27/12/2013

Art nouveau au Palais Lumière d’Evian

Le Palais Lumière d’Evian, ce site enchanteur, présente un fonds d’Art nouveau appartenant au Musée départemental de l’Oise de Beauvais. Cette expo artistique a pour objectif de montrer que l’Art nouveau est dans tout. Ce courant d’art révolutionnaire, de rupture entre le 19ème et le 20ème siècle, a impulsé une légèreté de vivre dans tous les registres de la vie : la peinture, la sculpture, la céramique, la musique ou la littérature, mais aussi dans l’architecture, l’ameublement et les objets du quotidien.

 

Dans cet étalage de fantastiques créations, la salle à manger de l’architecte-décorateur belge Gustave Serrurier-Bovy et du français Henry Bellery-Desfontaines avec son décor peint par Henri Martin est l’une des apothéoses.

 

Cet Art nouveau naquit en réaction au classicisme qui figeait la créativité. Cette culture de la liberté s’opposa aux convenances entravant l’innovation artistique. L’érotisme et l’éloge de la nature firent leur apparition comme des actions de transgression. L’Art nouveau fut le Mai 68 de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème.

 

Coup de cœur de ma part pour la toile de Jean-Francis Auburtin « Pins maritimes - Porquerolles », un merveilleux paysage du sud de la France, éclairé d’une lumière ultra romantique.

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26/12/2013

Cabu New York …

Je chemine dans New York avec Cabu. Le dessinateur humoristique publie un magnifique ouvrage de dessins sur ses épopées new-yorkaises. Je l’ai reçu pour mon p’tit Noël.

 

On y découvre des lieux cultes de la méga Cité (ses gratte-ciels, son subway, Times Square, Central Park, Harlem, le Bronx, Ground Zero, Chinatown, Chelsea, Broadway, Soho, le club de jazz Apollo, le Cotton Club, le Blue Note, Village Vanguard, le siège de l’ONU, …), ses passions (le jazz, les comédies musicales, la gastronomie, les gens, les musées, les galeries d’art, les bistrots et leurs terrasses, les Hipsters, les promenades, les chiens, la multiculturalité, …), ses hantises (les contrôles douaniers, les ultrareligieux, les sectes, la spéculation boursière, les traders, les inégalités sociales, les excès de la consommation, l’obésité, le McDo, …) et plein de personnages qu’ils aiment un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout.

 

Cabu valorise la démesure : « C’est l’excès qui est beau, plus loin, plus haut, plus fort. » Il croque plein de buildings : la Tour de la Liberté, l’architecture moderne au bout de la High Line, le Rockfeller Center, l’Empire State Building, mais aussi de toutes petites maisons de Brooklyn. Il tombe en extase devant le patrimoine industriel réhabilité en lieux branchés. Sans oublier les ponts, liens entre les hommes.

 

En un coup de crayon, il brosse les ambiances de la rue. Le bruit de la populace : « New York tonitrue : Ça gueule ! Ça hurle ! Quand deux New-Yorkais se retrouvent, c’est à celui qui laissera le mieux éclater sa joie … » Les odeurs : « Lorsqu’on passe près des carrioles à bouffe, ça sent les merguez de la Fête de l’Humanité … » Cabu aime les humains. Pour le crayonneur des revues satiriques, New York est une ville de célibataires puisque, selon lui, « il y aurait davantage de New-Yorkaises que de New-Yorkais. »

 

Le dessinateur militant fustige le dollar-roi : « Nous sommes 99%. Ils sont 1% et ils accaparent toutes les richesses. » La caricaturiste illustre diverses manifs en faveur d’une plus grande justice sociale.

 

Nous naviguons d’un quartier à l’autre, en choisissant notre rythme. Les monuments défilent devant nous : la statue d’Andy Warhol, les toilettes du LGBT (Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender) Community Center décorées par Keith Haring, le monument à la gloire du grand Duke Ellington, la Maison de Louis Armstrong, le Monument à la gloire de la non-violence réalisé par le sculpteur Karl Fredrik Reuterswärd, …

 

En voyant les gosses ingurgiter des sucreries, il écrit : « Quand je pense qu’on interdit le foie gras à cause du  gavage des oies, et qu’on laisse les ados se gaver de bonbons en silos ! » Cabu évoque Harlem, « où les Blancs et les Noirs cohabitent enfin », souligne-t-il.

 

La nuit l’attire. Les boîtes, les bars à la mode et les caves à jazz se succèdent sous nos yeux écarquillés. Quelques images nous plongent au cœur de magnifiques concerts, tels que celui de Roberta Gambarini & Roy Hargrove ou Jimmy Heath avec son big band. Les traits de fusain swinguent.

 

Cabu nous donne l’envie de se télétransporter immédiatement à New York. Nous y irons en avril prochain. Attention, la Grosse Pomme, nous arrivons …

 

Christian Brunier

 

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