Visons le Label numérique responsable (NR)

« Notre objectif est de faire converger transformation numérique et transition écologique », Vincent Courboulay, Ingénieur et Maître de conférences. Internet provoque 2% des gaz à effet de serre mondiaux. Dans les pays riches, ce pourcentage est 4 fois plus grand. Selon une étude de Novethic Groupe Caisse des dépôts, en 2018, si l’Internet était un pays, ce serait le 6ème consommateur d’énergie mondial et le 7ème émetteur de CO2.

Plus largement, les usages numériques mondiaux équivalent à 2 fois l’empreinte environnementale d’un pays comme la France. Pour fabriquer un ordinateur, il faut en moyenne 1,5 tonne d’eau, 240 kg de combustibles et 22 kg de produits chimiques. 70 à 90% des appareils technologies « démodés » ne sont pas recyclés. Ces vingt dernières années, la durée d’utilisation d’un computer a été divisée par trois, passant de 11 à 4 ans. Les nouvelles technologies provoquent des débauches énergétiques et contribuent fortement à la pollution mondiale. Le « Label numérique responsable » encourage à sortir de cette spirale infernale.

Cette certification vise à réduire l’empreinte sociale, économique et écologique des technologies de l’information et de la communication.

Tout d’abord, il est primordial de cibler la stratégie et gouvernance IT. Cet axe vise à sensibiliser et entraîner l’adhésion des utilisateur-trice-s informatiques au numérique responsable ; à formaliser une politique de numérique responsable et à la déployer. Sans impulsion des dirigeant-e-s des entreprises ou institutions, l’action ne sera jamais d’ampleur.

Un accent doit porter sur la formation et la communication. Il faut favoriser et accompagner le développement des compétences dans le domaine du numérique responsable. La communication des bonnes pratiques dans ce domaine est essentielle. La sensibilisation aux écogestes informatiques doit être constante, répétée pour que ceux-ci deviennent innés. Nous devons cibler un usage, le plus sobre possible, des technologies.

Une démarche d’achats responsables des équipements numériques doit voir le jour ou s’amplifier. Lors de l’acte d’achat, nous devons favoriser le matériel le plus conforme avec l’environnement. Le prix ne peut pas être le seul indicateur, comme trop souvent dans bien des milieux. Les équipements bureautiques doivent être mutualisés, comme les imprimantes ou les grands écrans. Ils doivent voir leur vie allongée.

Les Datacenter doivent être repensés pour consommer moins en refroidissant les serveurs et non plus les immenses salles d’hébergement de données ; en virtualisant au maximum les serveurs ; en supprimant les longueurs inutiles et les nœuds des câblages ; en captant la fraîcheur l’autre côté du mur, aux saisons froides, plutôt que de produire toute l’année du refroidissement.

L’écoconception, par exemple lors de développements de logiciels, doit être encouragée, en devenant un critère fort lors de leurs acquisitions.

L’IT for Green, soit la technologie mise en place pour améliorer l’environnement doit être privilégiée, comme l’éclairage intelligent ou l’automatisation des bâtiments. Un rapport de GeSI (Global e-Sustainability Initiative) démontre que les solutions numériques pour rendre les villes connectées et durables représenteront, d’ici 2030, un potentiel de 20% de réduction des émissions de CO2 au niveau mondial.

L’utilisation des énergies vertes et les économies d’énergies se combinent naturellement à tous ces concepts.

Parce que le numérique est un producteur majeur d’émissions de gaz à effet de serre, d’épuisement des ressources et d’affaissement de la biodiversité, participant activement au changement climatique, nous devons nous engager à optimiser les outils numériques pour limiter leurs impacts et consommations.

Commentaires

  • On peut regarder la paille dans l'œil du voisin, mais il vaut mieux prendre ses responsabilités.
    Le développement de Genève est tout sauf éco responsable, puisqu'elle favorise la pollution de véhicules. Genève, si elle ne veut pas devenir une plaque de béton, ne peut loger qu'une petite partie des travailleurs.

    Les politiciens genevois devraient se préoccuper de leur éco-responsabilité dans le développement du canton, c'est par l'exemple, que cette responsabilité se diffusera dans la population en tant que consommateurs.
    Ce n'est pas les transports publiques qui ne peut absorber qu'une partie des nouveaux travailleurs qui est la solution éco-responsable.

    A chaque secteur de mieux faire, y compris chez les politiciens qui conduisent la politique économiques des villes et cantons. A Genève, l'éco-responsabilité est aussi forte que chez les pétroliers.

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