29/04/2017

Stratégie énergétique : Le débat d’idées n’est pas un droit au mensonge

La démocratie est une liberté formidable. Il faut donc la préserver avec délicatesse. En politique, le débat d’idées est essentiel. Et la confrontation est l’oxygène démocratique qui permet l’agitation positive des idées, à condition que ce débat se déroule dans le respect et l’éthique. Les opposants à la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération helvétique ont franchi la limite de l’acceptable, en utilisant de graves mensonges pour faire peur à la population.


Evidemment, on a le droit de s’opposer à cette transition énergétique, mais oser affirmer, dans des annonces et tracts, que ce projet va « interdire de manger de la viande et rationner le café », que « des matchs de football seront annulés à cause de pannes d’électricité », qu’une « limite de température de 18 degrés sera imposée par l’Etat dans nos logement » sont des atteintes graves à l’honnêteté intellectuelle, à la vérité et donc, et c’est très grave, à la liberté démocratique. Le « ? » n’est pas une excuse à la démagogie populiste. Ces personnes devraient se rendre compte que notre planète va très mal. Sortir des énergies fossiles et éviter le risque nucléaire sont des urgences pour freiner le réchauffement climatique. Ces personnes devraient aussi savoir, qu’en plus du bien que cette réforme va faire à la planète, la transition énergétique représente un grand levier de croissance économique et est l’un des rares domaines où la création massive d’emplois est possible. Respectons la démocratie et débattons sereinement sur des faits et non sur des tromperies. Christian Brunier

Commentaires

Sauf qu'en ce qui concerne le principal objet, à savoir l'abandon d'une production stable assurant 26'000 millions de kWh, sur à peu près 60'000 millions, par l'assurance d'une production propre et renouvelable, donc sans importation d'électricité produite par du charbon ou du nucléaire, on est en droit de se poser quelques questions utiles.
Donc pas de charbon ni de nucléaire, la cause est entendue. Quant à l'hydraulique il faut bien constater que pratiquement tout nouveau projet fait l'objet d'une opposition de la part des écologistes. L'hydraulique doit déjà assurer le 60%, et l'on peut admettre une légère progression, mais vraiment légère tant on nous répète que le seuil maximum de turbinage est atteint, ce que je ne crois absolument pas, il n'y a par exemple qu'un turbinage du Rhône entre Sion et le lac.
Il reste donc les deux chouchous de l'OFEN et des journalistes, le solaire et l'éolien, tout deux instables et donc exigeant une production de substitution liée aux conditions météo: pas de vent, nuages et nuit pour le solaire.
L'augmentation de rendement des consommateurs est encore possible, moyennant le remplacement d'appareils, tous fabriqués soit par de l'électricité nucléaire ou fossile.
A partir de ces considérations, le mensonge n'est pas si avéré, cependant comme on est en Suisse et que les engagements d'une votation sont volatiles, on importera tant et plus, charbon et nucléaire compris et là effectivement..pas de problème...quoique...

Écrit par : Christian Favre | 01/05/2017

Le défi est difficile, mais tout à fait atteignable. En sus de notre patrimoine hydroélectrique, si nous développons les autres énergies renouvelables avec une forte volonté politique, nous y arriverons sans problème, à condition de coupler cette dynamique avec un dispositif supplémentaire que vous n’avez pas mentionné : l’efficience énergétique. Grâce aux nouveaux équipements et aux technologies, nous pouvons réduire sensiblement nos consommations, sans renier notre niveau de confort. Mieux et moins consommer, voici la solution !

Écrit par : Christian Brunier | 02/05/2017

Les détracteurs parlent des éoliennes qui défigurent le paysage. Oui je suis d'accord, mais ce paysage est malgré tout encore accessible, contrairement à Tchernobyl et Fukushima. N'attendons pas un accident nucléaire en Suisse pour réagir, car ce ne sera pas 19% du territoire (IFP) mais bien plus qui seront détruits.
De plus il existe des éoliennes "verticales" qui peuvent être déployées le long des autoroutes et des routes à grand trafic et qui sont muent par le déplacement d'air produit par les véhicules, notamment les camions = production quasi constante, aucun impacte négatif sur le paysage, infrastructures existantes ou facile à installer (câblage le long des routes).
Et pour le solaire, il n'y a plus seulement les panneaux de toit. Il existe maintenant des panneaux de façade, des fenêtres... oui le rendement doit encore être perfectionner, mais cela va vite et nos EPF s'y attèlent et c'est donc des emplois, de la technologie et donc des revenus investis en Suisse et non pas en Arabie (pétrole) ou en Russie (gaz).
Certains opposants disent que nous n'avons pas besoin que l'Etat nous impose ce qu'il faut faire par une loi... alors supprimons aussi les limitations de vitesses sur les routes à ce moment !
Il faut donc accepter le mieux maintenant, même si ce n'est peut-être pas encore le meilleur, mais on s'adaptera plus facilement dans les années à venir.

Écrit par : W. Bourgeois | 03/05/2017

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