08/09/2010

Vive les vacances : naissance des congés payés

Partir en vacances paraît normal actuellement. Comment vivre heureux sans ces moments privilégiés ? Même les gens de droite,  les patrons, les conservateurs en profitent un max et n’imaginent pas les remettre en question. Cette avancée sociale n’est pourtant pas si ancienne et est un beau cadeau gagné de hautes luttes par les forces syndicales et les milieux de gauche.

 

Dans les années 20, les mouvements socialistes et syndicaux ont commencé à revendiquer des périodes de congés payés. Idée totalement saugrenue pour la droite et les milieux patronaux. Durant les grèves et les conflits sociaux, les banderoles demandant ce nouveau droit des travailleuses et travailleurs firent leurs apparitions.

 

Quelques entreprises tentèrent l’expérience, se montrant précurseurs. Plusieurs Administrations publiques accordèrent quelques jours sans retenue de salaire aux fonctionnaires. Les collaboratrices et collaborateurs du commerce conquirent, en France, de petits congés. Le journal « L’information », sous l’impulsion de son directeur technique J.-J.Durand, issu du monde syndical, accorda ce droit à son personnel. Le socialiste Léon Blum, rédigeant des articles pour ce journal, suivit avec grande attention cette importante réforme.

 

Le Front populaire français, coalition réunissant principalement le Parti communiste, la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) et le Parti radical-socialiste, gagna les élections en 1936. Cette victoire historique dopa le monde syndical, déposant une série de revendications. Les grèves et les occupations d’entreprises se multiplièrent. L’économie paralysée contraint le patronat à la négociation sous l’égide du nouveau gouvernement de gauche. L’aboutissement fut les Accords de Matignon, déclenchant la mise en œuvre notamment des congés payés. Deux semaines de vacances, le rêve ! La porte s’ouvrit à la société des loisirs.

 

Cet espace de temps libre était pour le Front national aussi un outil pour favoriser l’accès à la culture dans le monde ouvrier. En parallèle de la vie au travail, le gouvernement dirigé par Léon Blum voulait offrir une « vie de loisirs, c’est-à-dire de liberté, d’art, de culture ; une vie plus humaine et plus belle. »

 

Il fallut près de 20 ans, pour obtenir, en France, la troisième semaine de congés payés, à nouveau sous la pression des syndicats et des mouvements de gauche, se battant pour le bien-être. Cette durée passa à 4 semaines en 1969, résultat de Mai 68, puis à 5 en 1982, promesse tenue du nouveau gouvernement socialiste élu un an auparavant.

 

Bonne socialement, cette mesure solidaire s’avéra en outre un succès économique. Le meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, s’avéra bonne pour la productivité. La création de cette vie de loisirs favorisa l’émergence d’une nouvelle économie, notamment celle de la culture, des loisirs et du tourisme.

 

La première année, près de 600'000 ouvriers français partirent en vacances. Ce chiffre fut multiplié par 3, l’an suivant, en 1937.

 

Cette réussite du gouvernement du Front populaire fit boule de neige à travers le monde. Cette réforme devint un symbole, heureusement contagieux. On dit merci qui ? Merci les socialistes !

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23/08/2010

Les droits humains sont aussi pour les Roms

Les Roms sont chassés de partout. On les rend responsables de tous les maux rencontrés par les populations européennes. Nicolas Sarkozy les stigmatise, assimilant les Roms à l’insécurité. Belle excuse pour un homme incapable de résoudre ce problème, monté en épingles par lui-même à des fins électorales perverses. Bon moyen pour détourner les regards de la presse sur ses affaires nauséabondes.

 

Les grands problèmes d’insécurité existent et il faut les combattre avec détermination, mais sans les exagérer et en les traitant dans leur complexité.

 

La grande majorité des Roms sont des gens  honnêtes, dérangeant les bien-pensants par leur mode de vie itinérant et atypique. Certains peuvent certes déranger, tendant la main pour obtenir une pièce, lavant avec insistance un pare-brise ou organisant les jeux dans la rue. Ces actions sont parfois chiantes. Mais, on est  bien loin des grands problèmes de sécurité. Les expulser ne baisse pas les trafics, les agressions, les viols, les meurtres ou le blanchiment d’argent sale.

 

Par contre, une bonne partie des Roms sont pauvres, persécutés et méprisés. L’extrême-droite italienne, la Ligue du Nord en tête, sacralise aujourd’hui les thèses sarkozyennes. Quelle honte pour le Président du pays créateur de la Charte des droits de l’homme.

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Les Roms doivent pouvoir bénéficier des droits humains

 

18/04/2009

Birmanie : Signons la pétition pour la libération des prisonniers politiques

Les médias en parlent de moins en moins, l’effet de mode ayant passé. Pourtant, les violations des droits humains en Birmanie sont constantes.

 

Tate Naing, ancien prisonnier politique et secrétaire de l’Association d’Assistance aux Prisonniers Politiques Birmans, confie : « Les prisonniers politiques ne sont pas des criminels, ce sont des citoyens qui se sont mobilisés pour exiger liberté et démocratie. Sans la libération de tous les prisonniers politiques, il ne peut y avoir de paix et de stabilité dans notre pays. Nous avons besoin que le Secrétaire général de l’ONU intervienne personnellement sur cette question. Cette campagne est l’occasion de montrer à M. Ban Ki-Moon combien de personnes, à travers le monde, se sentent concernées par ce problème. »

 

Une pétition lancée demande au Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-Moon, de faire de la libération de tous les prisonniers politiques sa priorité et de s’y engager personnellement, car c’est une condition indispensable à l’établissement de la démocratie dans ce pays. L’objectif est de récolter 888.888 signatures faisait écho au 8.8.88, date à laquelle un soulèvement populaire réclamant l’instauration de la démocratie avait été violemment écrasé par la junte militaire, 3 000 personnes ayant alors trouvé la mort.

 

Signez la pétition :

http://www.birmanie.ch/fr/index.php

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26/03/2009

Lettre ouverte à Eveline Widmer-Schlumpf et Eduard Gnesa

Madame la Conseillère fédérale de la Confédération helvétique,
Monsieur le Directeur de l’Office fédéral des migrations,

J’ai appris l’arrestation de M. Fahad K., principal protagoniste du film La Forteresse, lundi 23 mars 2009 à Zurich. Par la présente, je tiens à vous exprimer ma plus vive inquiétude sur le sort de ce jeune requérant d’asile irakien qui risque d’être renvoyé, via la Suède, en Irak où sa vie est en grand danger.

Menacé de mort par les milices islamistes irakiennes, Fahad K. a fui vers l'Europe. Il erre maintenant depuis deux ans, balloté d'un pays à l'autre, en quête de protection. En Suisse, une demande d'asile lui a été refusée en vertu des accords de Dublin et il a été renvoyé de force vers la Suède, premier pays européen où il a demandé l’asile. La Suède lui annonçant un renvoi forcé vers l'Irak, Fahad K. est revenu en Suisse se réfugier.

Contrairement à la Suède, la Suisse, la France et Amnesty International sont opposés à tout renvoi forcé vers l'Irak vu la situation de violence généralisée qui persiste dans ce pays. Conformément à la position du Haut Commissariat aux Réfugiés, ils estiment que toutes les personnes originaires, comme Fahad K., du sud et du centre de l'Irak doivent obtenir le statut de réfugié ou une forme de protection subsidiaire. En Suisse, Fahad K. remplit donc parfaitement toutes les conditions légales lui permettant d’obtenir le statut de réfugié.

Pour Amnesty International, Fahad K. court un très grand danger et a quitté l’Irak avec des motifs d’asile solides. Il ressort de son dossier que les autorités suédoises n’ont pas tenu compte de la portée des risques que ce dernier encoure dans son pays comme ancien interprète de l’Armée américaine. La Suisse a la possibilité de corriger cette erreur en faisant recours à la clause de souveraineté qui permet aux Etats signataires de Dublin de se saisir en tout temps d’une demande d’asile et d’appliquer ses propres critères.

Je me permets de m’adresser à vous, Madame la Conseillère Fédérale, Monsieur le Directeur, compte tenu de l’urgence de la situation. Je souhaite que vous preniez toutes les mesures nécessaires pour protéger la vie de Fahad K. Je vous rappelle qu’il risque la torture et la mort dans son pays et que la Suisse ne saurait s’en laver les mains sans trahir profondément l’esprit des Conventions de Genève dont nous sommes les dépositaires.

Je vous prie d’agréer, Madame la Conseillère Fédérale, Monsieur le Directeur, mes salutations respectueuses.

Christian Brunier, ancien député socialiste - Genève