15/09/2010

Un Tribunal de la famille pour le bien-être des enfants et des parents

« Le cœur d’un enfant, c’est grand.

L’amour s’y déverse en cascade. »

Michel Jonasz

 

La société a changé profondément durant ces dernières décennies. Les êtres humains étant plus libres de leur destin et la longévité étant beaucoup plus longue, il est fréquent de voir des couples se séparer et divorcer, choisissant un nouveau parcours de vie davantage en accord avec leurs envies, leurs aspirations et leurs amours. Entre 1969 et 2006, le nombre de mariages pour 1’000 habitants a passé de 8,2 à 6,2 dans le canton de Genève. Dans le même temps, le nombre de divorces pour 1’000 habitants a passé de 1,8 à 3,0.

 

Pourtant, les procédures de séparation et de divorce ne tiennent pas compte de cette évolution de la société. Elles  restent très juridiques, engendrent beaucoup d’affrontements et de tensions dans les familles concernées et sont très douloureuses, particulièrement pour les enfants. Trop souvent, les avocats s’affrontent, les parents se disputent et les juges tranchent. Les décisions aboutissent fréquemment à des situations déséquilibrées pour les enfants et les parents, et coûteuses pour l’ensemble de la société. En Suisse, près de 18'000 enfants n’ont plus aucun contact avec leur père ou parfois leur mère. A ceci s’ajoute près de 80'000 enfants n’ayant plus un contact régulier avec l’un de leurs parents 

 

Or des solutions existent pour instaurer une pratique focalisée sur le bien-être et l’intérêt des familles et des enfants. Des bonnes pratiques ont été testées en Suisse, en Europe et dans le monde. Il suffirait de s’en inspirer pour les rendre contagieuses.

 

L’exemple de Cochem en Allemagne

 

Depuis plus de 15 ans, une coopération a été créée dans l’arrondissement de Cochem entre les Autorités judiciaires, l’Ordre de avocats, les Services de la protection des mineurs et les services spécialisés dans l’aide aux familles pour amener les parents en conflit à trouver des solutions à l’amiable, répondant aux besoins des enfants. L’utilisation des méthodes de résolution des conflits et la médiation sont les clés de ces procédures plus souples, beaucoup plus rapides et axées sur le bon sens et l’humain. Les institutions ne sont là que pour encourager les parents à assumer pleinement leur responsabilité parentale conjointe.

 

Dans cette région allemande, le tribunal axé sur la famille agit très rapidement, le temps pourrissant souvent les conflits et générant de graves incertitudes, spécialement pour les enfants. Dès qu’une séparation ou un divorce est demandé, une audience a lieu dans les 3 à 4 semaines, pour adopter les premières mesures protégeant les enfants et évitant les ruptures de dialogue entre la mère et le père. Un-e travailleur-euse social-e assiste à cette rencontre et prend en charge le dossier pour faciliter les contacts et les prises de décision.

 

Grâce à ce travail interdisciplinaire, le destin des enfants est mieux protégé et les heurts entre les parents diminuent de façon spectaculaire. On trouve dans de ce réseau de compétences spécialisées, à disposition des parents, des juristes, des psychologues, des travailleur-euse-s sociaux-ales et des médiateur-trice-s.

 

Si les parents ne trouvent pas rapidement un accord, les juges peuvent imposer l’intervention d’un-e de ces facilitateur-trice-s. Ils fixent aussi des délais très serrés pour arriver à une convergence de vue. Dans la majorité des cas, cette pratique permet aux parents de trouver un accord à l’amiable déjà lors de la première  audience. L’appel à un réseau d’expertise multidisciplinaire stimule, dans quasiment tous les autres cas, l’élaboration d’une solution harmonieuse pour l’ensemble des parties.

 

Grâce à ce dispositif, les enfants évoluent dans un cadre largement apaisé, malgré la séparation de leurs parents. Ils gardent le contact avec leurs deux parents et sont associés au réaménagement de leur nouveau cadre de vie. Les parents coopèrent aux tâches éducatives et se séparent dans un climat plus sain. Les parents consacrent leur énergie à la mise en œuvre de leur nouvelle existence et à leurs missions de parents, plutôt qu’à s’épuiser dans des luttes néfastes pour tout le monde.

 

D’autres exemples

 

Le Conseil d’Etat fribourgeois a déposé un projet de loi créant un Tribunal de la famille. Il appuie ses réflexions sur les mêmes orientations que celles en vigueur à Cochem. Malheureusement, sous pression de lobbys, le parlement ne l’a pas suivi. En Suisse, la juridiction de Bülach a tenté une expérience de médiation ordonnée qui a été jugée positive.

 

La Coordination romande des organisations paternelles a récemment calculé que des mesures de médiation ordonnée coûteraient 16 millions de francs suisses à notre pays, mais généreraient des économies de procédures judiciaires à hauteur de 300 millions.

 

La défenseure des enfants de la République française dans un rapport stipule : « La médiation familiale favorise l’exercice en commun de l’autorité parentale et l’affirmation d’une responsabilité durable des parents quelle que soit l’histoire de leur couple. »

 

En Norvège, la médiation pour les questions touchant à la famille est obligatoire lorsque des enfants de moins de 16 ans sont concernés. 80% de ces médiations mènent au succès.

 

Un essai en Hollande a montré qu’un accord avait été trouvé dans 61% des cas par une médiation ordonnée.

 

En Amérique du Nord, une compilation d’études a démontré que, durant les 20 dernières années, 50 à 75 % des procédures de médiation ont permis de trouver une entente entre les parents en rupture, alors que les procédures juridiques les avaient conduites dans l’impasse et le conflit.

 

Viser au bien-être de la population

 

Le rôle du monde politique est de viser au bien-être de la population. Par cette mise en œuvre de ce Tribunal de la famille, basée sur l’activation d’un réseau multidisciplinaire de compétences en la matière et une meilleure intégration des structures existantes, il est possible d’améliorer le déroulement des nombreuses séparations et nombreux divorces vécus par  les familles de notre République de Genève. Cette mesure simple sera un acte d’amélioration du droit des enfants.

 

Concrétisons donc cette idée basée sur le bon sens qui conjuguera la satisfaction des familles avec la diminution des surcharges de travail des tribunaux et des institutions sociales.

 

Alain Charbonnier, député PS

Christian Brunier, anc. député et président du PS genevois

12/09/2010

Genevoiseries du 12 septembre 2010

MEG Oui !

 

Moi, je dis OUI à l’agrandissement du Musée d’ethnographie de Genève (MEG), projet conjuguant culture, ouverture sur le monde, convivialité et bien-être au sein d’un quartier très vivant.

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                                                                    Comment dire NON à un tel sourire ?

Naturellement bon

 

Genève, sous l’impulsion de Michèle Künzler, prépare une loi sur la biodiversité. Une bonne nouvelle dans une actualité souvent trop noire. Les 20'000 espèces animales vivant à Genève et les 1'200 types de plantes sauvages référencées sur notre territoire seront gagnantes. Mais, le grand vainqueur est l’être humain, la biodiversité étant l’ingrédient de base du bien-être de l’humanité.

 

Gérontologie : Bonnant malant

 

Marc Bonnant, le grand Maître snob, prend sa plume, dans « Le Matin dimanche » pour porter au secours de la richissime Liliane Bettencourt et son pote Ministre français Eric Woerth. Etrangement, dans sa plaidoirie de défense, il vante, pour une fois, les mérites de la gauche suisse, avec une pointe d’ironie : « En Suisse, même la gauche, à défaut d’être bien née, est bien élevée. » Provenant d’un milieu ouvrier, je suis donc mal né selon Marc Bonnant. En lisant de telles inepties, je regrette d’être si bien élevé …

12:04 Publié dans Humour | Tags : genève, politique | Lien permanent | Commentaires (0)

25/08/2010

4 bons candidats, mais un satisfecit pour Jean-Charles

Pour devenir Conseillère administrative ou Conseiller administratif, les exigences sont extrêmement dures. Il leur est demandé d’être des bons politiques, des défenseurs acharnés du programme du parti, des supers communicateurs, des grands visionnaires, des fins stratèges et des excellents gestionnaires.

 

Nous avons la chance d’avoir, au Parti socialiste de la Ville de Genève, 4 bons candidats (Jean-Charles Rielle, Sami Kanaan, Gérard Deshusses, Thierry Piguet) couvrant une grande partie de ces qualités multiples, pour accompagner Sandrine Salerno sur le ticket socialiste. Difficile donc de choisir pour les primaires du PSVG, cette sélection se compliquant encore vu les liens d’amitiés tissés avec plusieurs de ces candidats.

 

Pour moi, les objectifs de maintenir deux sièges socialistes au gouvernement de la Ville et de conserver une majorité de gauche tant au Législatif qu’à l’Exécutif sont des priorités. Conserver deux sièges sur 5 pour les socialistes est un énorme défi, alors que la locomotive Manuel Tornare arrive en fin de mandat. Si le siège de Sandrine semble acquis, le second  siège sera difficile à gagner. Pour réussir ce pari ambitieux, deux ingrédients sont essentiels : avoir des candidats compétents, mission accomplie ; présenter un candidat possédant un grand capital électoral. Sur cet axe, Jean-Charles Rielle est le meilleur. En 1999, Jean-Charles est arrivé, pour sa première élection au Conseil municipal, second, derrière Manuel. En 2003, il confirma cet excellent score, occupant toujours la seconde place entre Manu et Sandrine. En 2007, il termina troisième, derrière Manu et Sandrine, cette fois-ci tous deux candidats au Conseil administratif. Son score au Conseil national fut illustratif de son potentiel électoral énorme détenu. Cet important soutien populaire ne tombe pas du ciel. Il est le fruit d’un militantisme sans faille au sein du PS, mais aussi dans le monde associatif, où il est omniprésent et hyperactif dans une foultitude de domaines conformes aux idéaux socialistes.

 

Finalement, Jean-Charles a encore une tête d’avance dans le contact avec la population. J’ai toujours défendu un socialisme axé sur les plaisirs de la vie. Cet esprit de convivialité et de proximité, Jean-Charles le partage. Et cette qualité est un atout différenciateur pour un Conseiller administratif, au moment-même où la population a l’impression d’un éloignement excessif des politiques par rapport à ses préoccupations et ses désirs. C’est pourquoi, je voterai et recommande de voter en faveur de Jean-Charles lors de l’Assemblée générale du PS Ville de Genève, agendée le 1er septembre prochain.

 

Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois et député

21:25 Publié dans Politique | Tags : politique, genève | Lien permanent | Commentaires (1)

09/08/2010

Genevoiseries : 9 août 2010

Derrick comme idole : l’éloge de la lenteur !

 

Durant une interview sur Léman bleu Télévision, le cheffe de la Police genevoise Monica Bonfanti a dévoilé son grand secret. En regardant enfant la série policière allemande (c’est tout dire) Derrick, elle a eu envie de devenir flic. C’est comme si Che Guevara était devenu socialiste en voyant Moritz Leuenberger en action. 

 

Les grosses limousines irritent un libéral

 

La Tribune de Genève nous apprend l’agacement du député libéral-radical Renaud Gautier face aux grosses limousines squattant en double-file la rue du Rhône à Genève. Un libéral-radical contre les grosses bagnoles de nantis, c’est le monde à l’envers. Va-t-il bientôt reprendre à son compte mon projet de motion demandant la transformation de cette rue de l’hyper-centre-ville en zone piétonne conviviale ?

 

Eh Renaud continue tes coups de gueule bien genevois. C’est comme ça que l'on t’aime !

 

Les grosses Limousines, moi, je les préfère comme ça …

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Il perd la tête …

 

Dans un reportage diffusé sur Léman bleu Télévision, le patron de l’économie et de la santé à Genève Pierre-François Unger montre aux téléspectateur-trice-s une statue qu’il adore, symbolisant,  selon lui, la femme. Sacré Pierre-François, on te reconnaît bien : une femme nue, sans tête …

 

Brève de comptoir

 

Ouïs dans un bistrot de la part de la sommelière : « Vous voulez des œufs durs ou ceux qui bougent ? » C’est mignon !

 

 

 

18:26 Publié dans Humour | Tags : humour, politique, genève | Lien permanent | Commentaires (0)

01/02/2010

Sur Radio Cité …

Sauver le Parti socialiste genevois, les pistes de deux militant-e-s : Anne Emery-Torracinta et Christian Brunier interviewés par Pascal Décaillet :

http://www.radiocite.ch/menu-143-39-07h08h-%3A-p-decaille...

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29/01/2010

Genève : Le PS étant malade, ils proposent deux types de remède

DÉBAT | L’ex-député parle fonctionnement, la cheffe de groupe positionnement.

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© OLIVIER VOGELSANG/PASCAL FRAUTSCHI | Anne Emery-Torracinta et Christian Brunier.


Par JÉRÔME FAAS | Tribune de Genève

 

Les deux sont des poids lourds du Parti socialiste. Les deux admettent sans fard son actuelle faillite. Et les deux proposent des remèdes, publiés dans Post Scriptum, l’organe du PS, en décembre puis en janvier. Mais là où Christian Brunier, ancien député et ex-président du parti, s’inquiète de son fonctionnement, la députée et cheffe de groupe Anne Emery-Torracinta se soucie du positionnement des Roses. Deux points de vue antinomiques? Pas du tout, «des approches complémentaires», assurent en chœur les deux politiciens.

 

Un même constat fonde leur analyse: la société a changé, mais pas le Parti socialiste. «Notre manière de fonctionner ne correspond plus à rien, assène Christian Brunier. Le PS devrait être un animateur de réseau, il ressemble plus au Politbüro. Venir voir comment fonctionne un comité directeur, cela ne dit plus rien aux jeunes.» L’homme propose donc de «réseauter», avec le WWF, l’Asloca, les syndicats, etc.

 

Trop de bureaucratie

 

Il tape surtout sur la bureaucratie socialiste et l’obligation de soumettre tout projet à l’aval d’une kyrielle d’instances. Ce souci exacerbé de démocratie éteint les bonnes volontés, juge-t-il. «Des qu’un projet est soumis à dix personnes, il suscite dix remarques. C’est décourageant. Un fonctionnement moins lourd libérera les idées.»

 

Pire, cette lourdeur prive le parti de réactivité. «A force de vouloir atteindre la perfection, on loupe des coups. Sur le problème des caisses maladie, nous voulions réagir très rapidement. Mais à force de fignoler ceci ou cela, nous avons laissé le MCG se profiler sur le sujet.»

 

Changer de discours

 

Anne Emery-Torracinta, elle, se concentre sur le discours socialiste. Si elle assure que «lutter contre le démantèlement social est essentiel», elle juge aussi que cela ne suffit pas. Le parti ne peut plus se contenter de réagir, il doit également proposer des solutions «acceptables non seulement sur les plans social et écologique, mais aussi économique».

 

L’élue rêve de réponses nouvelles «qui ne se traduisent pas automatiquement par des coûts supplémentaires pour l’Etat et/ou une augmentation d’impôts». Elle constate que «les coûts sociaux pèsent sur un petit groupe allant en diminuant: les actifs des classes moyennes». Elle anticipe le vieillissement de la population et calcule: pour éviter à la fois baisses de prestations et hausses d’impôts, «il faut augmenter la proportion d’actifs», donc «proposer des mesures favorisant l’emploi».

 

«Il ne s’agit pas d’effectuer un virage à droite, insiste-t-elle, mais d’être plus pragmatique.» Elle rejoint ici Christian Brunier, qui appelle de ses vœux l’élaboration de «trente projets clés (initiatives, projets de loi)». Une aspiration traduite par une formule choc: «Laissons tomber le programme, faisons plutôt des projets concrets.» Anne Emery-Torracinta formule la même idée autrement. «Lors de la dernière législature, le PS a sorti un seul petit projet de loi sur le logement. Il faut renverser les perspectives. Se demander où sont les besoins de la population, quelles sont ses attentes, plutôt que de nous demander quelle société idéale il faudrait construire.»

 

Un dernier point réunit les deux politiciens. «Nous avons des sujets tabous: la sécurité, l’argent», dénonce Christian Brunier. «Si nous ne proposons pas de solutions aux préoccupations de la population, nous sommes complètement à côté, renchérit la députée. Nous ne pouvons pas dire que tel ou tel thème ne nous intéresse pas.»

 

 

11:20 Publié dans Politique | Tags : politique, ps, genève | Lien permanent | Commentaires (0)

24/01/2010

Non, je ne serai pas candidat au Conseil administratif de la Ville de Genève

 

« Un socialiste qui fait la gueule, ce n'est pas un socialiste optimiste. On ne suit pas les gens qui font la grimace. Le socialisme chiant, je suis contre. »

Michel Delebarre

 

« Le Courrier », « Léman bleu Télévision », une radio et plusieurs membres du PS  m’ont cité comme l’un des papables à la succession de Manuel Tornare au Conseil administratif de la Ville de Genève.

 

Bien qu’intéressé par un rôle exécutif en politique, je ne serai pas candidat à ce poste, principalement pour les trois raisons suivantes :

 

  1. Au niveau municipal, je me suis mobilisé, au début de mon parcours politique, à Vernier, où j’ai notamment été Président du Parti socialiste local et Conseiller municipal. Ensuite, je me suis investi énormément au niveau cantonal en assumant les fonctions de Président du PS cantonal, de député et de Chef du groupe socialiste au Grand Conseil. Je me suis donc peu impliqué au niveau municipal en Ville de Genève. Dans ce contexte, prétendre accéder à l’Exécutif ne me semble pas correct par rapport aux membres de la section socialiste de la Ville engagés, depuis des années, en faveur de cette municipalité.

 

  1. Occupant depuis 10 mois de nouvelles fonctions professionnelles, je me suis engagé auprès de mon employeur à ne pas briguer de fonctions politiques durant les premières années de l’exercice de ce nouveau poste. Je tiens à honorer pleinement ma parole.

 

  1. Après avoir consacré plus de deux décennies de ma vie à la politique et au militantisme associatif et syndical, j’ai envie de consacrer du temps à mon épouse, à mes enfants et à mes proches. Je bouffe la vie, m’amuse comme un fou, vais au spectacle, voyage, visite des expos, fais de bonnes bouffes, lis … bref profite des bienfaits de l’existence.

 

Vu la pléthore de talents se profilant au PS pour postuler au Conseil d’administration, je suis persuadé que nous présenterons une forte candidature aux côtés de Sandrine Salerno afin de dynamiser nos majorités de gauche tant au Conseil administratif de la Ville qu’au sein du Conseil municipal.

 

12:30 Publié dans Politique | Tags : politique, genève | Lien permanent | Commentaires (0)

La succession de Manuel Tornare met la parité sur le gril

Par Rachad Armanios, Le Courrier 

 

SOCIALISTES - L'idée d'abolir la parité au PS Ville de Genève avant les élections de 2011 émerge. En l'état, aucune femme ne peut remplacer M. Tornare. Décryptage.


La parité inscrite dans les statuts de la section municipale du Parti socialiste (PS) empêche toute candidature féminine à la succession de Manuel Tornare lors des élections de 2011, puisque seul un homme pourra se placer sur le ticket formé avec Sandrine Salerno. Au sein du parti, les critiques pleuvent. Ce qui a accéléré le débat, c'est l'assouplissement de l'interdiction des doubles mandats que vient de voter la section, qui permet à Manuel Tornare d'achever sa législature au Conseil administratif tout en siégeant au Grand Conseil. «Il aurait été absurde de se priver d'un excellent candidat», commente René Longet, président du parti cantonal. Par comparaison, il juge dommage que «la règle de la parité élimine 50% des candidatures» à la succession de M. Tornare.


Selon ses statuts, la section doit présenter autant de candidats hommes que femmes sur ses listes électorales, tant au niveau législatif qu'exécutif. La mesure, introduite en 2005, «avait été un tremplin pour une candidature féminine au Conseil administratif», rappelle Grégoire Carasso, président de la section. La mesure avait été «taillée» pour assurer un siège à Sandrine Salerno, se souvient plutôt l'ancienne députée socialiste Véronique Pürro.


«Toute règle trop stricte finit par se retourner contre ses objectifs», estime René Longet. Car la parité, un outil contre la sous-représentation criante des femmes en politique, se retourne cette fois contre elles.


Une mesure transitoire?


La fronde pour modifier les statuts vient d'Alberto Velasco, membre du comité de la section municipale, qui, seul, déclare son intention de passer à l'as la parité à l'exécutif avant les élections. «En assemblée générale, on dira de voter pour n'importe quel candidat sauf une femme. La parité, c'est une façon de corseter l'esprit démocratique.»
Parmi les noms de papables que la rumeur fait circuler, on entend ceux de Gérard Deshusses, Jean-Charles Rielle, Thierry Piguet ou encore Christian Brunier. Et aussi, malgré le veto statutaire: Véronique Pürro, Nicole Valiquer, Laurence Fehlmann Rielle, Virginie Keller Lopez...


«Le PS compte autant de candidatures féminines potentielles que masculines, cela prouve que les femmes s'y sont émancipées, juge Véronique Pürro. Le quota doit être une mesure transitoire.» Ceci dit, «indépendamment de mes ambitions personnelles», précise la candidate malheureuse au Conseil d'Etat. Songe-t-elle au Conseil administratif? «Je ne veux pas répondre.»


«Délicat de changer des règles»


«Si les statuts sont modifiés, j'y réfléchirais, déclare Virginie Keller Lopez. Mais la section municipale a d'autres priorités: son programme et conserver la majorité à gauche.» Elle estime également qu'«avec les quotas, on arrive au bout du système, car il se retourne contre les femmes».


Mais elle-même ne demande aucun changement, car elle ne veut pas être accusée de carriérisme. «C'est délicat de changer des règles juste avant des élections.» «Ça donne l'impression qu'on a des principes 'à la carte', abonde Laurence Fehlmann Rielle. C'est pourquoi il faut repenser les statuts dans leur globalité. Soit très vite, soit après 2011.» Elle n'est «a priori pas intéressée» par un siège au Conseil administratif.


Conscient qu'une telle discussion pré-électorale ne peut qu'être polluée par les ambitions des un(e)s et des autres, Alberto Velasco retourne l'argument: «C'est la parité qui ouvre la porte aux marchandages. L'annuler permettrait à tout le monde d'être candidat.»
«On ne peut pas utiliser une règle quand ça nous arrange, puis l'annuler quand cela nous dérange, rétorque Virginie Studemann, vice-présidente de la section municipale et présidente du groupe 'égalité' du parti cantonal. La parité a joué en faveur d'une femme lors des dernières élections, il est important de la maintenir au moins jusqu'à la prochaine, au risque de discréditer la démarche.»  «Si M. Velasco demande formellement le débat, on le mènera», assure Grégoire Carasso.

12:28 Publié dans Politique | Tags : politique, genève | Lien permanent | Commentaires (0)

19/12/2009

Réinventons le Parti socialiste genevois : Neuf idées pour un parti neuf !

A la sortie des élections cantonales genevoises, les socialistes ont le gueule de bois, non pas pour avoir fait la fête, simplement mis KO par les électrices et électeurs.

 

Evidemment, comme l’a mis en exergue Charles Beer, nous devons analyser en toute franchise ce cinglant échec, reposant sur six grands axes principaux :

·      la perte de vitesse contagieuse des socialistes européens environnants ;

·      l’absence d’une stratégie motivante de la gauche genevoise pour la conquête de majorités législative et exécutive ;

·      le manque de mobilisation du parti et nos lamentables bisbilles internes ;

·      la déliquescence de nos partenaires « à gauche » du PS et leur manque de soutien ;

·       notre communication peu offensive ;

·      et notre impuissance à représenter les milieux populaires.

 

Incontournable, ce bilan fait partie de notre thérapie. Mais, il faudra rapidement tourner la page et nous orienter vers l’avenir, au risque de nous embourber dans des querelles à l’image désastreuse des socialistes français.

 

9 remèdes pour réinventer le PSG et amorcer la machine à gagner

 

Modestement, je me permets de proposer quelques remèdes pour sortir du cataclysme vécu par les socialistes du bout du lac.

 

1.Revendiquer une majorité de gauche tant au niveau du Grand Conseil qu’au Conseil d’Etat genevois pour 2013.

Un des objectifs des socialistes est de gouverner pour mettre en œuvre leur programme axé sur un développement durable et solidaire. Le PS est fort, lorsque la gauche est unie et conquérante. Il faut, dès maintenant, revendiquer clairement une majorité cantonale, mettre les partis de gauche en mouvement pour atteindre cet objectif afin de sortir les Genevoises et Genevois de la morosité. Trop tôt ? Non ! Une forte ambition, fixée à un horizon raisonnable, donne de la vigueur à un mouvement, une raison d’agir.

2.Construire une union de la gauche riche de sa diversité.

Pour être majoritaire et donc pour ratisser le large spectre de l’électorat progressiste, du centre-gauche à l’extrême gauche, il est impératif de compter sur trois forces (les Verts, le PS, et une force ressoudée à la « gauche » du PS). La relance de rencontres régulières entre toutes les forces est impérative pour construire ensemble.

3.Tisser des liens forts de coopération avec les mouvements sociaux.

Quelle a été la fréquence des rencontres de la direction du PSG avec les syndicats, avec le Cartel de la fonction publique, avec l’Asloca ou le WWF ? Tout en respectant l’indépendance de chacun, le succès socialiste passe toujours par un travail en synergie avec les syndicats (publics et privés) et le monde associatif. Plusieurs fois par an, le PSG doit rencontrer les forces syndicales, les milieux de locataires, le monde culturel, les associations sociales, les mouvements environnementaux, etc. Nous devons échanger ensemble, débattre, construire des actions pour être leur bras politique sur des thématiques communes.

4.Elaborer 30 projets-clés (initiatives, projets de lois) pour changer Genève, 30 idées fortes pour mobiliser et redonner espoir à notre belle République sur les thèmes essentiels.

Cette manière d’agir (adoptée lors de notre conquête historique de la majorité au Grand Conseil genevois) est une façon crédible de concrétiser, aux yeux de la population, notre programme politique.

5.Revoir notre politique de communication et le fonctionnement de notre secrétariat

Nous ne sommes pas assez riches pour que nos professionnel-le-s passent un temps important à prendre des PV ou d’autres tâches bureaucratiques. Il faut transférer cette énergie positive à mieux promouvoir nos actions et à bien communiquer. Une bonne partie du boulot effectué par les élu-e-s socialistes n’est pas assez valorisé et reste mal connu du grand public. Pendant que les socialistes s’activent dans l’ombre, le MCG est inactif au parlement, résume la politique à des slogans populistes et finit par passer pour le défenseur des plus humbles de la société. C’est le monde à l’envers ! Notre communication doit contrer ce phénomène inquiétant.

6.Revoir nos statuts pour simplifier notre fonctionnement et accélérer les procédures

Pour présenter un projet de loi, un-e député-e socialiste doit consulter les commissions du parti, le soumettre pour approbation au comité directeur, puis au verdict du groupe parlementaire. Ce parcours d’obstacles est trop long et trop lourd, alors que les autres partis agissent dès que le groupe, voire une délégation du groupe, est OK. Ceci n’est qu’un exemple d’un fonctionnement trop bureaucratique et plus du tout conforme à une actualité où il faut souvent agir rapidement pour avoir de l’impact. Evidement, ce travail d’optimisation de notre action ne devra pas mettre en péril l’esprit de démocratie, socle des valeurs de notre parti.

7.Savoir utiliser les opportunités pour nous profiler, revendiquer notre histoire et promouvoir la justesse de nos idéaux

Depuis des lustres, les socialistes combattent le capitalisme sauvage et inhumain, et prônent un développement équilibré entre le social, l’environnement et l’économie pour assurer la durabilité de l’humanité.

Durant des lustres, la droite qualifie nos combats de ringards.

Aujourd’hui, le capitalisme est sorti de la route et la planète est en danger. Toutes nos prédictions s’avèrent exactes.

Pourtant, le PS n’utilise pas cet immense boulevard pour rappeler ses combats et l’urgence de concrétiser ses idéaux, seuls vaccins efficients contre la crise financière et le dérèglement climatique. Pire, le PS laisse la droite évoquer la moralisation du capitalisme ou le développement durable. La gauche doit aussi parfois être décomplexée !

8.Parler plus simplement

La société est complexe, change rapidement. Rien n’est simple. Pourtant, pour être compris et suivi par une majorité de la population, nous devons apprendre à communiquer plus simplement. Attention, simple ne veut pas dire simpliste. Nous devons être plus proches des citoyen-ne-s, être sur tous les terrains et développer des messages vulgarisés.

9.Renforcer la convivialité

Vouloir contribuer à améliorer le bonheur des gens est le but suprême d’une politique. Prôner le bonheur passe par l’exemplarité. Les socialistes doivent renforcer la convivialité, utiliser davantage l’humour et être plus souriants. Prendre du plaisir et en donner, aimer l’humain, n’est-ce pas un programme très socialiste ? Une équipe qui marche est un groupe partageant des bons moments, dégageant de la chaleur humaine. Ce travail de recherche de convivialité dans ce monde trop triste ne doit plus rester en jachère.

 

Christian Brunier, ancien député et président des socialistes genevois-es

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22/11/2009

Protéger les fichiers policiers, c’est défendre nos libertés

Je n’ai aucune sympathie pour le tyrannique Hannibal Kadhafi et ne supporte pas les individus violents envers leurs proches, leur personnel ou d’autres humains.

 

Son arrestation et celle de son épouse par la police genevoise étaient totalement justifiées, ces individus ayant brutalisé deux de leurs employés.

 

Il est, par contre, scandaleux que des photos prises par la police puissent se retrouver à la une des médias.

 

Après enquête, impossible de trouver l’auteur de cette fuite policière. Etonnant ?

 

La moindre des applications informatiques gère les traces des utilisateurs accédant à des données. Là rien. Impossible de savoir qui, avec son petit PC, est venu télécharger ces photos pour les envoyer aux journalistes.

 

Lorsque les fichiers de la police peuvent être pillés sans crainte, la liberté et le respect de la personnalité ne sont plus assurés.

 

Pour la défense de nos libertés, il est primordial que la police sécurise ces fichiers et que les auteurs de fuite soient immédiatement sanctionnés.

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