16/10/2009

Genève : Le PS confirme ses candidats au Conseil d’Etat

Par Cynthia Gani, Journal « Le Temps »

 

Désarmé après le vote de ce dimanche, le parti peine à se remettre en cause.

 

Faut-il  participer à la course au Conseil d’Etat ou claquer la porte du gouvernement pour entrer dans l’opposition? Mercredi soir, quelque 130 militants du PS genevois débattaient de cette délicate question, issue du mauvais score du parti à l’élection parlementaire. Et surtout, de l’écrasante victoire du Mouvement Citoyens genevois (MCG). La question de la pertinence de la candidature de Véronique Pürro, qui avait été désignée colistière du sortant Charles Beer par la base mais qui n’est arrivée que quatrième de la liste dimanche passé, a en revanche rapidement été évacuée. A 22h15, par 107 oui contre 12 non, le PS décidait de se lancer dans la course avec ses deux candidats.

 

Situation grave

 

A l’origine du débat, la perte de deux sièges au Grand Conseil, qui fait passer le PS de deuxième à quatrième force parlementaire. Et le glissement droitier du parlement, où le MCG a doublé sa députation. Pour certains socialistes, il ne vaut plus la peine de siéger dans un gouvernement mis sous pression par la droite. C’est l’avis du conseiller national Carlo Sommaruga, qui souligne que «depuis 1997, nous avons perdu 40% des suffrages. La situation est extrêmement grave.» Pour l’élu, pas de doute: la «rupture» s’impose. Il est rejoint par le militant Pascal Holenweg, qui relève qu’«avoir deux sièges socialistes au Conseil d’Etat depuis douze ans n’a pas empêché le MCG de progresser. Il faut être capable d’y renoncer.»

 

Le syndicaliste Jacques Robert plaide au contraire pour que les socialistes restent dans la course «On ne prend pas de décision précipitée dans ses circonstances.» L’ex-député Christian Brunier appelle aussi : «Si on se retire de la course, on offre des sièges à l’extrême droite et on sabote nos alliés verts. Faisons preuve de résistance ! » La députée Virginie Keller Lopez abonde: «C’est en restant au gouvernement qu’on s’opposera au fascisme et au démantèlement social.» Quant à Véronique Pürro, elle s’adresse à la salle en fin de séance: «Certains veulent baisser les bras, laisser les gens que nous aidons sur le carreau, mais ce n’est pas responsable. Nous allons faire gagner la gauche au gouvernement.»

15/10/2009

Atterré, le PS reste dans la course à l’Exécutif

DILEMME | Les socialistes résistent aux sirènes de la voie d’opposition.

 

Dans la Tribune de Genève, MARC MOULIN

«Baisser les bras maintenant serait irresponsable.» La candidate au Conseil d’Etat Véronique Pürro a été entendue hier soir par l’assemblée du Parti socialiste. Les 120personnes présentes ont confirmé la stratégie de leur formation: par 107 «oui», elles ont accepté d’envoyer le ministre sortant Charles Beer et sa colistière à l’assaut du Conseil d’Etat le 15 novembre. Et cela, malgré les voix éparses qui prônaient de ne revendiquer qu’un rôle minoritaire au gouvernement, en n’envoyant que Charles Beer au combat, voire de renoncer entièrement à y siéger. Une façon, pour ce courant minoritaire, de clarifier le positionnement du parti auprès de la population.

Parmi ces contestataires, on trouve des militants comme Pascal Hohlenweg: «Etre tout à la fois gouvernemental et d’opposition est dénué de crédibilité mais pas de schizophrénie», juge-t-il. Un avis partagé par les jeunes socialistes, mais aussi par des ténors comme le conseiller national Carlo Sommaruga. Face à un parlement droitier, la majorité gouvernementale rose-verte fonctionne selon lui dans «une grande coalition comme en Allemagne», ce qui mène à l’échec.

«Dans ce cas il faudrait aussi demander à Micheline Calmy-Rey de quitter le Conseil fédéral», réplique Christian Brunier. «Si on quitte le gouvernement, on ne le laissera pas qu’à des adversaires respectueux de la démocratie, mais aussi à l’extrême droite», avertit l’ex-député, appelant à la résistance. «Assumons que nous sommes un parti gouvernemental, lance Sami Kanaan, un autre ancien député. Les gens n’aiment pas les copies.» Un débat dont Charles Beer souligne ironiquement la créativité tout en prédisant qu’il pourrait mener le parti à sa fin, ce dont il ne saurait être complice. Il rappelle les actions qu’il a lancées à l’Instruction publique, comme le Réseau d’enseignement prioritaire qu’il veut développer dans les quartiers défavorisés.

Réduit à un groupuscule

Le parti a en outre fait le bilan de sa course au parlement, qui s’est soldée par un recul de deux sièges. «En seize ans, nous avons perdu 40% de nos suffrages, s’alarme Carlo Sommaruga. En Suisse alémanique, on nous voit désormais comme un groupuscule.» D’autres orateurs mettent en cause une communication trop timorée, une attitude de perdant. Mais le mal semble plus profond. La gauche n’a pas su imposer sa thématique sociale, s’est aventurée dans le terrain de la sécurité où, en pleine campagne, elle manque de crédibilité. Selon d’autres, les liens manquent désormais entre le parti et les réseaux associatifs et syndicaux. Et la gauche apparaît comme désunie.

«Dans l’électorat du MCG, on entend une grande souffrance sociale: pourquoi ces gens ne viennent-ils pas chez nous?» demande encore le constituant Alberto Velasco, notant que le parti d’Eric Stauffer tient des permanences de quartier. D’autres relèvent que c’est surtout la droite qui a essuyé les plâtres de la fièvre populiste. «Autocritique, oui; autoflagellation, non», a fini par trancher le président du parti René Longet.

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27/09/2009

Halte à la violence sur les stades

Les députés genevois de droite ont battu sévèrement les députés de gauche … mais pas qu’au foot !

 

Voici mon visage après le match …

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30/08/2009

Bordeaux, une inspiration pour Genève

Lettre ouverte aux politiques de tous bords,

 

Salut les ami-e-s,

 

Pendant 11 longues années, je vous ai bassinés, au parlement cantonal genevois, en prônant la fermeture de notre centre-ville à la circulation et en vous parlant d’exemples de plusieurs villes où ce concept s’avérait un succès total.

 

Eh oui, la quasi-totalité des grandes cités européennes, voire mondiales, ont choisi de libérer le centre des cités des voitures pour offrir ces espaces aux piétons, aux vélos et aux transports publics. Mais, aussi aux commerces qui ouvrent leurs boutiques sur l’extérieur et aux restos qui multiplient les terrasses. La convivialité s’installe, Les rues se mutent en lieux de vie et d’animation. La population se réapproprie les rues.

 

Dans notre système polarisé, où trop souvent les luttes idéologiques écrasent l’intérêt général, mon erreur a peut-être été d’évoquer trop souvent des exemples de réussite de cités gouvernées par la gauche. Peut-être parce que je les connaissais mieux et que généralement les grandes villes européennes sont dirigées par la gauche. Certainement, parce que je voulais valoriser mon camp politique.

 

Je reviens de Bordeaux, bastion historique de la droite française. Cette municipalité est gérée par l’ancien Premier Ministre français Alain Juppé, pour qui je n’ai habituellement aucune admiration politique, même si je reconnais son intelligence évidente. Mais là, je suis scié ! En cinq ans, il a fermé la ville à la circulation, développé les transports publics, et propagé les lieux d’amusement et de divertissement. Les commerces sont pleins. L’ambiance est chaleureuse et festive. L’humanité occupe l’espace public.

 

Terminée, la langue de bois ! Le message de la Mairie de Bordeaux est sans équivoque : « C’est bon pour la santé, parfait pour la ligne, excellent pour l’environnement et sans équivalent en terme de sécurité routière. Alors, n’hésitez plus : marchez ! Vous découvrirez un Bordeaux insolite au hasard d’une ruelle jamais empruntée, d’un magasin nouvellement installé ou d’une porte cochère exceptionnellement entrebâillée. La création du réseau de tramway-bus, le nouveau plan de circulation en ville – limitant très fortement l’accès des véhicules au cœur historique de Bordeaux – et l’aménagement des quais jouent en votre faveur en multipliant les voies piétonnes ou semi-piétonnes. » A Genève, Alain Juppé, le leader de droite, serait traité de dogmatique de gauche ou d’écolo extrémiste.

 

En cohérence avec ces aménagements, l’équipe à Juppé a en plus décrété chaque premier dimanche du mois « Dimanche sans voiture ». Ce jour-là, les piétons, les cyclistes et autres rollers s’en donnent à cœur joie.

 

Dans cette capitale du vin, le développement durable, souvent « tarte à la crème », devient réalité. Ses trois dimensions (environnement, social, économie) sont gagnantes ! L’environnement est plus sain. L’économie,  à travers le commerce et le tourisme, prospère. Et l’axe social y trouve son compte grâce à un urbanisme facilitant les contacts et les plaisirs de la vie.

 

Je vous invite donc à faire le déplacement à Bordeaux, à sortir de nos vieux dogmes et à construire ensemble une Genève plus sympathique et bienfaisante pour la qualité de vie.

 

Christian Brunier, ancien député socialiste

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22/05/2009

Faut-il retirer l’initiative pour un Cycle d’orientation hétérogène ?

Dans « Le Courrier », sous la plume de Rachad Armanios :

 

ECOLE - Vu le plébiscite enregistré dimanche par le contre-projet instaurant un système à trois sections, certains partisans de l'IN 138 songent à la retirer. Le comité d'initiative tranchera le 8 juin.

 

Revotera-t-on en automne sur le Cycle d'orientation? Dimanche, le contre-projet instaurant un système à trois sections a remporté la première bataille, renvoyant dans les cordes le Cycle très sélectif qu'imaginait le Réseau école et laïcité (RÉEL). La seconde manche devrait opposer le gagnant à l'Initiative 138 de la Coordination enseignement, en faveur d'un Cycle hétérogène. Mais le conditionnel est de mise. Car le plébiscite pour le contre-projet (74,5%) a divisé les initiants sur l'opportunité de maintenir leur texte. Lundi soir, la Coordination enseignement – regroupement de syndicats enseignants et de partis de gauche – a décidé... de ne pas décider. «La tendance générale était au maintien, mais il a été jugé prématuré de trancher, explique Olivier Baud, président de la Société pédagogique genevoise. L'association professionnelle des enseignants du primaire mais aussi celle des maîtres du Cycle (FAMCO) veulent consulter leurs bases, qui se positionneront lors de leurs assemblées générales respectives, le 26 mai et le 4 juin. Fort de quinze personnes, le comité d'initiative est seul habilité à retirer le texte. Il réserve son verdict pour le 8 juin.

 

Olivier Baud dit ne pas vouloir influencer les débats. Mais sa présentation des enjeux laisse paraître ses doutes: «L'hétérogénéité est le meilleur moyen pour augmenter le niveau scolaire général. Ce principe demeure, mais un vote en septembre est-il la meilleure stratégie pour y parvenir, vu le fort score du contre-projet et le contexte électoral? Ce risque doit être évalué.»

 

Dans le mur?

 

Une gifle similaire à celle reçue par RÉEL repousserait très loin l'idéal de l'hétérogénéité, assure le socialiste Christian Brunier. Membre du comité d'initiative, il doute que les voix stratégiquement données au contre-projet pour couler RÉEL empêchent l'IN 138 d'aller dans le mur: «Mieux vaut revenir à la charge dans quelques années.»

 

Sa collègue de parti Véronique Pürro ajoute que l'IN 138 «a joué son rôle» en permettant d'intégrer au contre-projet – texte de compromis qu'elle soutient – des préoccupations de l'initiative. La maintenir serait rallumer la guerre scolaire, alors que le Cycle a besoin de sérénité, clament les deux socialistes. Si l'IN 138 est maintenue, le PS décidera le 17 juin en assemblée générale s'il abandonnera le contre-projet pour son adversaire, mais Véronique Pürro en doute.

 

 «Il n'y a rien à attendre du PS, incapable de se mobiliser», raille Olivier Baud. Il est rejoint par le permanent de Solidarité Pierre Vanek. «L'IN 138 n'est pas un simple épouvantail, elle est porteuse d'un vrai projet, commente-t-il. On ne récolte pas 12 000 signatures pour les jeter à la poubelle et si on a peur de l'échec, on ne mène pas de batailles.»

 

Lundi, Bilal Ramadan, membre du comité, insistait sur l'incapacité du contre-projet à lutter contre l'échec scolaire, point focal de l'IN 138. «La question n'est pas de savoir si on va prendre une baffe ou non, mais s'il est important d'apporter quelque chose aux niveaux pédagogique et philosophique.» Pour faire progresser une idée, ajoutait-il, une seule votation ne suffira pas.

24/03/2009

On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui

Come-back

 

Lu dans la « Tribune de Genève », signé Marc Bretton

 

Qui s’est pointé à la buvette du Grand Conseil (genevois) il y a dix jours ? Christian Brunier et sa femme Ariane ! Les deux députés avaient démissionné fin janvier. « Je quitte le parlement car je m’y ennuie désormais », confiait-il alors à la Tribune. Mais la buvette lui manque.

 

Il est de la revue

 

Le journaliste Pascal Décaillet n’a pas apprécié la Revue des député-e-s genevois-es. Celle-ci se moquant de son émission de télévision, il a jugé cette revue « d’une rare vulgarité » et considéré le sketch en question comme « une insulte à son émission ». Ayant un humour digne d’un poisson rouge, le journaliste susceptible s’est ensuite interrogé sur le fait de savoir si le rôle d’un-e élu-e était de monter sur scène ? Y apportant rapidement une réponse toute faite, condamnant cette « confusion totale des rôles ». Et lorsque Pascal Décaillet sort régulièrement de sa réserve pour donner des avis politiques, voire religieux, n’est-ce pas de la confusion des rôles ?

 

En tant que spectateur, j’ai adoré cette Revue des parlementaires genevois-es. Leur boulot a été prodigieux et ce sens d’autodérision est très sain pour notre démocratie. Des politiques, de droite comme de gauche, qui savent travailler sérieusement et en parallèle qui arrivent à s’amuser et à oublier leur différence idéologique est revigorant pour nos Institutions.

 

Comme l’ami Pierre Naftule, excellent metteur en scène, je trouve que ce spectacle est une belle « expérience d’humanité, d’humour et d’humeurs ».

 

Et au contraire de Pascal Décaillet, j’ai adoré le sketch qui évoquait mon couple avec plein d’humour et de romantisme.

 

Les élu-e-s qui s’enferment totalement dans le monde politique oublient rapidement la réalité vécue par la population et les problèmes auxquels la politique doit tenter d’apporter des réponses.

 

La polyvalence et la curiosité poussant un homopoliticus à toucher à d’autres domaines sont des ouvertures d’esprit qui enrichissent le débat d’idées. Le rire est quant à lui le carburant d’un parlement et d’un gouvernement qui auraient envie de contribuer par leurs actions à apporter un peu de bonheur à la collectivité publique.

 

Bravo à toutes les députées et à tous les députés qui, en plus de leur vie professionnelle, de leur vie de famille, de leur vie associative et de leur vie politique, ont trouvé encore du temps et de l’énergie pour offrir au public une Revue d’une grande qualité et d’un humour corrosif hors du commun.

 

A découvrir :

 

Les Indivisibles sont un groupe de militant-e-s français-es dont le but est de déconstruire, notamment grâce à l’humour et l’ironie, les préjugés ethno-raciaux et en premier lieu, celui qui nie ou dévalorise l’identité française des Français non-Blancs. Durant une cérémonie parodique, cette organisation attribue les « Y’a bon Awards » distinguant les porteurs de préjugés et réflexions racistes, pour se moquer de ces horribles personnages publics prônant la haine et le racisme.

 

www.lesindivisibles.fr

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20/03/2009

GSHC à SIG

Le Genève-Servette a rendu visite à un partenaire, SIG, pour une rencontre avec les employé-e-s et une séance de dédicaces dans un lieu spécialement décoré aux couleurs Grenat à l'intérieur de ses locaux. Retrouvez le film de cet événement sur la TV du club :

 

http://www.geneva-hockey.ch/

 

publié le 18 mars 2009.

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17:42 Publié dans Sports | Tags : hockey, servette, genève | Lien permanent | Commentaires (0)

04/01/2009

Dieudonné ne me fait plus rire

En tant que député (je démissionne le 22 janvier prochain), je dépose une interpellation urgente (ma dernière ?) au Grand Conseil genevois.

Le Conseil d’Etat genevois va-t-il interdire le spectacle révisionniste de Dieudonné pour garantir la paix publique ?

 « La liberté d’aimer n’est pas moins sacrée que la liberté de penser. » Victor Hugo

Vous me connaissez, je ne suis pas le dernier pour rire et promouvoir la dérision et la provocation. J’ai une réelle passion pour l’humour.

Pierre Desproges affirmait « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. » Il a raison.

Depuis quelques années, l’ex-humoriste Dieudonné a quitté le registre de la bouffonnerie, pour tomber dans la provocation la plus simpliste et la promotion des idéaux que l’on espèrerait voir définitivement tomber dans la poubelle de l’histoire.

Dieudonné a adopté les thèses les plus antisémites et s’est rapproché des mouvements les plus extrémistes. Il a d’ailleurs été condamné à plusieurs reprises, notamment pour injures raciales, pour propos antisémites sur la mémoire de la Shoah ou pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence.

Il y quelques jours, devant 5000 personnes au Zénith de Paris, Dieudonné a fait monter sur scène Robert Faurisson, plusieurs fois condamné pour négation de la Shoah et des chambres à gaz nazies. Il lui a fait remettre, avec beaucoup d’amitié, le « Prix de l’infréquentabilité et de l’insolence » par un comédien déguisé en déporté juif. Un modèle de mauvais goût et d’irrespect. Le parquet a ouvert une enquête préliminaire sur la contestation de crime contre l’humanité commis au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Suite à ces événements choquants, la Ville de Montpellier a demandé l’annulation des spectacles de ce triste individu dans cette ville afin d’éviter tout désordre et promotion de thèses haineuses.

Les 6 et 7 février prochains, Dieudonné doit se produire au Théâtre de la Madeleine de Genève.

Cité internationale des droits de la personne, symbole de paix entre les humains, Genève ne peut pas accepter de recevoir un ambassadeur de thèses extrémistes. Sous le couvert de l’humour, un show négationniste et révisionniste ne peut apporter que la haine et le désordre.

Je déteste les interdits. Mais, pour préserver la sécurité publique, défendre l’humour avec un grand « H » et respecter les victimes de l’Holocauste, je demande au Conseil d’Etat s’il compte interdire le spectacle de Dieudonné ?

En vous remerciant d’avance de votre réponse, je vous adresse, Messieurs les Conseillers  d’Etat, tous mes vœux de bonheur pour 2009. Carpe diem !

 

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31/12/2008

Démission du Grand Conseil genevois

A Monsieur Eric Leyvraz, Président du Grand Conseil et aux député-e-s

Concerne : ma démission du Grand Conseil genevois

 

« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu » Bertolt Brecht

Monsieur le Président, Cher Eric,

Mesdames et Messieurs les député-e-s, Chères amies, Chers amis,

Après 11 ans passés dans ce parlement, je démissionne avec l’impression d’avoir vécu une grande et belle décennie de passion.

Naturellement, il y a eu aussi des moments difficiles. Mais, par nature positive, j’ai envie de n’évoquer que les bons moments, nettement plus nombreux que les heures sombres.

Je souhaiterais tout d’abord féliciter la plupart d’entre vous. Car, au-delà de nos divergences politiques, j’ai rencontré dans ce parlement énormément de personnes – de personnages devrais-je dire – vivant une vraie passion pour Genève. Une foule d’élu-e-s donnent une quantité incommensurable d’heures pour soutenir notre République et une énergie débordante pour défendre les intérêts de la population.

Il est à la mode de vomir sur les politiques. Pourtant, dans ce monde politique, il y a de sacrés talents et un sens de l’engagement que l’on retrouve rarement ailleurs. A ceux qui salissent la politique dans les bistrots ou dans la presse, voire au sein de ce parlement, je leur demande simplement de s’interroger sur  ce qu’ils ont eux-mêmes entrepris pour changer les situations qu’ils condamnent. Pas grand chose souvent ! Bravo donc aux politiques de tous bords qui  font vivre notre démocratie !

Les politiques doivent aussi aimer les gens et les plaisirs de la vie. Comment promouvoir une société meilleure sans chérir les ravissements de l’existence ? L’épicurisme devrait nous unir, malgré nos différences d’idéaux. Alors qu’on nous parle de la crise à tous les coins de rues, on n’oublie trop souvent que celle-ci est en partie réelle, mais que le facteur psychologique est bien plus important. Cassons le scepticisme ambiant et redonnons confiance à la population en adoptant un ton plus positif. Affichons la confiance qui a permis très souvent à Genève de réaliser de grandes choses. La politique doit faire progresser le goût de la vie. Une expression dit qu’on rit pour un OUI ou pour un NON. Le OUI et le NON, n’est-ce pas la base de notre système démocratique ? Alors lâchons-nous !

Il y a quelques années, nous (plusieurs député-e-s de droite et de gauche) avions créé le Club de la bière blanche. Après des débats animés, nous nous retrouvions entre ami-e-s sans étiquette politique pour passer un bon moment, mais parfois pour trouver les compromis que nos partis n’avaient pas toujours su trouver. La puissance de l’amitié et la convivialité repoussent souvent les obstacles infranchissables.

Ma passion a été … naturellement politique. Cependant, la politique m’a aussi apporté le grand amour de ma vie, une fée verte pour un Développement durable. Mon, notre retrait, de ce Grand Conseil va nous permettre de vivre d’autres moments intenses et aussi riches que ceux que nous avons passés avec vous.

Pour tout ce que vous faites pour Genève et pour tout ce que le parlement m’a apporté, je  vous souhaite une overdose de bonheur pour 2009. Je tiens encore à remercier très chaleureusement le Service du Grand Conseil qui soutient avec brio et avec une énorme gentillesse le travail des parlementaires.

Vive Genève ! Vive la vie !  Avec mes amitiés.

 

12/12/2008

Le MCG se pose en victime mais est dépeint en arroseur arrosé

Grand Conseil genevois – Vendredi, trois députés du Mouvement citoyens (MCG) ont été exclus de la fin de la séance. Il était temps, estiment leurs collègues.

Dans « Le Courrier » sous la plume de Philippe Bach.


«Qui sème le vent, récolte la tempête». Vendredi soir, trois députés du Mouvement citoyens genevois (MCG) – Eric Stauffer, Henry Rappaz et Roger Golay – ont été expulsés, pour le reste de la séance, de l'enceinte du parlement genevois (voir Le Courrier du samedi 6 décembre). En cause, leur comportement jugé insultant à l'égard d'autre députés ainsi que du conseiller d'Etat Charles Beer. Parmi les reproches faits aux représentants du MCG, le plus grave est sans doute l'attaque ad personam d'une députée verte – Ariane Blum Brunier – accusée de n'être qu'une marionnette entre les mains de son époux – Christian Brunier – qui siège sur les bancs du Parti socialiste. D'autres députés en ont pris pour leur grade, comme l'élue démocrate-chrétienne Anne-Marie von Arx-Vernon.
Après deux interruptions de séance, aux alentours de 22h30, le président du Grand Conseil Eric Leyvraz a annoncé l'expulsion des trois députés. De fait, c'est ensuite l'ensemble du groupe, moins un député, qui a quitté la salle.


«Ivre du pouvoir»


Depuis, les communiqués – genre dont le MCG est friand – se succèdent. Après avoir claironné que «le président viticulteur du Grand Conseil [est] ivre du pouvoir qu'il a reçu!», le président du MCG, Eric Stauffer, a poursuivi crescendo. Il a demandé la démission du président du Grand Conseil dans un communiqué qui fait le lien entre cette décision et l'Espagne fasciste, ainsi qu'avec des républiques bananières. Avec aussi la menace d'une saisine de l'ONU.


Tournée des partis faite, il apparaît qu'aucune formation politique ne s'inscrit en faux contre la décision de M. Leyvraz. En l'occurrence, ce dernier a agi conformément au règlement et, surtout, il s'est appuyé sur l'avis du bureau du Grand Conseil pour décider de l'expulsion. Cet organe directeur, où tous les partis sont représentés, a voté à l'unanimité –moins la voix du MCG – l'expulsion des droits députés contestés.


Surtout, la décision prise à chaud est assumée par tous les partis. Franchement à droite où, globalement, on estime que la coupe était pleine «et débordait déjà», selon Philippe Guénat, chef de groupe udéciste. Certains estiment même que le président du Grand Conseil aurait pu sévir plus rapidement.


Avec davantage de retenue à gauche. Anne Emery-Torracinta, cheffe de la fraction rose, ne minimise pas la portée de l'acte et conclut que la réponse était proportionnée. En tous les cas si l'on se place dans la durée. En effet, des divergences peuvent apparaître sur la simple soirée de vendredi. Pris isolément, l'incident ne méritait peut-être pas une éjection de l'enceinte du parlement. Mais toutes les personnes interrogées relèvent que, depuis trois ans, le MCG, et plus particulièrement son président Eric Stauffer, jouent la carte de la provocation systématique et testent les limites du système. «A un moment, c'est comme avec les enfants, c'est le dernier qui fait une bêtise qui est puni pour les autres qui ont fait bien pire», selon Frédérique Hohl, chef du groupe radical.


«Il devait s'imposer d'emblée»


M. Leyvaz n'avait guère le choix, estiment les chefs de groupes. Récemment élu, il devait mettre au pas M. Stauffer. «Ce dernier m'a fait vivre un enfer pendant un an», raconte la présidente sortante du Grand Conseil, la socialiste Loly Bolay: «Il n'a eu de cesse de me dénigrer, de me traiter de dictateur.»


Et plusieurs députés de relever que le MCG a le procès facile, ce qui ne facilite pas les rapports sereins. Plusieurs plaintes ont été initiées contre des députés. La dernière en date est celle déposée hier contre M. Guénat pour avoir estimé, dans une interview, que les députés du MCG s'étaient comportés «comme des voyous».
Sur tous les bancs, on relève que le MCG s'arroge le droit d'user de qualificatifs peu flatteurs, voire insultants, à l'égard des autres formations, mais se montre particulièrement chatouilleux sur son propre honneur.

06:10 Publié dans Politique | Tags : mcg, genève | Lien permanent | Commentaires (0)