Droit de la personne - Page 4

  • Juillet 2012-Juillet 1942 : Vél’ d’Hiv’ … Souvenons-nous !

    La France a eu du mal à reconnaître sa responsabilité dans la rafle du Vél' d'Hiv'. Elle devenait muette lorsque l'on évoquait la collaboration. Elle s'étranglait en entendant parler du régime de Vichy.

     

    La Patrie des Droits humains et de la Révolution française se devait pourtant d'accepter les contradictions de son passé. Chirac l'avait enfin reconnu et avait demandé pardon aux familles des victimes. François Hollande s'inscrit dans ce même élan de vérité.

     

    Pour exorciser ses démons, la France doit condamner la tranche de ses citoyens qui se sont comportés comme les pires salauds durant la Seconde Guerre mondiale. Ces ignobles individus qui ont conduit à la mort des Juifs, des Tsiganes, des syndicalistes, des homosexuels, des gauchistes, des handicapés et toutes celles et ceux que l'ignominie nazie voulait exterminer. L'amnésie d'un peuple devient rapidement une immunité morale, pouvant encourager de nouvelles dérives. Se regarder dans un miroir est un moyen de corriger sa mauvaise tenue. Regretter cette face sombre de l'histoire de l'Hexagone permet de ne pas oublier et d'éduquer les jeunes, dont une majorité n'a jamais entendu parler de cette rafle et pas assez de la terreur nazie. Une telle pédagogie freinerait, voire éviterait, la résurgence des thèses extrémistes qui renaissent à travers l'Europe et le monde. Nettoyer les racines du passé sale donne de la sève pour construire un avenir meilleur.

     

    « La vérité ne divise jamais. Elle rassemble », a plaidé François Hollande. Il a insisté sur le rôle majeur qu'a joué Jacques Chirac dans l'aveu de la responsabilité de la France lors de cette rafle : « La reconnaissance de cette faute a été énoncée pour la première fois, avec lucidité et courage, par le Président Jacques Chirac, le 16 juillet 1995. »

     

    Pendant 17 minutes de discours, lors de la commémoration des 70 ans de la rafle au Vélodrome d'Hiver de Paris, François Hollande a rappelé que 13'000 Juifs avaient été arrêtés, durant deux jours, par la police française, regroupés au Vél' d'Hiv', puis déportés dans les camps, où la plupart ont été exterminés.

     

    Le Président Hollande a qualifié clairement cet acte en le désignant de « crime », de « fanatisme », de « logique de la haine », de « trahison de valeurs » ou d' « abjection ».

     

    En lavant cette souillure de l'histoire de la France, en montrant du doigt le régime de Vichy vendu à l'horreur hitlérienne, François Hollande valorise l'autre France. Celle des Justes, celle de la Résistance. Celles et ceux qui au péril de leur vie en ont sauvé d'autres. Cette France des Libertés, qui reste debout face à l'intolérance. « L'honneur fut sauvé par les Justes, par des héros anonymes qui, ici, cachèrent un voisin, qui risquèrent leur vie pour que soit épargnée celle des innocents », leur a rendu hommage François Hollande. C'est cette France libre et ouverte qui doit être un modèle. C'est cette France courageuse qui doit éclairer le chemin des générations futures.

     

    Avec sa vision d'avenir, François Hollande a pris un engagement fort pour lutter contre toute forme de racisme et contre l'antisémitisme : « La République pourchassera avec la plus grande détermination tous les actes et tous les propos antisémites qui pourraient amener les Juifs de France à se sentir inquiets dans leur propre pays. Rien en la matière n'est indifférent. Tout sera combattu avec la dernière énergie. »

     

    Il a tiré des parallèles pour démontrer que la haine d'hier pouvait revivre aujourd'hui si nous n'y prenons pas garde, évoquant la tuerie de Toulouse. « Il y a quatre mois des enfants mouraient pour la même raison que ceux du Vel' d'Hiv' : parce qu'ils étaient juifs », a-t-il rappelé.

     

    Le socialiste Françoise Hollande tourne la triste page du mitterrandisme sur cette période noire de la France. François Mitterrand avait été membre du gouvernement de Vichy avant d'entrer en résistance, avait flirté avec l'extrême-droite avant d'adhérer au socialisme et avait été très ambigu sur la France de la collaboration durant sa Présidence. Hollande réinjecte les valeurs historiques de la gauche, si chères aux Jaurès, Moulin ou Blum. Les valeurs d'antiracisme, de solidarité, de paix, de fraternité et de résistance contre l'intolérable.

     

    La Shoah n'est pas l'histoire du peuple juif, mais bien l'Histoire, notre Histoire, comme l'a clamé François Hollande. Souvenons-nous et n'oublions jamais.

     

    Christian Brunier, anc. Président du Parti socialiste genevois

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  • Vive les vacances : naissance des congés payés

    20 juin 1936, il y a 76 ans, le texte de loi instaurant les congés payés était promulgué en France. La belle histoire d'une progression sociale majeure ...

     

    Partir en vacances paraît normal actuellement. Comment vivre heureux sans ces moments privilégiés ? Même les gens de droite,  les patrons, les conservateurs en profitent un max et n'imaginent pas les remettre en question. Cette avancée sociale n'est pourtant pas si ancienne et est un beau cadeau gagné de hautes luttes par les forces syndicales et les milieux de gauche.

     

    Dans les années 20, les mouvements socialistes et syndicaux ont commencé à revendiquer des périodes de congés payés. Idée totalement saugrenue pour la droite et les milieux patronaux. Durant les grèves et les conflits sociaux, les banderoles demandant ce nouveau droit des travailleuses et travailleurs firent leurs apparitions.

     

    Quelques entreprises tentèrent l'expérience, se montrant précurseurs. Plusieurs Administrations publiques accordèrent quelques jours sans retenue de salaire aux fonctionnaires. Les collaboratrices et collaborateurs du commerce conquirent, en France, de petits congés. Le journal « L'information », sous l'impulsion de son directeur technique J.-J.Durand, issu du monde syndical, accorda ce droit à son personnel. Le socialiste Léon Blum, rédigeant des articles pour ce journal, suivit avec grande attention cette importante réforme.

     

    Le Front populaire français, coalition réunissant principalement le Parti communiste, la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) et le Parti radical-socialiste, gagna les élections en 1936. Cette victoire historique dopa le monde syndical, déposant une série de revendications. Les grèves et les occupations d'entreprises se multiplièrent. L'économie paralysée contraint le patronat à la négociation sous l'égide du nouveau gouvernement de gauche. L'aboutissement fut les Accords de Matignon, déclenchant la mise en œuvre notamment des congés payés. Deux semaines de vacances, le rêve ! La porte s'ouvrit à la société des loisirs.

     

    Cet espace de temps libre était pour le Front national aussi un outil pour favoriser l'accès à la culture dans le monde ouvrier. En parallèle de la vie au travail, le gouvernement dirigé par Léon Blum voulait offrir une « vie de loisirs, c'est-à-dire de liberté, d'art, de culture ; une vie plus humaine et plus belle. »

     

    Il fallut près de 20 ans, pour obtenir, en France, la troisième semaine de congés payés, à nouveau sous la pression des syndicats et des mouvements de gauche, se battant pour le bien-être. Cette durée passa à 4 semaines en 1969, résultat de Mai 68, puis à 5 en 1982, promesse tenue du nouveau gouvernement socialiste élu un an auparavant.

     

    Bonne socialement, cette mesure solidaire s'avéra en outre un succès économique. Le meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, s'avéra bonne pour la productivité. La création de cette vie de loisirs favorisa l'émergence d'une nouvelle économie, notamment celle de la culture, des loisirs et du tourisme.

     

    La première année, près de 600'000 ouvriers français partirent en vacances. Ce chiffre fut multiplié par 3, l'an suivant, en 1937.

     

    Cette réussite du gouvernement du Front populaire fit boule de neige à travers le monde. Cette réforme devint un symbole, heureusement contagieux. On dit merci qui ? Merci les socialistes !

  • Ne pas céder lors de violations des droits humains

    « Nous devons nous engager à ce que la France soit exemplaire dans le domaine du respect des libertés individuelles et collectives dans les termes voulus

    par la Constitution et la Charte Européenne des Droits Fondamentaux. »

    François Hollande

     

    « J'aime beaucoup le football, mais ce qui se passe en Ukraine est un problème », dixit François Hollande.

     

    Fidèle à la tradition humaniste du mouvement socialiste, le nouveau Président français a montré sa fermeté face aux multiples violations des droits humains perpétrées par le régime autocratique à la tête de l'Ukraine.

     

    François Hollande est prêt à boycotter l'Euro de football, qui se déroulera, dès le 8 juin 2012, en partie en Ukraine. Il condamne, par cet acte, le traitement inhumain infligé à l'ancienne Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko et à de nombreux opposantes et opposants politiques.

     

    L'ancienne dirigeante charismatique de la Révolution de velours, qui avait marqué pacifiquement  la fin du  stalinisme dans ce pays d'Europe de l'Est, est condamnée à sept ans de prison pour un pseudo abus de pouvoir. La justice corrompue, vendue au pouvoir en place, enferme plusieurs personnes contestataires, sur la base de parodies de procès.

     

    Dans son rapport annuel, Amnesty international place sous les projecteurs l'Ukraine. La torture, les sévices physiques, ainsi que le manque d'indépendance de la justice inquiètent cette association de lutte en faveur des droits de l'homme.

     

    Ioulia Timochenko est, actuellement, détenue à Kharkiv, dans des conditions inhumaines. Même sa salle d'eau est placée sous caméra, ne respectant aucune intimité. L'humiliation est constante. Sa santé se dégrade gravement et son hernie discale est mal soignée. L'Union européenne, sous l'impulsion d'Angela Merkel et de François Hollande, s'indigne du traitement de l'ancienne Première ministre et de ses conditions d'incarcération inacceptables.

     

    Hollande a raison de s'offusquer contre les dérapages démocratiques graves du pouvoir autoritaire ukrainien. Il accomplit ce geste sans donner de leçons. Le boycott est un moyen de combattre l'oppression, mais d'autres recettes existent. Les autres gouvernants peuvent se rendre à cet événement sportif en demandant de pouvoir visiter des prisonniers d'opinion. Des événements médiatiques critiques contre ce pouvoir dur peuvent être organisés pour mobiliser l'opinion internationale contre ces fractures aux droits humains. D'autres actions de sensibilisation peuvent s'avérer très efficaces. L'important est de montrer de la fermeté contre toute violation des droits humains.

     

    Soucieux des libertés, sans arrogance, le Président français a su donner le ton, en laissant chacune et chacun jouer sa partition. Encore un bel exemple du « gouverner autrement ».

  • Le tutoiement, le respect de l’amitié

    « Je préférerai très honnêtement garder le ''tu'' et le ''François''.  Il faut être respectueux de ce qu'il devient et en même temps se rappeler qu'il a été des nôtres

    pendant toutes ces années et que nous disions François, tu ... »

    Bernard Combes, Maire socialiste de Tulle

     

    Dans le « GHI », le journaliste Pascal Décaillet, veut me donner la leçon, une fâcheuse  habitude dont il use envers toutes celles et  tous ceux qui ne lui mangent pas dans la main pour être invités sur ses plateaux TV :

     

    Christian Brunier : Mon pote François

    Ancien Président du Parti socialiste genevois, Christian Brunier adresse une lettre au Président Hollande en le tutoyant. M. Brunier a tort. Même s'il le tutoie en privé, il lui doit, comme Président, la distance de la fonction. François Mitterrand, qui fut un Président éblouissant, ne tutoyait presque personne, juste ses camarades de captivité, entre 1939 et 1941. A un vieux militant socialiste qui lui avait proposé de le tutoyer, il avait eu cette immortelle réponse : « Si vous voulez ! »

     

    J'aurais surtout désiré l'évocation du contenu de cette lettre ouverte en faveur de l'autodétermination du peuple du Sahara occidental. Pas un mot sur le fond, le sort des Sahraouis subissant la guerre et l'oppression, semblant être moins important que la forme de la missive.

     

    Monsieur Décaillet, j'ai utilisé cette forme par souci de parler vrai et de proximité, deux valeurs éminemment importantes pour la politique d'honnêteté et d'authenticité déployée par François Hollande.

     

    J'ai le tutoiement facile avec les gens que j'aime. Pour moi, cette forme, verbale ou écrite, est une magnifique preuve de respect. Cette manière d'aborder mes proches, dans la vie ou en politique, vient peut-être de mes origines populaires. Dans ce milieu, la simplicité règne davantage que dans le milieu bourgeois, religieux et conservateur, d'où émane François Mitterrand.

     

    Et puis, le tutoiement possède un côté biblique qui devrait plaire au chrétien Pascal Décaillet, venant de l'athée que je suis.

  • Lettre ouverte à François Hollande, Président de la République française

    Pour le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui

     

    Monsieur le Président, Cher François,

     

    J'aimerais tout d'abord te féliciter pour ta magnifique élection et espère que tu redonneras de l'espoir tant à la France qu'à l'Europe. J'ai été très fier de pouvoir participer à la fête célébrant ta victoire, le 6 mai 2012, sur la Place de la Bastille.

     

    En 1981, dans les 110 propositions électorales de François Mitterrand figurait  déjà le « droit à l'autodétermination du Sahara occidental ». En 1988, dans « La Lettre aux Français », le même engagement était pris par le leader du PS français. En 1998, j'avais abordé rapidement avec toi cette cause lors d'une session de l'Internationale socialiste, où tu représentais le PS français et moi le PS suisse. En tant qu'humaniste et démocrate, tu étais évidemment partisan de l'expression d'un tel droit.

     

    Depuis, la défense des droits des sahraouis a toujours été soutenue par le Parti socialiste français et le mouvement socialiste international.

     

    La France, quant à elle, pourtant Terre de la Déclaration universelle des droits de l'homme, soutient farouchement le régime marocain qui opprime le peuple sahraoui et fournit des armes à ce Royaume pour combattre militairement le Sahara occidental.  On en compte plus les actes de torture perpétrés contre cette population. Ces horreurs sont inacceptables.

     

    Il est temps de faire évoluer la situation afin de respecter scrupuleusement le choix des populations, les droits humains et la paix. Le changement, c'est maintenant !

     

    Selon le Premier ministre sahraoui Abdelkader Taleb Omar, ton élection pourrait  « opérer un véritable changement dans les positions de l'Etat français. »

     

    Je ne peux qu'appuyer cette volonté de soutenir les droits d'un peuple tant bafoué et pourtant si pacifistes et riches culturellement.

     

    En te remerciant d'avance de ton engagement pour cette cause humanitaire et juste, conforme à ton élan en faveur des libertés, je t'adresse, Monsieur le Président, Cher François, mes amicales salutations.

     

     

    Christian Brunier,

    Ancien Président du Parti socialiste genevois et député

    Citoyen double-national franco-suisse