Voyage - Page 3

  • Les bouffes parisiennes

    L’Ambassade d’Auvergne

     

    Si tu rêves de vivre, en tant qu’expérience personnelle, ce que ressent une oie lors du gavage, mais avec un plaisir immense en boni, rends-toi à l’Ambassade d’Auvergne, 22, rue du Grenier-Saint-Lazare, dans le 3ème arrondissement de Paris.

     

    Dans un cadre designé campagnard, tu plonges dans l’Auvergne, alors que tu es au centre de la capitale française. L’apéro est déjà typique, toutes les spécialités alcoolisées du coin figurant sur la carte. J’essaie le pastis à la verveine. Fou d’anisettes et de tisanes, j’apprécie forcément. Déjà là, tu ne te méfies pas, mais on t’apporte une petite terrine de porc pour accompagner ton premier verre et quelques amuse-gueules au fromage et au lard.

     

    Comme dans les maisons closes, ici, le cochon est à tous les étages … de la carte.

     

    La livraison en gros arrive. Nous commençons par une salade tiède de lentilles vertes du Puy à la moutarde. Excellente, originale, mais en bonne quantité. Puis, le Millefeuille de chou farci survient. C’est immense ! Pour bien colmater, ce plat est accompagné d’une purée de patates avec beaucoup de tomme fondue et d’ail. Le serveur s’amuse à la mélanger en étirant la purée fromagée en l’air, comme s’il dévorait une fondue aux fromages géante.

     

    Toutes ces spécialités auvergnâtes sont originales et succulentes. Les quantités sont juste affolantes.

     

    Le dessert est avancé. J’ai choisi une pompe aux coings caramélisés. Ariane prend une mousse au chocolat de top niveau. Après avoir rempli abondamment son assiette, le serveur laisse évidemment le plat de mousse au chocolat sur la table pour nous servir à volonté, des fois qu’on ait encore un p’tit creux.

     

    Bien entendu, avec le café, nous retrouvons quelques petits chocolats, preuve de cette cuisine généreuse, à l’image du personnel de ce sympathique endroit.

     

    Un resto à conseiller aux goinfres et affamés … mais aussi aux gastronomes aimant les établissements où la chaleur humaine n’est pas laissée au vestiaire.

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  • Un petit air de fado …

    5 novembre 2009 … Voyage, voyage ! 4 h. du mat debout. 5 h. Aéroport de Genève. EasyJet recule notre vol pour Lisbonne d’une dizaine d’heures. Le premier qui me reparle du haut niveau des relations-clients des entreprises privées, je lui fais bouffer sa bible d’archéo-libéralisme.

     

    Avec 10 heures de retard et une grosse quantité d’énervement, nous nous envolons pour Lisbonne. Petit apéro dans l’avion pour se calmer et pour prendre du plaisir – accompagné d’un rosé du Gard.

     

    Nous arrivons dans la capitale portugaise avec la nuit. Nous descendons dans un hôtel agréable : l’Hôtel Aviz. Maria Callas, Ava Gardner, Catherine Deneuve et Frank Sinatra y sont descendus. Proche du centre-ville, ce lieu est raffiné, sans être snob.

     

    Nous posons nos valises et repartons sans plus attendre à la rencontre d'une collègue d’Ariane, qui visite aussi Lisbonne en amoureuse avec son mari. Après un apéritif pris sur une terrasse de la vieille-ville, nous allons dîner dans un bistrot hyper typique « Adega de S.Roque ». Le resto est hyper kitch. Son plafond est couvert de drapeaux de clubs de foot. Les murs sont des patchworks mélangeant un grand nombre d’images de foot, avec des photos d’artistes, un masque africain, divers grigris, un cliché de Jésus, etc. La bouffe est correcte, mais très authentique. Comme le vin de la maison d’ailleurs. Je mange du veau au porto avec une tonne d’ail.

     

    Noud nous baladons dans ces quartiers très vivants. Nous arpentons particulièrement le quartier de Bairro Alto, le Quartier du haut. Il est un mélange de commercial et de résidentiel, réputé pour être un centre névralgique du divertissement et de la fiesta. Malgré que l’on soit en novembre, le climat reste vachement clément. Il y a même un concert en plein air très sympa.

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    Photo : Christian Brunier

     

    Bélem, le quartier de l’art contemporain et des pâtisseries

     

    Allongé au bord du Tage, Bélem est un quartier de Lisbonne célèbre pour ses musées, son bord de l’eau, ses bistrots et surtout … ses pâtisseries délicieuses.

     

    Après la visite du Musée d’art contemporain, déjeuner au resto « Floresta de Bélem ». La cuisine est familiale, simple, de bonne qualité et très bon marché. Nous y dégustons un poulet, sentant bon les herbes et l’ail. La terrasse est toujours ouverte, malgré que l’on vive en novembre. Nous buvons un excellent vin « Vinha Grande », originaire de Douro. Très alcoolisé, nous sentons tout de même bien les fruits rouges, la fraise et les mûres, avec une pointe de poivre noir.

     

    Arrêt obligatoire à Antigua Confeitaria de Bélem. C’est une institution lisboète. Une illustre pâtisserie, qui, depuis un siècle, te sert les pastéis de Bélem, petit gâteau en feuilles de brique, bourrée de crème brûlée, servi chaud et saupoudré de cannelle.

    Un petit air de Buenos Aires

     

    Au centre de Lisbonne, retrouvez un petit air de Buenos Aires à « El Ultimo Tango », Rua Diaro de Noticias 62. On se rend dans ce haut lieu du tango, pour savourer des bouts de bidoches succulents venant directement d’Argentine. Spécialiste des grillades et de la parillada, assortiment de viandes et de saucisses, ce resto a la réputation de combler les ogres.

     

    Jazz au Hot club du Portugal

     

    Le Hot Club du Portugal est le plus vieux et plus célèbre club de jazz du Portugal. Se trouvant dans une cave du quartier animé de Bairro Alto, sis Rua da Bica Duarte Belo 38, cette Mecque du jazz accueille, depuis 1948, autant des révélations locales que des stars internationales. Ce club a été fondé par Luis Villa Boas, la référence du jazz portugais. Depuis les années 90, ce lieu possède également une excellente école de jazz.

     

    Nous allons écouter André Fernandes et son groupe. Du jazz assez moderne et de bonne qualité.

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    Le vin portugais à découvrir

     

    Le Portugal compte plus d’une trentaine de régions viticoles ayant une appellation d’origine. Durant l’Antiquité, la viticulture a été implantée au Portugal les Phéniciens, les Carthaginois, les Grecs et les Romains. Sympas !

     

    Aux quatre coins du Portugal, on produit une gamme très variée de vins. Plusieurs nectars liquoreux sont très réputés tels que le Madère ou le Porto. N’oublions pas le Moscatel de Setúbal. Le vin vert « Vinho verde », pétillant, à faible teneur d’alcool, est à boire frais.

     

    Les pinards sont regroupés dans 4 grandes catégories normées : D.O.C., I.P.R, Vinhos Regionais et Vinhos de Mesa. Les deux premières catégories répondent aux exigences de la Législation européenne V.Q.P.R.D., soit : Vin de Qualité Produit en Région Déterminée.

    Les DOC désignent les vins portugais de haute qualité, démontrant des caractéristiques uniques liées à des terroirs déterminés.

     

    Les grands crus DOC grandissent principalement dans les régions de Porto, Douro, Bucelas, Palmela, Alentejo, Dão, Bairrada, Algarve, Setúbal, Ribatejo, Madeira (Madère), Pico, Colares et Carcavelos.

    Le porto descend bien

     

    Comme dit mon ami Robert Cramer : « Le porto, ce n’est pas ce que je préfère. Mais, là-bas (au Portugal), ça descend bien. »

     

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    Photo : Christian Brunier

     

    Le fado peut aussi être joyeux et engagé

     

    Dès que la nuit s’installe, les Portugais accordent les guitares, chauffent les voix pour entonner un fado. Chant et danse populaires portugais, souvent sensuels et dédiés principalement à l’amour. La musique de la Cour du Portugal, des rythmes syncopés africains, des airs maures et des harmonies arabo-andalouses ont été passés au shaker pour donner naissance au fado. Ce genre musical a été forgé dans les quartiers historiques de Lisbonne : Mouraria, Madragoa, Alfama et Bairro Alto.

     

    En 1939, lors de la prise du pouvoir du dictateur Salazar, le fado fut interdit, jugé trop libre et subversif. Puis, réhabilité sous la pression populaire, il fut même manipulé pour promouvoir le régime fasciste en place. Mais, comme dit Mahado Soarés, chef de file de l’école de Coimbra (l’école de fado alliant la poésie au folk campagnard), le fado, hymne de liberté, « a préparé la Révolution d’avril 1974 » (la révolution socialiste et démocratique des Œillets). Chanté, te prenant aux tripes, il raconte fréquemment la vie des quartiers, les histoires de fête, les aventures de la vie nocturne et les amours tumultueux, scènes que José Malhoa, le peintre du fado, a immortalisées sur ses toiles.

    Le Musée du fado

     

    Nous visitons, dans le quartier populaire d’Alfama, le Musée du fado de la capitale portugaise. Une maison consacrée à l’histoire de cette musique née dans les rues de Lisbonne et appartenant à son peuple. Face à l’Eglise rigide, face à la dictature, face à la censure, face aux tueurs de plaisirs, le fado a été l’étendard de la liberté.

     

    Le fado du Café Luso

     

    A Lisbonne, on dit que si un touriste veut provoquer l’hilarité d’un-e Portugais-e, il lui suffit de demander conseil pour trouver un spectacle de fado peu touristique.

     

    Nous nous engouffrons donc dans l’une de ces réserves à touristes pour un dîner-spectacle : le célèbre Café Luso. Se trouvant dans le Bairro Alto, nous entrons dans une ancienne cave et écurie d’un palais du XIIème siècle. La salle est dominée par de majestueuse voûte de pierre. La bouffe est très moyenne. Le vin – de l’Evel Douro – est honnête. Le spectacle est de bonne qualité, alternant plusieurs artistes très différents. Défilent un groupe folklorique, un trio de guitaristes de bon niveau, deux chanteurs et deux chanteuses.

     

    Nous poursuivons la soirée dans un bar à jazz voisin.

     

    Cervejaria Trinidade, une bonne étape des petits gastronomes

     

    Au cœur de la haute-ville à Lisbonne, un lieu pour manger à ne pas louper, même si le pas de porte n’est pas des plus relisants. : Cervejaria Trinidade, Rua Nova da Trinidade 20C.

     

    En entrée, nous dégustons deux excellents produits : le fromage de petites chèvres mariné dans une olivade et un jambon affiné durant deux ans, provenant de porcs élevés dans la nature et nourris avec des glands. Nous enchaînons avec une belle pièce de bœuf. Pour le dessert, nous sélectionnons une crème au chocolat Balthazar et un lait de poule du Cardinal (jaunes d’œufs et crémeux, bien sucrés, garnis d’amandes et de cannelle). Après le café, nous buvons une gingha, liqueur de cerise très réputée au Portugal.

     

    Pour accompagner cette bonne pitance, nous buvons un vin rouge Marquès de Borba d’Alentejo et je goûte une bière rousse artisanale.

     

  • 2 jours de voyage pour rentrer

    Le 5 mars au matin, nous prenons la route pour aller de Montevideo à Colonia, toujours en Uruguay. Les déplacements en voiture sont très cool, ici. Peu de véhicules circulent sur les routes uruguayennes et les conducteur-trice-s sont souvent très détendu-e-s, ce qui contraste avec Buenos Aires où beaucoup confondent la rue avec un circuit automobile, sans règles.

     

    Nous visitons Colonia. Sa vieille-ville, relativement petite, fondée par les Portugais en 1680, figure dans la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Son paysage urbain est préservé. Elle est considérée comme une fusion particulièrement réussie des styles portugais et espagnol.

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    Photo : Christian Brunier

    Traversée en bateau vers Buenos Aires. Dîner dans un resto italien. Départ pour l’aéroport.

     

    L’embarquement est calamiteux. Bien qu’étant arrivés deux heures avant, nous attendons près d’une heure pour enregistrer nos bagages. La désorganisation chez Iberia semble être un critère différenciateur. Habituellement, et d’ailleurs lors des trois vols que nous avons effectués durant notre voyage en Amérique du Sud, le poids de nos bagages est calculé sur nos deux valises cumulées. Là, ils les différencient et nous font payer 69.- US Dollars pour un supplément de 4 kilos sur une valise, alors que les deux bagages considérés globalement sont dans la norme autorisée. Puis, au passage de la douane, on nous réclame une nouvelle taxe d’usage de l’aéroport. Pourtant, on avait payé notre voyage en avion toutes taxes comprises. Je ne vous parle pas de l’entrée dans l’avion. Un désastre ! Une organisation digne des meilleurs moments de l’Union soviétique. L’avion Buenos-Aires/Madrid part avec près d’une heure 30 de retard. Le service à bord est pratiquement inexistant. Ariane a perdu ou s’est fait voler son téléphone portable. C’est la totale !

     

    Alors que le vol  dure près de 12 heures, on nous sert le petit-déj au bout de 11 heures. La-men-ta-ble, soit vers 13 h. 30 heure locale !

     

    L’atterrissage est mouvementé, les vents secouant l’avion comme une bouteille d’Orangina. L’enfant français à côté de moi, un jeune garçon très gentil ayant effectué un stage de foot en Argentine, vomit. Nous nous en occupons, celui-ci étant éloigné de son groupe et les hôtesses étant toujours adepte de l’inefficacité.

     

    En arrivant à Madrid, on nous informe, après avoir tiré les vers du nez au personnel de bord, que nous n’arriverons certainement pas à prendre  notre correspondance pour Genève. On tente tout de même le coup, ayant un quart d’heure devant nous. Ces quinze minutes semblent dérisoires face au gigantisme de cet aéroport. Nous courrons …

     

    Obstacle supplémentaire. Un douanier, ayant oublié la fin de  la dictature franquiste, abuse de son petit pouvoir et importune les personnes qu’il contrôle, dont nous bien évidemment. Ariane me calme, me sentant très tendu dans mes rapports avec ou plutôt contre le contrôleur fascisant.

     

    Nous arrivons finalement à prendre facilement notre connexion avec Genève, puisque, là encore, l’avion d’Iberia a deux heures de retard.

     

    Genève, les Brunier sont de retour …

     

  • Singin’in the Rain

    Journée pluvieuse à Montevideo. Nous passons un peu de temps à l’hôtel et visitons deux musées.

     

    Le Musée d’Histoire et d’Art rassemble beaucoup de copies du Louvre. Nous sentons que ce musée a peu de moyens.

     

    Visiblement, les Uruguayens sont peu ouverts à la culture. Personne sait où se trouve ce musée, pourtant l’un des principaux de la ville.

     

    Nous visitons aussi le Musée de Joaquin Torres Garcia, le chef de file du Mouvement artistique constructiviste d’Uruguay. Il a  été partie prenante de l’aventure avant-gardiste de la peinture.

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    Nous allons souper dans un super resto de la cité : Le Tandory, sis Dr J. Scoseria 2547. Centré sur la cuisine du monde, il allie des plats de toutes origines avec un petit rappel de gastronomie indienne. Par exemple, je mange des empanadas avec une viande épicée à l’indienne, puis un plat arabe parfumé aux assaisonnements indiens. Nous accompagnons notre repas d’un très bon Cabernet-Sauvignon argentin, les pinards uruguayens étant souvent très décevants. La musique est géniale. Nous demandons à une serveuse de nous donner les coordonnées de cette chanteuse reprenant les succès de « Police » et de Sting avec une musicalité redoutable. Il s’agit de Miah Bernard (une découverte pour nous). Son album s’intitule « Miah Loves The Police » et est produit par Warner Music Argentine.

     

    Les vacances sont bientôt terminées. Elles passent trop vite, même si mes enfants me manquent.

  • Direction Montevideo ! Délire à Cuba !

    Après une journée consacrée à des vacances balnéaires et aux coups de soleil, nous prenons la route pour nous rendre à Montevideo.

     

    Note de lecture : J’ai été étonné de voir que nous étions les seuls sur la plage à lire. Les autres n’avaient aucun livre, se bornant à la contemplation, à l’engueulade ou à joujou avec le chien.

     

    Montevideo est la capitale, le principal port et la plus grande ville d'Uruguay. C'est la seule ville du pays ayant plus d'un million d'habitants. Montevideo est la capitale la plus australe du continent américain.

     

    Le Maire de Montevideo – Ricardo Ehrlich - émane d’une coalition de gauche « Frente Amplio », réunissant principalement les socialistes, les communistes et les démocrates-chrétiens. Il est une ancienne victime de la dictature. Après son emprisonnement de 1972 à 1974 pour ses idées, il a fuit en Argentine, puis en France. Dans l’Hexagone, il a travaillé comme chercheur au CNRS. En mai 2005,  il a battu pour la Mairie de la capitale uruguayenne, Pedro Bordaberry, le fils du dictateur qui l’avait emprisonné. Une belle revanche de la liberté !

     

    Nous déjeunons au « Wine bar l’Amore ». Nous retrouvons enfin une nourriture digne de ce nom. A Piriapolis, nous avons toujours mal mangé et bu du vin uruguayen pas terrible. Hier soir, j’ai même trouvé deux mouches dans l’huile au piment en recherchant les grains de poivre noir. Halloween !

     

    Nous descendons au Radisson Hôtel. Nous logons au 18ème étage de l’établissement avec vue sur le port.

     

    Passage à la piscine.

     

    J’apprends qu’à Cuba, Raul Castro a dégommé plusieurs ministres, dont celui des Affaires étrangères, Felipe Pérez Roque. J’ai rencontré à deux reprises ce jeune leader cubain, en tant que responsable socialiste genevois. Cette éviction est une bêtise incommensurable, car Felipe alliait respect des aspirations révolutionnaires avec ouverture sur le monde et progrès pour Cuba. Il était un réel moteur de changement. Il incarnait la modernité de la Révolution cubaine. Homme plein d’humour et stratège politique, nous avions fait la fête dans un grand hôtel de Genève en dégustant un rhum cubain excellent émanant directement de la valise diplomatique. Il savait marier le socialisme avec l’idéologie épicurienne, ce qui valorisait encore davantage sa faculté à accompagner Cuba vers un meilleur destin.

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