15/03/2012

Le respect plutôt que le blocage égoïste des carrefours

Genève étouffe sous les bagnoles. Chaque matin, chaque soir, quasiment tout le temps, un bouchon généralisé bloque notre belle Cité. Quotidiennement, comme pour alimenter les brèves de comptoir, les citoyens dégottent des coupables : « C'est la faute aux chantiers, à Künzler, aux ingénieurs de la mobilité, aux TPG, ... »

 

Certes, on ne développe pas massivement un réseau de tram et un axe ferroviaire sans provoquer quelques désagréments. C'est ainsi que l'on façonne une ville capable d'affronter l'avenir.

 

Mais, les plus grands responsables de ce capharnaüm sont souvent oubliés, lorsque le peuple convoque les « accusés » à la barre des discussions de bistrot.

 

Les automobiles forment la première cause du blocage de leurs consœurs. Le nombre de voitures explose dans la région genevoise. Etant l'un des plus importants pôles de développement d'Europe, les gens travaillant de plus en plus en ville et habitant à l'extérieur, les autos sont partout. L'équation est mathématique. Sur un territoire exigu, coincé entre le lac et les montagnes, impossible de multiplier (heureusement) les voies de communication. Sur un réseau évoluant peu, l'ajout d'un tas de voitures ne peut créer que des surcharges asphyxiant Genève.

 

Finalement, cerise sur le gâteau, l'un des responsables trop souvent impuni est le chauffard. Egoïste, impatient, il jette sa grosse bagnole sur le carrefour, alors que le feu est orange vif ou rouge clair. A chacun de mes déplacements, presqu'à chaque carrefour, un ou plusieurs conducteurs de la sorte bloquent la circulation et les transports publics. Pour gagner individuellement quelques secondes, ils en font perdre des dizaines aux autres.

 

Ce comportement est l'illustration de notre société individualiste, compétitive à l'excès et irrespectueuse des autres. La promotion du respect et de la solidarité est l'un des vaccins à cette forme de connerie humaine.

 

En attendant, quelques contrôles policiers, quelques amendes aux véhicules stagnant, en toute impunité, au milieu des carrefours pourraient fluidifier le trafic et rappeler à ces énergumènes que le respect, ça change la vie !

 

Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois

Bouchon Rue Voltaire Genève.JPG

En entrant dans la Rue Voltaire, alors qu’il n’y a qu’une seule file, nous nous retrouvons à 4 bagnoles de front, dont deux clairement dans les voies d’en face. Blocage du carrefour assuré ! (Photo : Christian Brunier)

21:47 Publié dans Genève | Tags : circulation, mobilité | Lien permanent | Commentaires (2)

19/02/2012

Feu vert pour les feux clignotant la nuit

Les feux de signalisation ont deux grandes missions : assurer la sécurité routière et réguler le trafic.

 

Celles et ceux résidant à proximité de telles installations peuvent, par contre, se rendre compte du bruit occasionné par les véhicules qui freinent, stagnent, puis redémarre, parfois avec la radio à fond.

 

De plus, si les feux de signalisation augmentent la sécurité routière habituellement, la zone verte devient une piste de lancement pour les tarés de la vitesse, dès que les rues sont moins fréquentées.

 

Habitant sur l'un des plus grands axes routiers de Genève, dominant un large carrefour, je suis un spectateur bien placé pour évaluer les bienfaits et les méfaits de ces feux.

 

Si la journée, ces installations sont souvent indispensables, notamment près des écoles et des lieux fréquentés par les enfants, les feux de signalisations pourraient être convertis en feux clignotants, dans la soirée. Les avantages seraient multiples. Premièrement, le bruit diminuerait sensiblement et augmenterait la qualité du sommeil des habitant-e-s proches des voies de circulation.

 

Ces feux clignotants éviteraient des arrêts inutiles de véhicules et restreindraient la pollution.

 

Finalement, ce régime nocturne éliminerait les zones vertes et inciterait les chauffards à la prudence, un fou du volant pouvant en croiser un autre à chaque carrefour. Le feu clignotant éveille indubitablement le sens des responsabilités et génère une attention particulière.

 

Durant une longue période de réaménagement du carrefour voisin de mon domicile, j'ai été en mesure d'apprécier la différence. Ça vaut vraiment la peine d'essayer dans un canton où la pollution sonore est mal combattue.

 

En adoptant une politique de ce genre, Genève ne tenterait pas une aventure pouvant s'avérer hasardeuse. La capitale britannique a considérablement restreint sa signalisation lumineuse. Sur la célèbre Kensington High Street, cette abolition a fait chuter de 60% les accidents.

 

Aux Pays-Bas, ce type d'expériences devient contagieux. Là encore, le nombre d'accidents baisse, la fluidité du trafic s'accentue et l'amabilité entre usagers de la route devient la règle. 

 

Dans ce contexte, je ne comprends pas l'entêtement du Département de l'Intérieur et de la Mobilité de l'Etat de Genève qui refuse d'entrer en matière sur cette idée, même à titre pilote. La volonté de rechercher des solutions pour augmenter le bien-être de la population devrait pourtant prendre le dessus sur des résistances au changement ne créant que de l'immobilisme.

 

Christian Brunier, ancien député socialiste