depuis trop longtemps à n'occuper qu'un petit nombre de sièges, souvent subalternes. Hollande a mandaté le sage Lionel Jospin pour former un groupe de travail devant moraliser la vie politique et stopper le cumul des mandats politiques.

 

La loi contre le harcèlement sexuel a été ficelée rapidement. Le SMIC a été enfin augmenté, même si cette hausse reste insuffisante. L'allocation de rentrée scolaire a sui le même sort bénéfique. La retraite à 60 ans a été rétablie pour les travailleuses et travailleurs accomplissant des boulots pénibles. Une enveloppe de nouveaux postes d'enseignement a été accordée, mettant fin  aux coupes budgétaires récurrentes de la droite. L'école est redevenue une priorité pour cette nouvelle majorité de gauche. Un signe prometteur pour construire un projet d'avenir pour le pays. Le détricotage des lois fiscales sarkozystes, qui favorisaient indignement les grandes fortunes, a commencé. La police de proximité, remède pour lutter contre l'insécurité, retrouve de la vigueur dans les quartiers les plus risqués. Les loyers dans les villes asphyxiées par la spéculation sont désormais encadrés.

 

Au niveau international, la voix de la France compte, à nouveau, dans le concert des grandes puissances. Avec son humour, son sens du contact facile et son intelligence vive, François Hollande a vite trouvé sa place parmi les dirigeantes et dirigeants de la planète. Quoi qu'en dise ses adversaires, la France a pris la pole position pour favoriser la paix et la démocratie en Syrie. En Afghanistan, le nouveau Président tient sa promesse et à lancer le retrait des troupes françaises. En Birmanie, sa rencontre avec Aung San Suu Kyi est un signal fort en faveur des libertés. Dans l'Union européenne, François Hollande a impulsé la croissance, reléguant l'intégrisme « austéritaire ».

 

De nombreux chantiers se sont ouverts ou sont programmés pour faire évoluer la France, l'Europe et le monde. Le changement, c'est maintenant, même si les résultats ne sont pas tous immédiats.

 

Un seul vrai bémol ! La politique d'exclusion  menée à l'encontre du peuple persécuté des Roms. L'acharnement du Ministre de l'Intérieur Manuel Valls est une trahison aux idéaux socialistes, qui entache les débuts de l'ère Hollande. Le Président de la République ne pourra pas le laisser agir plus longtemps. La Première Secrétaire du Parti socialiste français et Maire de Lille Martine Aubry ne décolère d'ailleurs pas contre Valls. Elle a même écourté ses vacances pour venir commenter avec désarroi le démantèlement d'une résidence de Roms dans sa ville, sans qu'elle soit informée,  nonobstant son programme d'intégration des gens du voyage novateur et remportant de beaux succès.

 

Après 100 jours au pouvoir, il est bien trop tôt pour tirer un bilan crédible de l'action de Hollande. Ses débuts sont prometteurs. Le style sobre, normal et proche de la population donne un air rafraichissant à la politique et à la France. Ce n'est qu'un début ... Continuons le combat !

 

Christian Brunier, ancien député socialiste

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