27/04/2013

Genevoiseries du jour ...

Durant 12 jours, les comédiens Philippe Cohen et Julien Opoix ont diverti Genève avec leur spectacle d’impro de talent : « Tout ce que vous avez voulu savoir sur l’impro sans jamais oser le demander ». Pas une trace de ce bon spectacle dans les médias. La nouvelle diva mondiale du jazz, Melody Gardot, donne un concert d’exception au Théâtre du Léman de Genève. Quasiment aucune trace dans les médias. Pendant ce temps, l’annonce du chien de Silvester Stallone tué par un coyote occupait nos journalistes. Leurs priorités ne sont pas les miennes.

 

Les viticulteurs genevois ont choisi comme Président, l’ancien Conseiller d’Etat genevois, Conseiller aux Etats, Robert Cramer. L’ami Bob promet de mieux promouvoir les crus genevois à Berne. Enfin un politicien qui sait de quoi il parle !

 

Le Conseil municipal de Vernier a décidé à la quasi-unanimité de modifier son propre règlement. Le Conseiller municipal verniolan et Député du MCG Thierry Cerutti s’énerve contre une décision qu’il qualifie d’ « antidémocratique ». Le vote d’une grande majorité émanant d’une élection par le peuple est, selon cet élu du MCG, « antidémocratique ». Nous n’avons vraiment pas les mêmes valeurs.

 

Le député genevois UDC Eric Bertinat écrit sur son blog : « Cocus ! Qui ? Tous les députés PLR qui ont retourné leur veste en acceptant le budget 2013 après accord avec leurs copains socialistes (…) » Cocu dans le dico : victime d’infidélité conjugale. Le PLR est donc victime d’infidélité conjugale. De la part de qui ? Avec qui ? Le Grand Conseil, une grande coucherie ?

 

L’ami Christian Lüscher crie comme une jeune pucelle contre la délinquance lorsque quelques Roms roulent des grands naïfs en jouant au bonneteau sur les quais lémaniques. Cette arnaque est dérangeante et condamnable, pas trop dangereuse tout de même. L’élu PLR adopte la même sévère posture contre les squatters, les manifestants ou les jeunes alternatifs parcourant le canton en patins à roulettes. Le grand effarouché, prêt à fliquer le pays en voyant un pauvre tendre la main dans la rue, devient un grand tolérant face à la criminalité financière. Il se dit d’accord de lever le secret bancaire uniquement en « cas de fraude ou d’évasion fiscale répétée et portant sur des montants élevés. » Seules les récidives couplées à une grande ampleur de violation méritent une sanction, selon Cricri ? Drôle de conception de la justice pour un brillant juriste.

 

A l’abordage … Didier Bonny, après avoir quitté le PDC, passe au Parti pirate, alors que nous l’attendions plutôt chez les Verts ou au PS. Comme disait Sénèque : « Lorsqu’on ne sait pas vers quel port on navigue, aucun vent n’est le bon. » Même quand on est pirate ?

 

 

15:43 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0)

23/04/2013

Le phénomène Melody Gardot …

Merveille ! Allons admirer le concert de Melody Gardot, l’une des voix du jazz actuel, au Théâtre du Léman de Genève.

 

Elle n’a que 28 ans. Cependant, sa voix est posée et son swing plein de maturité. Elle se positionne déjà comme l’une des grandes voix de l’histoire jazzy. Ses musiciens sont hors pairs. La scène est envahie par le génie et la niaque.

 

Les sons jazz sont teintés par tous les voyages de Melody Gardot, qui compose et écrit presque toutes ses compositions. Des relents fado, latino, folk ou rock viennent enrichir le phrasé jazz de la chanteuse aux milles talents. En plus, de leur technicité musicale et de leur sens mélodique, cette équipe a une excellente présence scénique. Melody Gardot chante, joue du piano, gratte sa guitare, mais elle communique abondement avec son public ; non sans humour.

 

Ce concert est l’un des plus fabuleux que j’ai vu. A tomber !

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08:27 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1)

21/04/2013

Les Gamins

Ciné : Nous allons voir la comédie « Les Gamins » d’Anthony Marciano avec Sandrine Kiberlain, Mélanie Bernier, Alain Chabat et Max Boubil. Un jeune gars veut épouser son amie, séduite récemment. La passion déborde de partout. Il rencontre ses futurs beaux-parents. Le papa de la future mariée, Alain Chabat, est totalement désabusé par son mariage. Sa vie est chiante. Sa femme (S.Kiberlain) vit un trip new-âge et l’emmerde.

 

L’ex-Nul dissuade son futur gendre de passer à l’acte et se barre avec lui pour vivre un quotidien d’ados, totalement déjanté. Les deux mecs multiplient les foires. Ils s’amusent comme des mômes et réalisent des conneries impertinentes. La liberté totale !

 

Ce divertissement stimule le rire, sans grande prétention. Durant cet opus dédié à l’originalité, bienfait de l’existence, on y croise Iggy Pop et Patrick Bruel. Comédie amoureuse jubilatoire, ce film est un sain décontractant, dont l’amour sort, finalement, bien victorieux.

 

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20/04/2013

Tout ce que vous avez voulu savoir sur l’impro sans jamais oser le demander

Passons la soirée avec « Tout ce que vous avez voulu savoir sur l’impro sans jamais oser le demander », spectacle de Philippe Cohen et Julien Opoix. Assis au bar du Petit Casino, après une semaine harassante, dégustant une bonne bière genevoise « Calvinus », Philippe Cohen vient nous faire bosser. Creusons nos méninges et trouvons des noms qui serviront de carburant à nos deux improvisateurs. Nous évitons les mots trop creux. Pour aider les artistes et contribuer modestement au panache du spectacle, il faut dégotter des termes scintillants. Allez, nous écrivons « mensonge » et « Kâma-Sûtra ». Philippe nous demande encore une profession. Par galanterie, je cède le petit papier à Ariane qui consigne : « sage-femme ». Je balance à Cohen : « Je me réjouis de te voir jouer la sage-femme ». Le show débute. Les deux comédiens se mutent en prestidigitateurs de mots. Ils surfent avec le dictionnaire. Décomposent et enrichissent les termes choisis par le public, pour les rendre amusants. Pour transformer ces quelques mots griffonnés sur de petits papiers en répliques cinglantes, les deux improvisateurs sortent leurs palettes de talents. Tout y passe. Mime, grimaces, accents, chants, slam, légère chorégraphie, tous les moyens sont bons pour faire marrer les spectatrices et spectateurs. Le rythme est soutenu. Julien Opoix et Philippe Cohen sont polyvalents, complémentaires et talentueux. Des trésors d’à-propos et d’imagination. Leurs esprits sont alertes. L’interaction avec le public est constante. Ce panorama de tout le registre de l’impro est assurément un hommage à la bonne humeur.

15:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

07/04/2013

Pour un Pacte de moralisation de la politique genevoise

Tous pourris ? Beaucoup de personnes jugent négativement le monde politique. Les médias affichent, à la une, toutes les magouilles. Ils montent en exergue les scandales. C’est utile pour lutter contre les dérapages politiques. Par contre, ces affaires, ultra médiatisées, créent malheureusement l’amalgame.

 

Pourtant, ayant agi durant plusieurs années dans ce monde politique, j’ai vu un nombre pléthorique de gens, toutes tendances confondues, donner énormément de temps pour améliorer la vie des citoyennes et des citoyens ; souvent au détriment de leur emploi, de leurs loisirs, de leur famille. Si les gueulards de bistrot donnaient autant pour la République, ce serait un tsunami d’énergie positive offert au bien-être de la collectivité. Or, nous parlons trop peu de cette majorité d’élues et d’élus qui s’engagent sans compter.

 

A force de ne mettre en lumière que des points noirs, on stigmatise injustement l’ensemble des politiques et déstabilisons la démocratie.

 

Pour conférer le respect que mérite la fonction politique, pour viser à l’exemplarité, un Pacte de moralisation de la politique genevoise devrait être conclu, à l’aube des élections cantonales.

 

Celui-ci devrait inclure le renforcement de la publication des liens d’intérêts de chaque candidature. Le citoyennes et citoyens doivent connaître les lobbys, les associations, les syndicats, les clubs, les entreprises, les conseils d’administration et de fondation, les milieux religieux qu’une candidature porte.

 

Une déclaration de patrimoine doit être mise en place. La publication, pour les candidates et candidats aux élections, de leurs revenus, de leurs fortunes et de leurs dettes devraient être condition de transparence. L’historique des relations entre une candidature et la justice devraient être connu de toutes et tous. L’exigence de probité doit être absolue !

 

Le cumul des mandats, plaçant trop de pouvoir dans les mains d’une seule personne, doit être combattu. « Un mandat politique, une personne » doit être la règle. Un seul mandat politique à la fois répartirait mieux le pouvoir d’influence et augmenterait la qualité du travail fourni. Les exemples le prouvent, même parmi les meilleurs. Robert Cramer, brillantissime Conseiller d’Etat, a été très discret à Berne, tant qu’il additionnait son mandat cantonal à celui d’élu fédéral. Guy-Olivier Segond, malgré ses talents, avait accompli le même parcours auparavant. Les cumulards entre les instances communales et cantonales obtiennent des performances du même acabit. 

 

La limitation de la durée de mandat doit devenir la règle pour métamorphoser la politique. Cette limite de temps forcerait au renouvellement des forces politiques et donnerait de l’oxygène à notre démocratie bien fatiguée.

 

L’immunité parlementaire doit être restreinte au maximum pour ne pas conférer des droits supplémentaires au monde politique par rapport au peuple.

 

L’Inspection cantonale des finances et la Cour des comptes doivent pouvoir contrôler le travail de nos élu-e-s, mais, de surcroît, leur moralité. La politique est une morale qui doit empêcher les femmes et hommes politiques de se sentir puissants, au-dessus de la mêlée, voire intouchables.

 

L’accroissement de la moralisation de la politique est une clé du renforcement de la démocratie et une barrière contre la démagogie populiste qui exploite les quelques travers d’une minorité de moutons noirs, faisant bien du tort à nos institutions.

 

La femme ou l’homme politique a un devoir d’exemplarité. Le monde politique doit adopter un dispositif pour épurer les quelques mauvaises herbes qui le polluent. 

 

Christian Brunier, ancien député

14:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5)

06/04/2013

Jérôme Cahuzac, le traitre !

Jérôme Cahuzac, Ministre socialiste du Budget ayant démissionné dernièrement, passe aux aveux. Oui, il avait des comptes en Suisse et à Singapour pour échapper au fisc français. Il avait pourtant nié cette accusation auprès du Président de la République, son ami François Hollande, auprès du Premier ministre, et même devant le parlement. Face à la représentation nationale, super menteur, il avait démenti, « yeux dans les yeux », l’existence de ses comptes. Cahuzac a sali la vie publique. Cahuzac a terni l’image de la France. Et surtout, Jérôme Cahuzac a trahi les socialistes. La République exemplaire, qu’annonçait François Hollande, est violée. La gauche élevée comme une morale, par Jean Jaurès, est piétinée. Pendant qu’il serrait la ceinture du peuple français, qu’il combattait la fraude fiscale, Cahuzac trichait et plongeait dans le mensonge le plus crasse.

 

La droite, victime de perte de mémoire, joue les vierges effarouchées, elle qui a pourtant connu tant de scandales. Tout y passe : demande de remaniement ministériel, dissolution, … Comme si chacun-e était responsable de tous ses proches.

 

François Hollande riposte. Cahuzac demande pardon. Hollande répond que ce mensonge est « impardonnable » : « Jérôme Cahuzac a trompé les plus hautes autorités du pays : le chef de l’Etat, le chef du gouvernement, le Parlement et, à travers lui, tous les Français. C’est une faute. C’est une faute impardonnable. C’est un outrage fait à la République. »

 

Hollande annonce plusieurs actions pour moraliser la vie politique. Les élus pénalement condamnés pour fraude fiscale ou pour corruption seront interdits de tout mandat public.

 

A droite, au centre et à gauche, il y a quelques magouilleurs et profiteurs, évoluant au milieu d’une très grande majorité de personnes honnêtes. Des gens merveilleux, toutes tendances confondues, qui sacrifient une grande partie de leur vie au bien commun. Qui bradent leurs loisirs, leur vie familiale, leur carrière professionnelle pour s’engager à l’amélioration de la société. Que les tricheurs paient. Mais, arrêtons de transformer la dérive d’une personne en un amalgame d’un camp. Cahuzac est désormais face à sa conscience et à la justice. Qu’il paie, sans que l’on salisse tout le monde politique, voire même la démocratie !

 

Christian Brunier, ancien député

18:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

01/04/2013

Et si l’espoir s’appelait Martine …

« Ma priorité, je l'ai dit, c'est l'emploi, mais mon cap, c'est la croissance. »

François Hollande

 

Je me rappelle, il y a 10 mois, nous faisions la nouba à la Bastille, fêtant l’élection de François Hollande à la Présidence de la République française. L’alternance redonnait du souffle à la France. La gauche offrait un peu d’espoir. Les débuts du « Président normal » réconciliaient les Français avec le pouvoir, loin du côté « bling-bling » de Sarkozy.

 

Les lumières festives s’éteignirent. La crise remontra son nez. L’équipe Hollande, pluraliste, talentueuse, en parité au niveau des sexes se mit au boulot. Plutôt bien d’ailleurs. Le nouveau Président socialiste administra de la relance positive, dans le climat d’austérité européen. Les réformes commencèrent, nombreuses, parfois ambitieuses.

 

En 10 mois, je l’écris à contre-courant de ce qu’on peut lire un peu partout, le bilan est plutôt bon. Jugeons sur les actes … Blocage et contrôle des loyers, droit au mariage pour toutes et tous, loi contre le harcèlement sexuel, relance de la police de proximité, réforme des horaires scolaires pour tenir mieux compte des rythmes des enfants, nouveaux postes dans l’enseignement public, plafonnement des très hauts salaires dans les entreprises publiques, droit de la retraite à 60 ans pour les métiers pénibles, augmentation du SMIC, lancement d’un vaste programme de performance énergétique, programme de baisse des gaz à effet serre, retrait des troupes françaises d’Afghanistan, frein à l’intégrisme au Mali, 

 

10 mois, c’est extrêmement court en politique. Pourtant, le droit d’inventaire dresse une liste conséquente de premières avancées.

 

Certes la crise est pénible, s’étend sur toute l’Europe comme une nappe de pétrole sur la mer. Les messages continuellement négatifs affolent les épargnants. La crise psychologique renforce sévèrement la crise réelle. Les courbes du chômage et du pouvoir d’achat n’ont pas encore été inversées. Là encore, plusieurs actions énergiques sont mises en place pour contrer ces régressions : Pacte de compétitivité, contrats d’avenir et de génération, fiscalité plus équitable, choc de simplification des démarches administratives des entreprises.

 

Malgré ces concrétisations, la popularité de François Hollande est au plus bas. Celle de son gouvernement n’est pas meilleure. Cette majorité est incapable de « vendre » ses succès, communique mal avec le peuple de France et n’arrive pas à battre en brèche la déprime régnant sur l’Hexagone.

 

Le gouvernement français a besoin d’un électrochoc pour refaire battre le cœur des Françaises et des Français. Et si l’espoir s’appelait Martine ?

 

Jean-Marc Ayrault est intègre et bosseur. Au-delà de ses qualités remarquables, nous sommes forcés de reconnaître qu’il ne fout pas le feu et ne fait pas rêver dans les chaumières. A chaque fois qu’il s’exprime, j’ai l’impression qu’il pleut dehors. Il est un peu trop normal pour sortir la France de l’ornière, pour générer l’enthousiasme. Le changement de Premier ministre s’impose pour François Hollande, Ayrault pouvant retourner à Nantes, ville qu’il a dynamisée magnifiquement.

 

Martine Aubry s’impose dans le casting. Energique, pleine d’idées, proche de la population, au langage franc, parfois secouant, peut s’avérer un excellent défibrillateur pour la République. Cette femme de caractère est celle, ne l’oublions pas, alors patronne du PS, qui a amené ce parti à la victoire. Le pari n’était pourtant pas gagné.

 

La principale locomotive de la victoire du PS est certainement la mieux placée pour redonner du pep au gouvernement de gauche de la France et à François Hollande lui-même. La femme est l’avenir de l’homme. Martine Aubry est peut-être l’avenir de Hollande.

 

Christian Brunier,

ancien Député et Président du Parti socialiste genevois, franco-suisse

 

18:35 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1)