30/05/2013

Gentils coquelicots !

La poésie s’insert dans le débat politique … Dans le Gard, la population se mobilise pour que les cantoniers cessent de couper les bordures de coquelicots poussant aux abords des routes. Cette magnifique fleur rouge squatte les alentours du goudron, offrant gratuitement un spectacle coloré de haute allure.

 

Albert Camus écrivait : « Mai : C’est la saison rouge. Cerises et coquelicots. » En ce mois de mai, le journal, le Républicain d’Uzès et du Gard, titre « Gentil coquelicot », et milite pour sauver les belles plates-bandes de ces fleurs sauvages : « Pourvu que l’Homo technologicus (l’homme de l’Equipement) ne les fauche pas trop vite. »

 

Amoureux de cette belle région française, vénérant la nature, je rêve moi aussi du maintien de ces tapis rouges. Leurs vies doivent être rythmées par la nature et non par les plannings de fauche dictés par l’Administration.

 

Christian Brunier

07:23 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (1)

26/05/2013

Les tweets sont des chats

Je me délecte en lisant « Les tweets sont des chats », une sélection de tweets de Bernard Pivot. Pourquoi se titre ? « J’aime les tweets parce qu’ils partent en silence, circulent en silence et arrivent en silence. Les tweets sont des chats », griffe sur son clavier l’Académicien bon vivant.

 

Voici mon best-off de ses messages de 140 signes qui vont à l’essentiel : « Une histoire liquide de l’amour : d’abord la salive, puis la cyprine et le sperme, enfin les larmes. » ; « Le e de femme se prononçant a, il comprit, dès l’école, qu’avec les femmes ce serait compliqué. » ; « Nos lunettes sont souvent si sales que l’on se demande où et quand, à notre insu, elles mangent du chocolat. » ; « Feriez-vous confiance à un cardiologue de droite ? »

 

Dans ses expressions circoncises, Pivot invente de nouveaux verbes. Par exemples, Zlataner : gagner avec brio et arrogance ; Montebourger : dire le contraire de son chef ; Berlusconir : user de son pouvoir sur les femmes. 

 

Jouant du sax depuis ma tendre enfance, j’apprécie la question twettée par Pivot : « Les femmes recherchent-elles les baisers des trompettistes, des saxophonistes, et les hommes les caresses des harpistes ? »

 

Toutes ses passions défilent : la bonne bouffe, le pinard, l’humour, la passion amoureuse ou l’amitié. Chacune de ses valeurs épicuriennes se résume en quelques mots diffusés sur les médias sociaux. Ce petit ouvrage, vite et bien lu, est un concentré d’humour, d’amour et de joie de vivre. Un livre indispensable, à parcourir en ce printemps pourri pour garder ou retrouver le sourire.

 

Bernard Pivot rappelle que le premier article de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, du 26 août 1789, est le premier tweet républicain, en 136 signes : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »

 

Christian Brunier

10:26 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (3)

20/05/2013

L’Artémise, l’un des meilleurs restos du Gard

Passons, à nouveau, une soirée de rêve en dînant à l’Artémise, l’un des meilleurs, si ce n’est le premier, restaurants du Gard. Le magazine « Hôtel & Lodge » l’a classé dans les 200 meilleurs hôtels en 2012, « Condé Nast Traveller » dans les 154 nouveaux hôtels 2013.

 

Ce qui frappe en arrivant, c’est son cadre d’exception. Au milieu de la nature, en bordure de l’élégante ville d’Uzès, cette ancienne bâtisse du XVIème siècle, en pierres apparentes, a été rénovée avec soin. Dans son intérieur, l’art contemporain met en valeur les vieilles pierres. La météo pluvieuse nous empêche de bénéficier de la beauté du parc dans lequel nous mangeons lorsque l’été montre son bout du nez. Nous prenons place dans les salles voûtées de ce resto de charme. La vue est magnifique sur le Mont-Ventoux au loin et sur la vallée dans laquelle trônent Saint-Quentin de la Poterie et notre Saint-Siffret. Le décor est une invitation au plus grand romantisme.

 

Ce resto a encore pris de l’ampleur avec l’arrivée, au début de l’année, de son nouveau chef Nicolas Deroche, formé jusqu’à l’expérimentation, dans les établissements étoilés de Lyon et du Lubéron. Pour l’apéro, nous sélectionnons un vin blanc sublime et typé de la Cave Granier. Un thon aux cacahouètes, salade et radis ouvre le show gourmet. Une verrine à la carotte apprêtée avec un citron asiatique, dont j’ai omis le nom, ouvre le rideau de la viande. Un paleron de bœuf aux courgettes et cœurs d’artichauts, avec une mousseline de pommes de terre, crémeuse à souhait, prolonge le plaisir de nos papilles. L’assiette de fromages est à la hauteur du haut niveau du repas. Le dessert à base d’ananas, sous des formes très originales, tire la référence de ce festin.

 

Au niveau du vin, nous prenons un cru à tomber, dès que nous le hummons. Provenant du terroir de Boutenac, ce nectar des Corbières, cuvée or, du Château Ollieux Romanis, est un savant mélange de cépages de Grenache, Syrah, Mourvèdre et de vieilles vignes de Carignan. Son fumet rend hommage aux raisins les plus méritants ; un parfum distingué. Ce grand vin, signé par Jacqueline Bories, est vigoureux, odorant, suave et délicatement alcoolisé (14,5% tout de même).

 

Le service est cordial et parfait. Ce lieu est vraiment un passage obligé pour les gastronomes et les êtres de bon goût.

 

Christian Brunier

 

 

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09/05/2013

Moving, signé par Normal Foster

Visite, au Carré d’Art de Nîmes, de l’expo « Moving », mise en scène par l’architecte Norman Foster. J’ai rencontré ce grand bâtisseur, dynamiseur de la construction écologique, au Prix solaire suisse. Au sein de la capitale gardoise, Norman Foster, dans ce haut lieu de l’art contemporain, a monté un panorama artistique pour faire émerger, derrière ce « Moving », à la fois le « mouvement » et « l’émouvant » : « Ma démarche consiste à regrouper des thèmes visuels et si possible d’établir des liens entre les générations passées et présentes d’artistes, de même qu’entre la peinture, la sculpture, la photographie et les vidéos. » Même lorsqu’une œuvre te plaît moyennement, Norman Foster arrive à la valoriser, en élaborant un décor complet, fruit d’un assemblage avec d’autres supports artistiques. Il compose, recompose, décompose, additionne, construit, sous nos yeux, un paysage, bien harmonisé.

 

Dans une salle noire, à la lueur de quelques légères lumières, des araignées tissent de multiples toiles dans des cages transparentes. Ces fils, entremêlés astucieusement, deviennent, sous ces subtils éclairages, des œuvres majestueuses. Les toiles d’arachnides se mutent en toiles d’artistes. L’artiste et architecte Tomas Saraceno signe le concept, très original.

 

Jonathas de Andrade a photographié des milliers de visages, dans les rues de la tumultueuse Buenos Aires. Le rythme saccadé de diffusion rapide et floue de ces  clichés d’humains s’érige en hommage aux militantes et militants disparu-e-s sous la dictature militaire argentine. L’artiste inscrit son œuvre dans un refus d’oublier. Les bips des battements cardiaques composent la bande sonore de ce film Super 8.

 

L’une de nos préférences est le film de Miguel Angel Rios. Il zoome sur 2 toupilles noires et blanches. Sur le thème de « Love », chanté par Maria Callas, ces deux toupies exécutent une chorégraphie, pleine de grâce et de sensualité.

 

L’œuvre de Michael Andrews « The Deer Park » ferme le rideau de cette galerie d’art. Ce tableau illustre les délires nocturnes et les mœurs de Soho.

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05/05/2013

Le changement ce n’est pas maintenant, mais c’est sûrement !

Le 6 mai 2012, François Hollande gagnait les élections présidentielles françaises. Espace d’espoir vite oublié, pour plonger dans le gouffre de l’impopularité. Est-ce mérité ? Assurément, non ! Bien évidemment, son slogan « Le Changement, c’est Maintenant » était un cri mobilisateur. Cette promesse intenable, vu le rythme législatif, s’est transformée en « Le Changement, c’est lentement », mais assurément « Le Changement, c’est sûrement », vu le nombre impressionnant de rénovations engagées. Certes, venant d’un Président de gauche, je rêverais de davantage d’audace ; par exemple pour transformer la fiscalité basée sur le travail et la consommation en une fiscalité plus écologique et axée plus grandement sur les gains en capitaux. Mais, le gouvernement et la majorité de Hollande travaillent, agissent. Malgré la crise, le bilan concret, mesurable, est conséquent, même s’il ne répond pas à l’impatience compréhensible des Françaises et des Français et à l’urgence de certaines situations dramatiques. La cadence politique est lente. La concrétisation des réformes est complexe et se réalise dans le temps. Le jugement d’une politique ne peut pas se réaliser, sérieusement, dans l’empressement. Gouverner est un marathon, pas un sprint. L’évaluation d’un Président doit être calquée sur un quinquennat, pas sur quelques mois.

 

A titre d’illustration, la loi sur la transition énergétique est génératrice d’espérance tant en termes environnementaux qu’en termes économique. Selon le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et non pas selon le PS, cette nouvelle législation pour mieux et moins consommer les énergies et développer les énergies renouvelables devrait créer 632'000 emplois d’ici 2030. François Hollande l’avait classée dans ses priorités. Et bien, ces 12 premiers mois de Présidence ont servi à élaborer le texte, à le soumettre à consultation, à le déposer devant les Chambres et à le voter finalement le 15 avril 2013. Désormais, il faudra le mettre en œuvre pour qu’il porte enfin ses fruits. On peut le constater, il faut donner du temps au temps pour ancrer les réformes. Cet espace temporel est difficile à « vendre » dans une société de l’instantané, face à des populations qui veulent tout, tout de suite.

 

Autre exemple, concernant l’école, élevée au stade de priorité de la politique gouvernementale. Sarkozy avait supprimé 11'200 postes d’enseignement en 2008 ; 13'500 en 2009, 16'000 en 2010 et 16'000 en 2012. Pour corriger ces coupes irresponsables dans l’enseignement public, François Hollande va réinjecter 60'000 postes en 5 ans. Là encore, la cadence est peut-être insuffisante. Cependant, il est tout à fait impossible de recruter, de former et d’implanter dans les écoles des professionnels plus rapidement. La réalité rattrape vite les désirs des gens.

 

Les réformes, parlons-en. Sur tous les terrains, l’équipe Hollande plante des germes de changement : retraite à 60 ans pour les métiers pénibles, loi contre le harcèlement sexuel, moralisation de la vie politique (malgré le scandale Cahuzac condamné sans concession unanimement par l’équipe Hollande), relance de la police de proximité, indépendance accrue de la justice, redressement budgétaire sans précédent, fiscalité plus équitable, suppression de niches fiscales pour quelques privilégiés, loi sur le blocage et le contrôle des loyers, légère augmentation du SMIC, loi sur la biodiversité,  horaire scolaire tenant mieux compte des besoins de l’enfant, mariage pour tous, …

 

Et au niveau de l’emploi, priorité Une du Peuple de France ? La machine est en route : emplois d’avenir ciblés sur les 500'000 jeunes au chômage sans formation, contrat de génération, pacte de compétitivité, simplification des démarches administratives et de la comptabilité des PME, crédit d’impôt compétitivité-emploi, création de la Banque publique d’investissent, stimulation des nouvelles technologies créatrices d’emplois à travers le  « Plan France très Haut Débit », projet de loi pénalisant les entreprises fermant des sites industriels rentables, … Les chantiers sont nombreux et générateurs de redémarrage économique.

 

L’héritage est lourd. La crise européenne est forte. Le populisme cataloguant tout le monde politique dans le clan des nuls plane dans un univers simpliste, bien relayé par des médias s’intéressant plus aux petites phrases percutantes qu’aux réalisations concrètes. Toutefois la politique, la gestion de l’évolution de la société, est complexe et ne se résume pas à cette douteuse simplification.

 

Si le bilan se dessine positivement ; pourquoi l’insatisfaction est-elle si grande ? Les explications sont certainement multiples. Les styles apaisants de Hollande et de son Premier ministre enracinent leurs images d’indécision et de mollesse émanant de leurs caricatures et de leurs marionnettes des « Guignols ». La communication du time Hollande manque de punch, ne correspond plus à l’emballement médiatique actuel. Qu’on le regrette ou pas, le constat est sans appel. Si François Hollande veut infléchir sa courbe de popularité, il devra naturellement redresser celle du chômage et du pouvoir d’achat. Il doit relever, de surcroît, le défi de modifier profondément sa communication. La France de Hollande a besoin d’un électrochoc. Choisir une nouvelle Première ministre, femme, énergétique, gagneuse, comme Martine Aubry, pourrait être une opportunité pour rebondir. A lui de jouer !

 

Christian Brunier, ancien député socialiste

21:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)