29/10/2016

"Lettres à Anne"

Je dévore le bouquin « Lettres à Anne » de François Mitterrand. C’est le recueil des missives que l’ancien Président de la République française a envoyées à sa maîtresse, le grand amour de sa vie, Anne Pingeot, de 1962 à 1995. Sur près de 1’275 pages, s’écoule une vie de passion, forte en émotions exaltantes, pleine d’intérêts divers, souvent tourmentée. A travers des phrases enflammées, les mots d’amour mettent en lumière une double vie d’une personnalité écartelée entre son couple public formé avec Danielle, la militante, peut-être sa plus fidèle amie, la mère de ses premiers enfants, et celle qui le fait vibrer et qui lui offrit une fille cachée durant des années. Cœur tendre, amoureux romantique, l’élu socialiste est bien loin du politique cynique qu’il incarnait. La belle plume mitterrandienne jette sur le papier des écrits que toutes les femmes rêveraient de recevoir de leur amoureux, surtout à l’heure des tweets et des sms. Le talent littéraire de cet homme d’Etat offre encore davantage de volume à ces envois entichés. A travers ces 1'218 lettres, nous rentrons dans les coulisses de cet amour : bonheur, politique, art, envie, doute, espoir, … nous passons en revue tous les états de la vie. Indécence, d’avoir publié ces écrits secrets ? Non, juste l’envie, pour cette femme dissimulée, de partager cet amour, de prendre une place à la hauteur de cette relation intime d’une force incommensurable. Nicolas Sarkozy a jugé ce livre comme une impudeur. Qui sommes-nous pour juger la vie des autres ? Moi, j’aime cet hymne dédié à la femme, que « Tonton » a tant aimé. Les dernières lignes de son ultime courrier résument bien ce bouquin, ce récit d’une vie amoureuse : « Mon bonheur est de penser à toi et de t’aimer. Tu m’as toujours apporté plus. Tu as été ma chance de vie. Comment ne pas t’aimer davantage ? »

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