23/06/2008

Plan d’économies aux Hôpitaux universitaires de Genève

Intervention au Grand Conseil genevois sur la motion socialiste et verte intitulée « Pour que  plan d'économies "Victoria" des HUG ne devienne pas "Catastropha" » - Extrait du débat :

M. Christian Brunier (S). Mesdames et Messieurs les députés... (Brouhaha.) Il y a un peu de bruit, Madame la présidente !

La présidente. Un instant, Monsieur le député. (La présidente agite la cloche.)

M. Christian Brunier. Merci ! La dernière fois, le Parti libéral nous disait que le projet d'économies Victoria était indolore pour les HUG. Et, à nouveau, ce parti demande aux HUG de réaliser des exploits ! En effet, je vous rappelle que le programme Victoria, c'est 100 millions d'économies sur trois ans... 100 millions ! Et l'on nous dit que c'est indolore ! Qu'ils vont tenir facilement ! Mais c'est douloureux pour n'importe quelle entreprise, institution ou organisation de se voir couper 100 millions en trois ans ! Et ça l'est même pour les HUG, qui ont certes un budget important, puisque c'est une grande organisation.

Je vous le rappelle, l'année dernière c'étaient 30 millions en moins, avec comme conséquence la suppression aux HUG de 100 lits et de 160 postes de travail ! A l'heure où l'on se plaint que les urgences n'ont pas toujours les moyens d'agir rapidement et que, de plus en plus, l'humanisation des soins aux HUG se dégrade, on voit que 160 postes, ça compte.

Nous ne sommes pas contre les réformes; nous pensons que, comme toute institution, les HUG doivent se réformer régulièrement et s'adapter aux nouveaux besoins. Nous soutenons donc bien entendu un régime de réformes, mais nous mettons un certain nombre de conditions, pour que ces dernières soient menées à bien. Or, là, nous avons l'impression que ces conditions ne sont pas remplies. Mais quelles sont-elles ?

La première, c'est la communication. Il y a eu de graves erreurs de communication, et le directeur général des HUG les a reconnues; certains patients ont été informés au dernier moment et le personnel a parfois appris son destin à travers les journaux. De plus, on ne va pas refaire le débat qui a eu lieu la dernière fois, mais je vous rappelle qu'on a fermé l'institution du Petit-Beaulieu pour prétendument réaliser des économies, et que cela a créé de graves tensions. Des patients sont venus en commission nous dire que les malades souffrant d'alcoolisme sont maintenant envoyés en psychiatrie, qu'ils doivent donc se rendre hors de la cité et qu'ils se plaignent des conditions. Or le montant de cette économie s'élève à 140 000 F par année ! Et ce n'est même pas une économie, puisque c'est un loyer que les HUG payaient à l'Etat, qui est le subventionneur principal des HUG. Ce sont donc de fausses économies !

Donc, concernant la communication, le directeur général des HUG l'a reconnu, il y a eu des défauts; il essaie toutefois de les corriger, et c'est tant mieux, parce que c'était l'un de nos soucis principaux lorsqu'on a rédigé cette proposition de motion.

Le deuxième élément, c'est le manque d'implication des parties prenantes. En effet, une réforme fonctionne si vous impliquez les gens qui vont être les propres acteurs de leur réforme : le personnel - en première ligne, bien entendu - les associations de patients aussi et celles qui s'occupent de la santé. Il faut mettre les gens en mouvement pour que la réforme réussisse, autrement on va droit dans le mur. Or là il y a aussi eu un déficit de participation et de dialogue, et c'était également une des inquiétudes que nous avons exprimée à travers cette proposition de motion. Nous espérons donc qu'il va maintenant y avoir des correctifs.

Le troisième élément, et non le moindre, c'est qu'on travaille essentiellement sur des coupes budgétaires; il est clair qu'on peut couper à droite et à gauche de temps en temps, mais on réfléchit peu en matière d'optimisation des processus et de simplification des procédures, ce qui est, selon moi, dommageable. Une réforme doit avoir pour but avant tout d'améliorer les conditions, de simplifier et d'optimiser les choses, et à cela peuvent ensuite s'ajouter éventuellement des conséquences financières. Et lorsqu'on fait des réformes uniquement pour diminuer les coûts, on n'atteint en principe jamais l'objectif, parce que c'est démotivant pour les gens, qui, par conséquent, mettent souvent les pieds contre le mur. Nous avons donc envie de revoir les réformes différemment.

Le quatrième principe, c'est l'évaluation...

La présidente. Monsieur le député...

M. Christian Brunier. Je conclus, je conclus !

La présidente. Je veux juste vous rappeler que vous avez dépassé les trois minutes qui étaient à votre disposition et que vous mordez maintenant dans celles de votre groupe.

M. Christian Brunier. Alors je finis tout de suite ! Donc concernant l'évaluation, je crois que n'importe quelle réforme doit être évaluée pour qu'elle réussisse. Elle doit en outre être adaptée continuellement, car une réforme ne marche pas du premier coup. Or, là, nous avons vu qu'en matière d'évaluation de réformes il n'y avait pas grand-chose, et cela nous inquiète.

Le dernier point, c'est la diminution des prestations. Je crois que les Genevoises et les Genevois paient suffisamment de cotisations de caisse maladie pour bénéficier de soins dignes de ce nom, et là nous sommes aussi très inquiets.

Nous vous appelons donc à voter cette proposition de motion, pour donner aux HUG un signal clair et leur dire: «Continuez certes à réformer, mais dans d'autres conditions et avec d'autres moyens.»

 

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11/06/2008

Transparence sur les invitations à l’Euro 08 pour tuer les rumeurs

Je dépose cette interpellation urgente au Grand Conseil genevois :

 

 

La rumeur coure sur les invitations transmises par le Conseil d’Etat genevois et ses services pour assister aux rencontres de foot de l’Euro 08 au Stade de Genève.

 

 

Le seul remède pour combattre la rumeur est la transparence.

 

 

Dans cet esprit, le gouvernement genevois peut-il communiquer en toute transparence, au terme de l’Eurofoot, la liste nominative des invités de l’Etat de Genève aux matches s’étant déroulés au Stade de Genève ?

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Photo : Christian Brunier

 

 

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01/06/2008

Un p'tit jour de politique

Votations populaires en Suisse : l’UDC au fond des goals

 

 

Le peuple a donné enfin une leçon à l’outrance et à la démagogie de l’UDC.

 

 

Les Suisses et les Suisses ont dit un NON clair à :

 

  • l’initiative xénophobe de l’UDC sur la restriction de la naturalisation ;

     

  • la médecine à deux vitesses voulue par l’UDC ;

     

  • l’interdiction de s’exprimer du gouvernement lors de vote populaire proposée par une initiative de l’UDC.

     

 

Ouf, on respire mieux !

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Votons Maria Soledad Vela

 

 

Maria Soledad Vela est une parlementaire équatorienne demandant l’instauration, dans la Constitution , du droit à l’épanouissement sexuel. La politique étant là pour tenter de rendre heureux le plus grand nombre de personnes, ce droit me semble bien élémentaire. La future Assemblée constituante genevoise devra s’inspirer de cette belle idée.

 

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29/05/2008

Ma réponse aux anonymes qui réagissent sur l’école

A part Monsieur Dumitrescu, avec qui j’ai peu d’affinités politiques, mais qui ose s’exprimer en transparence, la plupart de mes détracteurs prennent des pseudos ou de faux noms.

 

 

J’aime le débat et la contradiction. Me bats pour la liberté, dont celle de mes opposants, ayant toujours été un militant acharné des droits de la personne et de la liberté d’expression. Par contre, j’ai beaucoup de mépris pour les lâches qui se cachent derrière leur hypocrisie pour cracher leur venin de haine. Ces corbeaux insultants n’amènent rien à l’enrichissement de la démocratie par le débat.

 

 

Je rappelle à mes détracteurs anonymes, qu’il n’y a pas de corrélation entre les problèmes scolaires et l’étiquette d’étranger non francophone. Ce n’est pas une analyse politique ou idéologique, juste une lecture objective des statistiques. La seule corrélation que l’on peut établir est un lien entre l’origine socioculturelle et les difficultés scolaires. Eh oui, plus vous naissez dans une famille pauvre, plus vous risquez de connaître un parcours scolaire chaotique. Nous n’avons pas besoin d’être des éminents pédagogues pour comprendre ce phénomène.

 

 

De ce fait, si Hugues Hiltpold veut contribuer à la lutte contre l’échec scolaire, il doit combattre la pauvreté qui se développe de manière inquiétante, s’opposer à l’aménagement de ghettos sociaux dans certains quartiers et renforcer le soutien aux élèves en difficulté.

 

 

Stigmatiser les enfants étrangers ne sème que la xénophobie et la haine et ne résout aucun problème.

 

 

Je connais bien Hugues et l’apprécie. J’espère que la meilleure connaissance du dossier éducatif - qu’il connaît peu - lui permettra de revenir à des positions plus pragmatiques. Je sais que certains radicaux vont l’aider à appréhender ce dossier complexe avec davantage de sérénité et d’objectivité.

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18:26 Publié dans Politique | Tags : école | Lien permanent | Commentaires (4)

25/05/2008

Il faut combattre l’homophobie

 

En tant que député au Grand Conseil genevois, je soutiens deux projets contre l’homophobie initiés par Ariane Reverdin (Libérale), Pablo Garcia (PS), Didier Bonny (PDC) et Andreas Meister (Les Verts).

 

 

La motion demande au Conseil d’Etat :

 

-          à aborder le thème de la lutte contre l'homophobie et d'une meilleure acceptation de la diversité sexuelle et d'identité de genre en s’associant, en collaboration avec les autorités politiques municipales, à un colloque ou à des d'assises,

 

-          à mener, plus généralement, une politique active de lutte contre de l'homophobie, au même titre que la lutte contre toutes les autres formes d'intolérance et de discriminations, à tous les échelons de sa politique, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’information,

 

-          à encourager les initiatives contribuant à la lutte contre l'homophobie menées par les associations genevoises,

 

-          à promouvoir auprès des entreprises la Charte de la diversité en entreprise émanant des associations dans le monde du travail (discriminations à l’embauche / mobbing).

 

 

La résolution demande à l’Assemblée fédérale

 

-          de modifier l’article 8 alinéa 2 de la Constitution fédérale en l’amendant de la manière suivante : « Nul ne doit subir de discrimination du fait notamment de son origine, de sa race, de son sexe, de son orientation sexuelle, de son âge, de sa langue, de sa situation sociale, de son mode de vie, de ses convictions religieuses, philosophiques ou politiques ni du fait d’une déficience corporelle, mentale ou psychique »

 

-          de modifier l’article 261bis du Code pénal suisse en l’amendant de la manière suivante : « Celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique, religieuse ou de leur orientation sexuelle;

 

-          celui qui, publiquement, aura propagé une idéologie visant à rabaisser ou à dénigrer de façon systématique les membres d’une race, d’une ethnie, d’une religion ou des personnes en raison de leur orientation sexuelle;

 

-          celui qui, dans le même dessein, aura organisé ou encouragé des actions de propagande ou y aura pris part;

 

-          celui qui aura publiquement, par la parole, l’écriture, l’image, le geste, par des voies de fait ou de toute autre manière, abaissé ou discriminé d’une façon qui porte atteinte à la dignité humaine une personne ou un groupe de personnes en raison de leur race, de leur appartenance ethnique, de leur religion ou de leur orientation sexuelle qui, pour la même raison, niera, minimisera grossièrement ou cherchera à justifier un génocide ou d’autres crimes contre l’humanité;

 

-          celui qui aura refusé à une personne ou à un groupe de personnes, en raison de leur appartenance raciale, ethnique, religieuse ou de leur orientation sexuelle une prestation destinée à l’usage public,

 

-          sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire ».

 

13:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

20/05/2008

Un p'tit jour de politique : 20 mai 2008

Popularité du gouvernement français : la chute finale ?

 

 

Expliquant la dégringolade de popularité de l’équipe à Sarkozy, le Ministre français Xavier Bertrand a déclaré au Figaro : « Nous n’avons pas été élus pour être à 70 % dans les sondages. » Voici enfin un engagement complètement tenu !

 

 

Soutien à ACOR SOS Racisme

 

 

Depuis sa création en 1995, ACOR SOS Racisme apporte son soutien aux victimes de toutes les formes du racisme et assure une information indispensable à la connaissance et à la prévention. Les pouvoirs publics ont régulièrement soutenu son travail. Un vent mauvais souffle-t-il sur ce pays ? Ce soutien lui sera-t-il retiré aujourd’hui ?

 

 

Conscient de l’aggravation du racisme et de la xénophobie et convaincu de l’importance qui doit être accordée à sa prévention, je signe un appel appelant les Autorités à poursuivre leur soutien aux activités indispensables d’ACOR SOS Racisme.

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13:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

29/04/2008

GENEVOISERIES !

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EMS : La volonté populaire bafouée

 

 

Le peuple de Genève a voté, il y quelques mois, en faveur d’une initiative qui devait renforcer les prestations au sein des EMS (établissements médicaux-sociaux) en accordant 60 MCHF supplémentaires à ces institutions, qui accueillent des personnes de plus en plus âgées, requérant des soins de plus en plus aigus. Malgré le score sans appel de ce vote, la majorité parlementaire de droite refuse d’accorder ces moyens en sus, s’étant limité à ne rallonger la subvention annuelle que de 5 MCHF, après une pression musclée menée par les syndicats et le Parti socialiste.

 

 

Lors de la dernière session du Grand Conseil genevois, le PS, par la voix d’Alain Charbonnier et de moi-même, est revenu à la charge pour augmenter le soutien de 15 MCHF.

 

 

Sans succès, la droite, l’extrême-droite, le MCG et les Verts ont balayé notre motion, au mépris totale du vote populaire.

 

 

Large soutien contre les caisses maladie

 

 

Les Genevoises et les Genevois sont volés par les assurances maladie depuis des années. Selon les calculs du Conseil d’Etat genevois, nos cotisations devraient baisser d’au moins 10 pourcents. A ceci s’ajoute une baisse des coûts de la santé à Genève de 2,2 %. Pourtant, les cotisations, au 1er janvier dernier, n’ont diminué que de 0,9 % pour les adultes, de 0,6 % pour les jeunes et de 4,9 % pour les enfants. On est bien loin des diminutions dont la population genevoise a droit. Ce scandale s’amplifie quand on sait que les caisses ont des réserves illégales, dépassant en moyenne de 69 % le seuil recommandé par l’Office fédéral de la santé. Pour fixer les cotisations, les caisses maladie surestiment les dépenses à venir. Le PS et les Verts ont déposé une résolution demandant une diminution d’au moins 5 %, des cotisations, tandis que le MCG proposait une motion contre les réserves excessives. Je suis intervenu, avec Brigitte Schneider-Bidaux et Alain Charbonnier, pour défendre le projet PS-Verts, mais aussi pour soutenir la motion du MCG. Malgré nos oppositions politiques, tout le monde politique doit s’unir pour soutenir les assuré-e-s genevois-es. La droite et l’UDC ont résisté, dans un premier temps, voulant renvoyer ces projets en commission, une belle façon de botter en touche. Finalement, après nos appels à l’unité, après un discours rassembleur du ministre Pierre-François Unger et après l’ouverture du Parti radical, un large consensus s’est dégagé. Le projet PS-Verts remporte 82 oui, 3 abstentions et aucun non. Tant mieux, Genève sera un peu plus forte pour lutter contre l’arrogance et la puissance de la majorité des caisses maladie.

 

 

L’Hospice général doit devenir un vrai service de l’Etat

 

 

Les député-e-s socialistes genevois-es - Anne Emery-Torracinta, Christian Brunier, Alain Etienne, Gabrielle Falquet, Laurence Fehlmann Rielle, Pablo Garcia, François Thion, Roger Deneys, Elisabeth Chatelain, Virginie Keller et Alain Charbonnier – déposent un projet de loi pour transformer l’Hospice général en un service de l’Etat.

 

 

Autant les établissements publics autonomes peuvent apporter de la valeur ajoutée dans une série de prestations et de domaines publics, autant les prestations offertes par l’Hospice général – soit l’assistance sociale de base – est un domaine inhérent à l’Etat. L’autonomisation de ces prestations n’apporte aucun avantage.

 

 

En 2004, puis 2005, la commission de contrôle de gestion du Grand Conseil genevois s’est intéressée à l’Hospice général (RD 531-I, puis RD 599), reconnaissant « la faiblesse de son autonomie de gestion » et demandant au département d’« étudier de manière approfondie non seulement l’option d’un renforcement de la gouvernance de l’institution, mais également l’option consistant à faire de l’HG un service intégré au DASS »

 

 

Passons à l’action !

 

 

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24/04/2008

Débat au Grand Conseil genevois ouvrant un crédit de CHF 6'046'000 destiné à financer un système d'imagerie vidéo de la police

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Mon intervention orale :

 

 

M. Christian Brunier (S). Mesdames et Messieurs les député-e-s, la vidéosurveillance et tout ce qui tourne autour sont des sujets éminemment délicats, qu'il faut traiter avec mesure. Je vais peut-être me mettre tout le monde à dos, mais, comme on est plus ou moins au milieu du débat, c'est peut-être l'heure de la synthèse.

 

 

Si je résume ce qui a été exprimé, j'ai entendu des gens dire que, si l'on ne votait pas tout de suite ce projet de loi, Genève se retrouverait dans une situation de totale insécurité. Le MCG a dit que c'était un projet qui pouvait sauver Genève de l'insécurité. J'ai aussi entendu, à gauche, des gens qui disaient que ce projet marquait le début d'un Etat policier. Cela m'a inquiété, car j'avais l'impression de m'être trompé de projet de loi ! J'ai donc sauté sur ce dernier pour contrôler son contenu. Mesdames et Messieurs les députés, nous sommes en train de débattre au sujet de huit sites qui seraient surveillés par des caméras: cela n'assurera pas la pleine sécurité de Genève et, inversement, cela ne signifiera pas que l'on instaure un Etat policier à Genève ! Donc, il faudrait peut-être raison garder le sens de la mesure !

 

 

On doit parler de principes, ils sont importants, mais ce n'est pas rendre service aux Genevois que d'exagérer, tant sur la sécurité qu'on pourra offrir, que sur l'Etat policier qu'on risque d'instaurer. Je dis que nous sommes dans un débat difficile, parce qu'il faut trouver le juste équilibre entre sécurité et liberté. Ce n'est pas évident, c'est un peu comme la notion d'efficacité. J'ai entendu des personnes dire que les caméras étaient efficaces à 100% et d'autres dire que ce n'était pas efficace...

 

 

Si l'on étudie le sujet et que l'on regarde ce qui s'est passé dans les villes ayant mis en place une surveillance vidéo, la situation n'est ni entièrement en blanc ni en noir, c'est gris foncé ou gris clair. Oui, la sécurité est assurée, mais on sait que dans certaines villes qui ont abusé de ce type de dispositifs, cela a plutôt contribué à instaurer un sentiment d'insécurité excessif. Dans certaines villes des Etats-Unis, on enlève maintenant les caméras, parce qu'on a constaté qu'en les installant partout on effraie les gens ! Qui en déduisent que l'insécurité doit être vraiment terrible, puisqu'il a des caméras partout. Là aussi, il faut trouver la juste mesure !

 

 

Ce qui me gêne dans tout ce débat, ce n'est pas de savoir si l'on va installer cinq, huit ou dix caméras, c'est surtout l'utilisation que l'on pourra faire des images, selon les emplacements surveillés ! Nous avons une promesse orale du Conseil d'Etat qui nous dit qu'une législation existe pour ce qui est de la protection des données et de la défense de la sphère privée. De plus, des lois complémentaires seront proposées. Néanmoins, les villes ayant installé des caméras et réussi à préserver les libertés sont allées bien plus loin. On n'a pas besoin de se rendre à des milliers de kilomètres pour avoir des exemples.

 

 

Prenons celui de Lyon - la loi française est assez stricte en matière de protection des données, de l'image et de la personnalité. Néanmoins, Lyon, qui a installé un certain nombre de caméras, de manière relativement modérée et réfléchie, a établi, en plus de toute la législation existante, un code éthique de huit pages. C'est un code éthique qui va beaucoup plus loin que la législation déjà en place et dont le but est d'assurer réellement les libertés ! Un travail colossal a été accompli pour envisager tous les cas de figures, un gros travail a notamment été réalisé en ce qui concerne le cryptage des images. A Lyon, ils ont également travaillé sur les possibilités de non-modification des images - on sait qu'il existe malheureusement des possibilités de truquer une image - et je ne suis pas sûr que cette question soit prise en compte dans la législation genevoise. Lyon a fait cet effort, et je pense qu'il faut partir dans cette dynamique.

 

 

Certains d'entre nous ont cité les TPG, exemple local de mise en place de la vidéosurveillance. Le conseil d'administration était composé de personnes de droite et de gauche, qui ont travaillé ensemble - à l'époque, je faisais partie de ce conseil d'administration - et qui sont allées plus loin que la législation existante. Nous avons aussi établi des règles éthiques sur la conservation des images : qui a le droit de les regarder, combien de temps on les conserve, etc. On a donc été bien plus loin que la législation !

 

 

Je vous rappelle aussi qu'à Montréal, ville qui a une longue expérience des caméras de surveillance, la commission d'accès à l'information vient de rendre un rapport affolant dans lequel des gros problèmes sont relevés. La ville a fait enlever des caméras et une vingtaine de règles ont été établies en urgence pour préserver la sphère privée, des caméras filmaient notamment chez les gens, ce qui était inacceptable ! Ils ont donc fait marche arrière. Ils avaient cru que ces caméras permettraient d'améliorer la sécurité, mais, finalement, cela dérange plutôt les citoyens ! Il faut donc trouver le sens de la mesure. L'exemple le plus inquiétant est celui de Sherwood, ville du Canada, qui vient de faire un essai. Au terme de ce dernier, Sherwood a complètement renoncé à installer des caméras de surveillance. La vidéosurveillance n'a eu aucun effet sur la sécurité et, en plus, elle pose de gros problèmes en termes de respect des libertés individuelles.

 

 

Tout n'est donc pas tout noir ou tout blanc, et il faut faire très attention ! Nous devons travailler sur les règles d'éthique, or on fait tout à l'envers. Le gouvernement nous a donné des engagements et on est quand même en train de placer les caméras, avant d'avoir défini les règles éthiques ! Malgré les promesses du gouvernement, cela ne nous paraît pas acceptable !

 

 

Finalement - et c'est pourquoi je voterai contre ce projet ce soir - l'ajournement aurait été une très sage décision. On aurait pu procéder très rapidement, afin de remettre la priorité sur la définition de règles éthiques, mais la majorité d'entre vous ne l'a pas voulu. Je vous rappelle quand même que nous allons engager 5 millions de francs. Peut-être obtiendrions-nous plus d'efficacité si ces 5 millions étaient affectés à la protection humaine du territoire, c'est-à-dire en procédant à l'engagement de policiers supplémentaires.

 

 

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