Politique - Page 2

  • « Je lutterai contre la précarité … », disait Hollande

    « Je lutterai contre la précarité qui frappe avant tout les jeunes,

    les femmes et les salariés les moins qualifiés. »

    François Hollande

     

    Au 1er juillet 2012, François Hollande augmente le SMIC, le salaire minimum interprofessionnel de croissance, de 2%. Ce petit coup de pouce envers les travailleuses et travailleurs les plus défavorisés monte leur revenu de  1'398,37 euros mensuels à 1'425,67.

     

    Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 10,6% des salariés français étaient rémunérés au SMIC, à fin 2011, soit près de 1,8 million de personnes. Dans certains secteurs économiques, le taux de collaboratrices et collaborateurs astreints au salaire minimum peut monter à 35%, comme les activités hôtellerie et restauration.

     

    Parallèlement, le gouvernement socialiste français revalorise de 2% les allocations chômage.

     

    Ces gestes en faveur de populations précarisées sont évidemment insuffisants. Ils sont pourtant positifs et marquent un changement de politique. L'équipe Sarkozy accordait de beaux cadeaux aux nantis. Hollande souhaite supprimer ces avantages aux privilégiés et redistribuer progressivement ces richesses aux plus pauvres. Cette politique de petits pas en avant contraste avec les grandes enjambées en arrière du gouvernement précédent. Le niveau de vie des plus humbles progresse, certes lentement, mais sans déstabiliser les entreprises les plus fragiles.

     

    Les syndicats et l'extrême-gauche revendiquent un SMIC à 1'700 euros. Ces milieux jouent à merveille leur rôle d'aiguillon. Cette pression vers le haut est salutaire et pousse le gouvernement socialiste dans le bon sens.

     

    Les légers plus accordés par François Hollande et son gouvernement concordent avec le programme formulé par le nouveau Président durant la campagne électorale. François Hollande tient, une fois encore, ses promesses, cassant la spirale des fausses promesses démagogiques trop souvent habituelles en politique.

     

    Un proverbe indien dit : « Le plus long des voyages commence par un petit pas. » Pourvu que ça dure !

  • Enfin, des salaires dignes et décents pour les patrons

    « Je crois au patriotisme des dirigeants, qui peuvent comprendre

    que la crise suppose l'exemplarité des élites politiques et économiques. »

    Jean-Marc Ayrault, Premier ministre

     

    François Hollande l'avait promis, durant sa campagne à la Présidentielle. Il passe rapidement à l'acte, respectant, comme d'habitude, ses engagements. Les rémunérations des patrons des entreprises publiques seront diminuées, afin que l'écart entre les plus petits salaires de ces sociétés et leur patron, soit au maximum de 1 à 20, ce qui est déjà pas mal. Les salaires de ces boss doivent devenir dignes et décents.

     

    Concrètement, à titre d'illustration, le salaire d'Henri Proglio, le PDG d'EDF passera de 1,55 million d'euros à 496'800, alors que la rémunération moyenne de son entreprise est de 39'000 euros par an. Celui de Luc Orsel, dirigeant d'Areva, diminuera de 49%, soit de 679'000 euros à 335'000. Le Président Directeur Général de la Poste, Jean-Paul Bailly, atteindra 377'160 euros au lieu de 635'974. Gérard Mestallet, le patron de GDF Suez, avec ses 3,3 millions d'euros en 2010 verra chuter son revenu de 89%.

     

    4,5 millions d'euros pour le PDG de Michelin en 2010, 2,6 millions d'euros pour le patron d'EADS ou 3,3 millions d'euros pour celui de GDF Suez la même année. Comment un patron peut-il justifier un salaire si conséquent ? Parallèlement, il faut se souvenir que le SMIC, est fixé, depuis le 1er janvier 2012, à 1'398,37 euros bruts mensuels, soit 9,22 euros bruts de l'heure. Ce salaire minimum n'a jamais été augmenté durant le quinquennat de Sarkozy, à l'exception des indexations légales automatiques. Une société  visant à être saine, équitable et durable ne peut digérer de telles distorsions.

     

    Le pavé jeté dans la marre par François Hollande et son gouvernement ne changera évidemment pas l'état des finances publiques. C'est toutefois un acte symbolique d'importance. Un appel à l'exemplarité et à l'éthique pour les chefs des 52 entreprises, partiellement ou totalement, publiques. Le Président socialiste veut des dirigeants d'entreprises publiques irréprochables. Ce nouveau système salarial doit se profiler comme un exemple à suivre aussi par les grandes entreprises privées, dans lesquelles les écarts de rémunérations sont parfois colossaux.

     

    Plusieurs postures à la tête des entreprises fortement étatiques se sont révélées scandaleuses. L'indemnité de 1,5 million d'euros  versée à  Anne Lauvergeon pour son départ d'Areva n'en est qu'un triste exemple.

     

    Ces dernières années, pour résister à la crise, les salaires des employées et des employés ont tendanciellement stagnés ou peu progressés, alors que les gains des PDG et des actionnaires prenaient l'ascenseur. La fracture sociale, déstabilisante pour l'ensemble de la société, s'est encore accrue avec ces écarts de revenus inacceptables.

     

    Avec des rapports de 1 à 6 ou 7 entre les plus petits salaires et les plus hauts, une entreprise peut déployer une courbe salariale motivante et attrayante pour garder et recruter des talents, à condition que les plus faibles rémunérations se situent à un niveau attractif. Sur la base d'une échelle de 1 à 20, on se rend bien compte de la sagesse de la mesure impulsée par François Hollande.

     

    Dans cette cohérence, l'Etat français vient de s'opposer en tant qu'actionnaire important de plusieurs sociétés à des parachutes dorés offerts à des PDG ou à différentes primes injustifiables. L'indemnité de départ  du patron de l'équipementier aéronautique et de défense Safran a été notamment refusée par l'Assemblée générale des actionnaires.

     

    Concilier responsabilité, compétence et motivation avec éthique et dignité est l'un des paris de François Hollande. Par ses premières mesures, il contribue à orienter l'économie vers davantage d'humanité et de durabilité ; dans l'espoir que cette vague d'éthique déferle sur les rives des grandes firmes privées ...

     

    Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois

  • Clic-clac d’une douce France !

    La photo officielle de François Hollande arrive dans chaque Mairie, signée Raymond Depardon, créateur de l'agence Gamma. 36'000 clichés distribués dans toutes les municipalités françaises. Cette photo étonne. Elle bouscule les habitudes. Au milieu de la nature, elle change des trop nombreux portraits des Présidents coincés dans des lieux clos. En plein air, cette photographie s'illustre comme un signe d'ouverture. Elle donne du souffle.

     

    L'auteur a réalisé 200 photos en 30 minutes. En mouvement. Il a choisi celle qu'il préférait et l'a soumise à François Hollande. Celui-ci a confirmé la sélection effectuée.

     

    Depardon ne se juge pas comme un portraitiste. Lors de la conférence de presse présentant l'œuvre, il a affirmé avoir pris ce cliché « comme un paysage, le paysage de la France ».

     

    Au fond, on devine le drapeau de la République et celui de l'Europe. Ce clin d'œil s'affiche de manière originale. La France et l'Europe ne se résument plus à des étendards, omniprésents sur certaines photos des prédécesseurs de Hollande. La France est un panorama, un environnement plaisant. Le Président, lui aussi, n'occupe pas tout le territoire. Il laisse de la place pour les autres. La naturalité est la thématique centrale du tableau.

     

    La mise en évidence de l'environnement rend l'humain libre. Après la présidence bling-bling de Sarkozy, nous retrouvons une simplicité, une éthique de l'exercice du pouvoir. Pas de frime inutile. De la sobriété et de la place pour l'action.

     

    Le Président normal se retrouve sur une photo normale. La sérénité transpire. Dommage que les bras du leader socialiste restent trop tendus. Cette journée ensoleillée s'avère plaisante. Les couleurs apaisantes suggèrent la quiétude. Nos yeux contemplatifs ressentent la douceur de vivre, caractérisant si bien ce pays, l'un des plus beaux du monde.

     

    Le portraitiste Gilles Favier confie, avec humour, à « Libération » : « Au final, le Président à l'air d'un Playmobil. » Heureusement, sans avoir pris la coiffure de ce jouet.

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  • Hollande in America

    « Nous devons être fidèles au rêve de ceux qui ont voulu le progrès social.

    Faites ce rêve avec moi ! Ce sera la réalité de demain ! »

    François Hollande

     

    François Hollande avait commencé sa carrière internationale de Président en allant dîner avec la Chancelière allemande, dès le soir de son intronisation.

     

    La suite se passe aux USA, avec une rencontre avec Barack Obama dans son bureau ovale de la Maison-Blanche, une autre avec Hilary Clinton, une séance du G8 à Camp David, un G20, puis un sommet de l'OTAN à Chicago, et une bonne dizaine de bilatérales avec des  influents de la planète.

     

    L'examen est un succès pour le nouveau Président Hollande sur différents axes cruciaux pour l'évolution de la planète.

     

    Certains prétendaient que les dirigeants mondiaux voyaient d'un mauvais œil l'élection d'un socialiste à la tête de l'Hexagone. L'accueil a été au contraire chaleureux. Par son humour et son intelligence, Hollande a su créer rapidement du lien avec ces figures du pouvoir mondial. Evoquant la première rencontre entre Hollande et Obama, Aquilino Morelle, le Conseiller politique du Président français, a déclaré : « Le courant est passé tout de suite. »

    Le tutoiement entre les deux hommes a été immédiat. Les bons mots ont fusé entre ces deux esprits vifs et drôles.

     

    François Hollande a su imposer sa vision pour combattre la crise économique mondiale. Englués dans l'austérité, les dirigeants du monde ne voyaient pas d'issue à cette problématique. La croissance par la relance est la recette du socialiste français, repris en cœur par les grands du monde. Barack Obama a adopté une posture à la Hollande : « Nous devons trouver une approche responsable combinant consolidation budgétaire et soutien fort à la croissance. » Une thématique qu'il compte bien reprendre à son compte dans sa course à la réélection.

     

    Face au géant chinois, François Hollande ne s'est pas dégonflé. Il a demandé des relations plus équilibrées et des échanges commerciaux basés sur la réciprocité. Il a insisté aussi pour que le Yuan devienne enfin une monnaie convertible.

     

    Ils voulaient tous faire plier le petit nouveau sur l'Afghanistan. Là encore, Hollande a tenu le cap et est resté fidèle à ses promesses. La France a confirmé son retrait militaire anticipé du bourbier afghan. François Hollande a osé dire aux grands de ce monde que le retrait d'Afghanistan n'était pas négociable pour la République française.

     

    Les avis sont unanimes. François Hollande a réussi son bizutage parmi les dirigeant-e-s de la planète et a démontré qu'il fallait compter avec la France. Il a imposé son style : décontracté sur la forme, fermeté de conviction sur les dossiers.

     

    Le dernier mot revient à la journaliste Laure Bretton, qui dans « Libération » résumait si bien  le déplacement US de François Hollande : « Le Président français a voulu donner une triple image : le dirigeant au travail sans perdre une minute, le président tenant ses promesses de candidat et celui par qui pouvait venir le changement. » Yes we can !

  • Le Tube des travailleuses et des travailleurs !

    « C'est la lutte finale ; Groupons-nous, et demain ; L'Internationale ; Sera le genre humain ! » L'Internationale, l'hymne révolutionnaire, tout le monde le connaît. Quel-le militant-e de gauche n'a pas frémi, le poing levé, en entendant ce chant devenu un véritable patrimoine du monde du travail ? A travers toute la planète, cette partition est chantée. Cette mélodie est l'air de l'espoir, le tube des travailleuses et des travailleurs.

     

    Mais au fait, quelle est l'histoire de ces portées musicales célèbres ? Les versions divergent. Certains prétendent que les paroles de cette chanson ont été écrites, le 4 septembre 1870, afin de célébrer la capitulation de Napoléon III à Sedan et la proclamation, dans la foulée, de la République. D'autres pensent que cet écrit date de mai ou juin 1871, au lendemain de la Commune. Une chose est sûre : l'homme qui a rédigé ce texte est Eugène Pottier, dessinateur sur étoffe, chansonnier et fervent communiste. Elu du 2ème arrondissement de Paris, représentant des Communards, le camarade Eugène avait participé activement à l'insurrection populaire contre le pouvoir autocratique. Il écrivit plusieurs poèmes ouvriers, dont les plus connus figurent dans son unique ouvrage, son cahier de chants révolutionnaires édité en 1887 par le poète Gustave Nadaud. Nadaud ne partageait pas les idéaux de gauche de Pottier, mais admirait ses qualités d'homme de plume. Le journaliste et militant républicain Henri Rochefort préfaça ce bouquin. «L'Internationale » occupait une belle place dans ce livre. Il dédia cet air militant à Gustave Lefrançais, instituteur, engagé dans la Commune de Paris et figure de l'anarchisme. Eugène Pottier mourut le 6 novembre 1887, à l'hôpital Lariboisière, sans avoir entendu les foules interpréter son œuvre. Son enterrement, au cimetière du Père-Lachaise, provoqua des affrontements violents entre les milieux syndicaux et les forces de police aux mains d'un pouvoir peu enclin aux revendications populaires.

     

    En 1888, dans un bistrot de Lille, l'ouvrier socialiste Pierre Degeyter mit en musique « L'Internationale ». Le 23 juillet de la même année, ce chant de lutte fut interprété, pour la première fois, par la chorale du Parti ouvrier français, au cours d'une sortie du Syndicat des marchands de journaux. En 1904, cette mélodie résonna au Congrès d'Amsterdam de la IIème Internationale. Dès lors, l'Internationale remporta succès sur succès. En 1910, cette musique devint l'hymne international de la Gauche. De 1917 à 1944, elle a même été l'hymne officiel de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques. L'U.R.S.S. avait, quant à elle, demandé au poète Arkady Yakovlevitsch Kots de réviser les paroles, pour les adapter aux réalités russes.

     

    Aujourd'hui, cette mélodie est un patrimoine de l'humanité, se baladant sur toutes les lèvres des militant-e-s socialistes, sociaux-démocrates, anarchistes, communistes, syndicalistes, indignés, révoltés, ... Même les étudiant-e-s manifestant sur la Place Tian'anmen contre la dictature chinoise, entonnent ce refrain. Cet air unit la grande famille de la gauche, dans la richesse de sa grande diversité. Ses paroles restent, elles aussi, encore d'actualité :  « Debout ! Les damnés de la terre ! Debout ! Les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère ; C'est l'éruption de la fin. Du passé faisons table rase ; Foule esclave, debout !  Debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! »

    1er Mai 2011 photo signée Alain Etienne.jpg