31/12/2012

Gourmandises provençales

Avons passé quelques jours en Provence et avons récolté quelques souvenirs goûteux … De grands gourmands …


Gastronomons à l’Isle sur la Sorgue

 

Nous brocantons … Puis, nous gastronomons … Pour la seconde fois, nous déjeunons au « Café fleurs », le Restaurant au Jardin d’Aubanel, au milieu des cours d’eau de la Cité. Ce site est charmant. Un Rosé « Pensée Sauvage » du Domaine de Bon Remède pour ma douce et un Viognier du Domaine de la Citadelle ancré dans le Vaucluse nous ouvrent l’appétit. Manger, est synonyme, pour moi, de plaisir. Simplement se nourrir, n’a aucun sens. Une soupe de courge, parfumée au curry, lance le « Menu Plaisir », une liste de plats portant bien son nom. La Tourte chaude de gibier, vinaigrette à la truffe et bouquet de roquette composent l’entrée. Mon plat principal est un civet de biche d’Alsace, courge butternut et poitrine fumée de la Forêt Noire, sauce civet. Mon choix de dessert se porte sur le Délice de Macaron, Douce amertume de Thé Matcha, Velours de marron et fraîcheur de framboises. J’ingurgite deux vins rouges différents durant ce bon gueuleton : un Crozes Hermitage, Cuvée L du Domaine Combier ; puis un Côte du Rhône, pur Mourvèdre, du Domaine Pélaquier.

 

 

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L’ennemie du bon vin

 

Les tenants du terroir gardois se moquent des Américains qui veulent produire du pinard avec peu d’alcool. J’adhère à leurs quolibets. Les USA pensent détenir la clé du problème, grâce au mouillage. Rire dans les chaumières locales : « Mais, le Nouveau monde ignore notre sagesse. Ici on sait depuis la nuit des temps que l’eau est l’ennemie du vin ! »

 

Rendez-vous à la Mordorée

 

Dégustation au Domaine de Mordorée, un haut lieu de Tavel. « Il faut avoir dégusté les liracs du domaine de la Mordorée pour comprendre tout le potentiel de cette appellation », Revue du Vin de France. Ce domaine viticole gardois se situe au centre du village de Tavel, la capitale mondiale du rosé. Ses vignes produisent de grands crus de la Vallée du Rhône : Tavel, Lirac et Châteauneuf-du-Pape. La philosophie de cette cave s’exprime en une phrase : « La fin ne justifie jamais les moyens. » Sa priorité est clairement la qualité, conforme à un développement durable et satisfaisant le plaisir de ses clients. Sa présentation témoigne de son engagement : « Nous avons une éthique qui nous impose un immense respect de ce don de la nature que sont les terroirs et les paysages de notre région. Cette éthique exige une déontologie à chaque étape de la production pour que demain les générations futures puissent vivre en harmonie dans ce milieu exceptionnel. Nous ne sommes que de passage sur cette terre et notre vocation n’est pas d’épuiser les ressources dont nous disposons, mais de les mettre en valeur. (…) Dans cette démarche un mot et sa signification sont essentiels pour nous : le respect : respect des hommes, respect de la nature, respect des clients, respect des cultures et de nos convictions. » La qualité n’est pas un vain mot pour ce Domaine. Un ensoleillement idéal, des terres riches, des raisins nobles. La diversité de ses vignobles lui permet de jongler avec les microclimats. Ces bienfaits de la nature sont mis en valeur par une culture respectueuse de l’environnement et une vinification illustrative d’un grand professionnalisme. De sa proximité avec la nature, ce Domaine a tiré son nom : la Mordorée. Ce terme est l’appellation poétique de la bécasse des bois, magnifique oiseau migrateur qui séjourne dans le Gard d’octobre à mars. Les responsables de ce Domaine rejettent la viticulture business : « Les « grands vignerons » d’aujourd’hui sont surtout de grands managers experts en marketing. Parfois ce ne sont que des investisseurs, le plus souvent ce sont, au mieux, des gérants d’entreprise qui donnent leurs directives à un chef de culture, un responsable de cave et qui découvrent leurs vins une fois finis.Nous-mêmes sommes à des années lumières de cette philosophie.Être vigneron ce n’est pas un métier comme les autres, c’est plutôt une vocation, une passion dévorante qui nécessite de ne jamais perdre le contact avec ses vignes. » Le Tavel « La Dame Rousse » de ce Domaine est exceptionnel. Solide rosé, très alcoolisé, long en bouche, est idéal pour accompagner un bon repas estival. Dominé par un cépage Grenache (60%), ce vin accueille aussi du Cinsault (10%), du Mourvèdre (10%), de la Syrah (10%), du Bourboulenc (5%) et de la Clairette (5%). Sa robe est bien rose, la couleur de l’amour. Sa brillance augure un repas festif. Ses arômes sont fins, complexes et très fruités, avec une légère dominance framboisée. Son autre Tavel rosé est la Reine des Bois. Lui aussi, puissant, est plus adapté pour un moment de gastronomie que pour l’apéro. 60% Grenache, ce vin de belle tenue contient 15% de Clairette, 10% de Syrah, 10% de Cinsault et 5% de Bourboulenc. D’une couleur vive et brillante, sa floralité se mélange habilement aux senteurs de petits fruits. Un patchwork composé de Grenache (30%), Viognier (15%), Roussanne (15%), Clairette (10%), Picpoul (10%), Bourboulenc (10%) et Marsanne (10%) donne naissance à un Lirac blanc baptisé « La Reine des Bois ». Il peut se consommer en apéritif. Ce vin est idéal pour accompagner les poissons et les fruits de mer. Le Lirac « Reine des Bois » existe de surcroît en rouge. Trois cépages se partagent la maternité de ce vin, à part égale : Grenache, Syrah, Mourvèdre. Barriqué, ce vin à la robe noire bleutée a des tanins prononcés et valorise les fruits noirs et les arômes floraux. Son Lirac rouge « Dame Rousse » est un couplage entre Syrah et Grenache. Un moitié-moitié. La noirceur de sa robe illustre sa force et sa générosité. Les fruits rouges et noirs, et la violette forment  le parfum explosif de ce bon cru. Une cuvée Châteauneuf-du-Pape rouge se nomme aussi « La Reine des Bois ». 80% de Grenache, 10% de Mourvèdre, 5% de Syrah, 2,5% de Vaccarese et 2,5% de Counoise en font un cocktail rouge de caractère, ample et boisé tout en gardant un bel esprit fruité. Sa couleur rubis est puissante comme son goût. « La Plume du Peintre » est un autre Châteauneuf-du-Pape rouge. Un tiers Mourvèdre, un tiers Syrah et un tiers Grenache, provenant de vieilles vignes, lui confèrent une dominance fruits noirs, avec une pointe discrète de café, voire de chocolat. Son odeur inonde vos narines. Sa bouche est d’une longueur incommensurable. Un nectar approprié pour les plats forts, les viandes et le gibier. Dans la série Appellation Côtes-du-Rhône rosé, nous trouvons « La Dame Rousse ». La tête d’affiche est occupée par le cépage Grenache (40%). La Syrah est présente à 30%. Le reste se décompose en Cinsault (15%), Carignan (10%) et Mourvèdre (5%). Ce rosé est légèrement orangé. Ce léger reflet orange explique peut-être sa pointe d’agrumes accompagnant un bel arôme de cerise. Une Appellation Côtes-du-Rhône rouge est à la carte de cette belle cave, sous le nom déjà très usité de « Dame Rousse ». Ce rouge corsé dégage des parfums de fruits noirs. On fleure le cassis, la mûre et la violette. Ses tanins sont puissants. Son « Merlot & Marselan » s’affiche sous l’Appellation « Vin de France ». Ce rouge frais, léger et fruité peut être servi à l’apéritif. Ses vins accumulent médailles et distinctions. Le passage dans ce Domaine est une étape gardoise à ne louper sous aucun prétexte.

 

Domaine de l’Aqueduc

 

Changeons de cave. Revenons vers Uzès pour découvrir un domaine, que nous n’avons jamais visité, mais dont nous connaissons certains crus. Nous voici au Domaine de l’Aqueduc. Ce viticulteur axe ses produits en jouant principalement avec les cépages suivants : Grenache, Syrah, Mourvèdre et Carignan. Son best-of est assurément La Garrigue de Bornègre, un vin épicé, de caractère, barriqué en douceur. Pour que son pinard s’inspire du chêne, sans prendre trop son goût, il acquère des barriques d’occasion, ayant déjà accueilli des blancs durant trois années. « Les Restanques » est une réussite typée Carignan. « Dominia » est un rouge hors normes, laissant en bouche une pointe de réglisse dès sa première absorsion. Les produits sont authentiques, soignés et fidèles aux bienfaits du terroir. Leurs rapports qualité-prix sont excessivement performants. La convivialité et la simplicité transpirent dans ce lieu.

 

Pause au Vieux Castillon

 

Soirée gourmande au « Vieux Castillon », un restaurant gastronomique de Castillon-du-Gard, au cœur d’un hôtel prestigieux, à 5 minutes du Pont-du-Gard. Dans un cadre de vieilles pierres, le Grand Chef Christophe Ducros se décarcasse pour concevoir une cuisine valorisant les terroirs. Chassant les meilleurs produits régionaux, Ducros a élevé ce resto au stade des meilleurs établissements culinaires gardois. Nous prenons l’apéro au salon. Ariane sélectionne un Champagne mélangé avec une liqueur locale, tandis que je me concentre sur un Sauvignon. Passons à table pour déguster le menu « truffes ». L’amuse-bouche de bienvenue est une émulsion de truffes, mélangée avec des cœurs d’artichauts. Ça démarre bien ! Le Risotto « Vialone Nano » aux truffes de saison, Jaune d’œuf en juste cuisson et vrai jus de volaille fait son apparition. Odorant et délicieux ! Nos sélections diffèrent à ce stade. Ma belle choisit un poisson : un Cappuccino de pétales de turbot juste snackés, Velouté de topinambours au parfum de rabasse. Moi, je dévore un Parmentier de joues de bœuf « tradition », Viennoise et jus aux truffes noires, tuiles de cacao amer. Le fromage est un camembert truffé avec une vinaigrette aux lamelles de truffes. Nous frôlons l’overdose truffière et commençons à avoir les dents arrière qui baignent. Nous ne touchons que partiellement à l’avant-dessert à base de moka, certainement avec une touche de truffe. Voici le dessert : Champignon des sous-bois au chocolat et réglisse, Terre de cèpes aux pistaches et crème glacée à l’huile de truffe.  Les mets sont exceptionnels. Le pinard, un « Costières de Nîmes », est vachement bon. Il manque juste un peu de musique, dans cette salle aux poutres imposantes.

 

 

14:33 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (0)

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