Les sublimes paysages d’Hopper

« Parmi les peintres du bonheur, certains eurent une vie heureuse, d’autres furent souvent et durablement malheureux. Mais tous étaient attirés par l’idée du bonheur et de sa nécessité », Christophe André, psychothérapeute, spécialiste du bonheur. Avons cheminé, au milieu de la foule, à la Fondation Beyeler, à Riehen, aux portes de Bâle, pour admirer l’expo d’Edward Hopper.

J’avais déjà vu l’une des rares expositions de ce superbe peintre, en 2010, au Musée de l’Hermitage de Lausanne. Ici, une soixantaine d’œuvres magiques proviennent de collections privées et de musées pour former un panorama fantastique des paysages fascinants peints par Edward Hopper. Une partie des toiles sont des prêts du Whitney Museum of American Art de New York, dépositaire de la plus importante collection mondiale de réalisations d’Edward Hopper. Armé, pacifiquement, de sa palette chromatique, Hopper confère une puissance exceptionnelle à ses paysages. Ses couleurs embaument les vastes plaines américaines, les visions urbaines ou les plages de la Côte Est des Etats-Unis. Ces panoramas grandioses mettent souvent en scène des humains, plongés dans leur quotidien, voire leur vie intérieure. Grand pinceau de la vie moderne, l’artiste met en scène l’environnement, nous appelle à le protéger. Nous avons à faire au Pape de la contemplation. Dans l’une des salles, un film de Wim Wenders, en 3D, « The Light of Solitude », véhicule des images inspirées par Hopper. Je n’aime pas trop le personnage introverti, repoussant le modernisme artistique, avec comme cerise sur le gâteau une éducation psychorigide, heureusement démembrée un peu par ses visites parisiennes et ses conquêtes amoureuses. Mon admiration par rapport à son œuvre tourne autour de deux aspects. Tout d’abord, sa lumière. Il est le peintre des jeux de faisceaux lumineux. Ses rouges-roses et ses verts sont remarquables. Des rayons de soleil baignent ses toiles ; par touches subtiles. Peu d’artistes ont illustré avec autant de talent la plateforme complexe et multiple de la lumière. Secundo, son sens de l’érotisme. Cassant son enseignement religieux sectaire, il a peint des corps de femmes avec une grande sensualité. Ses traits et courbes blasphématoires sont aussi un passage salutaire dans la lueur des plaisirs de la vie.

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