20/04/2013

Tout ce que vous avez voulu savoir sur l’impro sans jamais oser le demander

Passons la soirée avec « Tout ce que vous avez voulu savoir sur l’impro sans jamais oser le demander », spectacle de Philippe Cohen et Julien Opoix. Assis au bar du Petit Casino, après une semaine harassante, dégustant une bonne bière genevoise « Calvinus », Philippe Cohen vient nous faire bosser. Creusons nos méninges et trouvons des noms qui serviront de carburant à nos deux improvisateurs. Nous évitons les mots trop creux. Pour aider les artistes et contribuer modestement au panache du spectacle, il faut dégotter des termes scintillants. Allez, nous écrivons « mensonge » et « Kâma-Sûtra ». Philippe nous demande encore une profession. Par galanterie, je cède le petit papier à Ariane qui consigne : « sage-femme ». Je balance à Cohen : « Je me réjouis de te voir jouer la sage-femme ». Le show débute. Les deux comédiens se mutent en prestidigitateurs de mots. Ils surfent avec le dictionnaire. Décomposent et enrichissent les termes choisis par le public, pour les rendre amusants. Pour transformer ces quelques mots griffonnés sur de petits papiers en répliques cinglantes, les deux improvisateurs sortent leurs palettes de talents. Tout y passe. Mime, grimaces, accents, chants, slam, légère chorégraphie, tous les moyens sont bons pour faire marrer les spectatrices et spectateurs. Le rythme est soutenu. Julien Opoix et Philippe Cohen sont polyvalents, complémentaires et talentueux. Des trésors d’à-propos et d’imagination. Leurs esprits sont alertes. L’interaction avec le public est constante. Ce panorama de tout le registre de l’impro est assurément un hommage à la bonne humeur.

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24/03/2013

Roger Pfund : le multiple et le singulier

« Le graphisme et la peinture sont une seule passion. Je ne fais rien que je n’aime pas. Pour moi, il n’y a pas de frontière entre l’art et la vie », écrit Roger Pfund. Visitons l’expo dédiée, au Musée d’Art et d’Histoire de Genève, à ce graphiste et peintre genevois. 250 œuvres guident nos pas sur le chemin parcouru par cet artiste.

 

Nous voyons son gigantesque travail réalisé pour élaborer des billets de banque en Suisse, en France, en Europe ou même en Argentine. Personnellement, je préfère ses œuvres graphiques à ses peintures. J’ai de petits faibles pour ses affiches de théâtre ou de jazz, et pour ses réalisations promouvant les droits humains.

 

Esprit libre, Roger Pfund vagabonde à travers les thèmes qui stimulent son existence. Du vin au cirque, du monde politique genevois à l’opéra, de la danse à la littérature, il est curieux de tout. Au niveau des supports, nous retrouvons la même diversité : affiches, objets designs, dessins, peintures, identités visuelles, architecture événementielle, illustrations, cartes de vœux, tout se transforme en moyen d’expression.

 

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Mon portrait réalisé par Roger Pfund pour l’ouvrage « Parlementait » qu’il a réalisé avec René Koechlin

 

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16/03/2011

Lacan, comme thérapie

Au « Chat Noir », à Carouge, nous avons applaudi Cloé Lacan. Chanteuse et accordéoniste, née en Roumanie, elle a débuté sa carrière dans les couloirs du métro parisien.

 

Avant d'attaquer une carrière solo, elle fit partie du groupe « La Crevette d'Acier ». Une overdose d'énergie, du talent à revendre et une tonne d'humour positionnent cette artiste parmi les révélations de la chanson française.

 

Son spectacle s'intitule « Plaisirs Solitaires », qu'elle partage généreusement avec son public. Tout un programme !

 

Et Giedré ...

 

Vue et entendue aussi au « Chat noir », Giedré. Une midinette jouant à la petite fille innocente, mais chantant de grosses cochonneries.

 

Reine de la chanson paillarde et jouant avec la vulgarité avec un visage d'ange, elle évoque la prostitution, la sodomie, le préservatif ou la fellation. Elle se moque, avec dérision, des handicapés, des gosses, de son mec bavant en dormant, des nains ou des vieux.

 

Elle revendique le droit de pisser debout et s'interroge pour savoir si les manchots bénéficient des réductions lorsqu'ils n'achètent qu'un seul gant. Un peu simple parfois, mais toujours décalée, drôle et tellement surprenante.

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30/11/2010

Heureux comme un gamin dans un magasin de jouets

« Quand je joue, je suis toujours heureux. Je me sens comme un gamin dans un magasin de jouets. », lâche Jamie Cullum. Oui, il est parfaitement lucide sur le bonheur éclatant vécu sur scène et sur celui offert généreusement à son public.

 

Son génie transpire, déchaîné derrière son piano et avec sa voix de crooner derrière le micro. Il se marre, plaisante avec la salle, saute d’un endroit à un autre et démarre dans un solo de taré.

 

La fusion avec ses musiciens crée une complicité digne des plus grands groupes musicaux. Jamie Cullum, jeune prodige aux doigts agiles, est à l’aise dans tous les registres. Belle ballade langoureuse, air latino endiablé, standard de jazz, impro délirante, rock musclé, les rythmes virevoltent et les genres musicaux défilent à grandes cadences. Deux seules constances : la folie de la musique et le talent.

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Photo de Christian Brunier, Genève 2010

 

 

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31/10/2010

Décès de Georges Haldas, Une sacrée page se tourne

Jeune, je jouais de la musique dans un sous-sol du Boulevard Carl-Vogt. Dans le même coin, je fréquentais les bistrots avec mes potes. À 21 ans, je m’établis sur ce boulevard de Genève, au-dessus du resto de la « Boule d’Or ».

 

C’est dans ce quartier populaire et animé que je rencontrai à de multiples reprises l’écrivain Georges Haldas. Il noircissait des feuilles de papier au café « Chez Saïd », en zyeutant le papelard de tout prêt, vu ses problèmes de vue. Je le croisais aussi fréquemment dans le parc du Musée d’ethnographie, sis dans la même rue. Il flânait et méditait sur les bancs, pensant certainement à ses prochains écrits.

 

Ce poète relatait les histoires simples de la vie, témoin de son époque et de son environnement. Avec beaucoup d’humour et de bon sens, il s’intéressait aux êtres humains et à leurs histoires. C’est certainement grâce à cette humanité, qu’Haldas s’engagea humblement pour la paix et pour l’autodétermination des peuples, dont particulièrement celui de Palestine.

 

« Les morts, quand vous les oubliez, vous les tuez une deuxième fois. », disait-il. Vu son œuvre, la récidive n’est pas à l’ordre du jour.

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25/07/2009

Courant d’art

Melingo, le tango déjanté

Admiré au Théâtre antique d’Arles, le grand Melingo, un Bohème de Buenos Aires, trempé dans le Tango, la dérision, la déraison et le rock contestataire de l’Underground. Le révolté argentin qui avait quitté courageusement son pays pour échapper à la dictature militaire, chante en Lunfardo, l’argot populaire de la Capitale argentine. Il aligne les chants canailles, accumule les pitreries et s’amuse avec son invitée, la chanteuse française Juliette. Avec elle, il partage le talent musical et une overdose d’humour. Dandy déjanté, ses éclats de rire et sa voix roque font mouche. Il nous administre une bonne tangothérapie, mélange savant de joie et de mélancolie, de sensualité et de rébellion. Virtuose de la clarinette et du chant, un peu moins de la guitare, Daniel Melingo déploie avec charisme ses péripéties personnelles et se mute devant nous en un héro romanesque. Certains le disent fou. Il est tout simplement un artiste complet, sorte de clown blanc, rendant la poésie follement drôle et le tango tellement actuel.

 

 

Esther Nourri et Jean-Marie Averseng à contre-temps

Les estivants s’entassent dans les réserves à touristes. Nous, nous nous précipitons à la Cave poésie de Toulouse pour écouter la chanteuse de jazz Esther Nourri, accompagnée par le pianiste Jean-Marie Averseng. Ce petit lieu en pierres rouges est mignon comme tout. Il est décoré par des peintures modernes d’Annie Becco, qui est assise à côté de nous. Il est aussi mythique puisqu’il a hébergé le siège du Parti socialiste ouvrier espagnol en exil durant la guerre d’Espagne contre le poison franquiste. C’est là encore que Juliette a débuté sa carrière. Le public est rassemblé autour de tables rondes de bistrot et déguste un verre. Nous buvons un muscat local tout à fait correct et servi très généreusement jusqu’au bord du verre. Les standards de jazz résonnent, revisités par des arrangements et interprétations très libres. Cole Porter et les chansons d’Ella Fitzgerald forment la colonne vertébrale de ce beau concert. A chaque morceau, nous sautons d’un sentiment de satisfaction à un autre. La sensualité à travers une ballade très langoureuse, où je plonge mon regard amoureux dans les yeux magnifiques et émus de ma chérie. La joie, lorsque le groupe entame des airs légers et rapides du répertoire jazzistique. La liberté, lorsque l’improvisation prend le dessus sur la rigueur des notes écrites par le compositeur. Ce duo fonctionne à merveille grâce à une connivence indispensable pour former une telle osmose. Au terme de ce concert, nous buvons un pot avec les deux musiciens pour les féliciter et les remercier de la dose de ravissement transmise généreusement.

 

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Photo : Christian Brunier

 

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09/05/2009

Jazz au Quai Branly

Pour celles et ceux qui adorent le jazz ou pour celles et ceux qui veulent découvrir cette musique venant de l’intérieur, allez visiter l’expo « ça jazz » au Musée du Quai Branly à Paris. L’exposition, dans ce bâtiment hors du commun, est articulée en dix secteurs chronologiques qui effeuillent une à une les grandes étapes de l’épopée du jazz : Avant 1917, L’Age du jazz en Amérique 1917-1930, Harlem Renaissance 1917-1936, Années folles en Europe 1917-1930, L’ère du swing 1930-1939, Tempo de guerre 1939-1945, Bebop 1945-1960, West Coast Jazz 1953-1961, La révolution Free 1960-1980, Contemporains 1960-2002.

 

Pour illustrer ces pages de l’histoire de cette musique, plus  d’un millier d’œuvres ont été rassemblées : peintures, pochettes de disques, affiches, photographies, partitions, films, dessins animés, magazines, d’une raritude – comme dirait Ségolène – exceptionnelle.

 

Je suis un fou de jazz, car cette musique rassemble 4 racines figurant dans mes valeurs de vie :

La Liberté

Oui, le jazz est la musique de la liberté. Celle du peuple noir, lui ouvrant les portes des ghettos, cassant la muraille raciale, le jazz gommant les marques obscènes de l’intolérance. Mais aussi, celle du peuple des musiciens qui pour la première fois pouvaient briser la rigidité académique de l’art musical pour interpréter sans entraves, pour laisser voguer leur imagination et improviser.

Le bonheur

Le jazz est une musique joyeuse, un arc-en-ciel d’airs festifs. Des bals de la Libération de la tyrannie nazie en passant par les soirées folles d’Harlem, du bebop résonnant dans les caves de Saint-Germain-des-Prés aux transes des grands festivals, le jazz donne du bonheur. Quoi de meilleur que la quête de ce sentiment de satisfaction ? Carpe diem !

L’amour

La sensualité des ballades jazzy est un aphrodisiaque détonnant, un appel à l’amour fou. Les sons de trompette bouchée de Miles Davis ou de sax langoureux de Phil Woods donnent la chair de poule. Que dire de voix de Sarah Vaughan, de Diana Krall ou de Sinatra ? Dès qu’un orchestre entame « Misty », « Round Midnight », « Main de fer dans un gant de velours » ou « Lil’Darlin’ » …., mon cœur chavire ! Le jazz est la musique rêvé des amoureux.

Le mouvement

J’aime ce qui  bouge, l’action ! Le jazz, c’est le rythme. Rapide ou lent, cette musique crée le mouvement, change la vie, bouleverse les destins.

 

Pour vibrer, toutes et tous à Branly !

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11/01/2009

Louise-Michel, le film

Vue au ciné la comédie délirante et anar tournée par les deux « Grolandais » Benoît Delépine et Gustave Kervern. Craignos, immoral, décalé et hyper drôle, ce film est totalement atypique.

Prix du meilleur scémario du Festival de San Sebastian, ce long  métrage rassemble une sacrée distribution : Yolande Moreau et Bouli Lanners campent les deux principaux rôles, Benoît Poelvoorde, Siné, Mathieu Kassovitz, Philippe Katerine, Albert Dumontel (qui n’apparaît qu’au terme du générique final), ...

C’est l’histoire d’un patron sans vergogne qui délocalise l’activité de son usine de textiles pendant une nuit, sans rien dire à ses employé-e-s. Dans la dèche, un groupe d’ouvrières regroupent leurs indemnités pour buter leur ancien boss. Elles partent à la recherche d’un tueur professionnel. Des paumés rencontrent d’autres paumés avec des pointes d’ironie à toutes les scènes. Le tueur est totalement inexpérimenté et se sert de personnes en fin de vie pour faire le boulot. Totalement délirant !

Les situations déjantées sont aussi nombreuses que les personnages déglingués. A voir avec grand plaisir, si nous ne sommes pas trop coincés.

 

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30/11/2008

A ne pas voir : Mesrine au ciné

Après « L’Instinct de mort », voici « L’Ennemi public numéro un », deuxième partie de la saga cinématographique consacrée à la vie et à l’œuvre de Jacques Mesrine.

Faire l’apologie d’un assassin, escroc et crapule me gêne, d’autant plus qu’on élève ce beauf populiste au statut de justicier social, ce qu’il n’a jamais été. 

Après avoir été un soldat modèle en Algérie, se vantant d’avoir torturé et tué l’Arabe, ce tueur a multiplié les actes de violence.

Transformer ce psychopathe en héro, notamment auprès des jeunes, est d’une bêtise crasse.

Le crime paie ! Visiblement, au cinéma, l’expression est d’actualité.

 

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22/09/2008

Les Deux Canards

Vu au Théâtre Antoine à Paris. De Tristan Bernard & Alfred Athis. Pièce mise en scène par Alain Sachs. Avec Isabelle Nanty et Yvan Le Bolloc’h,  Urbain Cancelier, Pierre-Olivier Mornas, Gérard Chaillou, Jean-Marie Lecoq, Catherine Chevallier, Jean-Pierre Lazzerini, Jean-Louis Barcelona, Michel Lagueyrie, Laurent Meda & Cassandre Vittu de Kerraoul.

L’histoire : Gélidon, écrivain parisien et raffiné, lors d'un voyage en province, tombe sous le charme de Léontine, la voluptueuse et impétueuse épouse de l'imprimeur. Par amour pour lui, cette dernière fonde un journal de gauche et le nomme aussitôt rédacteur en chef. Mais voilà que Gélidon tombe également amoureux de l'irrésistible jeune fille du château. Afin de pouvoir l'approcher en toute liberté il devient aussi sur le champ le rédacteur en chef du journal de droite que veut lancer son baron de père. Notre journaliste écrit donc le matin sous son vrai nom et le soir sous un pseudonyme dans les deux feuilles concurrentes et politiquement opposées. Jusqu'au jour où conduit par une polémique qu'il a lui même déclenché, il se voit dans l'obligation de se provoquer lui même en duel...

Ce vaudeville est remarquablement bien interprété, particulièrement par l’inénarrable Le Bolloc’h et la révélation Pierre-Olivier Mornas. Isabelle Nanty, quant à elle, a eu un peu de mal au démarrage, mais s’est bonifiée avec le temps. Ce qui ressort le plus de cette pièce de boulevard alerte et cocasse est le plaisir de l’équipe sur scène, qui dégage une complicité génératrice de bonnes dynamiques. Un excellent divertissement pour passer une soirée en marge des tristesses de l’actu.

 

 

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