29/01/2013

Le PS Ville de Genève supprime la parité pour le Conseil administratif

« Je suis de gauche, car tous les progrès sociaux viennent de la gauche. »

Jean-Louis Trintignant

 

 

Journal de bord du 28 janvier 2013 :

 

Tombe sur Coluche déconnant, sur les ondes de « Radio Orient », juste avant des appels coraniques. C’est comme ça que je préfère l’Islam !

 

Participe, en soirée, à l’Assemblée générale du Parti socialiste de la Ville de Genève, consacrée à des modifications statutaires.

 

Tout d’abord, le comité propose de supprimer la validation de l’adhésion d’un-e membre par l’Assemblée générale. L’Auberge espagnole peut être la porte ouverte à des adeptes sectaires ou à des adhérent-e-s folkloriques. L’A.G. a déjà permis de stopper l’adhésion de potentiels membres destructeurs pour l’équilibre et la cohésion du parti. Nous devons renforcer la convivialité pour accueillir les nouvelles et nouveaux, mais pas supprimer la validation démocratique. L’Assemblée générale suit le comité. J’approuve, par contre, l’organisation au minimum 3 fois par an d’une séance d’accueil des nouvelles et nouveaux.

 

Quelques propositions sont de grandes hérésies : « la Section encourage prioritairement l’adhésion et la désignation sur ses listes électives de personnes dont leur sexe, leur origine, leurs différences psychiques ou physiques, les expose à des discriminations et à une représentation moindre dans la société. » Il faut promouvoir les minorités. C’est une mission historique de la gauche. De là à en faire une exigence absolue … Cette « nouveauté » est complètement déraisonnable, bien que l’on soit toujours une minorité de quelque chose. La promo de la différence psychique ne me semble pas indispensable, dans un monde politique déjà peu stable et agité. Vu les débats actuels se déroulant sur les terrains politiques genevoises, il paraît judicieux de défendre davantage de stabilité psychique plutôt que de promouvoir la différenciation psy.

 

Une proposition vise à shooter la parité des sexes pour les candidatures socialistes à l’Exécutif de la Ville. Ça me gonfle de voir, qu’avant chaque élection, certaines et certains s’amusent à jouer avec ces concepts d’égalité des sexes pour soutenir ou évincer des candidat-e-s potentiel-le-s. La parité est pour moi primordiale. Pas question d’y toucher !!! Vu la multitude de talents, tant femmes qu’hommes, la parité ne sera en aucun cas un obstacle à la compétence, comme certain-e-s peuvent le prétendre. Le PS est le parti de l’égalité des sexes. A chaque fois, qu’il l’oublie ; il se divise ; il perd.  Le vote des femmes est déterminant dans nos succès. Renier le principe de parité, alors qu’un homme socialiste est à l’Exécutif, se mute concrètement en un acte contre les femmes. Intolérable pour les socialistes. J’ai l’impression que, ce soir, certaines et certains risquent de renier les acquis des dures combats historiques composant l’héritage glorieux de notre mouvement. Ne bradons pas nos valeurs. Un groupe d’angéliques affirment que l’étiquette hommes-femmes n’a plus d’importance, comme si la représentativité équitable des sexes en politique existait. Ce groupe vise la « déconstruction du genre ». On en est malheureusement bien éloigné.

 

Vote sur la suppression de toutes références du genre dans l’ensemble des statuts. Refus massif. Ouf ! Vote sur le principe d’avoir au moins une femme socialiste candidate à l’Exécutif de la Ville de Genève. Nette majorité contre. Nous ne sommes que 5 à soutenir cette version, pourtant base de notre philosophie. Suppression de la parité pour l’élection au Conseil Administratif.  Nous ne sommes que 6 à nous y opposer. Catastrophe !  

 

Chapitre suivant … Actuellement, un Bureau gère les affaires courantes, l’opérationnel. Un comité, assez massif en nombre, se consacre aux dossiers politiques, en s’appuyant régulièrement sur l’Assemblée générale. Le comité propose de supprimer le Bureau et de rétrécir le comité. Par conséquent, un p’tit comité siègera, chaque semaine. Je refuse cet aréopage hybride, trop grand pour gérer l’opérationnel (particulièrement les questions touchant au personnel ou à des dossiers délicats de militant-e-s) et trop restreint pour être largement représentatif des différentes tendances du PS. Carlo Sommaruga vante mes mérites d’avoir, grâce à une politique très participative, réussi à rendre très efficace une large structure, lorsque j’occupais à la présidence du parti cantonal. Pour lui, les organisations sont peu importantes, l’essentiel étant les humains les composants. L’Assemblée générale vote tout le contraire de mes positions ; une habitude, ce soir.

 

Je me barre de la séance, heureux d’avoir combattu en faveur des valeurs inhérentes du PS ; malheureux de la tournure prise par ma section municipale.

 

Laurent Ruquier disait : « La loi sur la parité, c’est ce qu’on appelle un coup de pied dans les partis. » Et bien ce soir, j’ai donné un bon coup au mien ! Sans effet !

07:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.