02/01/2016

Réinventer les banlieues et défendre les droits des Palestiniens sont des remèdes contre la folie extrémiste

Pour répondre au terrorisme islamique, l’état d’urgence et les bombardements des bases des sanguinaires sont souvent préconisés. Ces actions peuvent s’avérer momentanément et circonstanciellement totalement justifiées. A ce régime d’exception, on évoque, en sus, le remède crucial de l’éducation ou la formation des imams. Ces pistes semblent également indispensables. Par contre, deux remèdes ne sont pas assez cités : la réinvention des banlieues et la résolution du problème palestinien.

 

Les cités des banlieues de la plupart des grandes métropoles occidentales sont devenues des ghettos de pauvreté, de chômage, de frustration et d’ennuis. On y regroupe les plus défavorisés, dont plusieurs émanent de l’immigration de pays à forte composante musulmane. Le désespoir social et la délinquance forment le quotidien de ces populations sans espoir. Les institutions dans ces lieux sont en déliquescence, l’Etat laissant la place aux mafias et aux gangs. Le non-droit s’y installe. La violence y règne en maître. Les démocraties doivent lancer un plan Marshall pour réinventer ces quartiers où il ne fait pas bon vivre. Nous devrions d’ailleurs obliger les inventeurs de ces Cités à y vivre, pour qu’ils constatent les erreurs d’urbanisation et de gestion sociale qu’ils ont réalisées. Tout est à revoir : aménagement plus humain ; environnement équilibré ; éducation renforcée ; culture et loisirs déployés ; emplois créés ; cohésion sociale promue ; …

 

Secundo, régler la situation palestinienne. L’humiliation vécue, depuis des générations, par le peuple palestinien est devenue un symbole de ralliement utilisé par les milieux extrémistes islamiques pour recruter nos enfants. Ce peuple a le droit à sa nation. Comme les Kurdes ou les Sahraouis, les Palestiniens doivent accéder à l’autodétermination et à la création de leur Etat. Une terre, deux peuples ! Je suis convaincu que la population israélienne peut et doit coexister aux côtés des citoyennes et citoyens palestiniens, tant leur culture et leur origine sont communes. Les grandes nations de ce monde ont les clés pour résoudre cette difficile équation et inciter, voire contraindre, ces deux magnifiques peuples au dialogue et à la paix.

 

Lutter contre la violence aveugle passe par de telles prises de conscience, car les bombardements de Daesh et des Talibans ne suffiront pas.

 

Christian Brunier

 

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01/08/2013

Service militaire : la liberté de choix

Lors des guerres d’antan, le nombre de soldats était souvent crucial. Mais, la nature des conflits a bien changé. Les technologies ont remplacé massivement l’humain. La plupart des armées du monde ont été adaptées en conséquence et ont diminué grandement leur effectif. La petite Helvétie compte une armée pléthorique, totalement démesurée. Elle est bien plus grande que celles de pays tels que le Canada (65'000 militaires), l’Afrique du Sud (62'000), la Bolivie (46'000), la Tunisie (35'000) ou l’Autriche (27'000). La Suisse n’a donc plus besoin d’une armée de 100'000 hommes pour se défendre.

 

Cette évolution favorise l’abrogation du service militaire obligatoire. Cette suppression enlèverait une contrainte gigantesque à plusieurs jeunes n’ayant ni l’envie, ni la conviction de vivre une telle expérience. Une démocratie  doit offrir, à chaque citoyenne et citoyen, la liberté de conscience d’effectuer ou pas son service militaire.

 

Ce redimensionnement de l’Armée suisse aurait l’avantage, de surcroît, de diminuer ses coûts. L’entretien d’une armée massive en hommes est très onéreux. Le fonctionnement de l’Armée suisse s’élève actuellement à 4,7 milliards par an. L’absentéisme dans les entreprises à cause du service obligatoire coûte, de plus, 4 milliards supplémentaires à l’économie.

 

Notre armée a été conçue pour résister à une invasion terrestre. Ce scénario n’est heureusement plus d’actualité. Supprimer l’obligation de servir encouragera la redéfinition de la stratégie militaire helvétique, totalement inadaptée aux nouveaux risques pour notre sécurité. Un vote positif de cette initiative ouvrira le service civil - un engagement utile à la collectivité - à toutes et à tous sur une base volontaire. Le 22 septembre 2013, un Oui à cette abrogation du service militaire obligatoire s’impose.

 

Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois

16:41 Publié dans Paix | Lien permanent | Commentaires (4)

30/06/2012

Emmanuel Bonne me répond au nom de François Hollande

Emmanuel Bonne, Conseiller Afrique du Nord, Moyen-Orient et Nations unies auprès de la Présidence de la République française répond à ma missive, envoyée à François Hollande, concernant l'autodétermination du peuple sahraoui. Cette prise de position est un témoignage sincère de recherche de paix. Elle illustre la volonté de rechercher le dialogue et d'assurer une politique humanitaire conforme aux droits humains.

 

Par contre, ces engagements sont bien éloignés des propositions claires du Parti socialiste français, qui a toujours milité pour l'autodétermination du Sahara occidental et la liberté de son peuple. Voici le texte de la lettre d'Emmanuel Bonne :

 

Monsieur le Député, (En France, député un jour, député toujours)

 

Vous avez bien voulu, par votre courrier du 12 mai, appeler l'attention du Président de la République sur le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui et je vous en remercie.

 

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté le 24 avril 2012 la résolution 2044, renouvelant pour un an le mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso). Ce texte, que la France a soutenu, a été adopté à l'unanimité par les membres du Conseil de sécurité.

 

La résolution comporte plusieurs messages essentiels, dont un portant spécifiquement sur les droits de l'Homme, que toutes les parties sont appelées à garantir, au Sahara occidental comme dans les camps de réfugiés de Tindouf (Algérie).

 

La France continuera à soutenir les efforts de négociation et de pourparlers informels sous l'égide des Nations Unies en faveur des droits des populations locales. Elle considère que seul le dialogue peut permettre de parvenir à une solution politique réaliste, juste, durable et mutuellement acceptable à la question du Sahara occidental.

 

La France considère que le plan marocain d'autonomie de 2007 constitue la base la plus crédible et sérieuse d'une solution juste et durable. Cette offre a déjà eu le mérite d'ouvrir la voie à des négociations politiques directes entre les parties. Elle prévoit en outre la consultation des populations des territoires à l'issue de ces négociations.

 

La France continuera de veiller attentivement à l'aide humanitaire apportée aux populations locales par les agences onusiennes (Haut-commissariat pour les réfugiés et Programme alimentaire mondial) auxquelles elle contribue.

 

Je vous prie, Monsieur le Député, de croire en l'expression de mes sentiments les meilleurs.

 

 

Voici ma lettre initiale :

 

Pour le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui

 

Lettre ouverte à François Hollande, Président de la République française :

 

Monsieur le Président, Cher François,

 

J'aimerais tout d'abord te féliciter pour ta magnifique élection et espère que tu redonneras de l'espoir tant à la France qu'à l'Europe. J'ai été très fier de pouvoir participer à la fête célébrant ta victoire, le 6 mai 2012, sur la Place de la Bastille.

 

En 1981, dans les 110 propositions électorales de François Mitterrand figurait  déjà le « droit à l'autodétermination du Sahara occidental ». En 1988, dans « La Lettre aux Français », le même engagement était pris par le leader du PS français. En 1998, j'avais abordé rapidement avec toi cette cause lors d'une session de l'Internationale socialiste, où tu représentais le PS français et moi le PS suisse. En tant qu'humaniste et démocrate, tu étais évidemment partisan de l'expression d'un tel droit.

 

Depuis, la défense des droits des sahraouis a toujours été soutenue par le Parti socialiste français et le mouvement socialiste international.

 

La France, quant à elle, pourtant Terre de la Déclaration universelle des droits de l'homme, soutient farouchement le régime marocain qui opprime le peuple sahraoui et fournit des armes à ce Royaume pour combattre militairement le Sahara occidental.  On en compte plus les actes de torture perpétrés contre cette population. Ces horreurs sont inacceptables.

 

Il est temps de faire évoluer la situation afin de respecter scrupuleusement le choix des populations, les droits humains et la paix. Le changement, c'est maintenant !

 

Selon le Premier ministre sahraoui Abdelkader Taleb Omar, ton élection pourrait  « opérer un véritable changement dans les positions de l'Etat français. »

 

Je ne peux qu'appuyer cette volonté de soutenir les droits d'un peuple tant bafoué et pourtant si pacifistes et riches culturellement.

 

En te remerciant d'avance de ton engagement pour cette cause humanitaire et juste, conforme à ton élan en faveur des libertés, je t'adresse, Monsieur le Président, Cher François, mes amicales salutations.

 

 

Christian Brunier

11:05 Publié dans Paix | Tags : sahara, paix, droits humains | Lien permanent | Commentaires (0)

20/05/2012

Au revoir Kaboul, mais pas adieu

«  J'engagerai un retrait immédiat de nos troupes d'Afghanistan :

il n'y aura plus de troupes françaises dans ce pays à la fin de l'année 2012. »

François Hollande

 

Pour l'opinion publique, les forces internationales étaient parties motivées pour chasser les Talibans du pouvoir en Afghanistan et promulguer le respect des droits humains. C'était tentant, les Talibans maltraitaient leur population, humiliaient les femmes, violaient les règles démocratiques et interdisaient même la musique. L'Occident allait chasser les méchants intégristes islamiques. Qui pouvait être contre ?

 

Mais voilà, au-delà des sornettes racontées aux populations occidentales, la vérité n'est pas si simpliste.

 

Après plus de onze années de guerre, le bilan est catastrophique. Le quotidien des Afghans est toujours empoisonné par la guerre. Les attentats, les affrontements et les actes de violence s'égrainent en continue. La haine et la vengeance gangrènent ce pays, qui se sent occupé. Plus les armées étrangères restent, plus les Afghans se réfugient dans les bras dangereux des Talibans. Ils étaient le diable. L'Occident les a transformés en symbole de résistance contre les armées étrangères envahisseuses.

 

Les actes barbares impulsés par les Talibans restent la règle. Les violences conjugales, les lapidations, le port de burqas et autres pratiques néfastes à l'épanouissement des femmes perdurent malgré la volonté de changement du Président Hamid Karsai.

 

Les forces internationales, qui voulaient substituer ces usages par des traditions bien occidentales, ont choqué. Impossible d'instaurer nos us en remplacement de ces coutumes arriérées, par l'obligation. Le changement doit passer par l'éducation et l'ouverture sur le monde, non par les armes et l'invasion. Ceci d'autant plus que ces traditions bien ancrées proviennent du passé tribal de cette région, consolidées par des préceptes délirants provenant de pseudo-religieux ayant lu quelque peu rapidement le Coran.

 

L'occupation étrangère devient insupportable pour le peuple afghan, même pour celles et ceux qui combattent les délires des Talibans depuis longtemps. Cette présence militaire doit, par contre, être compensée par de forts soutiens afin que ce pays ait les moyens de promouvoir l'instruction publique, de mener une politique sociale efficace et de stimuler l'économie locale. Les moyens gigantesques dépensés pour financer l'omniprésence militaire peuvent être consacrés à soutenir directement la population afghane.

 

A titre d'exemple, la France engloutit, chaque année, entre 450 et 500 millions d'euros pour maintenir son armée en Afghanistan. Une somme de cette ampleur, destinée directement à la population de cette nation, apporterait bien plus de bien et de progrès que cette mainmise militaire.

 

Selon le « Courrier international » de mai 2012, les Etats-Unis ont, quant à eux, déjà grillé 1'300 milliards (ceci n'est pas une faute de frappe, il s'agit bien de milliards) de dollars pour mener les guerres en Irak et en Afghanistan. Imaginez ce qui est possible de réaliser avec plus de 1'000 milliards.

 

François Hollande a compris l'importance de démilitariser cette zone et a promis d'anticiper le retrait des 3'600 soldats français de deux ans par rapport au planning fixé par l'OTAN. D'ci la fin 2012, la France devrait avoir fini son évacuation de combattants.

 

Ce conflit, dont l'efficacité est bien faible, a déjà coûté à la France la mort de 83 jeunes soldats. A ce triste bilan, s'ajoutent plus de 500 blessés graves. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. Ajoutons les morts des autres armées et des civils et nous plongerons dans le dégoût.

 

La France, comme les autres pays des forces internationales, doivent partir et donner le support suffisant à l'Afghanistan pour construire son propre avenir et voguer vers les libertés.

16/01/2011

Emotion désarmante

Le chouchou des fachos européens Oskar Freysinger s’offusque de la campagne trop basée, selon lui, sur l’émotionnelle menée par les partisan-e-s de l’initiative « Protection contre la violence des armes ». Un leader UDC protestant contre des campagnes trop émotionnelles, c’est comme si Pinocchio condamnait les menteurs.

 

A l'heure actuelle, environ 2,3 millions d'armes à feu  - dont près des trois quarts sont d'origine militaire - sont conservées par des privés dans des placards, à la cave ou au grenier. Aucun autre pays au monde ne connaît une telle situation. Leur accessibilité est un problème majeur qui doit nous interpeller. A chaque mois ou presque sa tragédie. A chaque canton sa victime. Et à chaque reprise, les mêmes questions: est-ce le drame de trop ? Jusqu'à quand pourra-t-on justifier le maintien des armes d'ordonnance dans les foyers suisses ?

 

Votons OUI à l’initiative « Protection contre la violence des armes » pour lutter efficacement contre l’insécurité et rendre la pacifique notre société.

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La femme est l’avenir de l’homme

 

Le cerveau de l’UDC Ueli Maurer a déclamé dans un grand délire : « Les femmes sont plutôt pour l'initiative demandant l'interdiction des armes d'ordonnance à domicile parce qu'elles ne savent pas les manier. » Louis Aragon avait vraiment raison : La femme est l’avenir de l’homme … à part peut-être Madame Thatcher.

11:30 Publié dans Paix | Tags : arme, sécurité, non-violence | Lien permanent | Commentaires (0)

10/01/2011

Un OUI pour vivre plus en paix !

Le film de Michael Moore « Bowling for Columbine » démontrait la corrélation entre violence et nombre d’armes dans les familles. La Suisse ne fait pas exception à ce phénomène. Plus de 3 millions d’armes sont détenues par la population. Un Suisse sur 2 possède une arme à feu. Plus des 2/3 proviennent de l’Armée. Le Suisse faisant de l’armée rentre chez lui avec arme et munitions, sauf s’il décide d’aller la déposer lui-même à l’arsenal, contrainte évidente et possibilité donc peu utilisée. Au terme de sa carrière militaire, le milicien peut acheter son arme pour une somme dérisoire.

 

Chaque année, près de 300 personnes meurent, en Suisse, par arme à feu. Suicide, crime ou accident, le fait d’avoir, sous la main, une arme à feu explique malheureusement une partie de ces morts. Sans compter les individus utilisant leur arme pour menacer un proche ou pour effectuer un chantage au suicide, sans passer à l’acte, mais créant des drames psychologiques énormes dans les familles.

 

Dernièrement, à Genève, un type s’étant fait repoussée par une jeune femme est monté chez lui prendre son arme et est redescendu pour tirer sur elle et l’un de ses amis. Si ce tireur n’avait pas eu une arme à domicile, ce drame aurait été évité. Des histoires de ce style émaillent l’actualité.

 

Le 13 février, en soutenant l’initiative pour la protection face à la violence des armes, la population suisse a l’occasion de diminuer vraiment par son vote l’insécurité et la brutalité.

 

Christian Brunier, anc. député PS et anc. Président du Parti socialiste genevois

20:04 Publié dans Paix | Tags : arme, paix | Lien permanent | Commentaires (0)

04/01/2011

Un beau prix pour une belle personnalité

Eyad El-Sarraj est un psychiatre palestinien, militant pour la paix, se battant avec acharnement pour la réconciliation des peuples palestiniens et israéliens. Une terre, deux peuples ! Pour cet engagement sans faille, le Prix Olof Palme 2010 lui est attribué. Une distinction bien méritée.

 

Fondateur du Programme pour la santé mentale de Gaza, il soigne de nombreuses victimes des violences perpétrées dans cette région, dont plusieurs enfants.

 

Défenseur de la non-violence, il s’inspire de Martin Luther King et de Mahatma Gandhi pour mener ses combats contre la guerre, le terrorisme et la violence. Si seulement, ce prix pouvait accroître son influence dans un territoire trop souvent dominé par les intégristes de part et d’autre.

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