socialisme - Page 2

  • 1er Mai ...

    Je relis le discours,  que j'avais prononcé lors de la manif genevoise du 1er Mai 1996. 16 ans plus tard, il reste encore d'actualité ...

     

    Chères amies, chers amis,

     

    Aujourd'hui, la Fête, la belle Fête du travail, a un goût amer. En effet, comment ignorer la propagation du chômage, le développement de la pauvreté ou la montée du désespoir social ? La Suisse, 2ème pays le plus riche du monde, a pourtant le pouvoir de contrer ces fléaux. Ne rien entreprendre est un fatalisme inacceptable, une non-assistance aux personnes en danger social.

     

    De plus en plus, la droite se range aux côtés de l'aile dure du patronat. Le débat concernant la loi sur le travail l'a prouvé une nouvelle fois. Démolissant tout compromis, la majorité bourgeoise a choisi la voie dangereuse de la déréglementation en promouvant le développement du travail de nuit et du dimanche sans véritable compensation.

     

    En fait, la droite offre à ses amis patrons une arme contre les droits élémentaires des travailleuses et des travailleurs de ce pays. Dans un tel conflit, les blessures sociales risquent d'être très graves. Ainsi, cette loi odieuse permet par exemple au patronat :

              . d'exiger, sans autorisation, jusqu'à 500 heures supplémentaires par an et par employé-e;

              . de faire travailler le personnel la nuit sans aucun droit de compensation;

              . d'obliger le personnel de la vente à travailler six dimanches par an sans compensation.

     

    De plus, le travail de nuit débutera à 23 heures au lieu de 20 heures.

     

    Au nom de la mondialisation, du profit, de la performance et de la compétition tout est permis pour les détenteurs de l'économie. Le spectre du nouvel ordre mondial ne respecte que l'argent. L'être humain est réduit à une ressource, à un simple moyen de production que l'on jette sans vergogne pour délocaliser ou réorganiser.

     

    Dans trop d'entreprises, les conventions collectives sont cassées, les salaires bloqués ou diminués, les licenciements multipliés et le rythme du travail accéléré. Le stress, l'insécurité et la déprime forment désormais le quotidien de trop de travailleuses et travailleurs. Jusqu'à quand allons-nous accepter l'inacceptable ?

     

    Le monde du travail doit cesser de courber l'échine. Il doit prendre conscience de sa force. Les travailleuses et les travailleurs doivent se regrouper au sein des syndicats pour être plus puissants. Comprenons que sans nous, sans notre accord, le patronat ne peut rien entreprendre. Le personnel est la plus grande richesse qu'une entreprise peut avoir. Il est temps de durcir le ton et d'affirmer nos droits.

     

    La crise économique ne doit pas permettre n'importe quoi. Si le dialogue entre les partenaires sociaux - que nous avons toujours privilégié - n'est plus possible, nous utiliserons d'autres moyens pour faire entendre notre voix. Si l'arrogance patronale refuse de tenir compte de nos préoccupations, c'est bien dans la rue que nous porterons nos revendications.

     

    Evidemment, tous les patrons ne sont pas à mettre dans le même sac. Mes critiques visent ceux qui profitent de la conjoncture pour exploiter leur personnel, ceux qui ont cessé d'entreprendre pour abuser des mécanismes spéculatifs, ceux qui ont élevé la Bourse à l'état de temple. Cette logique financière est destructrice et violente. Elle appauvrit ici la population, affame le Tiers-monde et ruine l'environnement de la planète.

     

    Nous, nous voulons un développement économique maîtrisé au profit des êtres humains et des entreprises véritablement citoyennes. Nous voulons un pouvoir politique capable d'être un contre-pouvoir à cette folie spéculative.

     

    En Suisse, comme dans le monde, le nombre de fortunés augmente aussi vite que le désespoir social. Ceci n'est pas un hasard. La répartition des richesses est totalement inégalitaire. A Genève, 5 % des contribuables détiennent les 84 % de la fortune imposable.

     

    Or, cette société à deux vitesses n'est pas une fatalité. Refusons l'univers impitoyable des actionnaires et des spéculateurs, construisons l'avenir - notre avenir - sur des valeurs d'éthique, de justice et de partage.

     

    Pour lutter contre le chômage, la droite reste les bras ballants attendant désespérément le redémarrage de la croissance. Dans notre canton, depuis le début des années 90, plus de 30000 emplois ont disparu. Or le Conseil d'Etat monocolore ose affirmer dans les points soi-disant «positifs» de son bilan que «des entreprises de premier ordre s'installent à Genève et créent des emplois». Crier victoire dans ce domaine est d'une arrogance totalement indécente par rapport aux milliers de femmes et d'hommes qui cherchent désespérément un emploi. Certes il n'existe pas de remède miracle contre le chômage. Mais, ce n'est en tous cas pas l'inaction qui va nous permettre de sortir de la spirale du manque d'emplois.

     

    Ce n'est pas non plus la diminution des budgets de l'enseignement et de la formation qui va nous aider. Nous devons développer une politique d'innovation et d'imagination en la matière qui passera obligatoirement par un meilleur partage du travail, du temps libre et des richesses. Dans ce contexte, il y en a sept qui risquent bien de perdre leurs jobs à l'Hôtel-de-Ville.

     

    Genève a besoin d'une réelle politique en faveur de l'emploi. Les syndicats et la gauche ont émis plusieurs propositions allant dans ce sens. Cependant, la droite reste bien sourde à ces remèdes. Si seulement, les partis bourgeois et les milieux économiques mettaient autant d'énergie à combattre la crise, qu'ils en ont mis pour défendre les fortunés lors de la campagne sur les initiatives fiscales.

     

    Pour la droite, le chant des sirènes de l'ultracapitalisme retentit plus fortement que le bruit des soucis de la population. En cette période de dénigrement de l'être humain, la résistance contre l'ultralibéralisme n'est pas une réticence aux changements mais bien une résistance contre un retour en arrière. Nous ne voulons pas d'une société construite sur l'égoïsme, d'une jungle à la «De Pury ».

     

    Et ne nous laissons pas piéger par les tentatives de culpabilisation de nos adversaires. Savoir dire Non, défendre les acquis ne sont pas des combats ringards. S'opposer aux supporters de l'odieux «Livre blanc» - aux hooligans de l'argent - est au contraire une preuve de modernisme.

     

    Quand on apprend que le PDG de la société AT&T a empoché 20 millions de francs suisses l'an passé alors qu'il a parallèlement viré 40000 employés, comment ne pas dire : Stop ! Quand on sait que des sociétés distribuent des dividendes records alors qu'elles renvoient leurs employés par charrettes entières, comment ne pas dire : Trop c'est trop !

     

    Oui, nous en avons marre du culte de la rentabilité, de la loi de la compression du personnel. La résistance contre ces  drogués de la productivité est d'autant plus urgente que le risque de transformation de cette dictature économique en dictature politique n'est pas improbable. En effet, pour protéger leurs richesses indécentes, leur opulence face à ceux qui n'ont plus grand chose, les privilégiés sont tentés de recourir à l'Etat policier. Aux Etats-Unis, par exemple, les plus riches construisent désormais leurs propres villages, de petites cités presque idéales, qu'ils entourent de cordons sécuritaires.

     

    Après le mur de Berlin, c'est maintenant le mur de l'argent qui s'élève entre les différentes classes sociales. Combattre le capitalisme sauvage à présent, c'est défendre la liberté de demain! Mais, au-delà de notre force d'opposition, nous devons valoriser notre puissance de proposition afin de construire les bases d'une nouvelle société.

     

    La gauche, les syndicats, les associations, le mouvement social sont des réservoirs fantastiques d'idées novatrices. Imaginer le futur pour qu'il soit meilleur - pour qu'il soit ouvert à tous - est l'un des objectifs des forces de progrès. Changer la vie n'est pas un rêve révolu, une utopie irréaliste. C'est l'essence de notre combat. La sauvagerie du libéralisme économique doit être une parenthèse qui doit se refermer au plus vite. Cadences infernales, dégraissage, restructuration, chômage, exclusion : voici ce que nous offre le libéralisme économique. Ca suffit ! Cette façon de vivre n'est pas celle que nous désirons.

     

    Comme alternative, notre volonté est de mettre en place un projet solidaire qui place enfin l'être humain au centre de toute préoccupation. Nous repoussons la pensée unique du libéralisme économique. Nous ne nous laisserons pas enfermer dans un sectarisme idéologique, dans l'uniformisation des consciences bien rabotées dans le moule du capitalisme sauvage. Nous disons un Non ferme à ce prêt-à-penser institué par les nantis. Le progrès passe par la multiplication des idées, par la richesse de la différence et par les couleurs de la diversité.

     

    Le lancement d'un référendum contre la nouvelle loi sur le travail va parfaitement dans ce sens. Uni, décidé à défendre ses droits et à construire une économie différente, le monde du travail est maintenant en mouvement pour s'élever contre toutes ces injustices.

     

    Non à l'ultralibéralisme, Non au Nouvel Ordre mondial, Oui à la solidarité, Oui à une société plus humaine tels sont les messages que nous devons transmettre en ce jour de 1er Mai !

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  • Les socialistes romand-e-s mobilisé-e-s contre la hausse des caisses-maladie

    Les coûts de la santé ont augmenté de 1,8%. Les cotisations des caisses-maladie ont progressé parallèlement de 8,7%, tandis que les réserves financières de ces mêmes caisses s'accumulent sur le dos des assuré-e-s

     

    Hier, les socialistes romand-e-s, réuni-e-s à Morges, ont crié leur indignation et adopté un Manifeste pour une santé accessible à toutes et tous. Ce programme politique accompagne naturellement le projet socialiste de créer une caisse-maladie publique, transparente et axée sur la prévention. La Présidente de la Confédération helvétique, Micheline Calmy-Rey a rappelé que la santé était « un bien public », s'élevant contre les privatisations des services publics. La candidate socialiste genevoise Christine Serdaly Morgan a plaidé pour la solidarité entre les générations et un engagement fort en faveur de nos aîné-e-s. Les PS romands favorisent l'autonomie et un accompagnement convivial des personnes âgées.

     

    Dans ce monde de requins, les caisses-maladie dévalisent la population, sous le regard complice d'une grande majorité du parlement suisse, dont plusieurs de ses leaders siègent dans les conseils d'administration de ces assurances-maladie.

     

    La mobilisation des socialistes pour faire front  à cette santé spéculative et à deux vitesses est réjouissante. Présenter des projets conciliant solidarité et service public en matière de santé est un moyen sûr de sortir de cette spirale folle d'augmentations des cotis d'assurances-maladie, arnaquant la population suisse.

     

    Chaque section cantonale du PS a présenté aussi ses listes et ses ambitions pour les prochaines élections fédérales.

     

    En tant que responsable de la campagne genevoise, j'ai rappelé les objectifs du PS genevois : gagner une majorité de gauche au sein de la délégation genevoise au Conseil national, être le premier parti de Genève, remporter trois sièges au Conseil national et maintenir le duo efficace formé de Liliane Maury-Pasquier et Robert Cramer au Conseil des Etats.

     

    Pour réussir cette bonne recette politique, nous bénéficions de cinq très bons ingrédients : 1. Un programme politique innovant et des idées reflétant celles des Genevoises et des Genevois. Lors de tous les votes fédéraux d'importance, la majorité des Genevoises et des Genevois ont voté comme les socialistes. 2. Une liste de personnalités (Carlo Sommaruga, Maria Roth-Bernasconi, Manuel Tornare, Valérie Boillat, Loly Bolay, Jacques Robert, Christine Serdaly Morgan, Eric Peytremann et Françoise Joliat) compétentes et déterminées, présentes dans les associations, les syndicats, le mouvement social, bref à proximité des citoyennes et des citoyens. Cette liste est accompagnée, de plus, d'une liste de la Jeunesse socialiste, générant une dynamique prodigieuse, et d'une liste des Suissesses et des Suisses de l'étranger, montrant l'ouverture des socialistes sur le monde 3. Des alliances fortes, une gauche unie, capable de contrer l'arrogance de monde financier et de promouvoir un développement durable, équilibré et équitable. 4. Une campagne électorale forte, au cœur des quartiers, à l'écoute de la population. 5. Une bonne dose d'humour, prenant une distance saine avec le pouvoir, et prouvant que lorsque nous défendons le bonheur pour le plus grand nombre, l'amour de la vie est une condition.

     

    En écoutant les responsables de chaque parti cantonal, nous avons pu nous rendre compte de la force de conviction et du volontarisme de ce Parti socialiste, si utile pour défendre les intérêts de la grande majorité de la population.

     

    Et maintenant, en avant pour la victoire. Pour toutes et tous, sans privilèges !

     

    Christian Brunier, responsable de la campagne des élections fédérales du PS genevois

     

     

    Je questionne publiquement Micheline Calmy-Rey sur la situation en Syrie. « Micheline, pendant que nous sommes en congrès, le peuple syrien est dans la rue pour défendre les libertés et est massacré par un régime sanguinaire. Peux-tu nous dire ce qu'entreprend la Suisse pour soutenir ces mouvements démocratiques ? » La Présidente de la Confédération helvétique me répond que la Suisse proteste contre cette répression, applique toutes les mesures de pression décidées au niveau international et a rappelé son Ambassadeur.

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    Photo : Demir Sönmez
  • Nuit blanche avec les candidat-e-s socialistes genevois-es aux élections nationales

    Avec Olga Baranova et Arnaud Moreillon, nous questionnons les candidatures socialistes genevoises aux élections fédérales. :

    « Avec qui passerais-tu une nuit blanche ? »  

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  • Discours en Amérique latine

    Je lis les discours prononcés par Jean Jaurès en Amérique latine en 1911, préfacés par Jean-Luc Mélanchon et édités par Bruno Leprince dans la collection « Politique de gauche ». Entre mi-juillet et fin octobre 1911, le socialiste parcourut l’Argentine, le Brésil et l’Uruguay, un peu le même parcours que nous avons couvert, de façon bien plus raccourcie et beaucoup plus rapide, en 2009.

     

    Durant ce périple, il aligna les conférences et les discours regroupés dans cet ouvrage. Guidé par la liberté et la justice, Jaurès prit ses distances avec l’Eglise omniprésente sur le continent sud-américain : « Le christianisme proclamait l’égalité pour tous, mais au ciel. La Révolution et la démocratie, elles ont proclamé cette même liberté, cette même égalité, ici, sur cette terre et pour tous. »

     

    A travers ses déclarations, je ne peux que souligner l’avant-gardiste de cette personnalité, qui a façonné le socialisme démocratique et l’humanisme politique. Il portait un projet global, mélange de luttes pour défendre les êtres humains et d’idées novatrices pour créer un avenir plein d’espoir. A méditer au moment même où trop souvent la politique se résume aux slogans creux, au carriérisme personnel et aux petites phrases chocs.

     

     

    Au plus profond de votre cœur …

     

    Clôture de mon discours de lancement de la campagne des élections nationales devant l’Assemblée générale du Parti socialiste genevois :

     

    « Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, où que ce soit dans le monde. » Ce message est de Che Guevara et oriente nos perspectives. En AVANT pour que notre campagne soit porteuse de cette lutte et d’une belle victoire !

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    René Longet et Christian Brunier (Photo : Demir Sönmez)
  • La France voit la vie en rose, avec une composante verte comme l’espoir

    Au second tour des Régionales françaises, la gauche unie remporte une large victoire, porteuse d’espoir, dans ce pays où le régime en place joue avec les peurs et les thèses de la droite extrême.

     

    Commentant, l’échec du sarkozysme, l’UMP Jean-François Copé déclare qu’il faut revenir aux fondamentaux de la droite et voter, au plus vite, une loi contre la burqa. Que l’on soit pour ou contre une législation anti-burqa, il est sûr qu’une telle loi ne répondra aucunement aux grands problèmes de la France que sont le chômage, les défis écologiques, la crise du système de la santé ou la solidarité sociale. On croyait que la burqa cachait la femme, ce soir la burqa cache les erreurs de la droite française.

     

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