01/08/2013

Service militaire : la liberté de choix

Lors des guerres d’antan, le nombre de soldats était souvent crucial. Mais, la nature des conflits a bien changé. Les technologies ont remplacé massivement l’humain. La plupart des armées du monde ont été adaptées en conséquence et ont diminué grandement leur effectif. La petite Helvétie compte une armée pléthorique, totalement démesurée. Elle est bien plus grande que celles de pays tels que le Canada (65'000 militaires), l’Afrique du Sud (62'000), la Bolivie (46'000), la Tunisie (35'000) ou l’Autriche (27'000). La Suisse n’a donc plus besoin d’une armée de 100'000 hommes pour se défendre.

 

Cette évolution favorise l’abrogation du service militaire obligatoire. Cette suppression enlèverait une contrainte gigantesque à plusieurs jeunes n’ayant ni l’envie, ni la conviction de vivre une telle expérience. Une démocratie  doit offrir, à chaque citoyenne et citoyen, la liberté de conscience d’effectuer ou pas son service militaire.

 

Ce redimensionnement de l’Armée suisse aurait l’avantage, de surcroît, de diminuer ses coûts. L’entretien d’une armée massive en hommes est très onéreux. Le fonctionnement de l’Armée suisse s’élève actuellement à 4,7 milliards par an. L’absentéisme dans les entreprises à cause du service obligatoire coûte, de plus, 4 milliards supplémentaires à l’économie.

 

Notre armée a été conçue pour résister à une invasion terrestre. Ce scénario n’est heureusement plus d’actualité. Supprimer l’obligation de servir encouragera la redéfinition de la stratégie militaire helvétique, totalement inadaptée aux nouveaux risques pour notre sécurité. Un vote positif de cette initiative ouvrira le service civil - un engagement utile à la collectivité - à toutes et à tous sur une base volontaire. Le 22 septembre 2013, un Oui à cette abrogation du service militaire obligatoire s’impose.

 

Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois

16:41 Publié dans Paix | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Et ... 10'000 hommes ... professionnels ?
Allez vous vous en contenter ?

Merci pour voter réponse.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 01/08/2013

Est-ce qu'une armée de 50'000 hommes vous satisferait ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 06/08/2013

Je suis pour une armée de volontaires, épaulée par des pros, intégrée au système de défense européenne. Sinon, son efficacité sera quasi nulle et, dans ce cas, il faut l'abolir.

Écrit par : Brunier Christian | 06/08/2013

Il faudra encore du temps pour qu'on puisse avoir une discussion dépassionnée sur la nécessité d'une armée en Suisse, son mode de fonctionnement, son coût ainsi que tous les sujets connexes : libre choix, obligation de servir, etc.

Parler en Suisse de la suppression de l'armée, c'est un peu comme parler de la nomination d'un évêque à Genève : le sujet est tabou.

Personnellement je milite plutôt pour le libre choix de servir. Servir quoi au juste ?

Écrit par : Michel Sommer | 06/08/2013

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