29/10/2016

"Lettres à Anne"

Je dévore le bouquin « Lettres à Anne » de François Mitterrand. C’est le recueil des missives que l’ancien Président de la République française a envoyées à sa maîtresse, le grand amour de sa vie, Anne Pingeot, de 1962 à 1995. Sur près de 1’275 pages, s’écoule une vie de passion, forte en émotions exaltantes, pleine d’intérêts divers, souvent tourmentée. A travers des phrases enflammées, les mots d’amour mettent en lumière une double vie d’une personnalité écartelée entre son couple public formé avec Danielle, la militante, peut-être sa plus fidèle amie, la mère de ses premiers enfants, et celle qui le fait vibrer et qui lui offrit une fille cachée durant des années. Cœur tendre, amoureux romantique, l’élu socialiste est bien loin du politique cynique qu’il incarnait. La belle plume mitterrandienne jette sur le papier des écrits que toutes les femmes rêveraient de recevoir de leur amoureux, surtout à l’heure des tweets et des sms. Le talent littéraire de cet homme d’Etat offre encore davantage de volume à ces envois entichés. A travers ces 1'218 lettres, nous rentrons dans les coulisses de cet amour : bonheur, politique, art, envie, doute, espoir, … nous passons en revue tous les états de la vie. Indécence, d’avoir publié ces écrits secrets ? Non, juste l’envie, pour cette femme dissimulée, de partager cet amour, de prendre une place à la hauteur de cette relation intime d’une force incommensurable. Nicolas Sarkozy a jugé ce livre comme une impudeur. Qui sommes-nous pour juger la vie des autres ? Moi, j’aime cet hymne dédié à la femme, que « Tonton » a tant aimé. Les dernières lignes de son ultime courrier résument bien ce bouquin, ce récit d’une vie amoureuse : « Mon bonheur est de penser à toi et de t’aimer. Tu m’as toujours apporté plus. Tu as été ma chance de vie. Comment ne pas t’aimer davantage ? »

06/04/2013

Jérôme Cahuzac, le traitre !

Jérôme Cahuzac, Ministre socialiste du Budget ayant démissionné dernièrement, passe aux aveux. Oui, il avait des comptes en Suisse et à Singapour pour échapper au fisc français. Il avait pourtant nié cette accusation auprès du Président de la République, son ami François Hollande, auprès du Premier ministre, et même devant le parlement. Face à la représentation nationale, super menteur, il avait démenti, « yeux dans les yeux », l’existence de ses comptes. Cahuzac a sali la vie publique. Cahuzac a terni l’image de la France. Et surtout, Jérôme Cahuzac a trahi les socialistes. La République exemplaire, qu’annonçait François Hollande, est violée. La gauche élevée comme une morale, par Jean Jaurès, est piétinée. Pendant qu’il serrait la ceinture du peuple français, qu’il combattait la fraude fiscale, Cahuzac trichait et plongeait dans le mensonge le plus crasse.

 

La droite, victime de perte de mémoire, joue les vierges effarouchées, elle qui a pourtant connu tant de scandales. Tout y passe : demande de remaniement ministériel, dissolution, … Comme si chacun-e était responsable de tous ses proches.

 

François Hollande riposte. Cahuzac demande pardon. Hollande répond que ce mensonge est « impardonnable » : « Jérôme Cahuzac a trompé les plus hautes autorités du pays : le chef de l’Etat, le chef du gouvernement, le Parlement et, à travers lui, tous les Français. C’est une faute. C’est une faute impardonnable. C’est un outrage fait à la République. »

 

Hollande annonce plusieurs actions pour moraliser la vie politique. Les élus pénalement condamnés pour fraude fiscale ou pour corruption seront interdits de tout mandat public.

 

A droite, au centre et à gauche, il y a quelques magouilleurs et profiteurs, évoluant au milieu d’une très grande majorité de personnes honnêtes. Des gens merveilleux, toutes tendances confondues, qui sacrifient une grande partie de leur vie au bien commun. Qui bradent leurs loisirs, leur vie familiale, leur carrière professionnelle pour s’engager à l’amélioration de la société. Que les tricheurs paient. Mais, arrêtons de transformer la dérive d’une personne en un amalgame d’un camp. Cahuzac est désormais face à sa conscience et à la justice. Qu’il paie, sans que l’on salisse tout le monde politique, voire même la démocratie !

 

Christian Brunier, ancien député

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29/01/2013

Le PS Ville de Genève supprime la parité pour le Conseil administratif

« Je suis de gauche, car tous les progrès sociaux viennent de la gauche. »

Jean-Louis Trintignant

 

 

Journal de bord du 28 janvier 2013 :

 

Tombe sur Coluche déconnant, sur les ondes de « Radio Orient », juste avant des appels coraniques. C’est comme ça que je préfère l’Islam !

 

Participe, en soirée, à l’Assemblée générale du Parti socialiste de la Ville de Genève, consacrée à des modifications statutaires.

 

Tout d’abord, le comité propose de supprimer la validation de l’adhésion d’un-e membre par l’Assemblée générale. L’Auberge espagnole peut être la porte ouverte à des adeptes sectaires ou à des adhérent-e-s folkloriques. L’A.G. a déjà permis de stopper l’adhésion de potentiels membres destructeurs pour l’équilibre et la cohésion du parti. Nous devons renforcer la convivialité pour accueillir les nouvelles et nouveaux, mais pas supprimer la validation démocratique. L’Assemblée générale suit le comité. J’approuve, par contre, l’organisation au minimum 3 fois par an d’une séance d’accueil des nouvelles et nouveaux.

 

Quelques propositions sont de grandes hérésies : « la Section encourage prioritairement l’adhésion et la désignation sur ses listes électives de personnes dont leur sexe, leur origine, leurs différences psychiques ou physiques, les expose à des discriminations et à une représentation moindre dans la société. » Il faut promouvoir les minorités. C’est une mission historique de la gauche. De là à en faire une exigence absolue … Cette « nouveauté » est complètement déraisonnable, bien que l’on soit toujours une minorité de quelque chose. La promo de la différence psychique ne me semble pas indispensable, dans un monde politique déjà peu stable et agité. Vu les débats actuels se déroulant sur les terrains politiques genevoises, il paraît judicieux de défendre davantage de stabilité psychique plutôt que de promouvoir la différenciation psy.

 

Une proposition vise à shooter la parité des sexes pour les candidatures socialistes à l’Exécutif de la Ville. Ça me gonfle de voir, qu’avant chaque élection, certaines et certains s’amusent à jouer avec ces concepts d’égalité des sexes pour soutenir ou évincer des candidat-e-s potentiel-le-s. La parité est pour moi primordiale. Pas question d’y toucher !!! Vu la multitude de talents, tant femmes qu’hommes, la parité ne sera en aucun cas un obstacle à la compétence, comme certain-e-s peuvent le prétendre. Le PS est le parti de l’égalité des sexes. A chaque fois, qu’il l’oublie ; il se divise ; il perd.  Le vote des femmes est déterminant dans nos succès. Renier le principe de parité, alors qu’un homme socialiste est à l’Exécutif, se mute concrètement en un acte contre les femmes. Intolérable pour les socialistes. J’ai l’impression que, ce soir, certaines et certains risquent de renier les acquis des dures combats historiques composant l’héritage glorieux de notre mouvement. Ne bradons pas nos valeurs. Un groupe d’angéliques affirment que l’étiquette hommes-femmes n’a plus d’importance, comme si la représentativité équitable des sexes en politique existait. Ce groupe vise la « déconstruction du genre ». On en est malheureusement bien éloigné.

 

Vote sur la suppression de toutes références du genre dans l’ensemble des statuts. Refus massif. Ouf ! Vote sur le principe d’avoir au moins une femme socialiste candidate à l’Exécutif de la Ville de Genève. Nette majorité contre. Nous ne sommes que 5 à soutenir cette version, pourtant base de notre philosophie. Suppression de la parité pour l’élection au Conseil Administratif.  Nous ne sommes que 6 à nous y opposer. Catastrophe !  

 

Chapitre suivant … Actuellement, un Bureau gère les affaires courantes, l’opérationnel. Un comité, assez massif en nombre, se consacre aux dossiers politiques, en s’appuyant régulièrement sur l’Assemblée générale. Le comité propose de supprimer le Bureau et de rétrécir le comité. Par conséquent, un p’tit comité siègera, chaque semaine. Je refuse cet aréopage hybride, trop grand pour gérer l’opérationnel (particulièrement les questions touchant au personnel ou à des dossiers délicats de militant-e-s) et trop restreint pour être largement représentatif des différentes tendances du PS. Carlo Sommaruga vante mes mérites d’avoir, grâce à une politique très participative, réussi à rendre très efficace une large structure, lorsque j’occupais à la présidence du parti cantonal. Pour lui, les organisations sont peu importantes, l’essentiel étant les humains les composants. L’Assemblée générale vote tout le contraire de mes positions ; une habitude, ce soir.

 

Je me barre de la séance, heureux d’avoir combattu en faveur des valeurs inhérentes du PS ; malheureux de la tournure prise par ma section municipale.

 

Laurent Ruquier disait : « La loi sur la parité, c’est ce qu’on appelle un coup de pied dans les partis. » Et bien ce soir, j’ai donné un bon coup au mien ! Sans effet !

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18/08/2012

Bilan des 100 jours de François Hollande

Ce n'est qu'un début, continuons le combat !

                                                                                                             

Le tocsin a sonné. L'heure du bilan des 100 premiers jours de la Présidence de François Hollande est arrivée. Tous les médias titrent dans ce sens. Les commentaires fusent. On questionne déjà les Françaises et Français pour percevoir leur niveau de satisfaction. Futilités !

 

Hollande a toujours affirmé qu'il inscrivait son action sur la durée de son mandat de 5 ans. Pas de coup médiatique superficiel. Loin, les effets de manche made in Sarkozy. Dans cette actualité complexe, l'élu socialiste veut graver son changement dans le marbre et éviter la poudre aux yeux. Le jeu politique axé sur l'insignifiant est enterré. Le changement qu'il porte se concrétisera lors d'un long marathon et pas par saupoudrages aussi légers qu'inefficaces.

 

Son style est bien différent, presqu'anachronique dans cette société de l'instantané et du zapping. Le projet politique reprend le leadership sur les jeux des petites phrases tonitruantes. La réforme en profondeur supplante l'action pschitt, sans effet ni importance réelle !

 

Françoise Hollande, comme son gouvernement et sa majorité parlementaire, prennent leur temps pour réfléchir, étudier, consulter, dialoguer, puis concrétiser, avant d'évaluer et éventuellement corriger. C'est avec cette ténacité et ce sérieux que la véritable réforme de la société se déploie. Seuls les impatients peuvent être déçus ; qu'ils ne confondent pas empressement avec efficience.

 

Dans la dynamique de cette réalisation dans la durée, l'escarcelle des succès se remplit progressivement.

 

Sans viser l'exhaustivité, les exemples de réussites sont déjà nombreux ... Le comportement du politique est en mutation. Les Ministres ont réduit leur salaire dans un souci d'exemplarité et se plient à une charte éthique rigoureuse. Le train de vie des élus est réduit. La mixité est la règle au sein du Conseil des Ministres. Les femmes occupent la moitié des sièges, elles qui étaient condamnées depuis trop longtemps à n'occuper qu'un petit nombre de sièges, souvent subalternes. Hollande a mandaté le sage Lionel Jospin pour former un groupe de travail devant moraliser la vie politique et stopper le cumul des mandats politiques.

 

La loi contre le harcèlement sexuel a été ficelée rapidement. Le SMIC a été enfin augmenté, même si cette hausse reste insuffisante. L'allocation de rentrée scolaire a sui le même sort bénéfique. La retraite à 60 ans a été rétablie pour les travailleuses et travailleurs accomplissant des boulots pénibles. Une enveloppe de nouveaux postes d'enseignement a été accordée, mettant fin  aux coupes budgétaires récurrentes de la droite. L'école est redevenue une priorité pour cette nouvelle majorité de gauche. Un signe prometteur pour construire un projet d'avenir pour le pays. Le détricotage des lois fiscales sarkozystes, qui favorisaient indignement les grandes fortunes, a commencé. La police de proximité, remède pour lutter contre l'insécurité, retrouve de la vigueur dans les quartiers les plus risqués. Les loyers dans les villes asphyxiées par la spéculation sont désormais encadrés.

 

Au niveau international, la voix de la France compte, à nouveau, dans le concert des grandes puissances. Avec son humour, son sens du contact facile et son intelligence vive, François Hollande a vite trouvé sa place parmi les dirigeantes et dirigeants de la planète. Quoi qu'en dise ses adversaires, la France a pris la pole position pour favoriser la paix et la démocratie en Syrie. En Afghanistan, le nouveau Président tient sa promesse et à lancer le retrait des troupes françaises. En Birmanie, sa rencontre avec Aung San Suu Kyi est un signal fort en faveur des libertés. Dans l'Union européenne, François Hollande a impulsé la croissance, reléguant l'intégrisme « austéritaire ».

 

De nombreux chantiers se sont ouverts ou sont programmés pour faire évoluer la France, l'Europe et le monde. Le changement, c'est maintenant, même si les résultats ne sont pas tous immédiats.

 

Un seul vrai bémol ! La politique d'exclusion  menée à l'encontre du peuple persécuté des Roms. L'acharnement du Ministre de l'Intérieur Manuel Valls est une trahison aux idéaux socialistes, qui entache les débuts de l'ère Hollande. Le Président de la République ne pourra pas le laisser agir plus longtemps. La Première Secrétaire du Parti socialiste français et Maire de Lille Martine Aubry ne décolère d'ailleurs pas contre Valls. Elle a même écourté ses vacances pour venir commenter avec désarroi le démantèlement d'une résidence de Roms dans sa ville, sans qu'elle soit informée,  nonobstant son programme d'intégration des gens du voyage novateur et remportant de beaux succès.

 

Après 100 jours au pouvoir, il est bien trop tôt pour tirer un bilan crédible de l'action de Hollande. Ses débuts sont prometteurs. Le style sobre, normal et proche de la population donne un air rafraichissant à la politique et à la France. Ce n'est qu'un début ... Continuons le combat !

 

Christian Brunier, ancien député socialiste

14/07/2012

14 juillet 2012 : Hollande, sobre, digne, voulant tout simplement le bien des Françaises et des Français

Pour le premier 14 juillet de sa Présidence, François Hollande rétablit l'interview traditionnelle du Président de la République française. Un rendez-vous intimiste avec les Françaises et Français. Plus de Garden-party bling-bling à l'Elysée. Il juge ce moment primordial, après deux mois de Présidence et des débuts passés souvent à l'extérieur, absorbé par des conférences internationales. « J'étais éloigné géographiquement, mais pas politiquement », confie François Hollande.

 

En début d'intervention, il rappelle ses priorités : croissance, justice sociale, emploi.

 

Les premières questions fusent à propos des 8'000 suppressions d'emplois annoncées par le groupe PSA Peugeot / Citroën. François Hollande est choqué et favorable à une intervention de l'Etat : « L'Etat ne peut pas rester indifférent. » Il s'étonne du report de cette dramatique annonce après les élections présidentielles, égard troublant envers l'ancien gouvernement. Il estime « trop facile de dire que c'est la faute du coût du travail » et fustige le comportement des actionnaires qui ont pensé prioritairement à leurs privilèges avant d'investir pour l'avenir de leur entreprise.

 

Le nouveau Président français a commandé un rapport d'expertise, dont la livraison est fixée avant la fin du mois de juillet 2012, pour connaître la vérité économique de ce groupe automobile. Il juge le plan stratégique de PSA « pas acceptable » et encourage la concertation. Sa porte est ouverte aux syndicats. Il va définir, avec son gouvernement, un plan stratégique du domaine automobile français. Ce document de mesures comprendra certainement une incitation à acheter des véhicules fabriqués en France, notamment en privilégiant les véhicules propres, dont les autos hybrides. Des mesures encourageront, en outre, la recherche et l'innovation. Au passage, il glisse une peau de banane sous la prime à la casse votée par l'équipe Sarkozy. Cette mesure a été onéreuse pour les finances publiques et a encouragé particulièrement l'achat d'automobiles bas de gamme, polluantes et fabriquées à l'étranger.

 

La situation est grave. François Hollande le reconnaît, mais connaissait la situation auparavant. L'endettement a atteint le record de l'histoire du pays. Le chômage se situe à un niveau très inquiétant. Le déficit commercial extérieur est lui aussi au plus haut. Le Président français reste néanmoins déterminé et rappelle ses 60 promesses de changement, dans la durée.

 

Il y aura des efforts à entreprendre. Hollande ne cachent rien de la situation. Il assure qu'ils seront justes : « Ces efforts doivent être cherchés vers ceux qui ont le plus. »

 

Pour les dépenses publiques, il vise une maîtrise des comptes en agissant sur tout ce qui n'est pas douloureux et pas utiles : voyages onéreux, actes de prestiges, bureaucratie excessive, ...

 

Lorsque les journalistes lui reprochent de n'avoir pas remis en cause le Pacte européen de stabilité budgétaire, il rétorque avoir tenu sa promesse de campagne. Son élection à la tête de la France a fait prévaloir la croissance pour soutenir l'activité économique de l'Europe, qui se borne plus qu'à la rigueur. Certes, ce changement reste insuffisant. L'alternance politique en France a cependant permis une réorientation de l'Europe. François Hollande se sent toutefois un peu seul à gauche dans une Europe de droite. Pourtant, il est écouté. La parole de la France est à nouveau respectée.

 

Pour réhabiliter la politique, le Président de toutes les Françaises et de tous les Français annonce la création d'une commission rassemblant toutes les sensibilités politiques, présidée par Lionel Jospin. Ce groupe sera chargé d'émettre des propositions sur le non cumul des mandats, le financement des partis et des campagnes politiques, le mode de scrutin, la lutte contre les liens d'intérêts et l'éthique des élues et élus.

 

Au niveau international, il appelle à l'arrêt des massacres en Syrie. Pour lui, les pressions doivent s'accentuer pour pousser Bachar Al Assad au départ afin de faire place à la démocratie.

 

Le sport n'a pas échappé aux thématiques abordées. Sans se substituer à la Fédération française de football, Monsieur Hollande invite les internationaux français de football au respect. Il ne pense pas que l'arrogance des footballeurs français provienne de leurs salaires élevés. Les Espagnols gagnent davantage. Ils ont pourtant une grande fierté à honorer leur maillot national.

 

Pour conclure, le journaliste demande au Président quel talent doit-on déployer pour rester populaire ? François Hollande souligne qu'il ne faut pas un talent, mais du mérite ; à construire envers la population française.

 

Cet échange démontre que la politique n'est pas un spectacle. Juste la volonté de changer et d'améliorer la société.

 

Christian Brunier, ancien député socialiste

 

01/07/2012

« Je lutterai contre la précarité … », disait Hollande

« Je lutterai contre la précarité qui frappe avant tout les jeunes,

les femmes et les salariés les moins qualifiés. »

François Hollande

 

Au 1er juillet 2012, François Hollande augmente le SMIC, le salaire minimum interprofessionnel de croissance, de 2%. Ce petit coup de pouce envers les travailleuses et travailleurs les plus défavorisés monte leur revenu de  1'398,37 euros mensuels à 1'425,67.

 

Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 10,6% des salariés français étaient rémunérés au SMIC, à fin 2011, soit près de 1,8 million de personnes. Dans certains secteurs économiques, le taux de collaboratrices et collaborateurs astreints au salaire minimum peut monter à 35%, comme les activités hôtellerie et restauration.

 

Parallèlement, le gouvernement socialiste français revalorise de 2% les allocations chômage.

 

Ces gestes en faveur de populations précarisées sont évidemment insuffisants. Ils sont pourtant positifs et marquent un changement de politique. L'équipe Sarkozy accordait de beaux cadeaux aux nantis. Hollande souhaite supprimer ces avantages aux privilégiés et redistribuer progressivement ces richesses aux plus pauvres. Cette politique de petits pas en avant contraste avec les grandes enjambées en arrière du gouvernement précédent. Le niveau de vie des plus humbles progresse, certes lentement, mais sans déstabiliser les entreprises les plus fragiles.

 

Les syndicats et l'extrême-gauche revendiquent un SMIC à 1'700 euros. Ces milieux jouent à merveille leur rôle d'aiguillon. Cette pression vers le haut est salutaire et pousse le gouvernement socialiste dans le bon sens.

 

Les légers plus accordés par François Hollande et son gouvernement concordent avec le programme formulé par le nouveau Président durant la campagne électorale. François Hollande tient, une fois encore, ses promesses, cassant la spirale des fausses promesses démagogiques trop souvent habituelles en politique.

 

Un proverbe indien dit : « Le plus long des voyages commence par un petit pas. » Pourvu que ça dure !

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10/06/2012

Enfin, des salaires dignes et décents pour les patrons

« Je crois au patriotisme des dirigeants, qui peuvent comprendre

que la crise suppose l'exemplarité des élites politiques et économiques. »

Jean-Marc Ayrault, Premier ministre

 

François Hollande l'avait promis, durant sa campagne à la Présidentielle. Il passe rapidement à l'acte, respectant, comme d'habitude, ses engagements. Les rémunérations des patrons des entreprises publiques seront diminuées, afin que l'écart entre les plus petits salaires de ces sociétés et leur patron, soit au maximum de 1 à 20, ce qui est déjà pas mal. Les salaires de ces boss doivent devenir dignes et décents.

 

Concrètement, à titre d'illustration, le salaire d'Henri Proglio, le PDG d'EDF passera de 1,55 million d'euros à 496'800, alors que la rémunération moyenne de son entreprise est de 39'000 euros par an. Celui de Luc Orsel, dirigeant d'Areva, diminuera de 49%, soit de 679'000 euros à 335'000. Le Président Directeur Général de la Poste, Jean-Paul Bailly, atteindra 377'160 euros au lieu de 635'974. Gérard Mestallet, le patron de GDF Suez, avec ses 3,3 millions d'euros en 2010 verra chuter son revenu de 89%.

 

4,5 millions d'euros pour le PDG de Michelin en 2010, 2,6 millions d'euros pour le patron d'EADS ou 3,3 millions d'euros pour celui de GDF Suez la même année. Comment un patron peut-il justifier un salaire si conséquent ? Parallèlement, il faut se souvenir que le SMIC, est fixé, depuis le 1er janvier 2012, à 1'398,37 euros bruts mensuels, soit 9,22 euros bruts de l'heure. Ce salaire minimum n'a jamais été augmenté durant le quinquennat de Sarkozy, à l'exception des indexations légales automatiques. Une société  visant à être saine, équitable et durable ne peut digérer de telles distorsions.

 

Le pavé jeté dans la marre par François Hollande et son gouvernement ne changera évidemment pas l'état des finances publiques. C'est toutefois un acte symbolique d'importance. Un appel à l'exemplarité et à l'éthique pour les chefs des 52 entreprises, partiellement ou totalement, publiques. Le Président socialiste veut des dirigeants d'entreprises publiques irréprochables. Ce nouveau système salarial doit se profiler comme un exemple à suivre aussi par les grandes entreprises privées, dans lesquelles les écarts de rémunérations sont parfois colossaux.

 

Plusieurs postures à la tête des entreprises fortement étatiques se sont révélées scandaleuses. L'indemnité de 1,5 million d'euros  versée à  Anne Lauvergeon pour son départ d'Areva n'en est qu'un triste exemple.

 

Ces dernières années, pour résister à la crise, les salaires des employées et des employés ont tendanciellement stagnés ou peu progressés, alors que les gains des PDG et des actionnaires prenaient l'ascenseur. La fracture sociale, déstabilisante pour l'ensemble de la société, s'est encore accrue avec ces écarts de revenus inacceptables.

 

Avec des rapports de 1 à 6 ou 7 entre les plus petits salaires et les plus hauts, une entreprise peut déployer une courbe salariale motivante et attrayante pour garder et recruter des talents, à condition que les plus faibles rémunérations se situent à un niveau attractif. Sur la base d'une échelle de 1 à 20, on se rend bien compte de la sagesse de la mesure impulsée par François Hollande.

 

Dans cette cohérence, l'Etat français vient de s'opposer en tant qu'actionnaire important de plusieurs sociétés à des parachutes dorés offerts à des PDG ou à différentes primes injustifiables. L'indemnité de départ  du patron de l'équipementier aéronautique et de défense Safran a été notamment refusée par l'Assemblée générale des actionnaires.

 

Concilier responsabilité, compétence et motivation avec éthique et dignité est l'un des paris de François Hollande. Par ses premières mesures, il contribue à orienter l'économie vers davantage d'humanité et de durabilité ; dans l'espoir que cette vague d'éthique déferle sur les rives des grandes firmes privées ...

 

Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois

08/06/2012

Clic-clac d’une douce France !

La photo officielle de François Hollande arrive dans chaque Mairie, signée Raymond Depardon, créateur de l'agence Gamma. 36'000 clichés distribués dans toutes les municipalités françaises. Cette photo étonne. Elle bouscule les habitudes. Au milieu de la nature, elle change des trop nombreux portraits des Présidents coincés dans des lieux clos. En plein air, cette photographie s'illustre comme un signe d'ouverture. Elle donne du souffle.

 

L'auteur a réalisé 200 photos en 30 minutes. En mouvement. Il a choisi celle qu'il préférait et l'a soumise à François Hollande. Celui-ci a confirmé la sélection effectuée.

 

Depardon ne se juge pas comme un portraitiste. Lors de la conférence de presse présentant l'œuvre, il a affirmé avoir pris ce cliché « comme un paysage, le paysage de la France ».

 

Au fond, on devine le drapeau de la République et celui de l'Europe. Ce clin d'œil s'affiche de manière originale. La France et l'Europe ne se résument plus à des étendards, omniprésents sur certaines photos des prédécesseurs de Hollande. La France est un panorama, un environnement plaisant. Le Président, lui aussi, n'occupe pas tout le territoire. Il laisse de la place pour les autres. La naturalité est la thématique centrale du tableau.

 

La mise en évidence de l'environnement rend l'humain libre. Après la présidence bling-bling de Sarkozy, nous retrouvons une simplicité, une éthique de l'exercice du pouvoir. Pas de frime inutile. De la sobriété et de la place pour l'action.

 

Le Président normal se retrouve sur une photo normale. La sérénité transpire. Dommage que les bras du leader socialiste restent trop tendus. Cette journée ensoleillée s'avère plaisante. Les couleurs apaisantes suggèrent la quiétude. Nos yeux contemplatifs ressentent la douceur de vivre, caractérisant si bien ce pays, l'un des plus beaux du monde.

 

Le portraitiste Gilles Favier confie, avec humour, à « Libération » : « Au final, le Président à l'air d'un Playmobil. » Heureusement, sans avoir pris la coiffure de ce jouet.

photo Hollande.jpg

17:51 Publié dans Politique | Tags : france | Lien permanent | Commentaires (0)

23/05/2012

Hollande in America

« Nous devons être fidèles au rêve de ceux qui ont voulu le progrès social.

Faites ce rêve avec moi ! Ce sera la réalité de demain ! »

François Hollande

 

François Hollande avait commencé sa carrière internationale de Président en allant dîner avec la Chancelière allemande, dès le soir de son intronisation.

 

La suite se passe aux USA, avec une rencontre avec Barack Obama dans son bureau ovale de la Maison-Blanche, une autre avec Hilary Clinton, une séance du G8 à Camp David, un G20, puis un sommet de l'OTAN à Chicago, et une bonne dizaine de bilatérales avec des  influents de la planète.

 

L'examen est un succès pour le nouveau Président Hollande sur différents axes cruciaux pour l'évolution de la planète.

 

Certains prétendaient que les dirigeants mondiaux voyaient d'un mauvais œil l'élection d'un socialiste à la tête de l'Hexagone. L'accueil a été au contraire chaleureux. Par son humour et son intelligence, Hollande a su créer rapidement du lien avec ces figures du pouvoir mondial. Evoquant la première rencontre entre Hollande et Obama, Aquilino Morelle, le Conseiller politique du Président français, a déclaré : « Le courant est passé tout de suite. »

Le tutoiement entre les deux hommes a été immédiat. Les bons mots ont fusé entre ces deux esprits vifs et drôles.

 

François Hollande a su imposer sa vision pour combattre la crise économique mondiale. Englués dans l'austérité, les dirigeants du monde ne voyaient pas d'issue à cette problématique. La croissance par la relance est la recette du socialiste français, repris en cœur par les grands du monde. Barack Obama a adopté une posture à la Hollande : « Nous devons trouver une approche responsable combinant consolidation budgétaire et soutien fort à la croissance. » Une thématique qu'il compte bien reprendre à son compte dans sa course à la réélection.

 

Face au géant chinois, François Hollande ne s'est pas dégonflé. Il a demandé des relations plus équilibrées et des échanges commerciaux basés sur la réciprocité. Il a insisté aussi pour que le Yuan devienne enfin une monnaie convertible.

 

Ils voulaient tous faire plier le petit nouveau sur l'Afghanistan. Là encore, Hollande a tenu le cap et est resté fidèle à ses promesses. La France a confirmé son retrait militaire anticipé du bourbier afghan. François Hollande a osé dire aux grands de ce monde que le retrait d'Afghanistan n'était pas négociable pour la République française.

 

Les avis sont unanimes. François Hollande a réussi son bizutage parmi les dirigeant-e-s de la planète et a démontré qu'il fallait compter avec la France. Il a imposé son style : décontracté sur la forme, fermeté de conviction sur les dossiers.

 

Le dernier mot revient à la journaliste Laure Bretton, qui dans « Libération » résumait si bien  le déplacement US de François Hollande : « Le Président français a voulu donner une triple image : le dirigeant au travail sans perdre une minute, le président tenant ses promesses de candidat et celui par qui pouvait venir le changement. » Yes we can !

01/05/2012

Le Tube des travailleuses et des travailleurs !

« C'est la lutte finale ; Groupons-nous, et demain ; L'Internationale ; Sera le genre humain ! » L'Internationale, l'hymne révolutionnaire, tout le monde le connaît. Quel-le militant-e de gauche n'a pas frémi, le poing levé, en entendant ce chant devenu un véritable patrimoine du monde du travail ? A travers toute la planète, cette partition est chantée. Cette mélodie est l'air de l'espoir, le tube des travailleuses et des travailleurs.

 

Mais au fait, quelle est l'histoire de ces portées musicales célèbres ? Les versions divergent. Certains prétendent que les paroles de cette chanson ont été écrites, le 4 septembre 1870, afin de célébrer la capitulation de Napoléon III à Sedan et la proclamation, dans la foulée, de la République. D'autres pensent que cet écrit date de mai ou juin 1871, au lendemain de la Commune. Une chose est sûre : l'homme qui a rédigé ce texte est Eugène Pottier, dessinateur sur étoffe, chansonnier et fervent communiste. Elu du 2ème arrondissement de Paris, représentant des Communards, le camarade Eugène avait participé activement à l'insurrection populaire contre le pouvoir autocratique. Il écrivit plusieurs poèmes ouvriers, dont les plus connus figurent dans son unique ouvrage, son cahier de chants révolutionnaires édité en 1887 par le poète Gustave Nadaud. Nadaud ne partageait pas les idéaux de gauche de Pottier, mais admirait ses qualités d'homme de plume. Le journaliste et militant républicain Henri Rochefort préfaça ce bouquin. «L'Internationale » occupait une belle place dans ce livre. Il dédia cet air militant à Gustave Lefrançais, instituteur, engagé dans la Commune de Paris et figure de l'anarchisme. Eugène Pottier mourut le 6 novembre 1887, à l'hôpital Lariboisière, sans avoir entendu les foules interpréter son œuvre. Son enterrement, au cimetière du Père-Lachaise, provoqua des affrontements violents entre les milieux syndicaux et les forces de police aux mains d'un pouvoir peu enclin aux revendications populaires.

 

En 1888, dans un bistrot de Lille, l'ouvrier socialiste Pierre Degeyter mit en musique « L'Internationale ». Le 23 juillet de la même année, ce chant de lutte fut interprété, pour la première fois, par la chorale du Parti ouvrier français, au cours d'une sortie du Syndicat des marchands de journaux. En 1904, cette mélodie résonna au Congrès d'Amsterdam de la IIème Internationale. Dès lors, l'Internationale remporta succès sur succès. En 1910, cette musique devint l'hymne international de la Gauche. De 1917 à 1944, elle a même été l'hymne officiel de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques. L'U.R.S.S. avait, quant à elle, demandé au poète Arkady Yakovlevitsch Kots de réviser les paroles, pour les adapter aux réalités russes.

 

Aujourd'hui, cette mélodie est un patrimoine de l'humanité, se baladant sur toutes les lèvres des militant-e-s socialistes, sociaux-démocrates, anarchistes, communistes, syndicalistes, indignés, révoltés, ... Même les étudiant-e-s manifestant sur la Place Tian'anmen contre la dictature chinoise, entonnent ce refrain. Cet air unit la grande famille de la gauche, dans la richesse de sa grande diversité. Ses paroles restent, elles aussi, encore d'actualité :  « Debout ! Les damnés de la terre ! Debout ! Les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère ; C'est l'éruption de la fin. Du passé faisons table rase ; Foule esclave, debout !  Debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! »

1er Mai 2011 photo signée Alain Etienne.jpg

09:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)