17/01/2015

« Restons Charlie ! Abrogeons le délit de blasphème sur tout le territoire de la République »

 

En tant que binational (franco-suisse), je signe la pétition « Restons Charlie ! Abrogeons le délit de blasphème sur tout le territoire de la République »

 

 

 

8 membres de la rédaction de Charlie-Hebdo et 1 policier chargé de les protéger sont morts pour la liberté d’expression dans un attentat qui a fait 3 autres victimes. En France, cette liberté fondamentale implique le droit de critiquer les religions, et de les tourner en dérision. Ce que les dogmes religieux appellent « blasphème » est relatif aux seuls adeptes d’un culte donné, et ne saurait donc s’appliquer à l’ensemble des citoyens. Le blasphème est non seulement inconnu du droit de la République, mais légitime et autorisé. Seules sont interdites et sanctionnées pénalement les attaques contre les personnes ou les groupes de personnes, quand elles revêtent un caractère diffamatoire, raciste, antisémite, xénophobe, ou discriminatoire.

 

 

 

Or nous rappelons qu’il subsiste encore, dans les départements d’Alsace et la Moselle, un « délit de blasphème », vestige dans le « droit local des cultes » de l’occupation bismarckienne de 1870. Il est toujours prévu et réprimé par l’art. 166 du droit pénal local.

 

 

 

Nous, soussignés, exigeons l’abrogation immédiate, par voie législative, de ce délit de blasphème dérogatoire aux lois de la République, et à jamais lié à la justification prétendue de meurtres barbares.

 

 

 

Une telle abrogation ne porterait aucunement atteinte au libre exercice des cultes, puisque celui-ci est garanti partout en France par la Constitution et la loi du 9 décembre 1905. Cet acte hautement symbolique nous paraît un devoir minimal du Parlement et du Gouvernement français, à l’égard de la mémoire des victimes de la liberté d’expression, saluée le 11 janvier par des millions de personnes. Mettre fin à cette dérogation locale potentiellement meurtrière aura en même temps la valeur d’une réaffirmation, pour l’ensemble du territoire, de la portée des libertés républicaines.

 

 

 

http://www.ufal.org/les-campagnes-de-lufal/restons-charlie-abrogeons-le-delit-de-blaspheme-sur-tout-le-territoire-de-la-republique/

 

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11/01/2015

Photo prise sur la Place de la République à Paris ...

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07/01/2015

Esprits libres, nous sommes toutes et tous « Charlie » !

 

« L’amour plus fort que la haine. »

 

Charlie Hebdo

 

 

 

Il y quelques semaine Sophia Aram écrivait : « Sans Charlie, la connerie deviendrait insupportable. » Depuis ce matin, la connerie est devenue insupportable. Charb, Cabu, Wolinski, Tignousse, Bernard Maris ... et les 7 autres, on les aimait ou pas. Moi, je les aimais. Il symbolisait pour moi le talent pamphlétaire, libérateur des sociétés modernes. Je les lisais ou admirais leurs dessins, chaque semaine. D’accord ou pas avec eux, il poussait à la réflexion, la provocation étant l’oxygène des libertés. Des promoteurs de la haine les ont exterminés, réduisant la parole vivante à néant. Face à ce poison d’intolérance, certains sont tentés de réagir, eux aussi, par l’agressivité. Un rejet, par révolte, par vengeance, voire pire, par récupération politique. Et là, le festival de stigmatisation se met en branle. Stop ! Nos amis humoristes sacrifiés sur l’autel de la dérision n’ont jamais voulu de tels comportements. Au contraire, toutes leurs vies, toutes leurs œuvres ont combattus ce type de comportements. Ils ont prôné le verbe acerbe, mais toujours la non-violence, l’acceptation des autres, l’antiracisme, la liberté de croyance et surtout d’expression. Oui, ils se sont moqués des religions, de toutes les religions, sans exception, éprouvant de fortes sympathies pour l’anticléricalisme et prônant l’incroyance. Ils ont combattu les totalitarismes religieux, comme les dogmes politiques, épris d’esprits libérés de toute contrainte. La liberté de ne pas croire ! Evidemment, ils usaient de l’impertinence, jouaient avec les limites pour secouer les consciences, jamais avec intolérance. Cette équipe a toujours été promotrice de l’humain et de ses droits. Honorer leur mémoire, c’est vouloir la paix. Valoriser leurs valeurs, c’est unir les êtres humains, et non pas les diviser. Pour combattre l’immonde, il faut valoriser le beau et le bon. Pour barrer la route à la bêtise, il faut promouvoir la culture et l’éducation. Pour lutter contre la violence terroriste, il faut se réapproprier l’esprit de Charlie, pas celui de Zemmour ou de le Pen. Si la barbarie a frappé « Charlie Hebdo », c’est bien parce que ce courant libertaire dérangeait le côté sombre de notre société. Nous devons apprendre de lui et ne jamais tomber dans l’obscurantisme pour s’opposer à la connerie humaine. Merci les rebelles, nous avons tant à apprendre de vous.


Christian Brunier

 

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28/12/2014

C’était vraiment mieux avant ?

 

« Ne dites pas c’était mieux avant. Dites : Il faut que ce soit mieux après. »

 

Jean Daniel

 

 

 

Nous entendons sans cesse des gens idéaliser le passé. Le refrain sempiternel « C’était mieux avant » est à la mode. Cependant une société axée sur le passé se prive de se concentrer sur l’essentiel : Construire une société future meilleure ! A force de regarder dans le rétroviseur, nous nous empêchons d’avoir de l’ambition pour les années à venir.

 

 

 

Cette glorification passéiste est d’autant plus surannée que le siècle s’étant écoulé est peu glorieux : les deux seules guerres mondiales au passif de l’humanité ; la folie nazie et la démence stalinienne ; les régimes sanguinaires de Pol Pot, Franco ou Pinochet ; les guerres en Algérie, au Viêt-Nam, au Rwanda, en Tchétchénie ou en Bosnie ; …

 

 

 

La vraie vie donne heureusement une image du présent et de l’avenir bien plus réjouissante que celle présentée par les médias et les discussions déprimées des passéistes.

 

 

 

Selon le site historique Herodote.net, ces dernières décennies sont tendanciellement nettement plus pacifiques que les antérieures. Seule la sur-médiatisation accroît ce climat guerrier.

 

 

 

Même constat sur la violence dans notre société. La plupart des gens ont l’impression qu’elle augmente considérablement. Un meurtre de l’autre côté de la planète et l’info arrive immédiatement sur nos médias électroniques. Néanmoins, dans la plupart des pays, les homicides baissent sensiblement. En France, par exemple, pays où la population évoque l’insécurité constamment, les assassinats ont chuté entre 2000 et 2010 de 35%, passant de 1'051 à 682. En Suisse, le taux d’homicides intentionnel a passé de 1,3 pour 100'000 habitant-e-s dans les années 80 à 0,42 en 2013.

 

 

 

Au niveau social, la pauvreté reste insoutenable et les inégalités augmentent de manière indécente. Toutefois, le nombre de personnes vivant sous le seuil d’extrême pauvreté dans le monde s’est réduit de 1,9 à 1 milliard de personnes durant ces 20 dernières années, alors que la population a augmenté grandement.

 

 

 

Sans cesse, j’entends des gens évoquer l’inculture des jeunes. Là encore, la démagogie règne. Le taux d’analphabètes dans le monde a passé de près de 37% en 1970 à 24% aujourd’hui. Le nombre de personnes formées progresse de manière gigantesque.

 

 

 

Naturellement, les problèmes de la planète restent importants. L’apologie du passé est pourtant très simpliste et ne résout aucun problème d’avenir. Bien au contraire, c’est une nuisance ! Un peu d’optimisme et d’idéalisme permettraient de vivre plus positivement, mais surtout de tenter de construire un monde meilleur. Vouloir progresser devrait être la seule ambition afin de pousser l’humanité vers le progrès, d’offrir du mieux aux générations futures.

 

 

 

Christian Brunier

 

07/10/2014

Cities of the Future

 

 

Le SIGEF 2014 accueillera un ensemble d'organisations (ONGs, Fondations et Associations) des intervenants et des participants dont la contribution dans les domaines des arts, de la technologie, de l’action humanitaire, du développement international, de la philanthropie ou de la responsabilité sociale suscite l’émulation. Il vise à paver la voie à des actions mondiales qui offrent des réponses concrètes aux défis auxquels l’humanité est aujourd’hui confrontée, ainsi qu’au déploiement de stratégies sociales qui améliorent la capacité de la société à agir et aller de l’avant.

 

 

 

22 octobre 2014 : Conférence de Christian Brunier, Directeur général de SIG, sur le thème :

 

Les énergies propres, vecteur des villes du futur

 

 

 

«Les villes du futur seront faites de développement durable, de citoyenneté participative, de réseaux sociaux et de technologies nouvelles. Nous avons le devoir de les construire »

 

 

 

Christian Brunier, né en 1963, est un ancien homme politique et dirigeant d’entreprise genevois passionné par les questions énergétiques et les nouvelles cultures de travail. Directeur général de SIG (Services Industriels de Genève) depuis avril 2014, Christian Brunier inscrit son action dans la voie de la transition énergétique, avec une forte exigence éthique et un respect scrupuleux des principes du développement durable. Président de parti, conseiller municipal, député, sa carrière politique fut celle d'un homme de convictions. Convictions qui restent ancrées en lui, mais que cet optimiste lucide souhaite aujourd'hui mettre au service d'une vision de l'avenir qui transcende les dissensions partisanes.

 

 

 

Inscrivez-vous :

 

https://www.sigef2014.com/portfolio-item/attendees-registration/

 

19/09/2014

Chaire en efficience énergétique

 

Mon discours à la Faculté des sciences - Institut des sciences de l’environnement - Université de Genève, à l’occasion de l’inauguration de la chaire en efficience énergétique :


Madame la Conseillère Fédérale, Madame la Conseillère d’Etat, Mmes et M. les député-e-s, Monsieur le Recteur de l’Université, M. le Professeur de cette belle chaire universitaire, Mesdames et Messieurs, Cher-ère-s ami-e-s,


A mon tour, je vous souhaite la bienvenue à ce bel événement.

SIG est active depuis de nombreuses années dans les champs du développement durable et de l’efficience énergétique. Nous avons initié la gamme SIG Vitale de produits électricité. Grâce à l’impulsion de ces produits verts, l’énergie fournit, à Genève par SIG, comprend 0% de nucléaire, est 100% traçable, est totalement certifiée et à 93% renouvelable. Nous avons lancé le gaz vert, dont le CO2 est totalement compensé. Nous menons l’un des programmes d’économies d’énergies les plus performants d’Europe, à travers éco21. Bref, le Développement durable beaucoup en parle, nous, nous en faisons. 

Mais, si nous atteignons ces objectifs, c’est grâce à notre clientèle qui s’engage en faveur d’un monde plus durable et équilibré. Nous sommes son partenaire d’énergies local et bio, à l’image de ce qui se passe dans l’agro-alimentaire. Cet engagement sincère et déterminé a été salué notamment à travers l’obtention de plusieurs Watts d’Or, distinction des meilleures performances énergétiques décernée par de l’Office Fédéral de l’Energie, et de Prix solaire suisse.

Cette expérience nous permet d’identifier les principaux moteurs de la transition énergétique. Le menu doit se composer tout d’abord :

 

  1. d’une forte volonté politique. Celle-ci ne manque pas, tant au niveau Suisse avec le projet de Stratégie énergétique 2050 que SIG soutient, qu’à Genève avec le plan de législature du Conseil d’Etat qui définit comme prioritaire l’atteinte d’une société à 2000W sans nucléaire vers 2050, ce qui revient à diviser par 2 notre consommation d’énergie d’ici 35 ans ;

     

  2. des moyens financiers pérennes. Pour l’instant le modèle d’affaires permettant de considérer l’efficience comme une ressource à activer en priorité est en discussion tant au niveau fédéral qu’au niveau cantonal. Nous ne réussirons pas cet énorme défi sans définir des modèles économiques soutenant cette dynamique politique, tant au niveau des programmes d’efficience énergétique que de la promotion des énergies renouvelables. L’adéquation entre ambition et moyens doit être au rendez-vous pour réussir ;

     

  3. des talents, des professionnels de haut niveau dans des champs d’activités nouveaux et de la recherche permettant de disposer de technologies et concepts innovants.

 

C’est autour de ce dernier point que nous avons souhaité renforcer notre partenariat avec l’Université de Genève en soutenant cette chaire d’efficience énergétique. J’aimerais rappeler que son financement est réalisé sur 2 axes : un dédié à la chaire en préservant totalement la liberté académique, l’autre sous forme de mandats de recherche pour financer des projets répondant à des besoins spécifiques identifiés par SIG pour la collectivité genevoise.

 

SIG, c’est aujourd’hui 1700 collaboratrices et collaborateurs au service du confort de la population genevoise, au service de la compétitivité des entreprises et organisations de la place, porteurs des valeurs de service public et de développement durable.

 

Ce qui nous tient à cœur est principalement de :

 

  • Diminuer les surconsommations inutiles des Genevoises et Genevois, ainsi que les factures associées ;

  • Participer à la création de richesses et d’emplois au niveau local ;

  • Renforcer la sécurité d’approvisionnement énergétique du canton. 

 

Aujourd’hui nos sociétés sont à un tournant énergétique majeur. Nous sommes convaincus que ce partenariat SIG-Université de Genève sera une pièce maîtresse qui permettra à Genève de gagner le défi de la transition énergétique.    

 

Rappelons-nous que le KWh le plus écologique et le moins cher, est celui que nous ne consommons pas.  Alors osons, nous engager dans cette voie, celle d’un avenir durable pour les générations futures.                                                                         

 

Christian Brunier, Directeur général de SIG

 


 

14/07/2014

Optiwatt, un bel outil d’économies durables pour les PME

Les entreprises responsables doivent construire leur avenir en trouvant le juste équilibre entre les dimensions économiques, sociales et environnementales. A leur portée, une pépite est souvent inutilisée : l’économie d’énergies ! Rudy Provoost dan son ouvrage « Energie 3.0 » affirme : « Dans l’ensemble des pays développés, 20 à 30 % de l’énergie consommée annuellement pourrait être économisée grâce aux technologies actuelles. » Sans perte de confort, nous pouvons économiser de l’argent, tout en faisant du bien à la planète.

 

SIG a lancé, en 2007, un vaste programme d’économies d’énergies : éco21. Son but est d’aider les Genevoises et les Genevois à réduire leurs émissions de CO2 en optimisant leurs consommations d’énergies.

 

Dans cette dynamique bénéfique à la préservation du climat et des ressources naturelles, éco21 a créé Optiwatt, un produit aidant les petites et moyennes entreprises à consommer mieux et moins leurs énergies. Pour chaque kilowattheure économisé, Optiwatt de SIG offre une prime de 21 centimes, à concurrence de 50% de l’investissement. A cette incitation financière s’ajoutent la mise à disposition d’un outil informatique en ligne et de conseils personnalisés, par téléphone, donnés par un-e expert-e éco21.

 

Deux autres prestations sont déclinées dans la gamme Optiwatt : Optiwatt éclairage performant et Optiwatt Offre froid professionnel.

 

Optiwatt éclairage performant, nouveau-né créé en février 2014, encourage au remplacement ou à l’optimisation des installations d’éclairage. Pour réussir ce défi, SIG réalise, dans les PME, un audit gratuit des installations d’éclairage, propose un projet personnalisé de rénovation et en assure la supervision des travaux et un contrôle qualité, puis offre 21 centimes par kWh  économisé.

 

Optiwatt Offre froid professionnel est une solution offerte aux petits commerces d’alimentation et aux cafetiers-restaurateurs. L’objectif est d’inciter au remplacement des appareils de froid professionnel peu performants. Sélection d'appareils haute performance énergétique en partenariat avec Topten et prime de 200 CHF à 1'000 CHF par appareil sont les moyens engagés pour réussir cette ambition.

 

Réduire le montant de sa facture et ses consommations énergétiques est un beau mariage en faveur du développement durable. Dirigeantes et dirigeants de PME, Optiwatt est un programme bénéfique pour votre entreprise, comme pour notre planète. N’oublions jamais que le kilowattheure le moins polluant et le moins cher est, tout simplement, celui que nous ne consommons pas.

 

Pour en savoir davantage : http://www.eco21.ch/eco21.html

05/02/2014

La félicitation, pour valoriser ses collaboratrices et collaborateurs

« Soyons reconnaissants aux personnes

qui nous donnent du bonheur ;

elles sont les charmants jardiniers

par qui nos âmes sont fleuries. »

Marcel Proust

 

Lorsque l’on évoque les outils de management capables de remercier et de motiver le personnel, très vite, souvent trop vite, on évoque la rémunération et les conditions sociales. Ces éléments sont évidemment essentiels et vitaux. Toutefois, d’autres moyens existent tels que les possibilités de formation, les gratifications, un cadeau ou simplement un petit merci.

 

Eh oui, trop de cadres oublient simplement de dire, de temps en temps, un merci lorsque l’une de leurs collaboratrices ou l’un de leurs collaborateurs effectue un effort particulier.

 

Féliciter, c’est reconnaître un mérite, c’est communiquer sa satisfaction, c’est donner un signal positif. C’est tout simplement un geste de respect. Et le respect, ça change la vie !

 

Comme dit le proverbe russe : « Un mot aimable est comme un jour de printemps ! »

 

Un merci génère de la motivation et crée du positif dans le parcours professionnel, comme dans la vie.

 

Valoriser son personnel, reconnaître son mérite, est l’un des devoirs du manager.

 

Cette forme d’encouragement peut prendre plusieurs formes. Par oral, le cadre créera du contact, mais ne laissera pas de trace, à moins de faire ajouter cette félicitation dans un PV de séance. L’écriture d’un message de congratulation ne créera pas la rencontre, mais sera gravée sur le papier.

 

Peu coûteux pour l’entreprise, ce « merci » est un outil de management pouvant rapporter gros pour le personnel comme pour l'entreprise. Servons-nous en !

12/01/2014

Ne jamais banaliser le racisme et l’antisémitisme

« Ecoutez, je ne peux pas vous dire que Dieudonné n’est pas antisémite, ça c’est clair. Quand je vois les vidéos, les interviews qu’il fait, c’est clair qu’il y a vraiment un problème

par rapport aux juifs. »

Elie Semoun

 

« Pour moi, les Juifs, c'est une secte, une escroquerie. C'est une des plus graves parce que c'est la première. » ; « Quand j'entends Patrick Cohen, je me dis, les chambres à gaz ... Dommage ! » ; « Etant donné que le noir dans l'inconscient collectif porte la souffrance, le lobby juif ne le supporte pas parce que c'est leur business ! Maintenant, il suffit de relever sa manche pour montrer son numéro et avoir droit à la reconnaissance. » Voici quelques exemples de propos abjects tenus par Dieudonné. Qui peut prétendre que ses inepties représentent une forme d’humour ? Rien à voir avec les provocs de Pierre Desproges ou les gags de Coluche, même les plus durs. Les déclamations de Dieudonné sont une vomissure de haine. De l’antisémitisme à l’état le plus dégoutant. Dans le Journal du Dimanche (JDD), Dieudonné salissait, une fois de plus, les Juifs en leur collant l’étiquette de « négriers reconvertis dans la banque ». Dans l'une de ses vidéos, l’ancien humoriste, enfermé désormais dans une sorte de sectarisme du complot, plongeait dans le sordide et transformait une chanson d’Annie Cordy, « Chaud cacao » en « Shoah nanas ». Ce propagateur d’idées nauséabondes a même osé qualifier la Shoah de « pornographie mémorielle ». Toujours plus ignominieux, Dieudonné a balancé : « Dans les livres de classe de mes enfants, j’ai arraché les pages sur la Shoah. » A plusieurs reprises, ce triste individu a été condamné pour ses déclarations antisémites.

 

En sus de ses mots exprimant son intolérance, ses amitiés prouvent son engagement sur les terrains de la malveillance. Rappelez-vous les courbettes qu’il réalisait devant le tyran iranien Mahmoud Ahmadinejad ou les leaders du Hezbollah. Ses sympathies pour le clan Le Pen s’inscrit dans le même registre. De son voyage au Cameroun avec Jany Le Pen, la femme de celui qui ironise sur les fours crématoires, à sa participation à la Fête du Front national du Bourget, les liens de Dieudonné sont forts avec les milieux d’extrême-droite. A ses côtés, parmi ses proches ou dans les salles de ses spectacles ségrégationnistes, on y croise toutes les figures de l’extrémisme et des thèses excessives : Ginette Skandrani, éditrice exclue des Verts pour antisémitisme ; Serge Thion, renvoyé du CNRS pour négationnisme ; l’écrivain Thierry Meyssan, polémiquant sur les attentats du 11 septembre et défendant nombre de dictateurs, comme Bachar el-Assad ; Mohamed Latrèche, Président d’un Parti fondamentaliste, sympathisant du Hamas et du Hezbollah ; Marc Georges, responsable frontiste, proche du régime baasiste irakien, s’affirmant « judéophobe » ; Frédéric Châtillon, ancien chef de file du Groupe Union Défense (GUD), organisation étudiante de la droite extrême ; Kémi Séba, racialiste noir, antisémite, condamné pour incitation à la haine raciale ou Alain Soral, cadre du Front national, plume de Le Pen, anti-féministe et anti-homosexuel. Une belle brochette de personnages sordides, élevant, en religion, la rancune envers les autres.

 

Lorsque Bruno Gollnisch fut exclu, pour cinq ans, de l’Université de Lyon-III pour avoir tenu des propos controversés sur les chambres à gaz nazie, Dieudonné se solidarisa avec ce prof falsificateur de l’histoire.

 

Sur un plateau de TV, Dieudonné joua un « sketch » mettant en scène, comble du mauvais goût, un rabbin nazi, hurlant « Heil Israël ». La mémoire des millions de morts des camps nazis était lamentablement humiliée.

 

Dieudonné poussa l’immonde à son paroxysme en faisant monter sur scène, lors de l’un de ses show, Robert Faurisson, tristement célèbre pour nier l’existence des chambres à gaz nazie. Ce faussaire de faits avérés a été condamné à de multiples reprises pour contestation de crime contre l’humanité et incitation à la haine raciale. Le public de Dieudo a assisté, ce soir-là, à un plébiscite de l’infâme.

 

Pierre Desproges, tout en subtilité, a cessé de plaisanter sur le peuple juif lorsqu’il a perçu quelques rires s’exprimer au premier degré, incapable de percevoir l’antiracisme de fond de Desproges. Dieudonné, lui, se réjouit de ces rires grossiers, aveuglé par sa volonté de discriminer certains milieux. Les rangs hilares de ceux s’amusant des gags racistes le dopent.

 

Le rôle des humoristes est de faire avancer les libertés et de propager la réjouissance. Les équipes d’Hara-Kiri ou de « Charlie Hebdo », les Siné, Bedos, Coluche, Desproges, Jean Yanne, les Nuls, ou les Guignols de l’info ont repoussé la frontière des interdits, joué avec l’irrévérence, secoué le politiquement correct. Jamais, ils n’ont utilisé la dérision pour prôner des idées de haine. Les propos racistes sont un délit, pas un droit d’expression. Il y a une trentaine d’année, lorsque j’étais un jeune adulte, jamais de telles dérives n’auraient été acceptées. La mémoire de la Seconde Guerre mondiale était encore très vivante. L’oubli nous guète. Sous le couvert d’une sorte de liberté d’expression, on tolère l’intolérable. On voit désormais des portraits de Mussolini dans certains magasins en Italie. On accepte, dans les démocraties, des affiches politiques rappelant celles des mouvements fascistes d’antan. On rie aux propos de Dieudonné. Le fascisme se banalise.

 

Dieudonné a pris en otage l’humour. Il faut le libérer. La sortie de ce kidnapping passe par l’interdiction de ses « spectacles » qui ne sont que de la promo de doctrines à ranger définitivement dans les poubelles de l’histoire. Nicolas Bedos paraphrasant Desproges m’offre le meilleur mot de la fin : « On a le droit de rire de tout, avec n’importe qui, si on n’est pas n’importe qui ! »

 

Christian Brunier

27/12/2013

Art nouveau au Palais Lumière d’Evian

Le Palais Lumière d’Evian, ce site enchanteur, présente un fonds d’Art nouveau appartenant au Musée départemental de l’Oise de Beauvais. Cette expo artistique a pour objectif de montrer que l’Art nouveau est dans tout. Ce courant d’art révolutionnaire, de rupture entre le 19ème et le 20ème siècle, a impulsé une légèreté de vivre dans tous les registres de la vie : la peinture, la sculpture, la céramique, la musique ou la littérature, mais aussi dans l’architecture, l’ameublement et les objets du quotidien.

 

Dans cet étalage de fantastiques créations, la salle à manger de l’architecte-décorateur belge Gustave Serrurier-Bovy et du français Henry Bellery-Desfontaines avec son décor peint par Henri Martin est l’une des apothéoses.

 

Cet Art nouveau naquit en réaction au classicisme qui figeait la créativité. Cette culture de la liberté s’opposa aux convenances entravant l’innovation artistique. L’érotisme et l’éloge de la nature firent leur apparition comme des actions de transgression. L’Art nouveau fut le Mai 68 de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème.

 

Coup de cœur de ma part pour la toile de Jean-Francis Auburtin « Pins maritimes - Porquerolles », un merveilleux paysage du sud de la France, éclairé d’une lumière ultra romantique.

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