Carpe diem du 27 avril 2019 … Une nation arc-en-ciel porteuse d’espoir

En quittant l’Afrique du Sud, après un séjour de rêve, un mot revient en moi : Réconciliation. La fin de l’Apartheid aurait pu tourner en vengeance généralisée ; en guerre civile ; en massacre ethnique. Tant de haine avait été semée sur ce merveilleux pays, que le retour de bâton était programmé, justifié, ou du moins justifiable. L’intelligence et l’humanisme de Mandela, de ses proches et de l’ANC (Congrès national africain, le parti de Mandela) ont changé positivement l’avenir de l’Afrique du Sud, en pardonnant les crimes du passé. Dès la chute du régime raciste et la libération de Nelson Mandela (après 27 ans, 6 mois et 6 jours de détention pour ses idées) et des autres leaders noirs, prisonniers presqu’éternels, Mandela a donné le ton. Pour lui, l’heure était venue de refermer les plaies, de créer des ponts au-dessus du fossé qui avait séparé les Africains du Sud. Le moment était venu de construire. La réconciliation était le leitmotiv. La paix est désormais présente. Le racisme s’évapore. La fracture sociale, toujours trop présente, diminue. Les maisons en tôle des townships se mutent en modestes bâtisses en dur et en couleur. Un salaire minimum a été instauré et augmente progressivement. La sécurité sociale existe. Le système de soins progresse. Une réforme agraire redonnant des terres au plus humbles est en cours. La sortie du charbon et du nucléaire pour se tourner vers les énergies renouvelables est programmée. Le pays possède un bon niveau de sécurité et est bien organisé. La démocratie fonctionne. La corruption existe certes, mais est dénoncée et condamnée. Evidemment, le nirvana ne forme pas encore le quotidien de chacune et de chacun. Cependant, quelle évolution ! La réconciliation a évité la catastrophe et projeté l’Afrique du Sud sur le chemin du progrès. Mais qui parle mieux de la réconciliation que Nelson Mandela : « La réconciliation est un élément essentiel de la vision qui a poussé des millions d’hommes et de femmes à tout risquer, y compris leur vie, en luttant contre l’Apartheid et la domination blanche. Elle est inséparable de l’avènement d’une nation non raciale, démocratique et unie, qui accorde à tous un statut de citoyen avec des droits et des devoirs et qui respecte la richesse et la diversité de notre peuple. » Tout est dit ! Vive cette nation arc-en-ciel ! P1040809.JPG

Commentaires

  • Le premier ministre australien accorde des visas humanitaires aux fermiers blancs africains. En effet le président de l'Afrique du sud veut modifier la constitution de l'Afrique du Sud pour pouvoir exproprier les fermiers blancs. Ceux-ci las de devoir se barricader dans leurs maisons à cause des menace de génocide dont il sont les victimes émigrent en masse vers le continent voisin. Comme vous le dites tout va bien.

  • Les blancs ne forment pas le clan des victimes en Afrique du Sud. Allez sur place pour constater, vous verrez, c’est assez visuel. La réconciliation passe un peu par un léger partage.

  • Enfariné dans une secte à l'insu de son plein gré...

  • Un tableau idyllique à comparer par exemple à celui de Bernard Lugan:

    En Afrique du Sud, le 27 avril 1994, il y a donc 25 ans, se tinrent les premières élections multiraciales. Grâce à elles, l’enfer de l’apartheid allait être oublié et le paradis sur terre allait advenir puisque, des fontaines de la démocratie non raciale allaient couler le lait et le miel. Alléluia !

    Vingt-cinq ans plus tard, les illusions ont été dissipées et le pays a sombré :

    - Taux de chômage officiel, 27,7% (taux officieux 40%).
    - Chômage des jeunes âgés de 15 à 34 ans, 38,8% selon le taux officiel.
    - PIB en chute libre : 3,5% en 2011 ; 2,6% en 2012 ; 1,9% en 2013 ; 0,6% en 2016 ; 1,3% en 2017 et 0,8% en 2018, alors qu’il faudrait 7% durant plusieurs décennies pour simplement stabiliser la pauvreté.
    - Economie entrée en récession technique depuis 2018.
    - Revenu de la tranche la plus démunie de la population noire inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994.
    - Un habitant sur trois survivant grâce aux aides sociales, le Social Grant.
    - A l’exception de l’agriculture, branche encore contrôlée par les Blancs, tous les secteurs économiques sud-africains sont en recul ou en faillite, à commencer par les industries de main d’œuvre (textile, vêtement, chaussures), qui n’ont pu résister aux importations chinoises. Quant aux secteurs de la mécanique dans lesquels, avant 1994, l’Afrique du Sud produisait la majeure partie des pièces dont ses industries avaient besoin, ils sont moribonds.
    - Les mines ont sombré. En raison des pertes de production et des coûts d’exploitation en hausse constants, nombre de puits secondaires ont fermé, entraînant la mise à pied de dizaines de milliers de mineurs. Pour maintenir la production, il aurait fallu investir des sommes colossales, mais le climat social, la corruption et l’insécurité ont découragé les investisseurs qui ont préféré faire glisser leurs activités vers des pays moins incertains.
    - L’industrie minière est pénalisée par les coupures de courant à répétition car la compagnie publique Eskom, littéralement pillée par ses nouveaux dirigeants nommés par l’ANC a vécu sur l’héritage laissé par le régime blanc sans procéder aux investissements indispensables. Résultat : les mines qui représentent aujourd’hui 10% du PIB sud-africain, qui emploient 8% de la population active et qui sont le premier employeur du pays avec 500.000 emplois directs, ont perdu plus de 300.000 emplois depuis 1994.
    - La criminalité fait de l’Afrique du Sud un des pays les plus dangereux au monde.
    - L’exceptionnel maillage médical a disparu.

  • Mireille, Nous laisserons le peuple tranché, puisqu’il sera appelé prochainement aux urnes en Afrique du Sud.

  • Parce que les élections diront qui de l'un ou de l'autre a raison sur l'état de l'économie et des structures sociales? Bizarre, bizarre...

  • Pour une fois j'ai envie d'être cynique.

    Ainsi donc certains Noirs ont pris la place des Blancs et se comportent comme eux, voir pis. Le vol, le meutre, l'appropriation du bien et du travail d'autrui, l'enrichissement rapide, rien de nouveau sous le soleil. Pourquoi les Sudafricains seraient-ils meilleurs que les autres? Ils n'ont pas été éduqués à ça.

    C'est vrai aussi que les colonialistes européens ayant envahi l'Australie ont su "mieux" faire que les colonialistes européens sudafricains: ils ont génocidés les Australiens (qui sont insultés sous le nom d'"aborigènes"). Par exemple aucun Tasmanien n'a survécu. Ca, c'est efficace. C'est comme sur un autre continent où les "indigènes" à défaut d'être massacrés ont été parqués dans des réserves.

    On n'opprime pas un peuple pendant des décennies sans conséquences. Pour les Européens comme pour les Africains. Hélas.

    Relire "La cigale et la fourmi".

  • Que Madame Valette traîne son éternelle obsession des couleurs (noir contre blanc), des religions (islam contre christianisme), etc.. est une chose mais citer Bernard Lugan comme référence pour expliquer la situation en Afrique du sud ne manque pas de piquant. L'usage du concept de « race » est central dans l'oeuvre de Lugan et il n'hésite pas à présenter la colonisation française comme un bienfait de l’humanité au bénéfice des africains (sic). Quant à l'Afrique du sud dont il se prétend un "spécialiste", il a largement soutenu l'idée d'un Etat Afrikaner seul capable de garantir la "survie de l'identité blanche". Etc...etc...etc....

    Je pensais que Madame Vallette était simplement une anti-islamiste acharnée mais je découvre aujourd'hui qu'elle est sur la pente glissante du supémacisme blanc.

    Au passage, je vous félicite pour cet article. Je me permettrais juste d'ajouter qu'il faut reconnaitre à l'administration post-apartheid le bénéfice d'avoir renforcé et étendu le système éducatif secondaire et supérieur du pays depuis 1994. L'AdS est un pays que je visite et où j'ai aussi vécu durant les trente dernières années. La situation est loin d'être aussi manichéenne que certains qui n'y ont jamais mis les pieds, cherchent à nous le faire croire. Les choses évoluent en dépit des difficultés que rencontre ce magnifique pays.

    Ex falso sequitur quod libet.

    Bonne journée.

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