01/04/2013

Et si l’espoir s’appelait Martine …

« Ma priorité, je l'ai dit, c'est l'emploi, mais mon cap, c'est la croissance. »

François Hollande

 

Je me rappelle, il y a 10 mois, nous faisions la nouba à la Bastille, fêtant l’élection de François Hollande à la Présidence de la République française. L’alternance redonnait du souffle à la France. La gauche offrait un peu d’espoir. Les débuts du « Président normal » réconciliaient les Français avec le pouvoir, loin du côté « bling-bling » de Sarkozy.

 

Les lumières festives s’éteignirent. La crise remontra son nez. L’équipe Hollande, pluraliste, talentueuse, en parité au niveau des sexes se mit au boulot. Plutôt bien d’ailleurs. Le nouveau Président socialiste administra de la relance positive, dans le climat d’austérité européen. Les réformes commencèrent, nombreuses, parfois ambitieuses.

 

En 10 mois, je l’écris à contre-courant de ce qu’on peut lire un peu partout, le bilan est plutôt bon. Jugeons sur les actes … Blocage et contrôle des loyers, droit au mariage pour toutes et tous, loi contre le harcèlement sexuel, relance de la police de proximité, réforme des horaires scolaires pour tenir mieux compte des rythmes des enfants, nouveaux postes dans l’enseignement public, plafonnement des très hauts salaires dans les entreprises publiques, droit de la retraite à 60 ans pour les métiers pénibles, augmentation du SMIC, lancement d’un vaste programme de performance énergétique, programme de baisse des gaz à effet serre, retrait des troupes françaises d’Afghanistan, frein à l’intégrisme au Mali, 

 

10 mois, c’est extrêmement court en politique. Pourtant, le droit d’inventaire dresse une liste conséquente de premières avancées.

 

Certes la crise est pénible, s’étend sur toute l’Europe comme une nappe de pétrole sur la mer. Les messages continuellement négatifs affolent les épargnants. La crise psychologique renforce sévèrement la crise réelle. Les courbes du chômage et du pouvoir d’achat n’ont pas encore été inversées. Là encore, plusieurs actions énergiques sont mises en place pour contrer ces régressions : Pacte de compétitivité, contrats d’avenir et de génération, fiscalité plus équitable, choc de simplification des démarches administratives des entreprises.

 

Malgré ces concrétisations, la popularité de François Hollande est au plus bas. Celle de son gouvernement n’est pas meilleure. Cette majorité est incapable de « vendre » ses succès, communique mal avec le peuple de France et n’arrive pas à battre en brèche la déprime régnant sur l’Hexagone.

 

Le gouvernement français a besoin d’un électrochoc pour refaire battre le cœur des Françaises et des Français. Et si l’espoir s’appelait Martine ?

 

Jean-Marc Ayrault est intègre et bosseur. Au-delà de ses qualités remarquables, nous sommes forcés de reconnaître qu’il ne fout pas le feu et ne fait pas rêver dans les chaumières. A chaque fois qu’il s’exprime, j’ai l’impression qu’il pleut dehors. Il est un peu trop normal pour sortir la France de l’ornière, pour générer l’enthousiasme. Le changement de Premier ministre s’impose pour François Hollande, Ayrault pouvant retourner à Nantes, ville qu’il a dynamisée magnifiquement.

 

Martine Aubry s’impose dans le casting. Energique, pleine d’idées, proche de la population, au langage franc, parfois secouant, peut s’avérer un excellent défibrillateur pour la République. Cette femme de caractère est celle, ne l’oublions pas, alors patronne du PS, qui a amené ce parti à la victoire. Le pari n’était pourtant pas gagné.

 

La principale locomotive de la victoire du PS est certainement la mieux placée pour redonner du pep au gouvernement de gauche de la France et à François Hollande lui-même. La femme est l’avenir de l’homme. Martine Aubry est peut-être l’avenir de Hollande.

 

Christian Brunier,

ancien Député et Président du Parti socialiste genevois, franco-suisse

 

18:35 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1)