Le barrage de Verbois, haut-lieu de l’énergie renouvelable, fête ses 75 ans …

Il y a 75 ans, pour relater l’inauguration du barrage de Verbois, dans le journal « La Liberté Syndicale », le chroniqueur Lucien Genoud écrivait : « Gouverner c’est prévoir ! Telle est la grande leçon de Verbois. Cette belle œuvre fait honneur au peuple de Genève. Dix ans de travail d’ingénieurs et d’ouvriers sont là, posés sur le Rhône. Si le barrage techniquement magnifique ne participe pas à la beauté pure, il permet au Rhône de créer un lac, un miroir où le ciel se reflète. Symbole ! »

A l’époque, cet ouvrage hydroélectrique produisait davantage que Genève ne consommait. Aujourd’hui, il ne couvre plus que les 15 % de cette consommation. Ce barrage reste, cependant, primordial pour relever les défis de la transition écologique, de l’urgence climatique. L’énergie forme une tranche importante de la problématique.

Mieux et moins consommer l’énergie devient vital ! L’énergie hydroélectrique possède de nombreux atouts. En tant qu’énergie renouvelable, ses coûts d’exploitation sont faibles. Elle produit très peu d’émissions de gaz à effet de serre. Elle ne génère pas de déchets dangereux durant des milliers d’années et sert de stockage en énergie, grâce à ses retenus, ses réservoirs, qui compensent bien les variations de la demande énergétique. Cette électricité hydraulique se marie fort bien avec des énergies intermittentes, telles que le solaire et l’éolien.

Mais pour être une énergie vraiment propre et verte, il est nécessaire de compenser l’impact de l’ouvrage hydroélectrique sur la nature. Nos actions sont nombreuses et efficaces. Installations de passe à poissons ; constructions de roselières favorisant la reproduction des poissons et des oiseaux ; réalisations de radeaux à sternes, lieux de nidification ; ou passages mis en œuvre pour les castors, toutes ces actions contribuent à diminuer l’empreinte de l’humain sur le milieu naturel. Cette philosophie est celle visant un développement durable et responsable. Il n’y a point de salut sans adopter une telle politique.

Face au dérèglement climatique, il est impératif d’accélérer et de démultiplier nos engagements écologiques. Nos objectifs solaires ambitieux, la mise en place d’éco21 déchets pour moins produire et mieux recycler nos déchets, notre mobilisation en faveur de l’essor de l’électromobilité ou le bilan impressionnant de notre programme d’efficience énergétique en sont des preuves. Notre développement de la thermique renouvelable, pour chauffer et refroidir écologiquement nos logements ou nos entreprises, avec des investissements à venir de la part de SIG de 1,3 milliards prouvent notre volonté de viser une exemplarité environnementale, tout en assumant totalement nos missions d’industriels. Si nous nous positionnons comme des accélérateurs écologiques, nous voulons aussi être, de plus en plus, des activateurs de dynamiques environnementales. Pour réussir, il faut mettre la société en mouvement, créer des cercles de collaborations vertueuses. Nous devons renforcer nos collaborations, créer des synergies, susciter des dynamiques avec l’ensemble de nos parties prenantes, pour que Genève devienne un modèle de développement durable et d’harmonie. Accélérateur de la transition écologique, activateur de la transition énergétique, voici nos ambitions.

Eclairer l’avenir pour sortir de l’obscurité ambiante est essentiel pour dégager des impulsions, pour créer l’envie d’agir. Cependant, pour bien progresser vers le futur, il faut valoriser les grandes actions du passé La construction de ce barrage fût une performance technique et humaine fantastique. Que toutes les personnes ayant contribué à sa construction spectaculaire, puis à son exploitation avec grand professionnalisme, soient vivement remercier. L’édification de cette usine d’énergie renouvelable est leur œuvre. J’aimerais avoir, dans ce contexte, une pensée très émue pour les 9 collaborateurs qui ont perdu leur vie durant ce chantier, décès qui n’étaient pas rares, à l’époque de ces imposantes constructions. Ils sont nos héros, « des héros au service de la prospérité, de la stabilité et de la sécurité de Genève », comme disait notre ancien Président Gérard Fatio. Ces 9 morts pour Verbois sont : Pierre Armleder, géomètre ; Alfred Marchon, ouvrier ; Maurice Schwab, batelier ; Marcel George, mécanicien ; Emile Bardinet, manœuvre ; Hans Zehnder, électricien ; Georges Wolfgang, ouvrier ; Richard Schutz, pontonnier ; Céleste Spinelli, charpentier. Nos pensées vont vers eux et leurs familles. Grâce à ces précurseurs, le Rhône met à sa force impressionnante au service de la collectivité publique, du service public. Produire davantage d’électricité renouvelable est l’un des axes pour répondre à L’état d’urgence climatique désormais décrétée, qu’on le veuille ou pas.

Ban Ki Moon, ancien Secrétaire général de l’ONU, avec qui j’ai eu l’honneur d’allumer notre beau Jet d’eau, a déclaré : « Nous sommes à la croisée des chemins. Un pas nous mène à un accord fondamental sur le changement climatique ; l'autre au néant. » Que celles et ceux qui refusent le néant unissent leurs volontés et leurs actions pour que les Générations futures puissent connaître le bonheur.

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