03/01/2013

Premier jour en Inde : Au pays de Gandhi !

« Chaque homme, chaque femme, quelle que soit sa force physique,

est le gardien de sa dignité et de sa liberté. »

Mahatma Gandhi

 

Excitation au max. Nous partons pour l’Inde. Départ de Genève pour une escale munichoise. Le vol prévu pour 17 h. 15 part avec une bonne demi-heure de retard. L’escale étant courte, nous avons la trouille de louper l’avion. Nous rencontrons un Indien vivant entre Genève et l’Inde. Il nous rassure. Nous allons y arriver. Il est l’un des responsables du Restaurant indien Chandigarh Tandoori, se trouvant 67, bis rue de Lyon, à Genève. Fixé à 18 h. 50, le vol pour Dehli, Aéroport Indira Gandhi, part avec une heure de retard. Le pilote rattrape largement son dû.

 

Dans ses « Carnets de route », Victor Segalen affirmait que dans un voyage l’attente des lieux et des villes à découvrir est une jouissance par elle-même. C’est mon ressenti, fort plaisant, en me dirigeant vers l’Inde.

 

A l’Aéroport de Genève, on bouffe et on boit du rouge. Durant le trajet Genève-Munich, on bouffe et on boit du rouge. Lors du vol Munich-Dehli, on bouffe, on boit du rouge, du blanc, de l’alcool, mais on ne dort pas ou peu.

 

Ecoute, dans le zingue, les deux révoltés jazzy : « Thelonious Monk with John Coltrane ». Un pur délice. Ils ont invité encore un tas d’autres génies du jazz, comme Coleman Hawkins ou Art Blakey.

 

Regardons la comédie « Astérix et Obélix : Au service de sa Majesté ! » avec Catherine Deneuve, Valérie Lemercier, Gérard Depardieu, Edouard Baer, Fabrice Luchini, Guillaume Gallienne, Gérard Jugnot, … Sympa pour passer le temps en souriant, mais pas un chef-d’œuvre.

 

Nous survolons l’Afghanistan. Tout va bien !

 

Arrivons en Inde. Au pays de Gandhi, comme dans tous les pays, on s’amuse, on danse, on rit … Je ne pouvais pas m’en empêcher, culture TV oblige !

 

L’Occident a la montre. L’Inde a le temps. Notre ami Marc Junet nous avait promis la vérification de ce proverbe dès notre arrivée à Dehli, où les démarches bureaucratiques d’entrée et la recherche des bagages durent … Bien, pas du tout. Tout se passe dans la facilité et la rapidité.

 

Nous faisons connaissance avec notre chauffeur, un jeune sympathique. Par contre, il ne parle essentiellement que l’indi, avec quelques connaissances très basiques de l’anglais. Louer les services d’un chauffeur est le meilleur moyen de se déplacer dans la Patrie de Gandhi et Nehru. En plus, les tarifs sont excessivement raisonnables, calculés sur la base d’un forfait pour l’ensemble du parcours, durant 11 jours et nuits, essence et assurance comprises. Une bonne adresse d’agence de chauffeurs : http://www.coxandkings.com/

 

Un premier phénomène nous frappe dès notre arrivée, la foule. Ce légendaire pays, dont nous allons visiter un tout petit bout pour la première fois, rassemble 1,2 milliard d’habitant-e-s, mosaïque de cultures et de religions. Rien qu’à Dehli, 17 millions de personnes y résident.

 

Nous prenons la route pour nous rendre à Agra, immense ville où les touristes se massent pour admirer le Fort Rouge, le Mausolée d’Itimad-ud-Daulah et surtout le Taj Mahal. Cette cité, carrefour des voyeuses et voyageurs, n’a quasiment pas changé depuis le XIXème siècle.

 

L’Inde est le berceau d’un tas de philosophies et de croyances. La solidarité y est prônée abondamment. Ces beaux sentiments n’empêchent pas 29,8% de la population à vivre en dessous du seuil de pauvreté. Le long de notre parcours, cette détresse sociale nous saute aux yeux et nous perturbe. Des gosses vivent dans des conditions déplorables. Ce chiffre de fracture sociale est d’autant plus choquant que le PIB du pays a passé de 476 milliards de dollars en 2000 à 2'117 en 2012. La redistribution est insuffisante pour garantir la dignité de toutes et tous.

 

Pour parcourir moins de 200 bornes, nous mettons plus de 5 plombes. La cohue routière est généralisée. Genève, aux heures de pointes, c’est le paradis par rapport à ici. Les Indiens conduisent comme des fous du volant. Tout le monde force. Pas un mètre carré laissé libre. Les voitures, les deux routes, les piétons, les chars tirés par des animaux, … tous s’entremêlent ! Une partouze de circulation. On frôle à tout moment les collisions et finalement ça passe.

  

Certains ont des talents de déménageurs (photo : Christian Brunier) …

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