09/01/2013

Le soleil revient enfin sur l’inde

« Le bonheur est une recherche.

Il faut y employer l’expérience et son imagination. »

Jean Giono, Voyage en Italie

 

Pour la première fois depuis notre arrivée en Inde, le soleil brille dès l’aube. L’ambiance est tout de suite plus chaleureuse.

 

Nous avalons vite notre petit-déj et allons découvrir l’incroyable Hawa Mahal, le Palais des vents. Icône de la ville, cet édifice date du 18ème siècle. De loin, ce bâtiment ressemble à une couronne. Ce monument est dédié au Dieu Krishna. Cette divinité incarne la victoire du bien sur le mal. Bien fait ! Ce Dieu hindouiste de l’Amour est souvent représenté sous les traits d’un jeune homme. Flûtiste virtuose, son charisme et ses talents de musicien, attiraient les femmes, dont il aimait leur compagnie. Elles dansaient autour de lui en hurlant : « Hare Krishna ! Hare Krishna ! » La légende lui assigne un millier de maîtresses. Une sorte de Strauss-Kahn ! Radha fut sa femme préférée.

 

Nous nous en allons pour Amber, à une dizaine de kilomètres de Jaipur. Cette cité s’étend à l’entrée d’une gorge, dans laquelle un magnifique lac - le Lac Maota - a trouvé sa place.  Nous montons au Fort à dos d’éléphant. Le nôtre est hyper rapide, doublant ses compères. Le Speedy Gonzalez des pachydermes … Le Fort d’Amber est un sommet de magnificence. Les Moghols bâtirent ce fort pour se protéger et pour montrer leur puissance. Ici, vécurent, du 16ème au 18ème siècle, les souverains Kachhwaha. Ensuite, le Maharaja Man Singh Ier prit possession des lieux et transforma ce fort en un Palais des Milles et Une Nuits. Ce must d’élégance hébergea ses 12 épouses privilégiées et son harem de 80 autres femmes. Un peu vantard le bonhomme. Ce monument est à couper le souple. Le Maharaja, en plus d’aimer les femmes, dégustait de bons alcools, naturels, précise notre guide. Certaines fresques sont évocatrices …

 

Reprenons la route. Marquons un arrêt pour admirer le Palais de l’eau, un must d’élégance. Les Maharajas occupaient ce lieu, en été, lorsque les températures se faisaient trop chaudes.

 

Un petit bonhomme réalise des tours de magie avec beaucoup de malices …

 

Shopping dans une fabrique de tissus. La carte de crédit va chauffer. Nous achetons des pashminas et des nappes. Je me fais confectionner un costard, sur mesure, en une demi-journée. Madame se drape dans un sari.

 

Revenons à Jaipur, l’une des perles du Rajasthan. En tant que socialiste, je jubile en franchissant les murs de la « ville rose », couleur du revêtement des façades de ses édifices fastueux. Construite en 1727, cette ville est la Capitale du Rajasthan. Conçue par l’urbaniste bengali, Vidyadhar Chakravarty, sous l’impulsion du Maharaja Sawai Jai Singh II, Jaipur signifie Cité de la Victoire. Elle est l’une des villes les plus animées, les plus plaisantes et les plus romantiques d’Inde. Rien à voir avec la pauvreté régnant dans les rues d’Agra …

 

Notre guide nous informe que Jaipur compte près de 4 millions d’habitant-e-s. Je rétorque que la Suisse, toute entière, n’en compte que 7 millions. Le guide, d’un air taquin : « Revenez dans trois ans et nous serons autant que vous rien qu’à Jaipur. »

 

Jetons un œil au Jantar Mansar. Ces cinq observatoires furent édifiés par le Maharaja Jai Singh II, passionné d’astronomie et de sciences, entre 1728 et 1734. Il y a là le plus grand cadran solaire du monde, s’élevant à 23 mètres et nous permettant de lire une heure très précise. Je me fais photographier devant mon signe zodiacal, bien que n’y croyant pas du tout. C’est bien évidemment la vierge, le signe de la chance …

 

Visitons le City Palace, résidence de l’actuel Maharaja de Jaipur. C’est le Maharaja Jai Singh II qui fit construire ce Palais au cœur de la cité, au XVIIème siècle. Cette demeure mélange trois styles d’architecture : l’indienne (rajpoute), la britannique et la moghole. Une partie est consacrée à un musée historique. Nous rencontrons des artistes locaux et achetons une de leurs œuvres. Dans ce lieu est concentrée la splendeur culturelle et historique de cette ville prestigieuse.

 

Coup de cœur pour la Cour de l’amour, là où les Maharajas célèbrent leurs multiples mariages …

 

Allons déjeuner au « Royal Treat », à Amer Road. Dégustons un Poulet Massala.

 

Cheminons dans le fascinant dédale des bazars de la ville, pleine de vie. Ça grouille de partout. Le trottoir est une gigantesque mêlée. La circulation s’articule comme un jeu de Tetris. Chaque véhicule s’emboite, occupant chaque centimètre carré. Traverser la chaussée est un pari avec la vie. Tout le monde klaxonne. Seules les vaches restent impassibles …

 

Notre guide : « Le gouvernement vient d’édicter une loi obligeant les personnes à traverser sur les passages piétons, sous peine d’amende. Le problème : 80% des gens ne savent pas ce que signifient les lignes peintes parterre. Il faudra 10 ans pour mettre en œuvre cette disposition. »

 

Nous nous gardons le sourire, heureux de notre journée bien remplie et ensoleillée …

 

Soupons au restaurant Indiana. Nous buvons du vin rouge indien, du « Sula », et de la bière locale. Nous mangeons du poulet avec des curry différents. Durant le repas, se déroulent un concert et des danses du Rajasthan. Pour le dessert, à midi, nous avons goûté une spécialité indienne le Gulab Jamun, un cake imbibé de sucre. Ce soir, nous misons sur la tradition en choisissant de la glace vanille recouverte de chocolat chaud. Nous discutons le bout de gras avec une table voisine composée de Toulousain-e-s.

 

Durant notre pitance, le tailleur débarque pour me faire essayer le costume sur mesure que j’ai commandé à midi. Je vais l’essayer derrière un mur dans la cour du resto. La scène est assez pittoresque, en slip, la nuit, avec une température digne d’un frigo.

 

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