16/12/2012

Ensemble, pour un droit d’asile digne

Mon humanisme m’oblige, sans coup férir, à signer le référendum « Halte aux durcissements dans le domaine de l’asile en Suisse ».

 

Cette loi inique supprime la désertion comme motif d’asile. Avec un dispositif de ce type, Charles de Gaulle aurait été rejeté par les Britanniques, alors qu’il fuyait l’armée française, collaboratrice des Nazis, pour combattre plus efficacement cette idéologie de haine. Jamais l’Appel de Londres n’aurait été entendu.

 

Ce durcissement législatif supprime les procédures d’asile demandées dans les Ambassades. Un grand nombre de personnes très menacées ont trouvé refuge dans des sites diplomatiques étrangers. Sous le totalitarisme stalinien en Europe de l’Est ou lors de la répression dans le Chili de Pinochet, un grand nombre d’opposant-e-s politiques ont sauvé leur vie en franchissant les grilles de ces Ambassades et ont pris le chemin de l’exil plutôt que celui de l’exécution sommaire. Tracer ce droit humain dans les textes est facile, bien assis sur son fauteuil de parlementaire à Berne. Et dans la vraie vie, dans la réalité de l’oppression que vivent trop de peuples ? Je ne peux pas accepter ce geste irresponsable, cet acte caractérisé d’inhumanité.

 

D’autres dispositions sont tout aussi contraires aux Droits humains, base d’une société harmonieuse et fraternelle. Toute personne, sensible à ces valeurs humanistes, doit refuser ces nouvelles procédures d’asile, que l’on soit de droite, de gauche ou sans étiquette politique.

24/10/2012

Les Manouches sont aussi des victimes de l’Holocauste

 « Les Sinti et les Roms sont la plus grande minorité ethnique d'Europe

est aussi la plus pauvre, subissant toujours discriminations et racisme. »

Romani Rose, Président du Conseil central allemand des Sinti et Roms.

 

Ce matin, à Berlin, un mémorial dédié au peuple rom victime du génocide nazi, durant la Seconde Guerre mondiale, a été inauguré. Cet hommage est une reconnaissance légitime de ce massacre, trop souvent et trop longtemps occulté. Plus de 500'000 Sinti et Roms ont été exterminés par les Nazis.

 

Cette commémoration émouvante est une alerte contre le mépris. Après toutes ces années d’indifférence, les Roms restent une population stigmatisée et maltraitée. La discrimination contre ces personnes est systématique dans nos pays, fiers pourtant de se revendiquer comme de belles démocraties, bâties sur la Charte des droits humains.

 

Une main tendue pour obtenir une pièce, une demande polie de nettoyage d’un pare-brise, un jeu de bonneteau dans la rue ou un air de musique tzigane joué dans le tram est assimilé, par beaucoup, à de l’insécurité. Evidemment, nous pouvons nous sentir dérangés par une multiplication de sollicitations en traversant une ville. Nous pouvons percevoir un malaise face à cette pauvreté. Et pourquoi pas, ressentir un peu de culpabilité. Mais, parler d’insécurité est une banalisation de ce terme et un affront à ce peuple rejeté.

 

Personnellement, j’ai davantage la trouille du bras tendu illustratif des thèses extrémistes que de la main tendue d’un humble mendiant.

 

Les tenants des grands trafics, les blanchisseurs d’argent sale, les mafieux de tous genres sont les responsables de l’insécurité ; pas ces personnes déambulant dans les villes, demandant l’aumône et dormant sous nos ponts.

 

Oui, la différence interpelle. Tandis que l’on qualifiait Django Reinhardt de génie, les SS exécutaient le peuple du guitariste de jazz, en le considérant comme « racialement inférieur ». Il est étonnant de constater que les rachitiques du cerveau ont une fâcheuse tendance à considérer celles et ceux qui ne leur ressemblent pas comme des moins que rien.

 

Nous devons apprendre de l’histoire. La haine n’apporte que mépris et violence. Jamais le rejet de l’autre n’est une solution. L’émancipation humaine émane de la fraternité entre les peuples et entre les êtres.

 

L’intégration doit effacer la marginalisation des peuples tziganes. Une meilleure connaissance du passé et du présent de ces gens du voyage doit ouvrir la porte de notre compréhension. Les Roms doivent avoir accès aux droits élémentaires des humains : une terre, des conditions salubres d’habitation, de la subsistance, de l’éducation, un accès aux prestations de santé publique et des possibilités de travailler légalement. Leurs Etats de « résidence » ne leur offrent pas ces conditions dignes d’existence. L’Union européenne possède pourtant des leviers pour mettre sous pression ces gouvernements qui maltraitent ces populations. Et nous, simples citoyennes et citoyens, nous devons savoir faire parler nos cœurs afin de ne pas nous calfeutrer dans nos carapaces d’indifférence, voire de rancœur.

 

Bravo à l’Allemagne d’avoir construit ce monument, réalisé par l’artiste israélien Dani Karavan, pour nous souvenir et nous encourager à la solidarité envers les Sinti et les Roms.

06/08/2012

Juillet 2012-Juillet 1942 : Vél’ d’Hiv’ … Souvenons-nous !

La France a eu du mal à reconnaître sa responsabilité dans la rafle du Vél' d'Hiv'. Elle devenait muette lorsque l'on évoquait la collaboration. Elle s'étranglait en entendant parler du régime de Vichy.

 

La Patrie des Droits humains et de la Révolution française se devait pourtant d'accepter les contradictions de son passé. Chirac l'avait enfin reconnu et avait demandé pardon aux familles des victimes. François Hollande s'inscrit dans ce même élan de vérité.

 

Pour exorciser ses démons, la France doit condamner la tranche de ses citoyens qui se sont comportés comme les pires salauds durant la Seconde Guerre mondiale. Ces ignobles individus qui ont conduit à la mort des Juifs, des Tsiganes, des syndicalistes, des homosexuels, des gauchistes, des handicapés et toutes celles et ceux que l'ignominie nazie voulait exterminer. L'amnésie d'un peuple devient rapidement une immunité morale, pouvant encourager de nouvelles dérives. Se regarder dans un miroir est un moyen de corriger sa mauvaise tenue. Regretter cette face sombre de l'histoire de l'Hexagone permet de ne pas oublier et d'éduquer les jeunes, dont une majorité n'a jamais entendu parler de cette rafle et pas assez de la terreur nazie. Une telle pédagogie freinerait, voire éviterait, la résurgence des thèses extrémistes qui renaissent à travers l'Europe et le monde. Nettoyer les racines du passé sale donne de la sève pour construire un avenir meilleur.

 

« La vérité ne divise jamais. Elle rassemble », a plaidé François Hollande. Il a insisté sur le rôle majeur qu'a joué Jacques Chirac dans l'aveu de la responsabilité de la France lors de cette rafle : « La reconnaissance de cette faute a été énoncée pour la première fois, avec lucidité et courage, par le Président Jacques Chirac, le 16 juillet 1995. »

 

Pendant 17 minutes de discours, lors de la commémoration des 70 ans de la rafle au Vélodrome d'Hiver de Paris, François Hollande a rappelé que 13'000 Juifs avaient été arrêtés, durant deux jours, par la police française, regroupés au Vél' d'Hiv', puis déportés dans les camps, où la plupart ont été exterminés.

 

Le Président Hollande a qualifié clairement cet acte en le désignant de « crime », de « fanatisme », de « logique de la haine », de « trahison de valeurs » ou d' « abjection ».

 

En lavant cette souillure de l'histoire de la France, en montrant du doigt le régime de Vichy vendu à l'horreur hitlérienne, François Hollande valorise l'autre France. Celle des Justes, celle de la Résistance. Celles et ceux qui au péril de leur vie en ont sauvé d'autres. Cette France des Libertés, qui reste debout face à l'intolérance. « L'honneur fut sauvé par les Justes, par des héros anonymes qui, ici, cachèrent un voisin, qui risquèrent leur vie pour que soit épargnée celle des innocents », leur a rendu hommage François Hollande. C'est cette France libre et ouverte qui doit être un modèle. C'est cette France courageuse qui doit éclairer le chemin des générations futures.

 

Avec sa vision d'avenir, François Hollande a pris un engagement fort pour lutter contre toute forme de racisme et contre l'antisémitisme : « La République pourchassera avec la plus grande détermination tous les actes et tous les propos antisémites qui pourraient amener les Juifs de France à se sentir inquiets dans leur propre pays. Rien en la matière n'est indifférent. Tout sera combattu avec la dernière énergie. »

 

Il a tiré des parallèles pour démontrer que la haine d'hier pouvait revivre aujourd'hui si nous n'y prenons pas garde, évoquant la tuerie de Toulouse. « Il y a quatre mois des enfants mouraient pour la même raison que ceux du Vel' d'Hiv' : parce qu'ils étaient juifs », a-t-il rappelé.

 

Le socialiste Françoise Hollande tourne la triste page du mitterrandisme sur cette période noire de la France. François Mitterrand avait été membre du gouvernement de Vichy avant d'entrer en résistance, avait flirté avec l'extrême-droite avant d'adhérer au socialisme et avait été très ambigu sur la France de la collaboration durant sa Présidence. Hollande réinjecte les valeurs historiques de la gauche, si chères aux Jaurès, Moulin ou Blum. Les valeurs d'antiracisme, de solidarité, de paix, de fraternité et de résistance contre l'intolérable.

 

La Shoah n'est pas l'histoire du peuple juif, mais bien l'Histoire, notre Histoire, comme l'a clamé François Hollande. Souvenons-nous et n'oublions jamais.

 

Christian Brunier, anc. Président du Parti socialiste genevois

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20/06/2012

Vive les vacances : naissance des congés payés

20 juin 1936, il y a 76 ans, le texte de loi instaurant les congés payés était promulgué en France. La belle histoire d'une progression sociale majeure ...

 

Partir en vacances paraît normal actuellement. Comment vivre heureux sans ces moments privilégiés ? Même les gens de droite,  les patrons, les conservateurs en profitent un max et n'imaginent pas les remettre en question. Cette avancée sociale n'est pourtant pas si ancienne et est un beau cadeau gagné de hautes luttes par les forces syndicales et les milieux de gauche.

 

Dans les années 20, les mouvements socialistes et syndicaux ont commencé à revendiquer des périodes de congés payés. Idée totalement saugrenue pour la droite et les milieux patronaux. Durant les grèves et les conflits sociaux, les banderoles demandant ce nouveau droit des travailleuses et travailleurs firent leurs apparitions.

 

Quelques entreprises tentèrent l'expérience, se montrant précurseurs. Plusieurs Administrations publiques accordèrent quelques jours sans retenue de salaire aux fonctionnaires. Les collaboratrices et collaborateurs du commerce conquirent, en France, de petits congés. Le journal « L'information », sous l'impulsion de son directeur technique J.-J.Durand, issu du monde syndical, accorda ce droit à son personnel. Le socialiste Léon Blum, rédigeant des articles pour ce journal, suivit avec grande attention cette importante réforme.

 

Le Front populaire français, coalition réunissant principalement le Parti communiste, la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) et le Parti radical-socialiste, gagna les élections en 1936. Cette victoire historique dopa le monde syndical, déposant une série de revendications. Les grèves et les occupations d'entreprises se multiplièrent. L'économie paralysée contraint le patronat à la négociation sous l'égide du nouveau gouvernement de gauche. L'aboutissement fut les Accords de Matignon, déclenchant la mise en œuvre notamment des congés payés. Deux semaines de vacances, le rêve ! La porte s'ouvrit à la société des loisirs.

 

Cet espace de temps libre était pour le Front national aussi un outil pour favoriser l'accès à la culture dans le monde ouvrier. En parallèle de la vie au travail, le gouvernement dirigé par Léon Blum voulait offrir une « vie de loisirs, c'est-à-dire de liberté, d'art, de culture ; une vie plus humaine et plus belle. »

 

Il fallut près de 20 ans, pour obtenir, en France, la troisième semaine de congés payés, à nouveau sous la pression des syndicats et des mouvements de gauche, se battant pour le bien-être. Cette durée passa à 4 semaines en 1969, résultat de Mai 68, puis à 5 en 1982, promesse tenue du nouveau gouvernement socialiste élu un an auparavant.

 

Bonne socialement, cette mesure solidaire s'avéra en outre un succès économique. Le meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, s'avéra bonne pour la productivité. La création de cette vie de loisirs favorisa l'émergence d'une nouvelle économie, notamment celle de la culture, des loisirs et du tourisme.

 

La première année, près de 600'000 ouvriers français partirent en vacances. Ce chiffre fut multiplié par 3, l'an suivant, en 1937.

 

Cette réussite du gouvernement du Front populaire fit boule de neige à travers le monde. Cette réforme devint un symbole, heureusement contagieux. On dit merci qui ? Merci les socialistes !

31/05/2012

Ne pas céder lors de violations des droits humains

« Nous devons nous engager à ce que la France soit exemplaire dans le domaine du respect des libertés individuelles et collectives dans les termes voulus

par la Constitution et la Charte Européenne des Droits Fondamentaux. »

François Hollande

 

« J'aime beaucoup le football, mais ce qui se passe en Ukraine est un problème », dixit François Hollande.

 

Fidèle à la tradition humaniste du mouvement socialiste, le nouveau Président français a montré sa fermeté face aux multiples violations des droits humains perpétrées par le régime autocratique à la tête de l'Ukraine.

 

François Hollande est prêt à boycotter l'Euro de football, qui se déroulera, dès le 8 juin 2012, en partie en Ukraine. Il condamne, par cet acte, le traitement inhumain infligé à l'ancienne Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko et à de nombreux opposantes et opposants politiques.

 

L'ancienne dirigeante charismatique de la Révolution de velours, qui avait marqué pacifiquement  la fin du  stalinisme dans ce pays d'Europe de l'Est, est condamnée à sept ans de prison pour un pseudo abus de pouvoir. La justice corrompue, vendue au pouvoir en place, enferme plusieurs personnes contestataires, sur la base de parodies de procès.

 

Dans son rapport annuel, Amnesty international place sous les projecteurs l'Ukraine. La torture, les sévices physiques, ainsi que le manque d'indépendance de la justice inquiètent cette association de lutte en faveur des droits de l'homme.

 

Ioulia Timochenko est, actuellement, détenue à Kharkiv, dans des conditions inhumaines. Même sa salle d'eau est placée sous caméra, ne respectant aucune intimité. L'humiliation est constante. Sa santé se dégrade gravement et son hernie discale est mal soignée. L'Union européenne, sous l'impulsion d'Angela Merkel et de François Hollande, s'indigne du traitement de l'ancienne Première ministre et de ses conditions d'incarcération inacceptables.

 

Hollande a raison de s'offusquer contre les dérapages démocratiques graves du pouvoir autoritaire ukrainien. Il accomplit ce geste sans donner de leçons. Le boycott est un moyen de combattre l'oppression, mais d'autres recettes existent. Les autres gouvernants peuvent se rendre à cet événement sportif en demandant de pouvoir visiter des prisonniers d'opinion. Des événements médiatiques critiques contre ce pouvoir dur peuvent être organisés pour mobiliser l'opinion internationale contre ces fractures aux droits humains. D'autres actions de sensibilisation peuvent s'avérer très efficaces. L'important est de montrer de la fermeté contre toute violation des droits humains.

 

Soucieux des libertés, sans arrogance, le Président français a su donner le ton, en laissant chacune et chacun jouer sa partition. Encore un bel exemple du « gouverner autrement ».

17/05/2012

Le tutoiement, le respect de l’amitié

« Je préférerai très honnêtement garder le ''tu'' et le ''François''.  Il faut être respectueux de ce qu'il devient et en même temps se rappeler qu'il a été des nôtres

pendant toutes ces années et que nous disions François, tu ... »

Bernard Combes, Maire socialiste de Tulle

 

Dans le « GHI », le journaliste Pascal Décaillet, veut me donner la leçon, une fâcheuse  habitude dont il use envers toutes celles et  tous ceux qui ne lui mangent pas dans la main pour être invités sur ses plateaux TV :

 

Christian Brunier : Mon pote François

Ancien Président du Parti socialiste genevois, Christian Brunier adresse une lettre au Président Hollande en le tutoyant. M. Brunier a tort. Même s'il le tutoie en privé, il lui doit, comme Président, la distance de la fonction. François Mitterrand, qui fut un Président éblouissant, ne tutoyait presque personne, juste ses camarades de captivité, entre 1939 et 1941. A un vieux militant socialiste qui lui avait proposé de le tutoyer, il avait eu cette immortelle réponse : « Si vous voulez ! »

 

J'aurais surtout désiré l'évocation du contenu de cette lettre ouverte en faveur de l'autodétermination du peuple du Sahara occidental. Pas un mot sur le fond, le sort des Sahraouis subissant la guerre et l'oppression, semblant être moins important que la forme de la missive.

 

Monsieur Décaillet, j'ai utilisé cette forme par souci de parler vrai et de proximité, deux valeurs éminemment importantes pour la politique d'honnêteté et d'authenticité déployée par François Hollande.

 

J'ai le tutoiement facile avec les gens que j'aime. Pour moi, cette forme, verbale ou écrite, est une magnifique preuve de respect. Cette manière d'aborder mes proches, dans la vie ou en politique, vient peut-être de mes origines populaires. Dans ce milieu, la simplicité règne davantage que dans le milieu bourgeois, religieux et conservateur, d'où émane François Mitterrand.

 

Et puis, le tutoiement possède un côté biblique qui devrait plaire au chrétien Pascal Décaillet, venant de l'athée que je suis.

15/05/2012

Lettre ouverte à François Hollande, Président de la République française

Pour le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui

 

Monsieur le Président, Cher François,

 

J'aimerais tout d'abord te féliciter pour ta magnifique élection et espère que tu redonneras de l'espoir tant à la France qu'à l'Europe. J'ai été très fier de pouvoir participer à la fête célébrant ta victoire, le 6 mai 2012, sur la Place de la Bastille.

 

En 1981, dans les 110 propositions électorales de François Mitterrand figurait  déjà le « droit à l'autodétermination du Sahara occidental ». En 1988, dans « La Lettre aux Français », le même engagement était pris par le leader du PS français. En 1998, j'avais abordé rapidement avec toi cette cause lors d'une session de l'Internationale socialiste, où tu représentais le PS français et moi le PS suisse. En tant qu'humaniste et démocrate, tu étais évidemment partisan de l'expression d'un tel droit.

 

Depuis, la défense des droits des sahraouis a toujours été soutenue par le Parti socialiste français et le mouvement socialiste international.

 

La France, quant à elle, pourtant Terre de la Déclaration universelle des droits de l'homme, soutient farouchement le régime marocain qui opprime le peuple sahraoui et fournit des armes à ce Royaume pour combattre militairement le Sahara occidental.  On en compte plus les actes de torture perpétrés contre cette population. Ces horreurs sont inacceptables.

 

Il est temps de faire évoluer la situation afin de respecter scrupuleusement le choix des populations, les droits humains et la paix. Le changement, c'est maintenant !

 

Selon le Premier ministre sahraoui Abdelkader Taleb Omar, ton élection pourrait  « opérer un véritable changement dans les positions de l'Etat français. »

 

Je ne peux qu'appuyer cette volonté de soutenir les droits d'un peuple tant bafoué et pourtant si pacifistes et riches culturellement.

 

En te remerciant d'avance de ton engagement pour cette cause humanitaire et juste, conforme à ton élan en faveur des libertés, je t'adresse, Monsieur le Président, Cher François, mes amicales salutations.

 

 

Christian Brunier,

Ancien Président du Parti socialiste genevois et député

Citoyen double-national franco-suisse

28/04/2012

Abolissons définitivement l'esclavage !

Hier, un peu trop discrètement, nous avons fêté le 164ème anniversaire du deuxième décret de l'abolition des l'esclavage en France, signé le 27 avril 1848 par le gouvernement provisoire de la seconde République, sous l'impulsion de Victor Schoelcher.

 

En 1789, la Révolution française avait lancé le grand mouvement de l'abolition de  l'esclavage. Ensuite, durant les 18ème et 19ème siècles, toute une série de pays ont suivi ce mouvement abolitionniste. Cette volonté de rendre égaux les êtres humains a d'ailleurs vu son prolongement dans de nombreux écrits officiels, notamment dans la Convention internationale sur l'esclavage ou la Déclaration universelle des droits de l'homme qui affirme dans son article 4 : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. » On se souvient particulièrement du décret sur l'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848 impulsé par le Français Victor Schoelcher et la fin de l'esclavage aux Etats-Unis proclamée, le 1er janvier 1863, par le Président Abraham Lincoln, entraînant l'émancipation de 3 millions d'esclaves noirs, devenant ainsi citoyens américains.


Mais, cette libération a souvent été déclenchée par la révolte des esclaves eux-mêmes. A de multiples reprises, les esclaves se sont soulevés et ont lutté avec un courage exceptionnel.

L'esclavage est l'un des points noirs de l'histoire de l'humanité. Acte de cruauté et de domination humainement inacceptable, l'esclavagisme a humilié, torturé et tué des millions d'enfants, de femmes et d'hommes. Privés de liberté, soumis à la tyrannie, les esclaves ont été utilisés comme de simples objets, achetés et vendus, pour accomplir des travaux forcés et subir des actes de violence ou des abus sexuels.


La forme moderne de l'esclavage


L'esclavage pourrait être un vieux mauvais souvenir de l'histoire. Malheureusement, dans une hypocrisie générale, ce fléau continue, s'adaptant aux désirs les plus pervers de la société moderne. L'UNICEF estime que près de 200 millions d'enfants sont exploités, actuellement, dans le monde. Ce chiffre affligeant s'additionne aux millions d'adultes qui vivent le même sort. Pour survivre, des personnes sont vendues, d'autres sont carrément enlevées pour servir de main-d'œuvre à bon marché ou pour devenir des esclaves sexuels.

De la jeune fille venant des pays de l'Europe de l'Est pour être utilisée comme un objet sexuel à l'enfant prostitué victime de la pédocriminalité, des enfants du sud fabriquant des chaussures de sport dans des conditions inhumaines aux clandestins travaillant 17 heures par jour, 7 jours sur 7, au fond d'une cave, l'esclavage est partout. La prostitution cache, dans bien des situations, des cas d'esclavage. Plus de cinq millions d'êtres humains se prostituent dans le monde, dont plus de deux millions de mineurs. Le travail clandestin et les fournisseurs d'emplois au noir favorisent aussi des cas d'esclavage. Les mafias et les réseaux d'immigration clandestine ont remplacé les vendeurs d'esclaves.


Le germe de l'horreur reste le même. Une petite partie de l'humanité continue à exploiter et à maltraiter d'autres êtres humains pour s'enrichir, se servant de la détresse des plus humbles. Parler aujourd'hui de l'abolition de l'esclavage, c'est surtout ouvrir les yeux sur les humiliations actuelles que vivent des millions de personnes à travers le monde, et parfois tout proche de nous. C'est apprendre de l'histoire pour corriger le présent ! La prise de conscience de l'opinion publique et sa mobilisation contre ce fléau sont garantes d'un changement profond de notre société. Alors utilisons ce pouvoir collectif pour dire NON à l'esclavage sous toutes ses formes.


A titre individuel, nous avons aussi des possibilités d'action. En tant que consommateur ou en tant que citoyen, nous avons une responsabilité et des moyens d'agir. Choisir un produit avec un label social démontrant qu'il a été fabriqué dans un contexte de respect des conditions de travail est, par exemple, une possibilité de s'engager contre une forme d'esclavage. Espérons que le 21ème siècle sera enfin celui de l'abolition véritable et définitive de l'esclavage !

19/03/2012

Tuerie à Toulouse : Touche pas à mon pote !

« On est toujours l'étranger de quelqu'un. Apprendre à vivre ensemble, c'est cela lutter contre le racisme », dixit Tahr Ben Jelloun. 

 

Ce matin, un fou a tiré dans la cour d'une école juive de Toulouse, tuant des enfants. Il avait assassiné, ces derniers jours, des Français d'origines maghrébine et antillaise.

 

Les valeurs de la République « Egalité, Fraternité et Liberté » doivent être levées comme étendard contre le racisme.

 

Certains politiques ont banalisé la haine durant la campagne des élections présidentielles, dressant les citoyen-ne-s les uns contre les autres. L'unité du peuple français, berceau de la Déclaration universelle des droits de l'homme, doit barrer la route à ces idéaux communautarismes ne menant qu'à la division et au mépris.

 

En cette journée de peine terrible, croyons à la richesse de la diversité et non au rejet des autres.

 

Christian Brunier, anc. Président du PS genevois

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18/09/2011

Liberté pour les journalistes de Voice of Burma

Défenseur des droits humains, j'envoie une lettre au Secrétaire général de l'ASEAN, Association des nations de l'Asie du Sud-Est :

 

Je vous demande de faire pression sur le gouvernement birman afin qu'il libère les dix-sept journalistes de la Democratic Voice of Burma (DVB), dont la plupart ont été torturés et condamnés à de longues peines de prison. Malgré les récentes élections, plus de 2'100 prisonniers politiques demeurent toujours derrière les barreaux, et le gouvernement n'a, jusqu'à présent, fait aucun geste pour les libérer.

 

Une presse libre de tout contrôle gouvernemental est le fondement d'une véritable démocratie. Le traitement que réserve la Birmanie aux journalistes indépendants prouve que la démocratie reste une lointaine perspective. Une organisation régionale aussi importante que l'ASEAN, bénéficiant d'un poids politique conséquent et d'une reconnaissance de la part de ses communautés, devrait saisir l'opportunité de cette prétendue transition vers un gouvernement civil, pour exiger de réels changements.

 

Je vous demande d'utiliser votre influence régionale pour mobiliser les efforts de la communauté internationale afin de libérer les journalistes de la DVB, et tous les prisonniers politiques. Je demande également à l'ASEAN de promulguer une résolution qui lui donnerait un mandat de poids afin de persuader les dirigeants birmans d'entamer un véritable dialogue. Je vous prie d'agréer, Monsieur le Secrétaire général, l'expression de notre haute considération.