31/01/2013

Le PS genevois abandonne la stricte parité électorale …

Lu dans le journal « Le Temps », du jour, sous la signature de Marc Moulin 

 

C'est une petite révolution qui s'est opérée cette semaine chez les socialistes de la ville de Genève. L’assemblée de la section a modifié ses statuts. Les membres ont notamment adouci, voire aboli, les lois arithmétiques qui régissaient la composition de leurs listes électorales. Depuis 2005, la règle était contraignante : tant pour l'élection de l'assemblée communale que pour celle à l'exécutif, la liste rose devait comporter autant d'hommes que de femmes, à une unité près en cas de nombre impair. Cette semaine, une large majorité de l'assemblée a biffé toute règle de genre pour l'élection à la mairie alors que, pour le délibératif, le sexe le plus représenté ne devra pas dépasser 60% de la liste.

 

La parité stricte a fini par apparaître davantage « comme un fardeau plutôt qu'un instrument de promotion des femmes, commente Roberto Baranzini, Président du PS Ville de Genève. Pour l'élection à l'exécutif, il importe avant tout d'avoir la bonne personne au bon endroit, qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme. »

 

Lors de l'élection de 2011, alors que Sandrine Salerno se représentait à la différence de Manuel Tornare, les statuts excluaient les femmes pour seconder la sortante sur la liste. La règle de parité a donc favorisé la candidature masculine de Sami Kanaan, qui a été élu. « Or nous souhaitons pouvoir présenter deux femmes ou deux hommes, si c'est la meilleure option », conclut le Président.

 

Selon lui, diverses options ont été présentées aux membres après une réflexion menée par la commission de l'égalité du PS cantonal, dont les propres statuts ne prévoient pas une parité aussi stricte gue celle qui régissait jusqu'ici la section communale. L'éradication de toute notion de genre dans les statuts a été écartée car jugée « trop avant-gardiste ».

 

Votés à une large majorité, les changements n'en sont pas moins controversés. L’ancien député Christian Brunier s'y est ainsi, opposé. « Dans un monde idéal, on ne devraitpas avoir besoin de quotas, mais on est encore très loin de cette situation, argue-t-il. Pour moi, le PS a un devoir d'exemplarité, conforme à ce que nous souhaitons pour la société. Je comprendrais que nous abandonnions la parité si nous manquions de femmes compétentes,mais ce n'est pas le cas. Et je suis gêné que le changement se produise alors qu'une élection complémentaire pointe à l'horizon. »

 

Magistrate en ville, Sandrine Salerno pourrait être choisie en mars comme candidate au Conseil d'Etat et, en cas d'élection cet automne, laisserait un fauteuil communal vacant. Sa place pourrait alors être briguée par un homme socialiste (tel l'ancien conseiller national Jean- Charles Rielle ou le conseiller municipal Grégoire Carasso). « Mais c'est déjà le cas avec les anciens statuts, puisqu'ils parlent de liste et non pas de magistrats en place », corrige Roberto Baranzini. Selon lui, la réflexion,en cours depuis longtemps, est sans rapport avec des ambitions personnelles.

11:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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