21/06/2013

La ligne … politique de Keith Haring

« La plupart du mal sur terre est fait au nom du bien, au nom de la religion d’un prophète factice, d’artistes débiles, d’hommes politiques, de businessmen. »

Keith Haring

 

Excités, nous allons admirer l’exposition de Keith Haring au Musée d’Art contemporain de Paris, mégapole qu’il affectionnait. J’aime ses œuvres et les caractéristiques du personnage. Le relief rebelle de cet ancien étudiant de la School of Visual Arts de New York me plaît. Je crois qu’un artiste doit stimuler le rêve et la réflexion. L’esprit de contestation est un gène créatif, que Keith Haring concentrait en grand nombre.

 

Virtuose de la ligne, avec des dessins souvent simples, ce génie arrive à remettre en cause l’esprit unique. Ce changeur d’un bout du monde a transposé ses messages éthiques et porteurs de justice sociale en fresques dans le métro (subway drawings) et dans les espaces publics, en dessins, en peintures, en affiches, en collages et même en sculptures. Les combats de cet icône du Pop Art ont influencé l’opinion publique, mais surtout nombre de jeunes artistes, dont ceux de la rue.

 

Défenseur de la liberté, sur les murs ou dans les musées, il a lutté sur tous les fronts. Il s’est élevé contre toutes les conneries de l’humanité : racisme, apartheid, homophobie, pudibonderie, sexisme, injustice, violence, armement nucléaire, impérialisme, financiarisation ou pollution.

 

Keith Haring affrontait les excès de la société de consommation, tout en entretenant un rapport ambigu avec elle. Sa truie gerbant une multitude de choses et d’humains, débordant de toute part, est une critique acerbe contre l’ultracapitalisme. 

 

Ce jeune créateur insoumis s’attaqua particulièrement à la sauvagerie économique inhumaine impulsée par Ronald Reagan. Pour promouvoir ses valeurs humanistes, il joua avec les tons, parfois violents, souvent humoristiques.

 

Le génie créatif a généré une authentique conscience éthique. Agitateur d’idées, ou plutôt d’idéaux, Keith Haring, bien qu’anéantit par le Sida il y a déjà 13 ans, reste d’une actualité exceptionnelle.

 

Sa foultitude de couleurs vives était, elle aussi, avant-gardiste. Cette large palette éclaire ses sujets et donne du volume aux causes qu’il évoque.

 

Il voulait aussi démocratiser l’art. L’utilisation des lieux publics pour y peindre s’inscrivait dans cette ambition d’offrir de la culture à toutes et tous.

 

Le Musée d’Art moderne de Paris présente 250 œuvres reflétant l’imagination et la multiplicité des passions de Haring. Nous y trouvons de tous petits dessins et surtout des tableaux aux formats géants.

 

Pour identifier ses réalisations, Keith Haring utilisa des signes et personnages emblématiques, labels reconnaissables facilement. C’est encore un moyen d’additionner l’individu et le collectif, et non de les opposer. L’humain est heureux lorsqu’il pense à lui, mais surtout lorsqu’il donne aux autres.

 

Mort à 32 ans, ce temps de vie limité provoqua, chez lui, une frénésie innovatrice. Il nous laisse en héritage des œuvres ingénieuses et surtout : une esthétique provocatrice !

 

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18:09 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

« La plupart du mal sur terre est fait au nom du bien, au nom de la religion d’un prophète factice, d’artistes débiles, d’hommes politiques, de businessmen. »

Et il a 1000 fois raison ! Mais n'oubliez pas qu'une religion peux aussi être une idéologie quand on y crois aveuglement, et n'oubliez pas de constater qui se prétend dans le camp du "bien" convenu en cette epoque...

Écrit par : Eastwood | 21/06/2013

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