Liberté - Page 4

  • La liberté est belle. Défendons-la !

    C'est avec une grande satisfaction que le comité référendaire contre la nouvelle loi genevoise sur les manifestations a déposé son référendum muni de plus de 10'000 signatures. Au lieu de viser les auteurs de débordements, la nouvelle loi punit les organisateurs des manifestations, même si on ne peut leur reprocher aucune faute. Cette loi est une grave violation de la liberté de manifester. Va-t-on sanctionner tout un club de foot, lorsque quelques supporters se transforment en casseurs ? Peut-on se réjouir des manifestations dans le monde arabe et prohiber celles se déroulant chez nous ? Une telle loi serait une invitation à l'infiltration des manifs par des groupes extrémistes violents voulant discréditer la démocratie. Manifester est l'un des droits inhérent à la liberté d'expression. Nous ne pouvons pas le bafouer.

     

    En Arabie aussi ...

     

    Le régime totalitaire d'Arabie saoudite prépare une loi soi-disant « antiterroriste » pour étouffer toute forme d'opposition. Ces nouvelles dispositions prévoient notamment la détention prolongée sans procès et l'utilisation accrue de la peine capitale.

  • A la gauche de Freysinger, Le Pen ou Bignasca ???

    Oskar Freysinger, dans le « Matin Dimanche » de dimanche passé, affirmait avoir été invité par « Riposte laïque », une organisation qu'il classait sans retenue à « gauche » de l'échiquier politique.

     

    Sur son site « Riposte laïque » parle de « cancer islamique » provoqué par « des trahisons de la gauche » ou affirme : « Décidément, l'attentat d'Oslo tombe bien, au moment où les hommes et les partis qui s'opposent à l'immigration et au développement préoccupant de l'islam se voient plébiscités par les électeurs. Par ailleurs, au lieu de tirer à vue sur les islamophobes, nos élites feraient bien de prendre en compte les raisons de cette islamophobie et l'exaspération des Français devant des politiques suicidaires pour notre peuple et nos valeurs ! »

     

    De telles déclarations ne me semblent pas très à gauche. Ou alors à gauche de Freysinger, ce qui reste bien à la droite extrême.

     

    Christian Brunier, ancien député PS, Genève

  • La liberté contre la propagation de la haine …

    Je réagis à ce commentaire du journaliste Pascal Décaillet rédigé sur son blog : « La Norvège est en deuil, nous sommes tous en pensée avec elle. L'attentat d'Oslo est inqualifiable, les motivations de son auteur, aussi. À partir de là, que dire de plus, qui soit sensé, éclairant sur cette horreur, ne relève pas du remplissage, ni du traditionnel cortège « d'experts », l'un sur l'extrême droite en Europe, l'autre sur les néo-nazis en Scandinavie, un troisième sur le « fondamentalisme chrétien » ? Cette volonté de remplir, tout de suite étiqueter, révèle notre ignorance. En quoi les métastases fantasmatiques d'un Norvégien isolé doivent-elles nous interroger sur autre chose que sa propre folie ? Le malheur fait partie de l'Histoire humaine, le tragique aussi. Jamais nous ne pourrons les éradiquer. (...) »

     

    Pascal, si le tueur avait été musulman, seriez-vous aussi prudent pour ne pas attaquer l'intégrisme islamique ? Certes, le tireur norvégien est taré. Mais, il est aussi lucide et politisé. Politisé, à l'extrême-droite. Les thèses des néo-fachos emballés dans leurs costards de « respectabilité » excitent la haine des extrémistes les plus violents. Il faut donc condamner, sans concession, tous les extrémismes sous toutes leurs formes : religieuses, politiques ou autres. La défense des libertés ne doit pas laisser de place à la propagation de la haine.

  • Le Bonheur des Belges

    Je lis un livre « Le Bonheur des Belges ». 200 personnalités de ce pays ont donné leur vision du bonheur. Ma préférence va naturellement vers la version de Noël Godin, le célèbre entarteur, et surtout une belle plume vive et truculente.

     

    Lisez plutôt : Sans freins ! Comme le propose génialement le seul utopiste que j’aime à la folie, Charles Fourier, dans le plus merveilleux livre qui existe, Le nouveau monde amoureux, le bonheur parfait serait de vivre dans une société révolutionnaire, délicieusement féérique, où tous participeraient, de façon ludique, à la réalisation créative des désirs et des toquades de chacun. Charles Fourrier ne veut pas imposer le bonheur mais propose un mode d’emploi méthodique de construction totale du bonheur, une société de la jouissance immodérée où chacun peut s’accomplir dans les moindres nuances et sans la moindre limite d’aucune sorte. Charles Fourier est l’un des rares utopistes, il y a aussi Joseph Déjacque et Ernest Cœurderoy au XIXème siècle également, qui a proposé une réinvention totale de la société et de la morale, à la lueur des désirs individuels et collectifs déchaînés garantissant vraiment à chacun de pouvoir réimaginer sa vie comme ça lui boume. « Fourierisons » dès lors radicalement le mouvement altermondialiste souvent si tristounet, si boy-scout ! Dévergondons-nous comiquement ! Ingénions-nous à le faire partir aussi en guérilla pour le plaisir immédiat sans freins !

  • Changeons l'Europe !

    Signataire de la Charte « Changeons l'Europe » :

     

    Aux prises avec une crise qui menace l'existence même de l'euro, l'Union européenne s'apprête à prendre des décisions qui seront lourdes de conséquences pour l'avenir de l'Europe et de son économie. Les propositions actuellement sur la table pour le "paquet gouvernance économique" représentent, selon nous, une remise en cause sans précédent des valeurs et des principes fondamentaux de notre destin commun: la solidarité, la justice sociale, l'égalité des chances et le développement durable. Au nom de la nécessaire responsabilité budgétaire face à la crise, ces choix idéologiques mettent en péril la cohésion sociale entre européens et notre capacité commune à assurer la transition écologique de nos économies. En particulier, ces choix risquent de sacrifier toute une génération de jeunes à travers bon nombre d'Etats membres, touchés très durement par le chômage et se sentant de plus en plus exclus et rejetés au lieu de pouvoir participer pleinement à la construction de leur avenir.

     

    Il est évident pour nous qu'assurer la soutenabilité des finances publiques est un objectif politique essentiel : celles-ci sont un instrument clé au service de biens communs tel que la cohésion sociale ou la préservation de l'environnement. Et il est vrai que la crise que nous vivons aujourd'hui a détérioré très significativement les finances publiques en Europe. Même si le secteur public a sa part de responsabilité, les causes de cette crise sont avant tout à trouver dans le secteur privé: accroissement des inégalités salariales, endettement privé excessif, et bulles spéculatives générées par une industrie financière irresponsable.

     

    Les mesures annoncées ne répondent pas à ces difficultés. Au contraire, elles sont injustes, inefficaces et inappropriées. En nous coupant de notre avenir commun, il nous renverrait à des temps que nous pensions révolus à jamais - celui des égoïsmes nationaux exacerbés, celui des injustices sociales criantes, et celui des extrémismes en tous genres. Il ne réussirait qu'à transformer la crise économique actuelle en crise politique.

     

    Les Européens doivent se réveiller tant qu'il est encore temps, en renouvelant leur adhésion aux valeurs fondatrices dans une perspective d'avenir volontariste et commune. Nos sociétés ne survivront pas à des années de déclin économique et social, suscité par des politiques d'austérité aveugles. Dans cette logique, il reviendrait principalement aux salariés de supporter le poids de la crise en subissant des réductions de salaires. Au contraire, collectivement, tirons enfin les vraies leçons de la crise qui nous a frappés. Les spéculateurs de tous bords se sont nourris d'une absence de règles et de mécanismes de surveillance forts. Imposer aux gouvernements européens une cure d'austérité brutale et s'attaquer aux salaires ne ferait que renforcer cette fragilité, au lieu d'y remédier. De surcroit, renforcer un système de sanctions financières sur ces bases ne ferait qu'alimenter l'hostilité entre pays. La zone euro doit défendre sa monnaie commune et soutenir impérativement ses membres en difficulté, ce qui constitue un enjeu vital pour l'Europe toute entière.

     

    Que les majorités conservatrices au Conseil des ministres et au Parlement européen qui veulent imposer une telle fausse solution prennent enfin conscience de leur erreur. Nous devons dans ces moments difficiles pour les Européens faire preuve d'audace et d'imagination, en formulant une réponse politique nouvelle et différente. Il est possible de retrouver la maitrise des finances publiques sans tuer notre développement économique et les investissements dans des domaines tels que l'éducation, la recherche ou les énergies renouvelables, et sans alimenter l'injustice sociale et l'exclusion. Il est possible de retrouver des marges budgétaires nécessaires en étant innovant et courageux. Pour cela, il faut tout d'abord que tous les Etats membres contribuent à cet effort en commun - tant les pays en surplus que ceux en déficit commercial. Dans tous les pays, il faut ensuite protéger les investissements publics productifs de l'austérité budgétaire, rassembler sous forme d'Euro-obligations une partie de la dette des Etats membres pour en réduire le coût global, et mettre en place les bases d'une politique fiscale européenne commune, garante de recettes justes, efficaces et durables. Il s'agit d'alléger la charge fiscale sur les revenus du travail et de renforcer celle sur les revenus du capital, de combattre efficacement la fraude fiscale, de créer une véritable fiscalité écologique, et d'instaurer enfin une taxe sur les transactions financières. Les gouvernements européens doivent veiller à ce que les salaires élevés et les revenus du capital contribuent justement à l'effort général de consolidation budgétaire, pour éviter que les salariés à revenu faible ou moyen ne subissent l'essentiel de cet effort.

     

    Il ne s'agit pas de plaider pour des solutions simplistes ou irresponsables, mais de mettre en place un projet de modernisation économique grâce à des politiques responsables, équilibrées, intelligentes et pleinement respectueuses des valeurs sur lesquelles repose le projet européen. Nous en appelons à tous ceux qui partagent ces convictions de se mobiliser avec nous, en signant cet appel, pour donner à l'Europe une autre politique de sortie de crise qui la renforcera, au lieu de l'affaiblir davantage.