24/11/2013

Le système d’information géographique aide à la transition énergétique

A l’heure du réchauffement climatique, la transition énergétique est l’un des enjeux majeurs pour l’humanité. Sortir, comme Genève, du nucléaire, développer les énergies renouvelables, mieux et moins consommer nos énergies, ne sont pas des dogmes idéologiques, ils ne sont que des actes vitaux en faveur des générations futures.

 

Pour aborder ce défi environnemental, mais aussi économique et social, le système d’information du territoire joue et va jouer, de plus en plus, un rôle crucial.

 

La géomatique a servi dans un premier temps à décrire notre territoire. La représentation de ces données géographiques, leur analyse, leur intégration avec d’autres couches d’informations nous ont permis de mieux gérer notre espace vital. Cette fusion bénéfique entre la géographie et l’informatique a provoqué des avancées colossales dans de nombreux domaines : l’aménagement du territoire, la gestion de nos travaux ou la politique de nos déplacements n’en sont qu’un maigre échantillon.

 

La mise en œuvre à Genève du SITG, grâce à la volonté de quelques-uns de travailler en réseaux et de partager leurs infos, a été un geste précurseur, qui a propulsé notre petite République en première ligne dans ce domaine. Que ces pionniers en soient chaleureusement remerciés. Avec peu de moyens, sans base légale durant plusieurs années, ils ont créé une richesse informationnelle d’une valeur ajoutée inestimable.

 

Si le cadastre et la géomatique ont évolué de manière gigantesque ces dernières décennies passant du papier-crayon, sans oublier la gomme, aux nouvelles technologies, ces bouleversements ne sont rien par rapport à ceux qui arrivent, qui sont d’ailleurs souvent déjà là, et à ceux dont on n’imagine pas encore ce qu’ils seront.

 

La géolocalisation et le système d’information géographique entrent partout dans notre quotidien et deviennent un enjeu de société magnifique.

 

Il suffit de se rappeler de nos départs en vacances, encore récents, armés de nos cartes géographiques, nous valant parfois, souvent devrais-je dire, quelques tensions familiales dans l’interprétation de l’itinéraire à suivre.  Aujourd’hui, le GPS a pacifié nos rapports familiaux mais nous offre une aide inimaginable, il y a encore peu de temps.

 

Ces données géographiques, enrichis de l’intelligence technologique, bouleversent nos vies privées, et naturellement nos entreprises et nos institutions publiques.

 

Dans un brillant article écrit par Xavier Comtesse, le Directeur d’Avenir Suisse, et par Giorgio Pauletto, l’un des agitateurs d’idées de l’Observatoire Technologique de l’Etat de Genève, ces deux auteurs prédisaient que le cadastre allait devenir un élément essentiel de la société de la connaissance.

 

Maintenant, nous sauvons des vies en géolocalisant l’ambulance la plus proche d’un accident, nous guidons une personne malvoyante grâce à un système GPS, nous utilisons Google Maps pour dégoter un joli petit hôtel. Le système cartographique nous aide à faire de bons choix et à mieux vivre.

 

En ajoutant les outils de simulations, ceux d’aide à la décision, le Web ou la technologie 3D, la richesse informationnelle du territoire devient encore plus puissante.

 

Pour optimiser la transition énergétique, le système d’information nous permettait, par exemple, d’inventorier les toits plats, terrain potentiel d’implantation de centrales solaires.

 

Désormais, nous pouvons tenir compte, grâce à ces nouveaux outils, de l’ombrage des immeubles environnants ; de simuler des positionnements différents de panneaux ou de voir en images de synthèse leur intégration dans le paysage. La géomatique devient déterminant pour inventorier et optimiser le potentiel de l’énergie solaire.

 

La révolution numérique et le nomadisme des métiers sont, de surcroît, des accélérateurs de ces changements.

 

L’ouverture publique de ces informations, via ces outils, comme les offre le SITG, s’inscrit dans cette vision d’une société plus transparente, où la richesse informationnelle se partage pour aborder les grands défis de demain. Les médias sociaux se couplent à ces réseaux professionnels pour construire une société de plus en plus numérique, mais créatrice d’interactions sociales et d’avancées environnementales.

 

Nous sommes entrés dans une économie de la connaissance. Nous vivons l’heure de la société de l’information, celle des communautés du partage d’idées. Le système d’information géographique est un vivier pour générer de la créativité. Osons donc l’innovation.

 

Christian Brunier

11/11/2013

Quelques aventures culturelles …

Cinéma … Allons voir « Quai d’Orsay », une comédie de Bertrand Tavernier, avec Thierry Lhermitte et Raphaël Personnaz. Ce film, inspiré d’une BD, raconte l’histoire d’un jeune diplômé de l’ENA, qui débute sa carrière, mouvementée, dans le staff du Ministre français des Affaires étrangères, survolté. Un scénario rythmé, vivifiant et drôle.

 

Jazz … Applaudissons, au Victoria-Hall de Genève, Chucho Valdes Quintet. Chucho Valdès est un magnifique pianiste et compositeur cubain qui a fait émerger le jazz à Cuba. Vainqueur de plusieurs Grammy, il a joué avec les plus grands : Sarah Vaughan, Nat King Cole, Branford Marsalis, Roy Hargrove ou Woody Herman. Musicien grandiose, il est de surcroît un humaniste engagé, notamment Ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Ses musiciens sont à tomber. De vrais génies de la musique et de la scène. Quelle belle soirée !

 

Musique … La cantatrice Nathalie Dessay trompe la musique classique pour une infidélité avec les merveilleuses mélodies du grandissime Michel Legrand. Ceci donne naissance à un excellent disque : «  Entre elle et lui ». La soprano, abandonne son vibrato pour mêler sa voix naturelle au swing. Elle donne du mouvement aux grands airs de Legrand, passant en revue les succès de cette légende du jazz et des musiques du 7ème Art : Eté 42, les Demoiselles de Rochefort, les Moulins de mon cœur, Peau d’Âne, … En évoquant Michel Legrand, Nathalie Dessay lâchait : « Il me donne des ailes. » Cette hauteur se ressent dans ce nouvel album additionnant les talents pour nous offrir une pépite musicale. La virtuosité de ce duo est l’ingrédient du passage amplement réussi, par Nathalie Dessay, de Mozart à l’univers jazzy. 

 

Théâtre … Au Théâtre du Léman, nous allons admiré la pièce de Kressmann Taylor : « Inconnu à cette adresse »,  joué par l’époustouflant duo Patrick Timsit et Thierry Lhermitte. Ce texte est un témoignage bouleversant, expliquant la montée de l’extrémisme. Deux amis, vivant une grande connivence, tiennent une galerie d’art aux Etats-Unis L’un d’eux retourne en Europe, vivre en Allemagne, dans les années 30. L’autre, un Juif américain, poursuit sa vie aux USA. Les deux complices s’écrivent régulièrement. Les premières missives sont joyeuses et très amicales. Puis, la tension s’installe. L’Allemand vit l’arrivée du populisme au pouvoir dans son pays, avec prudence, mais compréhension. L’autre s’inquiète. Puis, l’idéologie nazie chemine, quittant la démagogie pour la haine, puis c’est l’engrenage de la violence. Le modéré allemand est aspiré dans la tourmente fasciste. Les mécanismes bien huilés de la propagande fonctionnent. Les lettres aimables se mutent en lieu de débats, avant d’arriver au point de fracture. La fraternité se casse. Le dogme nazi plonge le monde dans la torpeur. Cette pièce est un témoignage à méditer profondément alors que la tentation de l’extrémisme, pour les peuples d’Europe, augmente. D’abord pour protester, et demain ? Souvenez-vous, disait-on après la Seconde Guerre mondiale. La mémoire doit écraser l’oubli, sinon …

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