07/02/2010

La Prius ne freine plus, Toyota s'effondre

Automobile | Après les accélérateurs, les freins! Fleuron du numéro un mondial, le modèle hybride Prius flanche. Quatorze plaintes au Japon et une centaine aux Etats-Unis ont été déposées par des automobilistes. Le «toyotisme», fait de fiabilité et de sécurité, est-il mort? Ou s’agit-il d’une campagne de dénigrement orchestrée?

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EMMANUEL BARRAUD | Tribune de Genève

 

Le sort s’acharne sur Toyota! Encore empêtrée dans la «crise de l’accélérateur», qui l’a conduite à suspendre la production et la vente de huit modèles aux Etats-Unis et à rappeler un total de neuf millions de véhicules, voilà qu’une nouvelle tuile frappe la société, devenue en 2007 numéro un mondial de l’automobile.

 

Cette affaire pourrait même s’avérer encore plus grave que l’autre. Pas seulement parce que le défaut incriminé touche cette fois-ci le système de freinage, d’où un danger potentiellement plus élevé, mais aussi – et surtout – parce que le modèle concerné n’est autre que la dernière version de la Prius, fer de lance hybride du constructeur japonais et qui a été la voiture la plus vendue au Japon en 2009.

 

Peu de plaintes, mais…

 

Toyota a reconnu hier faire l’objet d’une demande d’enquête de la part du gouvernement japonais. Le Ministère des transports aurait reçu quatorze plaintes liées à un problème de freins depuis le lancement du dernier modèle de la Prius, la version 3, en mai dernier. Un nombre statistiquement faible face aux plus de 200000 unités vendues l’an dernier sur l’archipel.

 

Mais il s’ajoute à la centaine de plaintes similaires enregistrées par le bureau américain de sécurité routière. «J’ai appuyé sur le frein pour m’arrêter mais il n’y a pas eu de réponse. Ma voiture a continué à rouler à vitesse régulière et a fini par percuter l’arrière du véhicule devant moi», explique ainsi un conducteur de Prius du Massachusetts dans le texte de sa plainte.

 

Le cauchemar continue donc pour le fabricant nippon. Car ces nouvelles péripéties font suite à des défauts successifs, dont certains ont été observés depuis 2007 déjà, mais dont la multiplication dès la fin de l’année dernière a nécessité des mesures drastiques. Le premier concernait – sur le continent nord-américain uniquement – des tapis de sol amovibles susceptibles de se coincer dans le mécanisme d’accélération et de le bloquer. Le deuxième voyait la pédale d’accélération se gripper si trop de condensation s’y glissait par temps froid.

 

Cette série de problèmes portera-t-elle l’estocade à la légendaire réputation de la marque, que chacun s’accorde – du moins jusqu’ici – à considérer comme l’une des plus fiables au monde? Pas pour Christophe Laborde, analyse chez Bordier & Cie à Genève. «Cette réputation s’est construite sur vingt ans, elle a été renforcée par le fait que Toyota a été la première marque à offrir une garantie de cinq ans et 100000 kilomètres sur ses véhicules. Il s’agit ici de problèmes ponctuels, rien à voir avec les soucis plus graves et à répétition qui avaient durablement nui à l’image de Fiat et Renault, par exemple.»

 

Vengeance américaine?

 

D’autres sont plus sévères dans leur appréciation. Comme Zenjiro Imaoka, auteur d’ouvrages sur les stratégies d’entreprises, qui pense que Toyota est «obsédée par la réduction des coûts», quitte à limer sur la qualité. «Ne serait-ce qu’en raison de la rigueur des normes en Europe et aux Etats-Unis, elle ne peut pas se permettre ce genre de raccourcis», rétorque Christophe Laborde.

 

A la différence des marques chinoises, qui, ce n’est pas un hasard, ne peuvent être homologuées ici. «Il y a chaque année des rappels d’automobiles, poursuit l’analyste. Ce qui choque ici, c’est l’ampleur de l’opération et le fait que ce soit Toyota.»

Le spécialiste n’exclut pas d’ailleurs que les médias – surtout américains – prennent un malin plaisir à se gargariser des mésaventures de la marque qui a raflé la vedette à celles qui étaient encore leurs propres fleurons, GM et Ford.

 

La question de savoir si Toyota a bien géré la crise ou si elle a tenté de dissimuler une partie du problème aussi longtemps que possible fait encore débattre les spécialistes. De même que son issue influencera sans doute bien des «toyotanautes» quant à leur confiance dans la marque.


 

«Elle accélérait toute seule!»

 

Un utilisateur – et non des moindres puisqu’il s’agit de Steve Wozniak (photo DR), cofondateur d’Apple – a expliqué sur un blog que sa dernière Prius (il en possède quatre) se met également à accélérer toute seule jusqu’à 156km/h lorsqu’il utilise le régulateur de vitesse (tempomat).

 

Fou de la première heure, Steve Wozniak évoque une hypothèse qu’il qualifie de «terrifiante»: c’est que le problème ne viendrait pas de la pédale elle-même, mais du logiciel qui prendrait en quelque sorte possession de la voiture… Toyota vient donc d’annoncer que ses techniciens, aux Etats-Unis, emprunteraient sa Prius durant une semaine afin de faire des tests pour trouver d’où peut venir le défaut.

 

Pour l’heure, toutefois, les problèmes liés à l’hybride n’ont pas débouché sur une opération de rappel de la part de Toyota qui attend encore les résultats des enquêtes.

Propriétaire depuis septembre 2009 du modèle en question, l’ancien député socialiste genevois Christian Brunier confirme n’avoir pas non plus reçu de courrier de Toyota. «Cela ne m’étonne pas. A chaque innovation écologique de la Prius, la marque est attaquée par des concurrents. Et cela part des Etats-Unis ou du Japon et surtout sur le Web.

 

»Or, dans tous les cas, les études ont montré que les accusations étaient erronées. Même si un éventuel problème de freins est inquiétant, cela ressemble une fois de plus à une rumeur.»

 

06/08/2009

Nouveau drame sur le quai de Cologny

Un motard a percuté, avec une violence terrible, une automobile qui faisait demi-tour sur le quai de Cologny, à Genève.

 

Ce 13ème accident mortel en huit ans s’ajoute à des dizaines de décès et de blessé-e-s sur cette route excessivement dangereuse.

 

La sécurisation de ce lieu maudit est pourtant possible. L’ajout d’une séparation entre les voies montantes et descendantes aurait évité nombre de décès et de blessures. Le contrôle de la vitesse, souvent excessive à cet endroit, est assurément un moyen efficace pour diminuer le niveau de risques.

 

Il y a quelques mois, j’avais interpellé le gouvernement genevois sur ce dossier :

 

http://christianbrunier.bleublog.lematin.ch/archive/2007/10/28/davantage-de-s%C3%A9curit%C3%A9-sur-le-quai-de-cologny.html

 

http://christianbrunier.blog.tdg.ch/archive/2009/07/13/le-quai-fatal-frappe-encore-un-motard-se-tue-a-la-tour-carre.html

 

De belles promesses m’avaient été données. Depuis, l’inaction et l’impunité ont prévalu… comme souvent en matière de sécurité routière à Genève.