27/12/2011

Intouchables … touchants !

Sortant du ciné, j'encense « Intouchables », le film d'Olivier Nakache et d'Eric Toledano, avec les éblouissants Omar Sy et François Cluzet. Les critiques répètent inlassablement que ce long métrage est l'une des meilleures comédies du cinéma français. Je ne peux que leur tirer mon chapeau pour ce jugement avéré. Il est aussi l'un des meilleurs dans le registre de l'émotion.

 

Victime d'un accident de parapente, Philippe (François Cluzet), vachement friqué, engage Driss (Omar Sy) comme aide à domicile. Driss est un jeune de banlieue, largué, sortant de tôle. Leur cohabitation atypique est la colonne vertébrale, c'est le cas de dire, de cette belle histoire vraie.

 

Ces deux univers opposés créent, en association, une énergie vitale riche. Ce film hilarant est une apologie du pluralisme. Les différences additionnées sont l'or de l'humanité. Les vannes accentuent les moments tendres. La dérision rend l'existence palpitante, même lorsque l'on souffre d'un handicap. Une jolie leçon de vie. Un appel au grain de folie pour asphyxier la routine.

intouchables.jpg

21:57 Publié dans Humour | Tags : cinéma, humour, tendresse | Lien permanent | Commentaires (0)

25/04/2011

Salut à Marie-France Pisier ...

L'actrice, réalisatrice et femme engagée Marie-France Pisier est morte ! Elle était brillante sur les planches et sur le grand écran, et était généreuse dans ses combats pour davantage de libertés. J'aimais bien Marie-France Pisier.

Souvenir : J'en parle un jour à mon pote, l'artiste Jean-Luc Bideau. Scié, il m'avoue qu'il va prochainement tenir la scène avec elle, pour un échange théâtral de correspondance. Il propose de me convier à cet événement pour me présenter l'artiste engagée. Pari tenu, il m'invite, quelques mois plus tard, au Théâtre de Saint-Gervais de Genève pour ce fameux spectacle.

La pièce finie, je me rends au bar pour attendre les artistes. Jean-Luc vient me chercher. Me rendant vers la comédienne, Guy-Olivier Segond, Conseiller d'Etat genevois à l'époque, m'interpelle et part dans une explication fleuve. J'essaie de m'en débarrasser sans grand succès. Segond joue la sangsue, même si ses anecdotes sont intéressantes. Finalement, ayant été longuement squatté par Guy-Olivier, mon échange avec Marie-France Pisier est trop concis.

pisier.jpg

11:31 Publié dans Culture | Tags : pisier, culture, cinéma | Lien permanent | Commentaires (3)

08/03/2011

Rien à déclarer

« Le Figaro », le canard des bien-pensants de la bourgeoisie française, qualifie le long métrage de Dany Boon « Rien à déclarer » de « film vide, paresseux et fatigué. » Et bien moi, je me suis bien marré.

Certes il accumule les clichés, mais les acteurs sont drôles et talentueux. Benoît Poelvoorde est à nouveau délirant et Dany Boon panache la tendresse et la déconne. Karin Viard assure. François Damiens cartonne. Bruno Lochet, avec une tronche d'enfer, joue un trafiquant complètement déjanté.

L'histoire de douaniers vivant la fin des frontières franco-belges suite à la signature du Traité de Maastricht est un terrain de jeux immense pour multiplier les gags et les situations scabreuses.

Rien-a-declarer.jpg

05/12/2010

Potiche ? Pas tant que ça

Vu la comédie de François Ozon, avec la remarquable Catherine Deneuve, Fabrice Luchini, un peu en retrait, Gérard Depardieu en dignitaire communiste, Judith Godrèche, Jérémie Renier et la géniale Karin Viard.

 

Jonglant avec le kitsch des années 70, Ozon a repris en film une pièce de boulevard rendue célèbre par la pétulante Jacqueline Maillan.

 

Dans la France des seventies, Fabrice Luchini, alias Robert Pujol, dirige son usine de parapluies avec despotisme. Ignoble dans son entreprise, il l’est aussi avec ses enfants et son épouse, Catherine Deneuve, la potiche de son mari tyrannique et macho.

 

A la suite d’une grève et d’une séquestration par ses employé-e-e, le patron chiant et autoritaire part en cure de repos. Son épouse prend alors la tête de la firme. Deneuve potiche bourgeoise se mute en tigresse féministe. Elle se révèle et devient une femme libérée, innovante et épanouie. Explosion de scènes rocambolesques au retour de l’époux dominateur, sa femme ne voulant plus lui rendre son pouvoir de patron.

 

De manière légère et drôle, François Ozon parcoure une page cruciale de l’émancipation des femmes. Un petit voyage à travers notre histoire, un bon parcours d’humour.

potiche.jpg

 

 

14:12 Publié dans Humour | Tags : cinéma, potiche, humour | Lien permanent | Commentaires (0)

13/09/2010

Salut Chabrol !

Cinéaste, scénariste, auteur et critique de cinéma à l’humour grinçant, spécialiste dans ses films des polars et de la condamnation des travers de la bourgeoisie, Claude Chabrol a été enlevé par cette saloperie de mort.

 

Cette figure de la Nouvelle vague a réalisé des films plein d’impertinence et de liberté de ton, dont le « Bon Serge » ou « Violette Nozière ». Persifleur, il  se moquait si bien de la bêtise humaine : « Ce qui m’intéressait avant chez les bourgeois, c’est qu’ils se fabriquaient des problèmes de cul car ils n’avaient pas de problèmes de fric. Aujourd’hui, ils ne pensent plus qu’au fric. »

 

Claude Chabrol avait la formule choc, résumant les faits de société en une phrase : « Nous vivons une époque où les pizzas arrivent plus vite que la police. » Son style enflammé va nous manquer.

chabrol7qa.jpg

 

06:01 Publié dans Culture | Tags : cinéma, culture, chabrol | Lien permanent | Commentaires (0)

03/06/2010

Mammuth écrase les bien-pensants

Gustave Kervern et Benoist Delépine nous livrent une fable prolétaire et décalée avec leur film « Mammuth », emmené par la prodigieuse Yolande Moreau, la Deschienne, et Gérard Depardieu, totalement déglingué. On y croise en outre Anne Mouglalia, Miss Ming, Benoît Poelvoorde, Siné ou Philippe Nahon. On y aperçoit même la mystérieuse Isabelle Adjani.

 

Depardieu joue le rôle de Serge Pilardos. Bourru et tendre, ce largué de la vie a trimé toute sa vie de besogneux dans une usine de porcs. L’âge de la retraite arrive pour ce bosseur, jamais absent, ni malade. Vivant dans la dèche, le désespoir frappe à nouveau à sa porte. Plusieurs documents de travail manquent. Il perd en conséquence plusieurs points de retraite. Sa femme, une caissière de supermarché, l’encourage à partir à la recherche des ses anciens employeurs pour dégoter les certifs de travail égarés. Pilardos enfourche sa vieille moto et part à l’aventure. Il accumule les échecs, hanté par son accident de bécane ayant tué l’amour de sa vie. Il rencontre plein de personnages en marge et bute sur d’anciens patrons peu scrupuleux. Dans cet univers impitoyable d’exploiteurs, nous retrouvons l’ambiance du film « Louise-Michel », des mêmes cinéastes.

 

L’humour noir atteint son apogée dans plusieurs scènes. Le peuple « d’en bas » est pour une fois sur l’avant-scène, lui qui est habituellement caché. Les auteurs décèlent dans chaque situation l’absurde et le saupoudre de pointes de provocation et de chaleur humaine.

 

Parfois poétique, toujours caustique, l’œuvre de Benoît Delépine et Gustave Kervern est un témoignage poignant des milieux populaires les plus humbles. Déprimant et drôle, belle perf de paradoxes.

mammuth-18831-1816933812.jpg

 

00:20 Publié dans Humour | Tags : humour, cinéma, mammuth | Lien permanent | Commentaires (0)

13/12/2009

Pensées, répliques et anecdotes de Mocky

A 80 balais, le cinéaste Jean-Pierre Mocky reste un Docteur es Sciences Grande Gueule. Pour s’en assurer, il suffit de lire son bouquin « Pensées, répliques et anecdotes ».

 

« Je ne dis pas que je suis le seul cinéaste à avoir des couilles. Les autres aussi en ont, mais ils ne les sortent pas souvent. ». Le décor est placé. Au cours des pages, toutes les thématiques de l’existence sont abordées : la religion, le sexe, la culture, le fric, les femmes, les médias, la politique et évidemment les cons.

 

L’homme revendique avoir séduit près de 700 femmes : « Le fait d’avoir grandi dans le Midi amène une sexualité plus épanouie que celle d’un type né dans le Nord ou en Normandie. Le soleil change tous les rapports. » Parfois macho, il s’avère toutefois romantique : « L’érotisme conjugal, c’est se comporter avec sa compagne de tous les jours comme avec sa maîtresse de passage. »

 

Utilisant l’humour dans sa vie comme dans ses films, il prend position sur l’esprit comique du moment : « Le comique d’aujourd’hui est un comique convenu. On continue de faire de l’Almanach Vermot à l’heure de Charlie Hebdo. »

 

Le réalisateur de « La Saison du plaisir » se paie naturellement la nomenklatura : « Je ne regrette pas de n’avoir jamais  reçu aucune décoration quand je vois la tête des gens qui les portent. »

 

Un jeune de 80 ans, dont l’insolence reste vive, est un espoir pour celles et ceux, comme moi, redoutant de vieillir.

mocky.jpg

 

 

18:55 Publié dans Humour | Tags : mocky, cinéma, humour | Lien permanent | Commentaires (1)

27/10/2009

Zoom avant

Lucky Luke tire … en longueur

 

James Huth a recruté l’inénarrable Jean Dujardin, Alexandra Lamy, Sylvie Testud et le pénible Michaël Youn pour porter « Lucky Luke » en film. Beaucoup de talents pour un maigre résultat. Les gags sont dégainés moins vite que leur ombre. Seule la beauté des images nous fait patienter, l’histoire étant sans relief. Lucky Luke tire … en longueur dans ce film. Je n’étais pas venu pour voir une mise en image fidèle de la BD, ce qui n’était pas la vocation de ce long métrage. Simplement, je voulais voir une bonne rigolade. Je ressors du cinéma déçu. Dujardin était pour moi, un label de qualité, capable de sauver un film à lui tout seul. Là, il n’y est malheureusement pas arrivé.

lucky-luke-film.jpg

Le Petit Nicolas … Non, pas celui qui traumatise la France

 

Le cinéaste Laurent Tirard a conçu une belle réussite avec son film « Le Petit Nicolas ». Celles et ceux qui veulent voir sur grand écran le reflet des livres de Goscinny et Sempé risquent de ne pas s’y retrouver, quoi que. Par contre, celles et ceux qui souhaitent simplement passer un bon moment avec une délicieuse comédie seront satisfaits.

 

Le petit Maxime Godard, qui joue le Petit Nicolas, est excellent et a tout pour devenir un grand comédien, même s’il est parfois un peu trop sage pour le rôle. Les parents, interprétés brillamment par le duo Valérie Lemercier et Kad Merad, ont reçu des coups de plusieurs critiques, les jugeant trop présents dans le film. Personnellement, je n’ai pas été perturbé par ces éclats de talents. Ces deux acteurs ont un jeu d’humour exceptionnel. D’autres comédien-ne-s tiennent bien leurs rôles : Sandrine Kiberlain, la maîtresse d’école ; Michel Duchaussoy, le Dirlo de l’école ; François-Xavier Demainson, le pion le Bouillon ; le sacré Michel Galabru, le Ministre visitant l’établissement scolaire ; Anémone, la vieille remplaçante Mademoiselle  Navarrin et Daniel Prévost dans le personnage de Monsieur Moucheboume.

 

L’histoire est toute simple, mais les multiplications de gags, de comique de situations et de bons mots portent le récit avec dynamisme : Le Petit Nicolas vit une existence harmonieuse, avec des parents aimants et des copains vachement sympas. Jusqu’au jour, où le Petit Nicolas surprend un bout de discussion de ses parents, le laissant imaginer que sa maman est enceinte. Il imagine le pire : rejet, abandon. Panique à bord ! Rire à la pelle !

 

La critique de « Charlie hebdo » (pourtant l’une de mes références médiatiques) amalgamant ce film à l’apologie de l’éducation de grand-papa est totalement à côté de la plaque. La seule similitude est l’époque durant laquelle se passe le récit, et rien de plus.

petit_nicolas_film.jpg

 

 

03/10/2009

Le Bal des vampires

Bien fait ! Roman Polanski a été arrêté en Suisse au sujet d’une accusation de viol datant de près de 32 ans. Vu son âge, désormais avancé, c’est la reconstitution qui va être très difficile.

 

Paris Match l’écrit : « La jeune « victime » pervertie par Polanski n’était pas si innocente ». Elle avait 13 ans, il en avait 44. Heureusement que « Paris Match » n’est pas Juge. Dans l’odieux, il est nettement meilleur.

 

Mais, « Paris Match » poursuit dans l’immonde pour sauver Polanski, en expliquant que la jeune fille avait « d’ailleurs plus près de 14 ans que de 13. » On est rassuré !

 

Dans le registre du dérapage, le Ministre français de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, n’est pas mal du tout. Il a estimé que l’arrestation de Roman Polanski était « absolument épouvantable »(…) « pour une histoire ancienne qui n'a pas vraiment de sens. » Si pour mercredi prochain, vous cherchez quelqu’un pour un Dîner de cons, j’ai un type à vous conseiller …

 

Le journal « Le Matin » s’indigne, défendant  Polanski, et pose une grande question « Quel est le statut des artistes dans ce pays (la Suisse) ? » Déjà que les artistes étrangers ont désormais de la peine à apporter de l’argent détourné fiscalement, si en plus en les arrête pour viol, où va-t-on ?

Polanski.jpg

Non, ce n’est pas une image du drame de l’époque, juste « Le Bal des vampires », un film de Polanski

 

21:25 Publié dans Humour | Tags : polanski, justice, cinéma | Lien permanent | Commentaires (1)

15/09/2009

Whatever Works, un bon moment de cinéma

De longs dialogues made in Woody Allen, délice de mots, stock d’intelligence et overdose d’humour. On vit entre ami-e-s à New York, cheminant dans leurs vies, dont celle légèrement autobiographique de Woody Allen.

 

Ce film est le fruit d’un non-conformisme, à la fois dépressif et jouissif. Traité philosophique filmé, créant des grands moments de connivence entre les comédien-ne-s et les spectateur-trice-s, cette comédie est une invitation au bonheur. Saisissons-le !

allen.jpg

 

 

06:22 Publié dans Humour | Tags : cinéma, woody allen | Lien permanent | Commentaires (0)