Liberté

  • Salman Rushdie a le droit à la liberté

    « Au nom de Dieu tout puissant. Il n'y a qu'un Dieu à qui nous retournerons tous. Je veux informer tous les musulmans que l'auteur du livre intitulé Les Versets sataniques, qui a été écrit, imprimé et publié en opposition à l'Islam, au Prophète et au Coran, aussi bien que ceux qui l'ont publié ou connaissent son contenu, ont été condamnés à mort », lâchait, le 14 février 1989, il y a juste 27 ans, l’Ayatollah Rouhollah Khomeini, guide de la Révolution islamique iranienne, sur les ondes de Radio Téhéran. La fatwa à l’encontre de l’écrivain, d’origine musulmane, Salman Rushdie était lancée. Quel crime avait commis cet artiste pour mériter la mort ? Simplement le fait de publier un ouvrage jugé irrévérencieux envers l’Islam et Mahomet. Cet écrit de fiction se veut plutôt une histoire complexe, teintée parfois d’humour et de sexualité, prônant un islam de discussion et de progrès. Affrontant le bien avec le mal, Rushdie évoque, à travers un style littéraire original, ses rêves et ses hallucinations. Ce roman est, de surcroît, prophétique, vu notre actualité, mettant en garde contre la montée du fanatisme religieux. Mais, cet écrit dépeint finalement peu l’Islam, se résumant à une fiction bien éloignée de toute religion. Brocarder la dérision semble, cependant, peu compatible avec l’esprit des écrits musulmans. L’humour fait partie de l’ADN de la religion musulmane, n’en déplaise aux assassins de « Charlie Hebdo ». Ahmad El-Shaf’ei, sur le site Web de « Musulman productif.com », le prouve avec talent : « L’Islam est descendu sur terre pour guider les gens vers un meilleur comportement en enjoignant à la maîtrise de soi. Ainsi, en s’amusant, on prouve que nous ne sommes ni moroses, ni malheureux. » Les exemples du caractère joyeux de Mahomet sont pléthoriques, lui qui avait, selon plusieurs écrits, toujours le sourire. Layla Labidi a même consacré un ouvrage sur cette thématique, intitulé « L’humour en Islam ». Elle y présente un Mahomet, très humain, qui usait du rire et de l’humour pour mobiliser ses adeptes afin de raffermir leur foi et leur détermination. Accuser l’ouvrage de Salman Rushdie de dérive au niveau de la sexualité paraît tout aussi étonnant. Effectivement, la religion musulmane, dans ses écrits fondateurs, ne tenaille pas la sexualité. Au contraire, le plaisir sexuel se retrouve en bonne place dans bien des écrits islamiques. Martine Gozlan dans son ouvrage « Le Sexe d’Allah » appuie cette thèse : « Le Coran est là-dessus très causant. La Sunna - la tradition islamique - volubile. Les biographes autorisés sur Mahomet intarissables. Le sexe du Rassoul, l’envoyé de Dieu, mais aussi celui des croyants et des croyantes, occupe une place centrale dans un Islam aussi gaillard que guerrier. » La religion musulmane est l’une des rares religions à évoquer le plaisir sexuel, assez librement. L’homme de plume Tahar Ben Jelloun, prônant un Islam d’ouverture, donne son avis sur cet appel au meurtre contre Rushdie : « Ce qu’il faut dire à ces foules qu’on a poussées dans les rues d’Iran, de Pakistan et d’ailleurs, c’est qu’un écrivain est un homme libre, qu’une fiction est de l’imagination et non la réalité, que la culture est aussi essentielle à l’homme que le pain, que la critique est libre aussi et que sans tolérance la vie ensemble est impossible. » En 1999, l'État iranien a annoncé qu'il renonçait à appliquer la fatwa, ce qui n’empêche pas l’auteur indien à vivre toujours dans un haut niveau de danger et sous une protection rapprochée asphyxiant sa liberté. « Ne tuez pas la personne humaine car Allah l’a déclarée sacrée », dit le Coran. Il suffirait simplement d’appliquer ce verset pour que certains deviennent moins sataniques.

  • « Restons Charlie ! Abrogeons le délit de blasphème sur tout le territoire de la République »

     

    En tant que binational (franco-suisse), je signe la pétition « Restons Charlie ! Abrogeons le délit de blasphème sur tout le territoire de la République »

     

     

     

    8 membres de la rédaction de Charlie-Hebdo et 1 policier chargé de les protéger sont morts pour la liberté d’expression dans un attentat qui a fait 3 autres victimes. En France, cette liberté fondamentale implique le droit de critiquer les religions, et de les tourner en dérision. Ce que les dogmes religieux appellent « blasphème » est relatif aux seuls adeptes d’un culte donné, et ne saurait donc s’appliquer à l’ensemble des citoyens. Le blasphème est non seulement inconnu du droit de la République, mais légitime et autorisé. Seules sont interdites et sanctionnées pénalement les attaques contre les personnes ou les groupes de personnes, quand elles revêtent un caractère diffamatoire, raciste, antisémite, xénophobe, ou discriminatoire.

     

     

     

    Or nous rappelons qu’il subsiste encore, dans les départements d’Alsace et la Moselle, un « délit de blasphème », vestige dans le « droit local des cultes » de l’occupation bismarckienne de 1870. Il est toujours prévu et réprimé par l’art. 166 du droit pénal local.

     

     

     

    Nous, soussignés, exigeons l’abrogation immédiate, par voie législative, de ce délit de blasphème dérogatoire aux lois de la République, et à jamais lié à la justification prétendue de meurtres barbares.

     

     

     

    Une telle abrogation ne porterait aucunement atteinte au libre exercice des cultes, puisque celui-ci est garanti partout en France par la Constitution et la loi du 9 décembre 1905. Cet acte hautement symbolique nous paraît un devoir minimal du Parlement et du Gouvernement français, à l’égard de la mémoire des victimes de la liberté d’expression, saluée le 11 janvier par des millions de personnes. Mettre fin à cette dérogation locale potentiellement meurtrière aura en même temps la valeur d’une réaffirmation, pour l’ensemble du territoire, de la portée des libertés républicaines.

     

     

     

    http://www.ufal.org/les-campagnes-de-lufal/restons-charlie-abrogeons-le-delit-de-blaspheme-sur-tout-le-territoire-de-la-republique/

     

  • Esprits libres, nous sommes toutes et tous « Charlie » !

     

    « L’amour plus fort que la haine. »

     

    Charlie Hebdo

     

     

     

    Il y quelques semaine Sophia Aram écrivait : « Sans Charlie, la connerie deviendrait insupportable. » Depuis ce matin, la connerie est devenue insupportable. Charb, Cabu, Wolinski, Tignousse, Bernard Maris ... et les 7 autres, on les aimait ou pas. Moi, je les aimais. Il symbolisait pour moi le talent pamphlétaire, libérateur des sociétés modernes. Je les lisais ou admirais leurs dessins, chaque semaine. D’accord ou pas avec eux, il poussait à la réflexion, la provocation étant l’oxygène des libertés. Des promoteurs de la haine les ont exterminés, réduisant la parole vivante à néant. Face à ce poison d’intolérance, certains sont tentés de réagir, eux aussi, par l’agressivité. Un rejet, par révolte, par vengeance, voire pire, par récupération politique. Et là, le festival de stigmatisation se met en branle. Stop ! Nos amis humoristes sacrifiés sur l’autel de la dérision n’ont jamais voulu de tels comportements. Au contraire, toutes leurs vies, toutes leurs œuvres ont combattus ce type de comportements. Ils ont prôné le verbe acerbe, mais toujours la non-violence, l’acceptation des autres, l’antiracisme, la liberté de croyance et surtout d’expression. Oui, ils se sont moqués des religions, de toutes les religions, sans exception, éprouvant de fortes sympathies pour l’anticléricalisme et prônant l’incroyance. Ils ont combattu les totalitarismes religieux, comme les dogmes politiques, épris d’esprits libérés de toute contrainte. La liberté de ne pas croire ! Evidemment, ils usaient de l’impertinence, jouaient avec les limites pour secouer les consciences, jamais avec intolérance. Cette équipe a toujours été promotrice de l’humain et de ses droits. Honorer leur mémoire, c’est vouloir la paix. Valoriser leurs valeurs, c’est unir les êtres humains, et non pas les diviser. Pour combattre l’immonde, il faut valoriser le beau et le bon. Pour barrer la route à la bêtise, il faut promouvoir la culture et l’éducation. Pour lutter contre la violence terroriste, il faut se réapproprier l’esprit de Charlie, pas celui de Zemmour ou de le Pen. Si la barbarie a frappé « Charlie Hebdo », c’est bien parce que ce courant libertaire dérangeait le côté sombre de notre société. Nous devons apprendre de lui et ne jamais tomber dans l’obscurantisme pour s’opposer à la connerie humaine. Merci les rebelles, nous avons tant à apprendre de vous.


    Christian Brunier

     

  • Mariage pour toutes et tous en Suisse

     

    Petite lettre ouverte  à Christian Levrat, Président du Parti socialiste suisse

     

    Salut Christian,

     

    Après la France et une multitude d’autres pays, les député-e-s britanniques ont voté le projet de loi légalisant le mariage homosexuel en Angleterre et au Pays de Galles, ouvrant la voie aux premiers mariages entre personnes du même sexe à la mi-2014. Et en Suisse, c’est pour quand ?

     

    Le Parti socialiste suisse est le symbole de la défense des libertés. Toute son histoire le prouve. J’estime que notre parti devrait avoir l’audace de proposer ce droit à l’amour pour les personnes du même sexe.

     

    Dans la plupart des pays ayant libéralisé le droit du mariage à celles et ceux qui le souhaitent, en assumant pleinement leur orientation sexuelle, les socialistes ont joué un rôle moteur.

     

    Il semblerait normal qu’en Suisse, le PS soit cet agitateur d’idées, amenant au progrès et à davantage de liberté et de droit.

     

    Par avance, je te remercie de ton action dans ce sens et t’adresse, Cher Christian, mes amicales salutations.

     

    Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois et anc. député.

  • Pour sauver le Mali du fanatisme

    « Paix et tranquillité, voilà le véritable bonheur. »

    Dicton chinois

     

    Je n’aime pas la guerre et la violence m’insupporte. Je soutiens pourtant l’intervention française au Mali pour protéger ce peuple du fanatisme islamique. Exceptionnellement, je conçois que la force soit le bon moyen de conquérir la paix et de protéger les libertés.

     

    90% des Maliens sont musulmans. Ils appliquent la religion avec ouverture d’esprit et savent faire évoluer leur croyance avec la société. Les Maliens, comme plusieurs musulmans africains, retrouvent les racines de liberté émanant du Coran. Cette vision progressiste de l’Islam n’a rien à voir avec l’obscurantisme prôné par les fous de Dieu menant un djihad tyrannique sur ce pays.

     

    Ces tarés ultrareligieux connaissent souvent très mal les écrits coraniques, répétant les thèses rabâchées par quelques gourous de la haine. Au nom de leur sectarisme, ils massacrent, violent, torturent, amputent des membres, sèment la terreur, détruisent le patrimoine et multiplient les interdits. Ces extrémistes appliquent la charia avec une cruauté extrême.

     

    L’intervention de la France décidée par François Hollande, avec le soutien de plusieurs pays africains, est un frein salutaire à cette invasion de la barbarie. Un répulsif contre la bestialité. En répondant aux SOS de la population malienne, le gouvernement français se dresse avec détermination pour lutter contre le terrorisme. Dans le climat de défense de la Liberté, on ne peut que regretter l’indifférence des grandes démocraties de ce monde et féliciter François Hollande pour son courage. L’immobilisme de l’Union européenne et des autres puissances mondiales, lâcheté manifeste, ne peut être que tancée, même si le Conseil de sécurité des Nations Unies soutient unanimement l’action française sur le terrain.

     

    Par cette mobilisation, François Hollande rappelle que la France est le berceau des droits humains et exerce un juste devoir d’ingérence lorsque les libertés sont assassinées.