24/03/2013

Roger Pfund : le multiple et le singulier

« Le graphisme et la peinture sont une seule passion. Je ne fais rien que je n’aime pas. Pour moi, il n’y a pas de frontière entre l’art et la vie », écrit Roger Pfund. Visitons l’expo dédiée, au Musée d’Art et d’Histoire de Genève, à ce graphiste et peintre genevois. 250 œuvres guident nos pas sur le chemin parcouru par cet artiste.

 

Nous voyons son gigantesque travail réalisé pour élaborer des billets de banque en Suisse, en France, en Europe ou même en Argentine. Personnellement, je préfère ses œuvres graphiques à ses peintures. J’ai de petits faibles pour ses affiches de théâtre ou de jazz, et pour ses réalisations promouvant les droits humains.

 

Esprit libre, Roger Pfund vagabonde à travers les thèmes qui stimulent son existence. Du vin au cirque, du monde politique genevois à l’opéra, de la danse à la littérature, il est curieux de tout. Au niveau des supports, nous retrouvons la même diversité : affiches, objets designs, dessins, peintures, identités visuelles, architecture événementielle, illustrations, cartes de vœux, tout se transforme en moyen d’expression.

 

Christian Brunier par Pfund.JPG

Mon portrait réalisé par Roger Pfund pour l’ouvrage « Parlementait » qu’il a réalisé avec René Koechlin

 

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16/03/2013

L’Inde, terre de viol ?

Un nouveau viol collectif sordide a eu lieu, vendredi soir, en Inde. Cette fois-ci, la victime est une Suissesse de 40 ans. Un couple helvétique logeait sous tente, marquant une étape dans son périple en vélo à travers ce gigantesque territoire. Des hommes sont rentrés en force pour voler le couple, tabasser l’homme et violer la femme. Cette agression est un acte crapuleux. Elle s’inscrit aussi dans les violations constantes des droits des femmes dans ce pays.

 

Il suffit de se promener dans les rues indiennes pour se rendre compte du manque de respect que plusieurs hommes éprouvent envers la gent féminine. Soit elles sont ignorées, soit regardées comme des bêtes. Le mépris transpire.

 

Les thèses extrémistes religieuses, voire tribales, dénaturant de manière rétrograde l’hindouisme, le sikhisme ou l’islamisme, dénigrent la femme.

 

Les discriminations moyenâgeuses sont légion. Dans certaines régions, les filles sont massivement privées du droit à l’éducation. La violence conjugale est fréquente. La pauvreté frappe davantage les femmes que les hommes. Les femmes sont souvent exploitées à l’extrême comme force de travail. Plusieurs sont vitriolées par des hommes jaloux. Selon un Rapport des Nations Unies pour la Population, 70% des Indiennes mariées, âgés entre 15 et 50 ans, seraient battues et/ou subiraient des sévices sexuels. Le harcèlement sexuel et les attouchements sont fréquents. Le sexisme est inscrit dans certaines croyances.

 

Ce même fondamentalisme religieux frustre les hommes, bridant leur sexualité. A force d’interdits, les Indiens accumulent les déplaisirs. La tendresse est prohibée dans les lieux publics. La séduction est blasphématoire. 80% des unions sont le fruit de mariages arrangés et forcés. Impossible de laisser parler l’amour librement. Les sentiments sont emprisonnés. Ce contexte est un terreau fertile à la propagation de la bestialité.

 

Dépossédés du droit au désir, certains humains plongent dans la perversité et l’animalité barbare. Ces viols dégueulasses à répétition dans le pays de Gandhi sont une résultante de ce contexte d’intolérance religieuse.

 

A ceci s’ajoute un manque cruel de femmes. La dot pesant lourdement sur les finances des familles, les femmes enceintes prennent fréquemment la voie de l’avortement lorsque l’échographie montre la venue d’une petite fille. La population se masculinise dangereusement. L’équilibre des sexes est mis à mal.

 

L’Inde doit rejeter ces délires mystico-religieux. Cette belle et grande nation doit retrouver ses racines non-violentes gandhiennes, son idéal amoureux inspiré par le Kâma-Sûtra, et surtout donner la place que les femmes méritent. La femme est l’avenir de l’homme, en Inde, comme dans le reste du monde.  

07/03/2013

Je défends la limitation des durées des mandats politiques

C’était hier …

 

Assemblée générale du Parti socialiste genevois. La soirée est consacrée à des modifications statutaires. La Direction du PSG veut supprimer le zébrage des sexes (alternance femme / homme) sur les listes pour les élections majoritaires. Au nom de l’exemplarité en matière d’égalité des sexes, je propose de renoncer à cette restriction. L’Assemblée suit ma suggestion …

 

Les listes de plus de 10 candidatures doivent contenir au minimum 40% de candidat-e-s du sexe le moins représenté. Mon idée, que j’émets très rapidement dans le débat, est de descendre ce principe de parité dès que la liste comporte plus de 3 candidatures, puisqu’à 3, les 40% ne sont mathématiquement pas possibles. Au terme d’une discussion fleuve, un amendement est voté prévoyant que jusqu’à 10 candidatures, les listes plurinominales comportent des personnes des deux sexes. Au-delà de 10, le principe du « 40/60 au moins » subsiste. Quelques minutes après ce vote, un illustre membre de la direction du parti s’aperçoit, qu’avec cette nouveauté, si nous présentons deux personnes, nous aurons une femme et un homme. Et bien oui, c’est bien ce que la majorité veut !

 

Je combats l’allongement de la durée de tous les mandats, à l’exception de celui au Conseil d’Etat et du poste de Procureur-e général-e (déjà réduits justement à 2 législatures au max). Le Comité directeur souhaite fixer la limite des mandats aux Chambres fédérales à quatre mandats consécutifs, soit de passer de 12 à 16 ans. C’est beaucoup trop long. Avec une telle durée, nous empêchons presqu’une génération à y accéder. Je m’y oppose énergiquement. Un parti a besoin de renouveau et de changement. La vie politique doit évoluée, faire émerger de nouvelles idées, pour vivifier notre démocratie encroûtée. Avec un écart d’une voix, nous perdons. Les élu-e-s fédéraux pourront donc rester 16 années consécutives à Berne.

 

Dans la même logique, je combats le passage, de 12 à 15 ans, de la limite de mandat au Grand Conseil genevois. Ayant siégé 11 ans dans ce parlement, j’ai constaté les dommages des mandatures trop longues. Bien sûr, on gagne en expérience, mais, au bout d’un moment, usé par l’exercice du pouvoir, les plus anciens radotent, refont continuellement le passé. Ce d’autant, que ces longs mandats s’ajoutent à d’autres mandats, déjà effectués ou cumulés, dans d’autres instances politiques. Nous, défenseurs de la limite des mandats, reprenons un bouillon devant cette Assemblée générale. Finalement, dans une totale incohérence, l’Assemblée nous suit sur la limite de mandat au Conseil d’Etat à 10 ans, soit au terme de deux mandats. Idem pour le poste de Procureur-e général-e que l’A.G. contient à 12 ans, 2 fois 6 années consécutives.

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