Pour l’accélération de la Transition énergétique

L’humanité est en danger, écologiquement ! Ce simple constat scientifique devrait créer une mobilisation sans précédent pour utiliser toute l’ingéniosité humaine afin de changer cet état de fait. Cependant, l’inaction, le fatalisme, voire le négationnisme climatique règnent. Envers les générations futures, nous n’avons pas le droit de ne rien faire.

L’un des facteurs importants pour inverser cette situation environnementale consternante est d’accélérer la transition énergétique.

Consommer moins …

 

Toutes les villes du monde ont lancé des programmes d’économies d’énergies. Peu fonctionnent bien. A Genève, le programme SIG éco21 est l’une des plus belles réussites européennes, voire mondiales. A part quelques programmes aux USA, au Canada et en Scandinavie, peu ont remporté autant de succès. En 2018, éco21 a effacé la consommation électrique de 60'000 ménages, soit environ 179 GWh/an et 192'000 tonnes de CO2.

 

Ce programme axé, initialement, sur l’électricité, se développe désormais aux niveaux thermique, de l’eau et bientôt de la gestion des déchets. Le Kilowattheure non consommé est le plus écologique et le moins onéreux ! De plus, ce « négawatt » est plus facile à mettre en œuvre que l’action de produire un nouveau KWh. La priorité est d’accentuer ce type de programmes, de les rendre contagieux et de les pérenniser dans la durée. Plusieurs collectivités, entreprises, institutions ou particuliers ont encore un potentiel d’efficience énergétique immense. Moins consommer, sans diminuer son niveau de confort est indispensable et bénéfique tant pour la nature que pour son porte-monnaie.

 

Un accord entre les milieux de propriétaires et de locataires doit aussi être recherché, ces organisations éprouvant des craintes de voir augmenter les coûts de construction/rénovation et donc les loyers. Des modèles financiers devraient être développés pour absorber les conséquences de ces investissements, bénéfiques dans la durée, souvent assez rapidement.

 

Consommer mieux …

 

A Genève, les Autorités cantonales et SIG, avec un soutien populaire très fort, se sont mobilisées pour sortir du nucléaire et atteindre le 100% renouvelable au niveau de l’électricité. Plus aucun-e client-e SIG ne consomme un kWh fossile, ce qui n’est malheureusement plus le cas de quelques gros clients libéralisés, ayant choisi un autre fournisseur, pour consommer le moins cher possible, en se moquant de la qualité énergétique. Ce qui montre bien l’importance de se mobiliser pour ne pas libéraliser totalement le marché suisse de l’électricité, au moment-même où le charbon et le nucléaire européens sont bradés, avant, espérons-le, de disparaître. Si SIG se mobilise contre la libéralisation totale de ce marché, ce n’est pas pour défendre sa partie de monopole sur la vente des électrons, ce qui est relativement marginal en termes de marges. C’est bien, par conviction, pour ne pas brader la transition énergétique.

 

S’il est réjouissant que SIG fournisse du 100% renouvelable électrique, il faut tout de même noter qu’à part la Convention d’objectifs entre SIG et ses propriétaires, rien n’oblige cette régie publique à poursuivre dans cette voie. Idem pour le programme d’économies d’énergies éco21. Il suffirait de quelques changements politiques ou/et à la tête de cette entreprise publique, pour changer rapidement de cap. Graver un peu dans le marbre, notamment dans la loi ou les règlements, ces bonnes pratiques pourrait servir à les pérenniser, sans prendre le risque d’un retour en arrière.  

 

Ces 100% d’électricité renouvelables sont produits pour 1/3 à Genève et le reste acheté en Suisse. Il est important d’accroître la production genevoise en soutenant l’autoproduction et l’autoconsommation, ainsi qu’en développant massivement le solaire locale. SIG veut tripler le solaire genevois d’ici 2025, en maîtrisant de gros projets (Stade de Genève, Aéroport, Ports Francs, etc.) et en incitant les moyennes et petites productions.

 

Si le défi électrique est bien relevé à Genève, reste à créer cette même dynamique aux niveaux fédéral et international. Le programme helvétique pourrait être beaucoup plus volontariste, en mettant les slogans en adéquation avec une politique plus concrète. La frilosité fédérale pour taxer les énergies polluantes et dangereuses pour la santé publique ; pour contraindre les cantons ou/et les distributeurs électriques à mener des programmes d’économies d’énergies ; ou pour mettre en place des programmes de construction d’éoliennes ; en sont malheureusement des preuves éloquentes.

 

Il faut, de surcroît, s’attaquer à la thermique. Pour se chauffer et se refroidir, la Suisse n’utilise quasiment que du fossile, dont une grosse moitié de mazout. Genève est légèrement meilleure, mais tout reste à faire. SIG va investir 1,5 milliards d’ici 2030/2035, pour viser 40% de thermique renouvelable à partir principalement de l’eau du lac (GeniLac) et de la géothermie. Ces programmes massifs doivent être soutenus.

 

Le développement de l’électromobilité, approvisionnée par de l’énergie renouvelable ; la production d’hydrogène, à partir des surplus de renouvelable ; la production de biogaz local, et la construction de Smart City, immeubles et quartiers connectés, citoyens et durables sont aussi des priorités,

 

Entre 10 à 15 milliards de francs suisses sont dépensés, en Suisse, chaque année, pour acquérir des énergies sales à l’étranger, parfois dans des pays peu fréquentables. Pour améliorer la qualité de l’air, diminuer la pollution, créer des emplois de proximité et générer une dynamique économique locale et durable, il est essentiel de produire des énergies renouvelables locales et des programmes d’économies d’énergies. Bio et local, voici nos priorités pour atteindre une société à 2000 Watts !

 

Christian Brunier, Directeur général de SIG

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