cinéma

  • Intouchables … touchants !

    Sortant du ciné, j'encense « Intouchables », le film d'Olivier Nakache et d'Eric Toledano, avec les éblouissants Omar Sy et François Cluzet. Les critiques répètent inlassablement que ce long métrage est l'une des meilleures comédies du cinéma français. Je ne peux que leur tirer mon chapeau pour ce jugement avéré. Il est aussi l'un des meilleurs dans le registre de l'émotion.

     

    Victime d'un accident de parapente, Philippe (François Cluzet), vachement friqué, engage Driss (Omar Sy) comme aide à domicile. Driss est un jeune de banlieue, largué, sortant de tôle. Leur cohabitation atypique est la colonne vertébrale, c'est le cas de dire, de cette belle histoire vraie.

     

    Ces deux univers opposés créent, en association, une énergie vitale riche. Ce film hilarant est une apologie du pluralisme. Les différences additionnées sont l'or de l'humanité. Les vannes accentuent les moments tendres. La dérision rend l'existence palpitante, même lorsque l'on souffre d'un handicap. Une jolie leçon de vie. Un appel au grain de folie pour asphyxier la routine.

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  • Salut à Marie-France Pisier ...

    L'actrice, réalisatrice et femme engagée Marie-France Pisier est morte ! Elle était brillante sur les planches et sur le grand écran, et était généreuse dans ses combats pour davantage de libertés. J'aimais bien Marie-France Pisier.

    Souvenir : J'en parle un jour à mon pote, l'artiste Jean-Luc Bideau. Scié, il m'avoue qu'il va prochainement tenir la scène avec elle, pour un échange théâtral de correspondance. Il propose de me convier à cet événement pour me présenter l'artiste engagée. Pari tenu, il m'invite, quelques mois plus tard, au Théâtre de Saint-Gervais de Genève pour ce fameux spectacle.

    La pièce finie, je me rends au bar pour attendre les artistes. Jean-Luc vient me chercher. Me rendant vers la comédienne, Guy-Olivier Segond, Conseiller d'Etat genevois à l'époque, m'interpelle et part dans une explication fleuve. J'essaie de m'en débarrasser sans grand succès. Segond joue la sangsue, même si ses anecdotes sont intéressantes. Finalement, ayant été longuement squatté par Guy-Olivier, mon échange avec Marie-France Pisier est trop concis.

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  • Rien à déclarer

    « Le Figaro », le canard des bien-pensants de la bourgeoisie française, qualifie le long métrage de Dany Boon « Rien à déclarer » de « film vide, paresseux et fatigué. » Et bien moi, je me suis bien marré.

    Certes il accumule les clichés, mais les acteurs sont drôles et talentueux. Benoît Poelvoorde est à nouveau délirant et Dany Boon panache la tendresse et la déconne. Karin Viard assure. François Damiens cartonne. Bruno Lochet, avec une tronche d'enfer, joue un trafiquant complètement déjanté.

    L'histoire de douaniers vivant la fin des frontières franco-belges suite à la signature du Traité de Maastricht est un terrain de jeux immense pour multiplier les gags et les situations scabreuses.

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  • Potiche ? Pas tant que ça

    Vu la comédie de François Ozon, avec la remarquable Catherine Deneuve, Fabrice Luchini, un peu en retrait, Gérard Depardieu en dignitaire communiste, Judith Godrèche, Jérémie Renier et la géniale Karin Viard.

     

    Jonglant avec le kitsch des années 70, Ozon a repris en film une pièce de boulevard rendue célèbre par la pétulante Jacqueline Maillan.

     

    Dans la France des seventies, Fabrice Luchini, alias Robert Pujol, dirige son usine de parapluies avec despotisme. Ignoble dans son entreprise, il l’est aussi avec ses enfants et son épouse, Catherine Deneuve, la potiche de son mari tyrannique et macho.

     

    A la suite d’une grève et d’une séquestration par ses employé-e-e, le patron chiant et autoritaire part en cure de repos. Son épouse prend alors la tête de la firme. Deneuve potiche bourgeoise se mute en tigresse féministe. Elle se révèle et devient une femme libérée, innovante et épanouie. Explosion de scènes rocambolesques au retour de l’époux dominateur, sa femme ne voulant plus lui rendre son pouvoir de patron.

     

    De manière légère et drôle, François Ozon parcoure une page cruciale de l’émancipation des femmes. Un petit voyage à travers notre histoire, un bon parcours d’humour.

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  • Salut Chabrol !

    Cinéaste, scénariste, auteur et critique de cinéma à l’humour grinçant, spécialiste dans ses films des polars et de la condamnation des travers de la bourgeoisie, Claude Chabrol a été enlevé par cette saloperie de mort.

     

    Cette figure de la Nouvelle vague a réalisé des films plein d’impertinence et de liberté de ton, dont le « Bon Serge » ou « Violette Nozière ». Persifleur, il  se moquait si bien de la bêtise humaine : « Ce qui m’intéressait avant chez les bourgeois, c’est qu’ils se fabriquaient des problèmes de cul car ils n’avaient pas de problèmes de fric. Aujourd’hui, ils ne pensent plus qu’au fric. »

     

    Claude Chabrol avait la formule choc, résumant les faits de société en une phrase : « Nous vivons une époque où les pizzas arrivent plus vite que la police. » Son style enflammé va nous manquer.

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