30/12/2018

Le nouveau partenariat social

« Si l’on ne construit pas un monde de partage des richesses, c’est un monde de conflits multilatéraux qui nous attend. » José Bové J’ai été syndicaliste. Je suis employeur. Je n’ai jamais changé de valeurs, d’idéaux. Etonnant ? Non, simplement logique ! Que tu représentes le personnel ou que tu sois patron, quel doit être ton objectif ? Défendre au mieux les intérêts de ton entreprise afin qu’elle puisse assurer de belles prestations à ses parties prenantes : un service impeccable à ses clients ; une belle création de valeurs pour ses propriétaires ; des réalisations positives pour la société civile sur les trois axes du développement durable (environnement-social-économie) ; des bons résultats afin de déployer des conditions de travail motivantes. Comme disait Brel : « Nous ne sommes pas du même bord (quoi que ?), mais nous visons le même port. » Pour arriver à cette convergence de vue, il faut tout d’abord se respecter mutuellement. Dans mes multiples vies, j’ai rencontré une foultitude de syndicalistes méprisant les dirigeant-e-s d’entreprise, et inversément, tout autant de boss détestant leurs partenaires sociaux. Toutes et tous pensaient, à tort, défendre des intérêts totalement opposés. Souvent, pourtant, nous retrouvons, de part et d’autre, des personnes bienveillantes. Certes, nous pouvons trouver des syndicalistes ne voulant conquérir que de nouveaux acquis sans se soucier des résultats de l’entreprise et des patrons obsédés que par les dividendes à verser aux actionnaires. Dans les deux cas, tout le monde fonce contre le mur. Heureusement, ce type d’individus est tout de même rare. Chaque année, pour définir l’évolution salariale, les partenaires sociaux ne devraient pas venir chacun avec une plateforme déraisonnable, puis négocier durant plusieurs jours, semaines ou mois, pour trouver un accord. Ils devraient, ensemble, concevoir un projet de compromis axé sur trois aspects incontournables : 1) la capacité financière de l’entreprise ; 2) la comparaison avec ce qu’accordent les concurrents à leur personnel ; 3) et l’acceptation du futur accord par les parties prenantes (propriétaires, clientèle, opinion publique ; médias, …). La recherche de cet équilibre devrait être réalisé conjointement, solidairement. Une telle approche créerait un nouveau partenariat social, bénéfique tant pour les collaboratrices et collaborateurs, que pour l’entreprise elle-même. Co-construire est la base de ces nouvelles relations du travail. Il faut savoir, de surcroît, alterner négociations très officielles et formelles aux échanges informels et transparents qui rendent possible l’entente entre les partenaires sociaux. Quand les syndicalistes ne le sont plus, l’instant d’un rendez-vous, que les dirigeant-e-s de l’entreprise enlèvent leurs grades hiérarchiques et que toutes ces personnes se rencontrent inofficiellement, que toutes les parties discutent hors PV, hors procédures habituelles, qu’ils se disent tout, simplement entre humains voulant le bien pour leur boîte, c’est alors qu’ils trouvent le bon chemin pour réaliser des deals gagnants, favorables à tout le monde. A dossiers ouverts, à langage libéré, quand on se dit tout, loin des déclamations des tables de négociation, les solutions se construisent positivement. Dans cette dynamique de saine coopération, SIG a mené, en 4 ans, tout en promouvant des conditions de travail attractives : deux évolutions organisationnelles d’importance pour affronter l’avenir avec fort potentiel et sérénité ; la mise en place d’un nouveau système de rémunération ; la création d’un système d’évaluation très progressiste (en cours de validation) ; l’instauration d’un programme de leviers de performance afin d’optimiser le fonctionnement de cette régie publique, encore trop bureaucratique ; la concrétisation d’une nouvelle culture de travail (meilleur équilibre vie professionnelle / vie privée ; horaire et management à la confiance ; nomadisme possible ; remplacement de la place de travail attribuée par l’apparition d’espaces de travail dynamique ; accroissement de la responsabilisation). Grâce à cette belle entente, déployée dans un climat de grande convivialité et franchise, nous pouvons faire évoluer l’entreprise en anticipant les défis, tout en recherchant la satisfaction des collaboratrices et des collaborateurs, moteurs du changement. A l’opposé, toutes les entreprises, publiques ou privées, où le climat social est tendu, la stagnation règne. C’est uni que les syndicats et chef-fe-s d’entreprise construisent les meilleurs accords, n’en déplaisent à ceux, des deux bords, qui ne recherchent que le mépris et la confrontation. Christian Brunier, ancien syndicaliste, Directeur général de SIG

Commentaires

Alain Boucher, paysagiste, gilet jaune… a déclaré que si rien ne change, que Macron comme il ne cesse de l'affirmer "maintient le cap" alors il y aura révolution

ce que prédisait Arlette Laguiller de FO qui, elle, estimait que sans révolution, en effet, rien ne changerait.

On déguise hypocritement la précarisation croissante déterminée des classes moyennes par ce "pouvoir d'achat" signifiant en réalité des salaires de plus en plus indignes, indécents.

Autre expression: "coût du travail"!

Pour les recherches d'emploi, dès cinquante ans: "âgisme"!

Marchandisation des choses comme des êtres humains déplaçables et corvéables à merci.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 31/12/2018

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