culture

  • Magnifique soirée au Festival de Jazz de Junas

    Soirée au Festival de Jazz de Junas, dans le Gard. Sur la Place de l'Horloge, à l'Anthracite, nous écoutons, en fin d'après-midi, « New Orleans Phil's Band ». Ce groupe du Languedoc-Roussillon nous fait revivre les grands standards du jazz des années 1910 à 1950. Ce groupe a été fondé par Philippe Abbal, qui assume aussi la Présidence du Hot Club Jazz Languedoc Roussillon.

     

    Nous dînons dans les anciennes carrières du village, lieu du festival. Le site gallo-romain est exceptionnel, avec ses roches s'élevant vers le ciel.

     

    Ensuite, nous allons écouter Raphaël Imbert Octet. Raphaël Imbert est un autodidacte atypique. Saxophoniste, arrangeur, pédagogue, il  est un improvisateur de talent et un homme chaleureux. J'apprécie tout spécialement l'éclat de sa sonorité. A ses côtés, la chanteuse américaine et guitariste Sarah Quintana apporte une touche supplémentaire avec sa merveilleuse voix. Le joueur de banjo et chanteur Paul Elwood est aussi l'une des forces de l'orchestre. La musique du groupe est recherchée, riche, très diverse, tout en restant accessible à un large auditoire. En sus de musiciens de qualité qui l'entourent, Raphaël Imbert travaille avec le logiciel Omax, qui nourrit des effets sonores et créent de fulgurantes impros. Je prends mon pied durant ce concert de haut vol. Au terme de sa prestation, Raphaël Imbert va remercier les techniciens, au milieu du public. Ce geste de gratitude est certainement signe d'une humanité marquée.

     

    Un mythe du blues électrique arrive : Magic Slim ! L'homme a vieilli. Il a de la peine à sa déplacer. Sa voix et son touché de guitare restent exceptionnels. Du blues pur, interprété avec génie, mais sans surprise.

  • Zikabilo …

    Beau rendez-vous sur la scène Ella Fitzgerald, au Parc La Grange, pour applaudir la Zikabilo. Ce groupe est un orchestre déjanté et atypique, créé en 1999. Métissage de musiques, cet ensemble original touche aux airs latinos, avec des accents jazzy et manouches, mais aussi rock et rom ; sans oublier des clins d'œil à la chanson française.

     

    Composée d'un saxophoniste ténor, d'un trompettiste, d'un joueur de tuba dansant, d'un accordéoniste, de percussions multiples et de voix, cette formation décoiffe par son énergie et sa joie débordante. Mention spéciale à Barbaro Teuntor Garvia, trompettiste et chanteur de talent, ancien musicien du Buena Vista Social Club et de l'Afro Cubain All Stars.

     

     

     

  • Salut à Marie-France Pisier ...

    L'actrice, réalisatrice et femme engagée Marie-France Pisier est morte ! Elle était brillante sur les planches et sur le grand écran, et était généreuse dans ses combats pour davantage de libertés. J'aimais bien Marie-France Pisier.

    Souvenir : J'en parle un jour à mon pote, l'artiste Jean-Luc Bideau. Scié, il m'avoue qu'il va prochainement tenir la scène avec elle, pour un échange théâtral de correspondance. Il propose de me convier à cet événement pour me présenter l'artiste engagée. Pari tenu, il m'invite, quelques mois plus tard, au Théâtre de Saint-Gervais de Genève pour ce fameux spectacle.

    La pièce finie, je me rends au bar pour attendre les artistes. Jean-Luc vient me chercher. Me rendant vers la comédienne, Guy-Olivier Segond, Conseiller d'Etat genevois à l'époque, m'interpelle et part dans une explication fleuve. J'essaie de m'en débarrasser sans grand succès. Segond joue la sangsue, même si ses anecdotes sont intéressantes. Finalement, ayant été longuement squatté par Guy-Olivier, mon échange avec Marie-France Pisier est trop concis.

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  • Décès de Georges Haldas, Une sacrée page se tourne

    Jeune, je jouais de la musique dans un sous-sol du Boulevard Carl-Vogt. Dans le même coin, je fréquentais les bistrots avec mes potes. À 21 ans, je m’établis sur ce boulevard de Genève, au-dessus du resto de la « Boule d’Or ».

     

    C’est dans ce quartier populaire et animé que je rencontrai à de multiples reprises l’écrivain Georges Haldas. Il noircissait des feuilles de papier au café « Chez Saïd », en zyeutant le papelard de tout prêt, vu ses problèmes de vue. Je le croisais aussi fréquemment dans le parc du Musée d’ethnographie, sis dans la même rue. Il flânait et méditait sur les bancs, pensant certainement à ses prochains écrits.

     

    Ce poète relatait les histoires simples de la vie, témoin de son époque et de son environnement. Avec beaucoup d’humour et de bon sens, il s’intéressait aux êtres humains et à leurs histoires. C’est certainement grâce à cette humanité, qu’Haldas s’engagea humblement pour la paix et pour l’autodétermination des peuples, dont particulièrement celui de Palestine.

     

    « Les morts, quand vous les oubliez, vous les tuez une deuxième fois. », disait-il. Vu son œuvre, la récidive n’est pas à l’ordre du jour.

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  • Hop Hopper !

    Vu à Lausanne, au Musée de l’Hermitage, l’expo d’Edward Hopper. Je n’aime pas trop le personnage introverti, repoussant le modernisme artistique, avec comme cerise sur le gâteau une éducation psychorigide, heureusement démontée un peu par ses visites parisiennes et ses conquêtes amoureuses.

     

    Mon admiration par rapport à son œuvre tourne autour de deux aspects. Tout d’abord, sa lumière. Il est le peintre de la lumière. Ses rouges-roses et ses verts sont remarquables. Des rayons de soleil baignent ses toiles. Peu d’artistes ont illustré avec autant de talent la palette complexe et multiple de la lumière. Secundo, son érotisme. Cassant son enseignement religieux sectaire, il a peint des corps de femmes avec une grande sensualité. Ses traits et courbes blasphématoires sont aussi un retour dans la lumière des plaisirs de la vie.

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