07/04/2013

Pour un Pacte de moralisation de la politique genevoise

Tous pourris ? Beaucoup de personnes jugent négativement le monde politique. Les médias affichent, à la une, toutes les magouilles. Ils montent en exergue les scandales. C’est utile pour lutter contre les dérapages politiques. Par contre, ces affaires, ultra médiatisées, créent malheureusement l’amalgame.

 

Pourtant, ayant agi durant plusieurs années dans ce monde politique, j’ai vu un nombre pléthorique de gens, toutes tendances confondues, donner énormément de temps pour améliorer la vie des citoyennes et des citoyens ; souvent au détriment de leur emploi, de leurs loisirs, de leur famille. Si les gueulards de bistrot donnaient autant pour la République, ce serait un tsunami d’énergie positive offert au bien-être de la collectivité. Or, nous parlons trop peu de cette majorité d’élues et d’élus qui s’engagent sans compter.

 

A force de ne mettre en lumière que des points noirs, on stigmatise injustement l’ensemble des politiques et déstabilisons la démocratie.

 

Pour conférer le respect que mérite la fonction politique, pour viser à l’exemplarité, un Pacte de moralisation de la politique genevoise devrait être conclu, à l’aube des élections cantonales.

 

Celui-ci devrait inclure le renforcement de la publication des liens d’intérêts de chaque candidature. Le citoyennes et citoyens doivent connaître les lobbys, les associations, les syndicats, les clubs, les entreprises, les conseils d’administration et de fondation, les milieux religieux qu’une candidature porte.

 

Une déclaration de patrimoine doit être mise en place. La publication, pour les candidates et candidats aux élections, de leurs revenus, de leurs fortunes et de leurs dettes devraient être condition de transparence. L’historique des relations entre une candidature et la justice devraient être connu de toutes et tous. L’exigence de probité doit être absolue !

 

Le cumul des mandats, plaçant trop de pouvoir dans les mains d’une seule personne, doit être combattu. « Un mandat politique, une personne » doit être la règle. Un seul mandat politique à la fois répartirait mieux le pouvoir d’influence et augmenterait la qualité du travail fourni. Les exemples le prouvent, même parmi les meilleurs. Robert Cramer, brillantissime Conseiller d’Etat, a été très discret à Berne, tant qu’il additionnait son mandat cantonal à celui d’élu fédéral. Guy-Olivier Segond, malgré ses talents, avait accompli le même parcours auparavant. Les cumulards entre les instances communales et cantonales obtiennent des performances du même acabit. 

 

La limitation de la durée de mandat doit devenir la règle pour métamorphoser la politique. Cette limite de temps forcerait au renouvellement des forces politiques et donnerait de l’oxygène à notre démocratie bien fatiguée.

 

L’immunité parlementaire doit être restreinte au maximum pour ne pas conférer des droits supplémentaires au monde politique par rapport au peuple.

 

L’Inspection cantonale des finances et la Cour des comptes doivent pouvoir contrôler le travail de nos élu-e-s, mais, de surcroît, leur moralité. La politique est une morale qui doit empêcher les femmes et hommes politiques de se sentir puissants, au-dessus de la mêlée, voire intouchables.

 

L’accroissement de la moralisation de la politique est une clé du renforcement de la démocratie et une barrière contre la démagogie populiste qui exploite les quelques travers d’une minorité de moutons noirs, faisant bien du tort à nos institutions.

 

La femme ou l’homme politique a un devoir d’exemplarité. Le monde politique doit adopter un dispositif pour épurer les quelques mauvaises herbes qui le polluent. 

 

Christian Brunier, ancien député

14:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

"donner énormément de temps...." Vous plaisantez ? Si cela n'était pas intéressant financièrement, les candidats aux diverses élections seraient beaucoup moins nombreux ! Seul l'intérêt personnel et le pognon permet à la quasi-totalité des candidats de réclamer les suffrages des électeurs. Il n'y a qu'à regarder les débats du G.C. sur Léman Bleu pour s'en convaincre. Moi, j'apprécie ces débats télévisés car c'est une excellent moyen de s'endormir !

Écrit par : Yvan Descloux-Rouiller | 07/04/2013

Monsieur, la démocratie est heureusement la porte ouverte sur la liberté d’expression. Vous devriez donc avoir le courage de vous exprimer en toute transparence et non pas utiliser un pseudo pour donner votre point de vue. Les mandats politiques représentent un engagement énorme en temps ??? Non, je ne plaisante pas. La charge d’élu-e ou de dirigeant-e de parti est gigantesque. Je le redis, la plupart des élu-e-s de droite, du centre et de gauche, consacrent une grande partie de leur temps de loisir et de vie de famille pour tenter d’améliorer la vie de la collectivité. Financièrement, l’engagement politique en Suisse ne rapporte pas grand-chose. Personnellement, j’ai reversé 60% de mes revenus de député à mon parti. En tant que Président du PS ou Vice-président, j’ai consacré certainement plus de 20 heures par semaine à mon parti, durant plusieurs années, sans toucher le moindre centime. Si les débats de Léman bleu Télévision vous endort, tant mieux ou tant pis pour vous. Personne ne vous oblige à regarder ces échanges d’idées, où d’excellent-e-s et de moins bon-ne-s orateur-trice-s s’expriment. Mais, feriez-vous mieux ? Si oui, présentez-vous pour donner davantage et vous exprimer mieux que nos élu-e-s actuel-le-s. Vous verrez ce n’est pas si simple, et surtout peu lucratif !

Écrit par : Christian Brunier | 07/04/2013

Je crois qu'effectivement vous vous foutez de la figure des contribuables. La preuve ? Dans la TdG de ce jour les 3 magistrats d'Onex, à savoir un MCG, une PS et une Vert exigent 130.000 francs par année ! Et ces personnes gèrent une commune ! Alors qu'est ce que doivent ponctionner celles et ceux qui gèrent le canton ! Maintenant si vous prétendez faire cette activité pour la gloire, le fun ou faire perler de vous, là aussi vous plaisantez ! Combien, sur les listes électorales, de candidats se présentent ? Si ce n'était pas lucratif (sans parler des petits avantages liés à la fonction) pourquoi se bousculeraient-ils au portillon ? Me présenter ? Jamais car je ne supporte pas les paniers de crabes !

Écrit par : Yvan Descloux-Rouiller | 08/04/2013

Monsieur, Il est évident que plusieurs personnes se présentent pour la reconnaissance sociale et l’illusion de pouvoir. Voire, pas pour s’enrichir, les sommes étant basses, mais pour arrondir les fins de mois. Toutefois, beaucoup le font, je vous l’assure, à gauche comme à droite, pour servir leurs idées, leur commune, leur canton, leur pays. Pour contribuer, selon leurs valeurs, à tenter d’améliorer le sort des gens. C’est difficile ! La baguette magique n’existe pas, surtout en ces temps de crise. Mais, je vous promets, l’ayant bien fréquenté, que ce monde politique n’est pas un tas de pourris. Bien au contraire. Néanmoins, pour chasser les rares moutons noirs, les profiteurs et les abuseurs de pouvoir, il est essentiel de durcir les règles éthiques, de limiter le pouvoir (limite des durées de mandats, interdiction des cumuls) et de mettre en œuvre des contre-pouvoirs puissants, l’être humain ayant tendance à l’abus lorsqu’il n’est pas soumis à de l’opposition.

Écrit par : Brunier Christian | 09/04/2013

Je pense que Des Clous Rouillés fait une méprise.
Il confond le législateur et l'exécutif. Un député ne touche effectivement pas grand chose en jetons de présence soit en plénière soit en travail de commission qui, soit dit en passant sont très chronophages.

C'est un travail de milicien qui commence à montrer ses limites car les commissaires n'ont ni le temps ni les compétences pour prendre des décisions adéquates et ils ont souvent le travers de ne pas suffisamment consulter les acteurs principaux ou de surestimer leur capacité à appréhender les subtilités des divers domaines qu'ils doivent couvrir.

En revanche un Conseiller administratif ou d'Etat travaille à plein temps, c'est son métier. Et le salaire qu'il touche reste modeste si l'on tient compte du temps réel qu'il passe au boulot.

Mais en plus, il suffit de voir les ravages du temps sur ces élus pour se convaincre que leur tâche est usante. Ils méritent assurément leur salaire.

Écrit par : Pierre Jenni | 20/04/2013

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