Van Gogh, homme de cœur et des lumières

Avons visité les Carrières de Lumières des Baux de Provence : Van Gogh, La nuit étoilée ; après une première partie, très belle, consacrée à l’Art japonais. Elles mettent à l'honneur les œuvres de Vincent van Gogh (1853-1890) qui peignit pendant les dix dernières années de sa vie plus de 2’000 tableaux, aujourd’hui dispersés à travers le monde. Sur les 7’000 m² des Carrières, cette nouvelle création visuelle de Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi et sonore, signée par Luca Longobardi, retrace la vie intense de l’artiste fasciné par les teintes chaudes et colorées de la Provence. Nous déambulons dans les plus grands chefs-d’œuvre de l’artiste qui sont projetées, en format géant, sur les murs de ce bâtiment troglodyte imposant. Le spectacle est grandiose.

Les nuages, soleils et portraits des plus grandes créations de Van Gogh s’animent sur des parois de plus 15 mètres de haut et révèlent le style si singulier de l’artiste. L’exposition évoque le monde intérieur à la fois démesuré, chaotique et poétique de Van Gogh à travers ses toiles les plus emblématiques, de la Nuit étoilée (1889) aux Tournesols (1888) en passant par sa célèbre Chambre à coucher, peinte à Arles en 1889.

Ce peintre des Pays-Bas aux convictions sociales affirmées, répétait : « Il n’y a rien de plus réellement artistique que d’aimer les gens. » Dans ses tableaux, nous ressentons cette inclinaison pour l’humanisme. Victime d’une éducation à la dure, coincé dans l’étau de la religion, Van Gogh débute sa carrière en étant évangéliste. Proche des populations les plus humbles, il se consacre aux mineurs et à leur famille. Il descend même dans les mines pour soutenir les travailleurs exploités et ruinés dans leur santé. Agissant comme une sorte de prêtre ouvrier, son attitude déplait à l’Eglise. Elle le vire pour insoumission. Devenu peintre, c’est à Paris qu’il s’ouvre au progrès et se dévergonde. Amant d’une tenancière de cabaret, Agostina Segatori, il fréquente les courants nouveaux de la peinture. Il rencontre notamment Toulouse-Lautrec, Camille Pissarro et Paul Gauguin. Sa palette gagne en couleurs. Ses tableaux s’illuminent de cette lumière, après laquelle il coure. Cette recherche de luminosité l’appelle en Provence. Le soleil du Sud de la France, qui a révolutionné sa manière de peindre, éclaire l’espace gigantesque des Carrières. Les coups de brosse expressifs et les couleurs audacieuses se révèlent sur les murs des Carrières, soulignant un dialogue permanent entre l’ombre et la lumière. Buveur d’absinthe, il produit de merveilleuses toiles dans l’incognito. La folie l’emportera dans un autre monde …

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