11/02/2013

Miscellanées du 11 février 2013

« Il n’y a que du désir et du social, rien d’autre. »

Gilles Deleuze

 

Lis le journal « Gauchebdo ». Myriam Tétaz-Gramegna évoque le livre d’Anne Cuneo « La Tempête des heures ». Cet ouvrage évoque l’aventure du Schauspielhaus durant la Seconde Guerre mondiale. Ce théâtre zurichois était devenu un haut lieu de la culture de résistance contre la haine. Plusieurs comédien-ne-s et professionnel-le-s de la scène ayant fui l’Allemagne nazie y avaient trouvé refuge pour poursuivre leur carrière sur les planches. Souvent ces artistes étaient engagés à gauche et/ou d’origine juive. Le pouvoir nazi avait décidé de raser ce lieu culturel en cas d’invasion de la Suisse. Comme disait Lucie Aubrac : « Ils (les Nazis) nous avaient volé la Liberté et l’Egalité. Ils n’avaient pas pu interdire la Fraternité. »

 

Le Pape démissionne. Enfin, une bonne décision ! Nous allons peut-être voir arriver un Pape progressiste, ouvert, jeune, dynamique, faisant émerger les racines philosophiques du christianisme (solidarité, paix, fraternité, amour, …) et pourquoi pas, une Papesse. Nous pouvons toujours rêver.

 

Content de savoir que Willem a remporté le Grand Prix de la BD à Angoulême … de son vrai nom Bernhard Wiléem Holtrop, mais ça on s’en fout. L’important, c’est de savoir que Willem est un dessinateur satirique néerlandais né en 1941 à Ermelo. Après l’Ecole des Beaux-Arts dans son pays natal, il adhère au mouvement « Provo » et fonde, en 1966, le journal satirique « God, Nederland & Oranje ». Son journal est interdit. Il s’exode en France en 1968. A son arrivée, il dessine pour « L’Enragé ». Il participe à l’aventure de la création des magazines « Hara-Kiri » et de « Charlie-Hebdo ». Non-francophone, il publie des rubriques contenant des fautes d’orthographe qui créent un style et ajoutent une touche rigolarde à ses dessins et textes décapants. Adepte d’un graphisme très détaillé, cet ancien rédacteur en chef de « Charlie Mensuel », exerce la critique cinglante, ne cédant pas aux sirènes du près-à-penser. C’est grâce à son humour décapant, qu’il  remporte le Grand prix de l’humour vache 1996 au Salon international du dessin de presse et d’humour de Saint-Just-le-Martel. Il est connu pour avoir été l’un des grands dessinateurs du journal « Libération ». Il publie une cargaison de BD et de recueils de dessins de presse. Quelques exemples au hasard : Chez les obsédés, Jack l’éventreur en vacances, La crise illustrée, Taisez-vous l’ennemi écoute, Dick Talon heureux comme un con, Complet !, L’amour sera toujours vainqueur, Rats Hamburger 1 et 2, Plus mort que moi tu meurs, Willem à Libération, Plutôt crever, Odeurs de campagne, Poignées d’amour, Anal Symphonies, Tout va bien ou La Droite part en couilles. Il accumule aussi les illustrations d’ouvrages dont « Provo, la tornade blanche » avec des textes pondus par Yves Frémion, « Par la bande » avec des écrits de Daniel Varenne ou « Un hiver au musée de l’érotisme » élaboré avec Medi Holtrop. Il est l’une des grandes figures de la BD et de l’humour dur, comme j’aime.

 

Je soutiens l’appel de la Coordination en Suisse du Front populaire (FDROR)  Assassinat politique en Tunisie : Le camarade Chokri Belaïd n’est plus ! Le peuple tunisien vient de perdre un des symboles de la lutte pour la souveraineté nationale et populaire. En effet le camarade Chokri Belaïd, secrétaire général du Parti unifié des patriotes démocrates (PUPD) et un des dirigeants du Front populaire pour la réalisation des objectifs de la révolution en Tunisie (FPror) vient d’être lâchement assassiné par balles devant chez lui à Tunis ! Maître Chokri Belaïd, âgé de 49 ans et père de deux petites filles, a été objet d’appel à la mort dans les mosquées de la part des obscurantistes contre lesquels il menait avec ses camardes une bataille politique sans merci. Il a également reçu plusieurs autres menaces de mort sur les réseaux sociaux. Plusieurs agressions ont été menées contre les meetings et les assemblées générales du FPror et d’autres partis et associations. Celles-ci ont déjà causé la mort d’un cadre du parti Nida Tounés, le regretté Lotfi Naguadh battu à mort par des représentants des soi-disant « Ligues de défense de la révolution » (LDR) qui ne sont rien d’autres que les milices des islamistes au pouvoir ! Ce samedi 2 février 2013, lors du congrès régional du Parti unifié des patriotes démocrates (PUPD) à Kef, une ville du Nord-Ouest tunisien, ces milices criminelles ont attaqué les militant-e-s présent-e-s sur les lieux du congrès et ont même essayé de monter à la tribune pour agresser le camarade Chokri Belaïd.La politique menée par le gouvernement de la troïka avec à sa tête les islamistes d’Ennahdha n’a engendré que violences, criminalisation des mouvements sociaux et misère sociale. En effet, le dernier communiqué de l’instance dirigeante d’Ennahdhaappelle à la libération des assassins de Monsieur Lotfi Naguadh, ce qui ne peut être compris que comme un feu vert à ses milices criminelles. L’accueil des représentants de ces « LDR » par le Président provisoire de la République est également une légitimation de la violence menée par ces milices !Les militants de la Coordination en Suisse du Front populaire (FDROR) tiennent à : 1) présenter leurs sincères condoléances à la compagne de Chokri Belaïd, la camarade Besma Khalfaoui, à ses enfants, à toute sa famille et au peuple tunisien qui vient de perdre une étoile de la lutte pour la liberté et la justice sociale : 2) dénoncer avec la plus grande fermeté cet assassinat lâche et criminel ; 3) dénoncer le mouvement Ennahdha et ses alliés comme premiers responsables de cet assassinat ; 4) dénoncer aussi la complicité et la lâcheté du gouvernement tunisien qui a banalisé la violence des milices obscurantistes envers des militant-e-s des droits humains et sociaux et affirmer la responsabilité en la matière du ministre de l’intérieur ; 5) exiger la dissolution de ces LDR et la poursuite de tous ceux qui sont impliqués dans les agressions depuis le début de la révolution ; 6) appeler les forces vives, et toutes et tous les militant-e-s pour l’émancipation sociale et politique en Tunisie à l’union et la vigilance pour la poursuite du combat mené par le camarade Chokri Belaïd, martyr de la liberté et de la dignité nationale !

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