Droit de la personne - Page 3

  • L’Inde, terre de viol ?

    Un nouveau viol collectif sordide a eu lieu, vendredi soir, en Inde. Cette fois-ci, la victime est une Suissesse de 40 ans. Un couple helvétique logeait sous tente, marquant une étape dans son périple en vélo à travers ce gigantesque territoire. Des hommes sont rentrés en force pour voler le couple, tabasser l’homme et violer la femme. Cette agression est un acte crapuleux. Elle s’inscrit aussi dans les violations constantes des droits des femmes dans ce pays.

     

    Il suffit de se promener dans les rues indiennes pour se rendre compte du manque de respect que plusieurs hommes éprouvent envers la gent féminine. Soit elles sont ignorées, soit regardées comme des bêtes. Le mépris transpire.

     

    Les thèses extrémistes religieuses, voire tribales, dénaturant de manière rétrograde l’hindouisme, le sikhisme ou l’islamisme, dénigrent la femme.

     

    Les discriminations moyenâgeuses sont légion. Dans certaines régions, les filles sont massivement privées du droit à l’éducation. La violence conjugale est fréquente. La pauvreté frappe davantage les femmes que les hommes. Les femmes sont souvent exploitées à l’extrême comme force de travail. Plusieurs sont vitriolées par des hommes jaloux. Selon un Rapport des Nations Unies pour la Population, 70% des Indiennes mariées, âgés entre 15 et 50 ans, seraient battues et/ou subiraient des sévices sexuels. Le harcèlement sexuel et les attouchements sont fréquents. Le sexisme est inscrit dans certaines croyances.

     

    Ce même fondamentalisme religieux frustre les hommes, bridant leur sexualité. A force d’interdits, les Indiens accumulent les déplaisirs. La tendresse est prohibée dans les lieux publics. La séduction est blasphématoire. 80% des unions sont le fruit de mariages arrangés et forcés. Impossible de laisser parler l’amour librement. Les sentiments sont emprisonnés. Ce contexte est un terreau fertile à la propagation de la bestialité.

     

    Dépossédés du droit au désir, certains humains plongent dans la perversité et l’animalité barbare. Ces viols dégueulasses à répétition dans le pays de Gandhi sont une résultante de ce contexte d’intolérance religieuse.

     

    A ceci s’ajoute un manque cruel de femmes. La dot pesant lourdement sur les finances des familles, les femmes enceintes prennent fréquemment la voie de l’avortement lorsque l’échographie montre la venue d’une petite fille. La population se masculinise dangereusement. L’équilibre des sexes est mis à mal.

     

    L’Inde doit rejeter ces délires mystico-religieux. Cette belle et grande nation doit retrouver ses racines non-violentes gandhiennes, son idéal amoureux inspiré par le Kâma-Sûtra, et surtout donner la place que les femmes méritent. La femme est l’avenir de l’homme, en Inde, comme dans le reste du monde.  

  • Droit au mariage pour toutes et tous : Et si on l’instaurait en Suisse

    La France se déchire pour ou contre le droit au mariage pour toutes et tous. De quel droit empêche-t-on deux personnes qui s’aiment de se marier ?

     

    L’Afrique du Sud, l’Argentine, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Espagne, la Hollande, l’Islande, la Norvège, le Portugal, la Suède, 9 Etats des USA et 2 Etats du Mexique ont légalisé ce droit élémentaire, sans que ceci ne bouleverse ces pays.

     

    Que vos voisins, vos amis ou vos collègues soient mariés, divorcés, veufs, pacsés, qu’est-ce que ça change ? Le choix de son état-civil est une affaire personnelle ; un droit élémentaire.

     

    La discrimination d’un groupe est une violation grave des libertés. Car derrière cette sacralisation du mariage voulue par certains, c’est bien les homosexuel-le-s que l’on stigmatise. Empêcher un couple, quel qu’il soit, de se marier, alors qu’il le souhaite, est un acte qu’une démocratie ne peut pas accepter. L’amour entre adultes consentants doit pouvoir s’épanouir dans le statut voulu par le couple. La société n’a pas à exclure ce droit à une orientation sexuelle. Mêmes droits, mêmes devoirs pour toutes et tous !

     

    Au contraire de ce que prétendent les opposants à ce droit humain, l’extension du droit au mariage aux homosexuel-le-s consolide cette institution.  

     

    Chacune et chacun doit avoir la totale liberté de s’unir avec la personne de son choix. Ce principe ne repose sur aucune idéologie ou religion. C’est seulement un principe d’égalité de droit.

     

    La France va probablement voter cette disposition prochainement. Il est grand temps que cette liberté d’union soit aussi légitimée en Suisse, berceau de plusieurs conventions en faveur des droits humains.

  • Ensemble, pour un droit d’asile digne

    Mon humanisme m’oblige, sans coup férir, à signer le référendum « Halte aux durcissements dans le domaine de l’asile en Suisse ».

     

    Cette loi inique supprime la désertion comme motif d’asile. Avec un dispositif de ce type, Charles de Gaulle aurait été rejeté par les Britanniques, alors qu’il fuyait l’armée française, collaboratrice des Nazis, pour combattre plus efficacement cette idéologie de haine. Jamais l’Appel de Londres n’aurait été entendu.

     

    Ce durcissement législatif supprime les procédures d’asile demandées dans les Ambassades. Un grand nombre de personnes très menacées ont trouvé refuge dans des sites diplomatiques étrangers. Sous le totalitarisme stalinien en Europe de l’Est ou lors de la répression dans le Chili de Pinochet, un grand nombre d’opposant-e-s politiques ont sauvé leur vie en franchissant les grilles de ces Ambassades et ont pris le chemin de l’exil plutôt que celui de l’exécution sommaire. Tracer ce droit humain dans les textes est facile, bien assis sur son fauteuil de parlementaire à Berne. Et dans la vraie vie, dans la réalité de l’oppression que vivent trop de peuples ? Je ne peux pas accepter ce geste irresponsable, cet acte caractérisé d’inhumanité.

     

    D’autres dispositions sont tout aussi contraires aux Droits humains, base d’une société harmonieuse et fraternelle. Toute personne, sensible à ces valeurs humanistes, doit refuser ces nouvelles procédures d’asile, que l’on soit de droite, de gauche ou sans étiquette politique.

  • Les Manouches sont aussi des victimes de l’Holocauste

     « Les Sinti et les Roms sont la plus grande minorité ethnique d'Europe

    est aussi la plus pauvre, subissant toujours discriminations et racisme. »

    Romani Rose, Président du Conseil central allemand des Sinti et Roms.

     

    Ce matin, à Berlin, un mémorial dédié au peuple rom victime du génocide nazi, durant la Seconde Guerre mondiale, a été inauguré. Cet hommage est une reconnaissance légitime de ce massacre, trop souvent et trop longtemps occulté. Plus de 500'000 Sinti et Roms ont été exterminés par les Nazis.

     

    Cette commémoration émouvante est une alerte contre le mépris. Après toutes ces années d’indifférence, les Roms restent une population stigmatisée et maltraitée. La discrimination contre ces personnes est systématique dans nos pays, fiers pourtant de se revendiquer comme de belles démocraties, bâties sur la Charte des droits humains.

     

    Une main tendue pour obtenir une pièce, une demande polie de nettoyage d’un pare-brise, un jeu de bonneteau dans la rue ou un air de musique tzigane joué dans le tram est assimilé, par beaucoup, à de l’insécurité. Evidemment, nous pouvons nous sentir dérangés par une multiplication de sollicitations en traversant une ville. Nous pouvons percevoir un malaise face à cette pauvreté. Et pourquoi pas, ressentir un peu de culpabilité. Mais, parler d’insécurité est une banalisation de ce terme et un affront à ce peuple rejeté.

     

    Personnellement, j’ai davantage la trouille du bras tendu illustratif des thèses extrémistes que de la main tendue d’un humble mendiant.

     

    Les tenants des grands trafics, les blanchisseurs d’argent sale, les mafieux de tous genres sont les responsables de l’insécurité ; pas ces personnes déambulant dans les villes, demandant l’aumône et dormant sous nos ponts.

     

    Oui, la différence interpelle. Tandis que l’on qualifiait Django Reinhardt de génie, les SS exécutaient le peuple du guitariste de jazz, en le considérant comme « racialement inférieur ». Il est étonnant de constater que les rachitiques du cerveau ont une fâcheuse tendance à considérer celles et ceux qui ne leur ressemblent pas comme des moins que rien.

     

    Nous devons apprendre de l’histoire. La haine n’apporte que mépris et violence. Jamais le rejet de l’autre n’est une solution. L’émancipation humaine émane de la fraternité entre les peuples et entre les êtres.

     

    L’intégration doit effacer la marginalisation des peuples tziganes. Une meilleure connaissance du passé et du présent de ces gens du voyage doit ouvrir la porte de notre compréhension. Les Roms doivent avoir accès aux droits élémentaires des humains : une terre, des conditions salubres d’habitation, de la subsistance, de l’éducation, un accès aux prestations de santé publique et des possibilités de travailler légalement. Leurs Etats de « résidence » ne leur offrent pas ces conditions dignes d’existence. L’Union européenne possède pourtant des leviers pour mettre sous pression ces gouvernements qui maltraitent ces populations. Et nous, simples citoyennes et citoyens, nous devons savoir faire parler nos cœurs afin de ne pas nous calfeutrer dans nos carapaces d’indifférence, voire de rancœur.

     

    Bravo à l’Allemagne d’avoir construit ce monument, réalisé par l’artiste israélien Dani Karavan, pour nous souvenir et nous encourager à la solidarité envers les Sinti et les Roms.

  • Juillet 2012-Juillet 1942 : Vél’ d’Hiv’ … Souvenons-nous !

    La France a eu du mal à reconnaître sa responsabilité dans la rafle du Vél' d'Hiv'. Elle devenait muette lorsque l'on évoquait la collaboration. Elle s'étranglait en entendant parler du régime de Vichy.

     

    La Patrie des Droits humains et de la Révolution française se devait pourtant d'accepter les contradictions de son passé. Chirac l'avait enfin reconnu et avait demandé pardon aux familles des victimes. François Hollande s'inscrit dans ce même élan de vérité.

     

    Pour exorciser ses démons, la France doit condamner la tranche de ses citoyens qui se sont comportés comme les pires salauds durant la Seconde Guerre mondiale. Ces ignobles individus qui ont conduit à la mort des Juifs, des Tsiganes, des syndicalistes, des homosexuels, des gauchistes, des handicapés et toutes celles et ceux que l'ignominie nazie voulait exterminer. L'amnésie d'un peuple devient rapidement une immunité morale, pouvant encourager de nouvelles dérives. Se regarder dans un miroir est un moyen de corriger sa mauvaise tenue. Regretter cette face sombre de l'histoire de l'Hexagone permet de ne pas oublier et d'éduquer les jeunes, dont une majorité n'a jamais entendu parler de cette rafle et pas assez de la terreur nazie. Une telle pédagogie freinerait, voire éviterait, la résurgence des thèses extrémistes qui renaissent à travers l'Europe et le monde. Nettoyer les racines du passé sale donne de la sève pour construire un avenir meilleur.

     

    « La vérité ne divise jamais. Elle rassemble », a plaidé François Hollande. Il a insisté sur le rôle majeur qu'a joué Jacques Chirac dans l'aveu de la responsabilité de la France lors de cette rafle : « La reconnaissance de cette faute a été énoncée pour la première fois, avec lucidité et courage, par le Président Jacques Chirac, le 16 juillet 1995. »

     

    Pendant 17 minutes de discours, lors de la commémoration des 70 ans de la rafle au Vélodrome d'Hiver de Paris, François Hollande a rappelé que 13'000 Juifs avaient été arrêtés, durant deux jours, par la police française, regroupés au Vél' d'Hiv', puis déportés dans les camps, où la plupart ont été exterminés.

     

    Le Président Hollande a qualifié clairement cet acte en le désignant de « crime », de « fanatisme », de « logique de la haine », de « trahison de valeurs » ou d' « abjection ».

     

    En lavant cette souillure de l'histoire de la France, en montrant du doigt le régime de Vichy vendu à l'horreur hitlérienne, François Hollande valorise l'autre France. Celle des Justes, celle de la Résistance. Celles et ceux qui au péril de leur vie en ont sauvé d'autres. Cette France des Libertés, qui reste debout face à l'intolérance. « L'honneur fut sauvé par les Justes, par des héros anonymes qui, ici, cachèrent un voisin, qui risquèrent leur vie pour que soit épargnée celle des innocents », leur a rendu hommage François Hollande. C'est cette France libre et ouverte qui doit être un modèle. C'est cette France courageuse qui doit éclairer le chemin des générations futures.

     

    Avec sa vision d'avenir, François Hollande a pris un engagement fort pour lutter contre toute forme de racisme et contre l'antisémitisme : « La République pourchassera avec la plus grande détermination tous les actes et tous les propos antisémites qui pourraient amener les Juifs de France à se sentir inquiets dans leur propre pays. Rien en la matière n'est indifférent. Tout sera combattu avec la dernière énergie. »

     

    Il a tiré des parallèles pour démontrer que la haine d'hier pouvait revivre aujourd'hui si nous n'y prenons pas garde, évoquant la tuerie de Toulouse. « Il y a quatre mois des enfants mouraient pour la même raison que ceux du Vel' d'Hiv' : parce qu'ils étaient juifs », a-t-il rappelé.

     

    Le socialiste Françoise Hollande tourne la triste page du mitterrandisme sur cette période noire de la France. François Mitterrand avait été membre du gouvernement de Vichy avant d'entrer en résistance, avait flirté avec l'extrême-droite avant d'adhérer au socialisme et avait été très ambigu sur la France de la collaboration durant sa Présidence. Hollande réinjecte les valeurs historiques de la gauche, si chères aux Jaurès, Moulin ou Blum. Les valeurs d'antiracisme, de solidarité, de paix, de fraternité et de résistance contre l'intolérable.

     

    La Shoah n'est pas l'histoire du peuple juif, mais bien l'Histoire, notre Histoire, comme l'a clamé François Hollande. Souvenons-nous et n'oublions jamais.

     

    Christian Brunier, anc. Président du Parti socialiste genevois

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