24/10/2012

Les Manouches sont aussi des victimes de l’Holocauste

 « Les Sinti et les Roms sont la plus grande minorité ethnique d'Europe

est aussi la plus pauvre, subissant toujours discriminations et racisme. »

Romani Rose, Président du Conseil central allemand des Sinti et Roms.

 

Ce matin, à Berlin, un mémorial dédié au peuple rom victime du génocide nazi, durant la Seconde Guerre mondiale, a été inauguré. Cet hommage est une reconnaissance légitime de ce massacre, trop souvent et trop longtemps occulté. Plus de 500'000 Sinti et Roms ont été exterminés par les Nazis.

 

Cette commémoration émouvante est une alerte contre le mépris. Après toutes ces années d’indifférence, les Roms restent une population stigmatisée et maltraitée. La discrimination contre ces personnes est systématique dans nos pays, fiers pourtant de se revendiquer comme de belles démocraties, bâties sur la Charte des droits humains.

 

Une main tendue pour obtenir une pièce, une demande polie de nettoyage d’un pare-brise, un jeu de bonneteau dans la rue ou un air de musique tzigane joué dans le tram est assimilé, par beaucoup, à de l’insécurité. Evidemment, nous pouvons nous sentir dérangés par une multiplication de sollicitations en traversant une ville. Nous pouvons percevoir un malaise face à cette pauvreté. Et pourquoi pas, ressentir un peu de culpabilité. Mais, parler d’insécurité est une banalisation de ce terme et un affront à ce peuple rejeté.

 

Personnellement, j’ai davantage la trouille du bras tendu illustratif des thèses extrémistes que de la main tendue d’un humble mendiant.

 

Les tenants des grands trafics, les blanchisseurs d’argent sale, les mafieux de tous genres sont les responsables de l’insécurité ; pas ces personnes déambulant dans les villes, demandant l’aumône et dormant sous nos ponts.

 

Oui, la différence interpelle. Tandis que l’on qualifiait Django Reinhardt de génie, les SS exécutaient le peuple du guitariste de jazz, en le considérant comme « racialement inférieur ». Il est étonnant de constater que les rachitiques du cerveau ont une fâcheuse tendance à considérer celles et ceux qui ne leur ressemblent pas comme des moins que rien.

 

Nous devons apprendre de l’histoire. La haine n’apporte que mépris et violence. Jamais le rejet de l’autre n’est une solution. L’émancipation humaine émane de la fraternité entre les peuples et entre les êtres.

 

L’intégration doit effacer la marginalisation des peuples tziganes. Une meilleure connaissance du passé et du présent de ces gens du voyage doit ouvrir la porte de notre compréhension. Les Roms doivent avoir accès aux droits élémentaires des humains : une terre, des conditions salubres d’habitation, de la subsistance, de l’éducation, un accès aux prestations de santé publique et des possibilités de travailler légalement. Leurs Etats de « résidence » ne leur offrent pas ces conditions dignes d’existence. L’Union européenne possède pourtant des leviers pour mettre sous pression ces gouvernements qui maltraitent ces populations. Et nous, simples citoyennes et citoyens, nous devons savoir faire parler nos cœurs afin de ne pas nous calfeutrer dans nos carapaces d’indifférence, voire de rancœur.

 

Bravo à l’Allemagne d’avoir construit ce monument, réalisé par l’artiste israélien Dani Karavan, pour nous souvenir et nous encourager à la solidarité envers les Sinti et les Roms.

Commentaires

Il n'y a pa de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ou, dans votre cas, qui n'entend que ce qui l'arrange. Faire la manche dans la rue, nettoyer des pare-brise, d'accord... Quoique, dans ce dernier cas, il n'y a généralement pas de demande, mais des insultes lorsque l'on décline poliment l'offre. Par contre, le bonneteau, s'il ne met pas en danger l'ordre public, est une vaste entreprise de vol à l'astuce, orchestrée par des groupes de malfrats organisés. Ces actes sont indéfendables, même au nom de la précarité de ceux qui les perpètrent.

La générosité, d'accord; la solidarité, d'accord. Mais l'aveuglement naïf et niais, non, pas d'accord.

Écrit par : Déblogueur | 25/10/2012

vous faites bien de le relever,mais finalement qui y'a vraiment échappé? d'une manière ou d'autre autre sans avoir vécu l'horrible drame des camps de la mort toute l'Europe a payé le prix de cette forfaiture y compris la Suisse.
Certains nazis ont su tout de même profiter des traitres qui ont su les aider en cas de nécessité mais heureusement la population ne fut jamais vraiment mise au courant.Excepté les plus proches et soumis au stress du no comment!
A mon humble avis le conflit de 39-45 ne sera jamais terminé tant que les historiens n'auront pas réuni assez de preuves prouvant l'authenticité de nombreux faits ou détruits ou simplement écartés des soucis du quotidien de l'époque d'après guerre.Mais parfois il suffit d'un traumatisme violent pour alors que la mémoires endormie se remette à fontionner et permette à la pendule biologique de remonter dans le temps pour révéler des faits endormis eux aussi par la mémoire collective et rallumés simplement pas un bruit ,un son ou un timbre de voix. Ce que certains nomment des flashs
L'année 2000 aura été une porte ouverte sur le passé offrant alors aux enfances meurtries de s'exprimer enfin et les libérer de cauchemards portés par les victimes seules et sur une existence de plus de 60 ans

Écrit par : lovsmeralda | 25/10/2012

Vous avez raison de souligner le statut des Sintis et Roms. Ils sont présents au Mémorial Yad VaShem de Jérusalem et au kibbutz Lohamei HaGhettaot à Akko. Mais sans reconnaissance véritable. Merci!

Écrit par : alexander winogradsky | 27/10/2012

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