04/04/2016

Nos barrages, notre patrimoine

Alpiq va mal. Il veut vendre ses barrages, peut-on lire dans les médias. Cependant, la crise n’est pas uniquement chez Alpiq, mais bien au niveau de la production électrique suisse toute entière.


La quasi-totalité des sites helvétiques de production électrique sont conjoncturellement déficitaires. Ce marché subit une sorte de concurrence déloyale, celle des énergies fossiles, polluantes, qui envahissent le marché, à des prix fort bas, alors que notre planète de meurt. Le charbon et le lignite dictent le prix du marché.

 

Chaque kilowattheure renouvelable produit en Suisse est beaucoup plus cher que le prix moyen du marché. Mais, les produits comparés ne sont pas du tout les mêmes.

Un steak chez le boucher local, bio, offrant de nombreux conseils, dont les animaux sont élevés dans les pâturages, nourris sainement est-il comparable au morceau de viande industrielle vendu dans un hypermarché low-cost. Evidemment non ! Les KW/h ne sont donc pas tous identiques. Un électron renouvelable, traçable, ayant un label écologique exigeant, comme celui de « Naturemade star », n’a rien à voir avec un KW/h nucléaire ou produit à base de charbon ou de lignite. Ces prix ne peuvent pas être mis en compétition, sans autres analyses.

 

Pourtant, en modifiant les conditions-cadres du marché, tout changerait très rapidement. La solution est, de ce fait, politique. Les élu-e-s suisses ont les clés pour modifier les conditions du marché.

 

4 moyens sont à leur disposition : 1) taxer les énergies polluantes, non renouvelables ; 2) et/ou subventionner les énergies propres ; 3) et/ou renégocier les droits d’eau, sorte d’imposition indirecte des barrages ; 4) et/ou créer des conditions pour faire éclore un marché des certificats de compensation carbone.

 

Si l’un ou l’autre de ces outils est utilisé, seul ou combiné à d’autres, le marché suisse de la production électrique sera sauvé. Ouvrir nos portes au charbon et au lignite est inéquitable en termes économiques et dangereux au niveau écologique. Le développement durable tout le monde en parle, il est temps de l’appliquer.

 

Christian Brunier, Directeur général de SIG

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