27/02/2013

Les député-e-s genevois-es vont nous faire rire

Lundi, 25 février 2013

 

Les député-e-s genevois-es vont nous faire rire. Non, pas au sein du Parlement, comme ils savent parfois si bien le faire à leur dépens. Ce soir, c’est volontairement qu’ils vont tenter de nous décoincer les zygomatiques. Au sein du Théâtre de l’Espérance, nous vivons la Revue des députés ! Nous retrouvons les Droin au bar du théâtre. Antoine Droin et moi-même ressentons un poil de nostalgie, ayant participé, tous les deux, à l’antépénultième édition de cette Revue des députés.

 

Depuis près de 30 ans, avec plusieurs interruptions, parfois longues, les élu-e-s de la République de Genève se mettent en scène, par sens de l’autocritique et pour le plaisir de s’amuser. J’aime ce comportement visant à travailler sérieusement, sans se prendre au sérieux, en sachant, après le débat d’idées passé, rigoler ensemble. Ce recul sur le pouvoir est sain pour le fonctionnement démocratique.

 

Sous la baguette de Pierre Naftule, nos notables se dérident. Tous les partis participent à ces jeux d’actrices et d’acteurs, à l’exception de l’UDC et du PDC. Persifleurs, certains prétendent  que les premiers sont trop vieux pour mémoriser les textes. Les démocrates-chrétiens, fidèles à leur réputation, hésitent encore.

 

Que le spectacle commence. Nous plongeons, dès la levée de rideau, dans un studio de « Léman bleu Télévision » qui envisage d’interrompre la diffusion des sessions du Grand Conseil genevois, en chute dans les indices d’audience. Le ton d’autodérision est donné. Les performances d’actrices et d’acteurs succèdent à des chansons en groupe ou en solo. Nous apprécions tout spécialement les talents de chanteur-euse-s de Salima Moyard et de Frédéric Hohl, mais aussi de Miguel Limpo.

 

Un grand bravo au jeu « Qui veut dépenser des millions », épinglant avec mordant quelques investissements pharaoniques de nos édilescantonaux.

 

Le député Antoine Barde joue, à merveille, le rôle de son camarade (le terme « camarade » est peut-être mal choisi lorsque l’on évoque un élu du Parti Libéral-Radical) de parti Renaud Gautier. Nous retrouvons l’élu bourgeois, dans une parodie de l’émission de TV « Rendez-vous en Terre inconnue », en visite aux Avanchets. Le député PLR découvre la pauvreté, lui qui croyait que c’était une simple invention des socialistes.

 

Trop drôle, la scène où le personnage de Manuel Tornare veut relooker Pierre Maudet. Ou encore, l’arrivée surprise de la « Guest star » de la soirée : Marie-Thérèse Porchet, la vraie ! L’unique !

 

Parfois, le spectacle prend un chemin coquin, avec une scène intitulée «  Cé qué lé porno », bien représentative des blagues salasses naviguant dans les rangs du Parlement.

 

Emilie Flamand et Pierre Losio parcoure les potins du Grand Conseil, tandis que Jean Romain, habituellement assez coincé, pète si bien les plombs en jouant le rôle du leader du MCG. On dirait l’authentique, tant la démesure de l’imitation est à l’image de la démesure d’Eric Stauffer.

 

Loly Bolay retrouve le perchoir de la Présidence du Grand Conseil genevois. Pour rendre plus spectaculaire les débats, elle recommence les scènes, poussant les élus à davantage d’excès. Coupez ! Session du Grand Conseil, 2ème ! Coupez ! 3ème prise. Jusqu’au moment où un député balance un verre d’eau sur son adversaire. Tiens, tiens ! Et si la réalité rattrapait la fiction.

 

Les spectatrices et spectateurs rient beaucoup, malgré quelques petites hésitations ou trous de mémoire. Ces comédiens amateurs s’en sortent bien, la pratique des débats houleux formant à ce genre d’exercices.

 

Dans un esprit genevois, inspiré davantage de notre caractère râleur que de nos racines austères provenant du calvinisme, les sketches sont sans concession, mais toujours sans méchanceté. D’ailleurs à la fin du spectacle, plusieurs actrices et acteurs en herbe foncent vers des personnages qu’ils ont interprétés, spectateurs d’un soir dans la salle. C’est ainsi que Patricia Läser se soucie de l’effet produit sur Lydia Schneider, ayant imité son accent jurassien sur une belle mélodie.  Dans le même registre, Salima Moyard sort des coulisses et me demande « Tu n’as pas vu Anya Wyden ? J’espère ne pas l’avoir froissé en jouant son rôle de Chancelière, gaffeuse pour l’occasion. » Pour créer un peu d’émotion sadique, je balance : « Je viens de voir passer Anya quitter la salle en pleurant. » Anya Wyden Guelpa, juste à côté, continue à sourire. L’important, en politique, c’est de faire parler de soi.

 

Monter une revue, en naviguant entre l’agenda chargé de député-e, une activité professionnelle et la vie familiale, est une performance. Que ces élu-e-s de la République en soient félicités et remerciés comme il le faut. Standing Ovation ! Ou plutôt dans le haut-lieu du protestantisme, Sitting Ovation !

 

Dernier verre pour congratuler les actrices et acteurs de la soirée, qui ont su nous faire bien marrer.

 

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22/02/2013

Primes d’assurance-maladie payées en trop, remboursez-nous !

Signe la pétition, lancée notamment par le Parti socialiste genevois, concernant les assurances-maladie : Primes payées en trop, remboursez-nous !  Les promesses doivent être tenues ! Deux milliards, c’est ce qu’ont payé en trop, de 1996 à 2011, les assurés de 9 cantons pour financer les réserves de l’assurance maladie obligatoire. Il s’agit notamment des cantons suivants : Vaud 603 millions ; Genève 351 millions ; Neuchâtel 22 millions ; Fribourg 23 millions ; Zurich 465 millions ; Tessin 140 millions ; Thurgovie 82 millions (données : OFSP, novembre 2012). Les propositions pour corriger cette injustice ne manquent pas : Le Conseil fédéral a proposé de compenser sur une période de six ans et pour moitié ces sommes versées grâce à la répartition de la taxe CO2. Or, quatorze cantons s’y sont opposés.  En septembre 2012, la Conférence des 26 chefs des départements cantonaux de la santé ont proposé que ce soient les assureurs qui remboursent sur une période de trois ans ce qui avait été payé en trop.  Or, d’hésitations en contre temps, on risque de ne rien obtenir du tout. Même si la nouvelle loi sur la nouvelle surveillance de l’assurance maladie prévoit que, dans le futur, les primes payées en trop seront remboursées l’année suivante. Mais cela ne concerne que l’avenir ainsi qu’une éventuelle situation similaire et non pas le passé ! Les assurés spoliés demandent donc justice et réclament d’être remboursés sans de nouvelles tergiversations. Il s’agit d’une simple question d’équité et de respect du fédéralisme.  Alors que le Conseil fédéral s'est engagé à trouver une solution pour rendre aux assuré-e-s les primes indûment encaissées et que les Chambres fédérales ont accepté des propositions parlementaires dans ce sens, la commission de santé et de sécurité sociale du Conseil des Etats vient de balayer tout remboursement. Les promesses faites doivent être tenues ! Nous demandons que cette injustice soit rapidement corrigée et que les assurés spoliés soient remboursés.  Cette pétition s’adresse au Parlement fédéral et au Conseil fédéral qui peuvent décider de la procédure et du délai de remboursement. Elle sera aussi adressée aux gouvernements et aux parlements cantonaux des cantons concernés.

 

http://www.ps-vd.ch/petition

14/02/2013

Paul Eluard, Poésie, Amour et Liberté

Admirons l’Expo Paul Eluard au Palais Lumière d’Evian. Eluard (1895-1952), figure imposante du surréalisme, est le grand poète de la paix et de l’amour. Cette exposition parcoure, à travers 8 thématiques, la vie et l’œuvre de cet humaniste communiste et artiste complet.

 

Grande figure de la Résistance, Paul Eluard est l’une des éminentes plumes de la littérature française. Ce combattant de la liberté, malgré sa dérive stalinienne, s’avérait être de surcroît un collectionneur d’art ayant du pif. Il accumulait les œuvres de ses amis, que nous découvrons durant ce cheminement résumant son existence. Tout le gratin du surréalisme répond présent. Hans Arp, Jean Cocteau, Salvador Dali, Alberto Giacometti, Max Ernst, Pablo Picasso, Man Ray, Jean Cocteau, … sont tous présents à travers un tableau, un dessin, une photo, un texte ou un autre acte artistique.

 

Paul Eluard écrivait si bien la Liberté : Liberté ; Sur mes cahiers d'écolier ; Sur mon pupitre et les arbres ; Sur le sable de neige ; J'écris ton nom. Sur les pages lues ; Sur toutes les pages blanches ; Pierre sang papier ou cendre ; J'écris ton nom. Sur les images dorées ; Sur les armes des guerriers ; Sur la couronne des rois ; J'écris ton nom. Sur la jungle et le désert ; Sur les nids sur les genêts ; Sur l'écho de mon enfance ; J'écris ton nom. Sur les merveilles des nuits ; Sur le pain blanc des journées ; Sur les saisons fiancées ; J'écris ton nom. Sur tous mes chiffons d'azur ; Sur l'étang soleil moisi ; Sur le lac lune vivante ; J'écris ton nom. Sur les champs sur l'horizon ; Sur les ailes des oiseaux ; Et sur le moulin des ombres ; J'écris ton nom. Sur chaque bouffée d'aurore ; Sur la mer sur les bateaux ; Sur la montagne démente ; J'écris ton nom. Sur la mousse des nuages ; Sur les sueurs de l'orage ; Sur la pluie épaisse et fade ; J'écris ton nom. Sur les formes scintillantes ; Sur les cloches des couleurs ; Sur la vérité physique ; J'écris ton nom. Sur les sentiers éveillés ; Sur les routes déployées ; Sur les places qui débordent ; J'écris ton nom. Sur la lampe qui s'allume ; Sur la lampe qui s'éteint ; Sur mes maisons réunies ; J'écris ton nom. Sur le fruit coupé en deux ; Du miroir et de ma chambre ; Sur mon lit coquille vide ; J'écris ton nom. Sur mon chien gourmand et tendre ; Sur ses oreilles dressées ; Sur sa patte maladroite ; J'écris ton nom. Sur le tremplin de ma porte ; Sur les objets familiers ; Sur le flot du feu béni ; J'écris ton nom. Sur toute chair accordée ; Sur le front de mes amis ; Sur chaque main qui se tend ; J'écris ton nom. Sur la vitre des surprises ; Sur les lèvres attendries ; Bien au-dessus du silence ; J'écris ton nom. Sur mes refuges détruits ; Sur mes phares écroulés ; Sur les murs de mon ennui ; J'écris ton nom. Sur l'absence sans désir ; Sur la solitude nue ; Sur les marches de la mort ; J'écris ton nom. Sur la santé revenue ; Sur le risque disparu ; Sur l'espoir sans souvenir ; J'écris ton nom. Et par le pouvoir d'un mot ; Je recommence ma vie ; Je suis né pour te connaître ; Pour te nommer.

 

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11/02/2013

Miscellanées du 11 février 2013

« Il n’y a que du désir et du social, rien d’autre. »

Gilles Deleuze

 

Lis le journal « Gauchebdo ». Myriam Tétaz-Gramegna évoque le livre d’Anne Cuneo « La Tempête des heures ». Cet ouvrage évoque l’aventure du Schauspielhaus durant la Seconde Guerre mondiale. Ce théâtre zurichois était devenu un haut lieu de la culture de résistance contre la haine. Plusieurs comédien-ne-s et professionnel-le-s de la scène ayant fui l’Allemagne nazie y avaient trouvé refuge pour poursuivre leur carrière sur les planches. Souvent ces artistes étaient engagés à gauche et/ou d’origine juive. Le pouvoir nazi avait décidé de raser ce lieu culturel en cas d’invasion de la Suisse. Comme disait Lucie Aubrac : « Ils (les Nazis) nous avaient volé la Liberté et l’Egalité. Ils n’avaient pas pu interdire la Fraternité. »

 

Le Pape démissionne. Enfin, une bonne décision ! Nous allons peut-être voir arriver un Pape progressiste, ouvert, jeune, dynamique, faisant émerger les racines philosophiques du christianisme (solidarité, paix, fraternité, amour, …) et pourquoi pas, une Papesse. Nous pouvons toujours rêver.

 

Content de savoir que Willem a remporté le Grand Prix de la BD à Angoulême … de son vrai nom Bernhard Wiléem Holtrop, mais ça on s’en fout. L’important, c’est de savoir que Willem est un dessinateur satirique néerlandais né en 1941 à Ermelo. Après l’Ecole des Beaux-Arts dans son pays natal, il adhère au mouvement « Provo » et fonde, en 1966, le journal satirique « God, Nederland & Oranje ». Son journal est interdit. Il s’exode en France en 1968. A son arrivée, il dessine pour « L’Enragé ». Il participe à l’aventure de la création des magazines « Hara-Kiri » et de « Charlie-Hebdo ». Non-francophone, il publie des rubriques contenant des fautes d’orthographe qui créent un style et ajoutent une touche rigolarde à ses dessins et textes décapants. Adepte d’un graphisme très détaillé, cet ancien rédacteur en chef de « Charlie Mensuel », exerce la critique cinglante, ne cédant pas aux sirènes du près-à-penser. C’est grâce à son humour décapant, qu’il  remporte le Grand prix de l’humour vache 1996 au Salon international du dessin de presse et d’humour de Saint-Just-le-Martel. Il est connu pour avoir été l’un des grands dessinateurs du journal « Libération ». Il publie une cargaison de BD et de recueils de dessins de presse. Quelques exemples au hasard : Chez les obsédés, Jack l’éventreur en vacances, La crise illustrée, Taisez-vous l’ennemi écoute, Dick Talon heureux comme un con, Complet !, L’amour sera toujours vainqueur, Rats Hamburger 1 et 2, Plus mort que moi tu meurs, Willem à Libération, Plutôt crever, Odeurs de campagne, Poignées d’amour, Anal Symphonies, Tout va bien ou La Droite part en couilles. Il accumule aussi les illustrations d’ouvrages dont « Provo, la tornade blanche » avec des textes pondus par Yves Frémion, « Par la bande » avec des écrits de Daniel Varenne ou « Un hiver au musée de l’érotisme » élaboré avec Medi Holtrop. Il est l’une des grandes figures de la BD et de l’humour dur, comme j’aime.

 

Je soutiens l’appel de la Coordination en Suisse du Front populaire (FDROR)  Assassinat politique en Tunisie : Le camarade Chokri Belaïd n’est plus ! Le peuple tunisien vient de perdre un des symboles de la lutte pour la souveraineté nationale et populaire. En effet le camarade Chokri Belaïd, secrétaire général du Parti unifié des patriotes démocrates (PUPD) et un des dirigeants du Front populaire pour la réalisation des objectifs de la révolution en Tunisie (FPror) vient d’être lâchement assassiné par balles devant chez lui à Tunis ! Maître Chokri Belaïd, âgé de 49 ans et père de deux petites filles, a été objet d’appel à la mort dans les mosquées de la part des obscurantistes contre lesquels il menait avec ses camardes une bataille politique sans merci. Il a également reçu plusieurs autres menaces de mort sur les réseaux sociaux. Plusieurs agressions ont été menées contre les meetings et les assemblées générales du FPror et d’autres partis et associations. Celles-ci ont déjà causé la mort d’un cadre du parti Nida Tounés, le regretté Lotfi Naguadh battu à mort par des représentants des soi-disant « Ligues de défense de la révolution » (LDR) qui ne sont rien d’autres que les milices des islamistes au pouvoir ! Ce samedi 2 février 2013, lors du congrès régional du Parti unifié des patriotes démocrates (PUPD) à Kef, une ville du Nord-Ouest tunisien, ces milices criminelles ont attaqué les militant-e-s présent-e-s sur les lieux du congrès et ont même essayé de monter à la tribune pour agresser le camarade Chokri Belaïd.La politique menée par le gouvernement de la troïka avec à sa tête les islamistes d’Ennahdha n’a engendré que violences, criminalisation des mouvements sociaux et misère sociale. En effet, le dernier communiqué de l’instance dirigeante d’Ennahdhaappelle à la libération des assassins de Monsieur Lotfi Naguadh, ce qui ne peut être compris que comme un feu vert à ses milices criminelles. L’accueil des représentants de ces « LDR » par le Président provisoire de la République est également une légitimation de la violence menée par ces milices !Les militants de la Coordination en Suisse du Front populaire (FDROR) tiennent à : 1) présenter leurs sincères condoléances à la compagne de Chokri Belaïd, la camarade Besma Khalfaoui, à ses enfants, à toute sa famille et au peuple tunisien qui vient de perdre une étoile de la lutte pour la liberté et la justice sociale : 2) dénoncer avec la plus grande fermeté cet assassinat lâche et criminel ; 3) dénoncer le mouvement Ennahdha et ses alliés comme premiers responsables de cet assassinat ; 4) dénoncer aussi la complicité et la lâcheté du gouvernement tunisien qui a banalisé la violence des milices obscurantistes envers des militant-e-s des droits humains et sociaux et affirmer la responsabilité en la matière du ministre de l’intérieur ; 5) exiger la dissolution de ces LDR et la poursuite de tous ceux qui sont impliqués dans les agressions depuis le début de la révolution ; 6) appeler les forces vives, et toutes et tous les militant-e-s pour l’émancipation sociale et politique en Tunisie à l’union et la vigilance pour la poursuite du combat mené par le camarade Chokri Belaïd, martyr de la liberté et de la dignité nationale !

10/02/2013

A voté !

Je vote Oui à l’arrêté fédéral helvétique sur la politique familiale. Cette modification constitutionnelle améliore les bons sentiments au niveau de la politique de la famille. Les intentions sont louables. Il faudra passer à l’action, au-delà de ces gentilles résolutions, sans contraintes de résultat.

 

Bien évidemment, je soutiens l’initiative Minder contre les rémunérations indécentes. Ce projet est minimaliste. Il est tout de même un signal positif contre l’indécence de certains salaires mirobolants d’une poignée de dirigeants d’entreprise. J’approuve la loi fédérale sur l’aménagement du territoire. Cette modification législative vise un aménagement plus harmonieux et évite des zones surdimensionnées. Elle met un terme au gaspillage du sol et au mitage du territoire.

 

Je m’oppose à l’initiative cantonale genevoise qui porte pourtant un joli nom, bien trompeur, même si elle part d’un bon sentiment : Stop aux hausses de tarifs des Transports publics genevois (TPG).  Figer les tarifs dans une loi et confier au Parlement l’approbation de tarifs est une fausse bonne idée. Il est dangereux pour l’avenir des transports publics de bloquer les tarifs des TPG, sans lier ce blocage de revenus à une augmentation de la subvention aux transports publics. Ayant siégé 11 ans au Grand Conseil genevois, je connais l’irresponsabilité ou la légèreté de certaines majorités de circonstance. Graver dans le marbre les tarifs, sans augmenter la subvention, pourrait pousser les TPG à la suffocation. Finalement, on ne peut pas d’un côté demander à un Conseil d’administration de gérer une entreprise publique et d’un autre l’empêcher de gérer les recettes de cette régie publique.

 

Je vote pour la loi instituant la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève. Le remède est peu sexy, mais représente la moins mauvaise solution pour répondre au vieillissement de la population. Augmenter fortement les cotisations ou descendre massivement les prestations ne me semble pas acceptable. La loi est un compromis acceptable, répartissant équitablement les efforts, sans les rendre inconsidérés.

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05/02/2013

L’abandon de la parité stricte fait grincer des dents au PS

Dans le journal « Le Courrier », de ce jour, sous la signature de Christiane Pasteur et Mario Togni :

 

Egalité - Adopté par une large majorité des socialistes en Ville de Genève, l’assouplissement des règles pour les listes électorales ne fait pas l’unanimité.

 

Au PS, ce débat finit toujours par ressurgir, même quand on ne l’attend pas. La semaine passée, la section Ville de Genève du Parti socialiste décidait de supprimer la règle de parité stricte sur les listes électorales, inscrite dans ses statuts depuis 2005. Elle disparaît purement et simplement pour le Conseil administratif (exécutif), alors qu’elle est assouplie pour le Conseil municipal: le sexe le plus représenté ne devra pas dépasser 60%. Cette option a été choisie parmi quatre variantes émises par le groupe égalité du PS cantonal.


Approuvée par une large majorité de l’assemblée, la réforme ne fait pas pour autant l’unanimité. Et des voix s’élèvent, au sein du parti, pour dire leur consternation. « Abolir une règle existante, au niveau de la symbolique, ce n’est pas une bonne idée, se désole Maria Roth-Bernasconi, conseillère nationale. En matière d’égalité, si on n’avance pas, on recule. »

 

Le changement était pourtant dans l’air depuis un moment. En 2009, cette règle «trop rigide» avait été remise en question, en vain - la perspective des élections municipales de 2011 ne permettait pas un débat serein. Mais d’aucuns tiraient déjà la conclusion suivante: la parité peut se retourner contre les femmes. En l’occurrence, dans le cadre de la succession de Manuel Tornare au Conseil administratif. Compte tenu de ses statuts, le PS ne pouvait en effet pas présenter une deuxième femme aux côtés de la sortante Sandrine Salerno.
« Nous avons été obligés de choisir parmi des hommes (Sami Kanaan a finalement été désigné et élu, ndlr), rappelle Roberto Baranzini, Président du PS-Ville de Genève. Pensée pour favoriser l’accès des femmes en politique, la règle s’est révélée contre-productive. » Conseillère municipale et membre du groupe égalité du PS, Virginie Studemann abonde: « L’objectif de fond, qui est de lutter contre les discriminations, n’a pas changé. Mais l’outil en vigueur n’est plus le bon. »


En ce sens, il ne s’agit pas d’un «retour en arrière», poursuit Roberto Baranzini: « La parité a contribué à créer une dynamique et à faire évoluer le parti, au sein duquel le nombre de femmes a beaucoup augmenté. »

 

Pour la conseillère municipale Nicole Valiquer, l’argument selon lequel la parité est devenue source de blocage ne tient pas. Une alternative discutée en assemblée permettait de présenter plusieurs candidatures féminines à l’exécutif, assure-t-elle. « Une option demandait qu’au moins une femme soit présentée. Elle a été balayée ... »


Ancien député et président du parti cantonal, Christian Brunier partage son avis. Pour lui, cet abandon s’explique par la conjonction de deux groupes d’intérêts: les opportunistes, « ceux qui font des calculs », et les « angéliques », qui imaginent que l’égalité est réalisée - « or ce n’est pas gagné ! ». En clair, l’éventualité d’une élection complémentaire en Ville de Genève - si Sandrine Salerno devait être élue au Conseil d’Etat cet automne - aurait poussé certains hommes socialistes à placer leurs pions.

 

« C’est un procès d’intention, rétorque Roberto Baranzini. Cette réflexion sur la parité a été entamée il y a deux ans, alors qu’il n’était pas question d’élection complémentaire ! » Pour Virginie Studemann, le PS a précisément laissé passer les élections de 2011 afin d’aborder ce débat sans pression. « Ce n’est jamais le bon moment pour changer de règle ... Mais il faut désormais adopter une position constante, qui ne pourra plus être utilisée à des fins électoralistes. »


Quoi qu’il en soit, le conseiller municipal Pascal Holenweg reste dubitatif sur le fond et défend la parité : « C’est une contrainte qui oblige à aller chercher des candidatures féminines. Spontanément, les femmes sont toujours moins nombreuses à cause de leur engagement professionnel et familial. Abolir ces dispositions favorise la candidature de ceux qui sont déjà en place, les notables, les hommes, donc : on n’échappe pas aussi facilement à deux mille ans de domination masculine. »

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