07/01/2019

Je resterai toujours Charlie !

Il y a 4 ans, je m’apprêtais à partir à Paris, la plus belle ville du monde. Quand ma chérie m’appela. Elle m’annonça une attaque terroriste perpétrée contre le journal satirique Charlie Hebdo. Moi, le lecteur fidèle de ce journal, le militant du rire sans limites, me retrouva terrassé par cette horrible tragédie. Massacrer des innocents est un acte de barbarie.

S’attaquer à la presse satirique est un viol contre la liberté ! Esprits libres, nous sommes toutes et tous « Charlie » ! Quelques semaines avant ce drame, l’humoriste Sophia Aram écrivait : « Sans Charlie, la connerie deviendrait insupportable. » Depuis le 7 janvier 2015, la connerie est devenue insupportable. Elsa Cayat, Charb, Cabu, Wolinski, Honorl, Tignous, Bernard Maris, Mustapha Ourrad, Frédéric Boisseau, Michel Renaud, Franck Brinsolaro, Ahmed Merabet ... nous les aimions ou pas. Moi, je les aimais. Ils symbolisaient pour moi le talent pamphlétaire, libérateur des sociétés modernes. Je les lisais ou admirais leurs dessins, chaque semaine.

D’accord ou pas avec eux, ils poussaient à la réflexion, la provocation étant l’oxygène des libertés. Des promoteurs de la haine les ont exterminés, réduisant la parole vivante à néant. Face à ce poison d’intolérance, certains sont tentés de réagir, eux aussi, par l’agressivité. Un rejet, par révolte, par vengeance, voire pire, par récupération politique. Et là, le festival de stigmatisation se met en branle.

Stop ! Nos amis humoristes sacrifiés sur l’autel de la dérision n’ont jamais voulu de tels comportements. Au contraire, toutes leurs vies, toutes leurs œuvres ont combattu ce type de comportements. Ils ont prôné le verbe acerbe, mais toujours la non-violence, l’acceptation des autres, l’antiracisme, la liberté de croyance et surtout d’expression. Oui, ils se sont moqués des religions, de toutes les religions, sans exception, éprouvant de fortes sympathies pour l’anticléricalisme et prônant l’incroyance. Ils ont combattu les totalitarismes religieux, comme les dogmes politiques, épris d’esprits libérés de toute contrainte. La liberté de ne pas croire ! Evidemment, ils usaient de l’impertinence, jouaient avec les limites pour secouer les consciences, jamais avec intolérance. Cette équipe a toujours été promotrice de l’humain et de ses droits. Honorer leur mémoire, c’est vouloir la paix.

Valoriser leurs valeurs, c’est unir les êtres humains, et non pas les diviser. Pour combattre l’immonde, il faut valoriser le beau et le bon. Continuons à être toujours Charlie !

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