04/06/2009

Retirons l’initiative 138 sur le Cycle d’orientation à Genève

En tant qu'initiant, je suis profondément favorable au retrait de l'initiative 138 sur le Cycle d’orientation.

 

Evidemment, l'IN138 est plus satisfaisante que le contreprojet voté par le peuple, auquel j'ai participé afin de trouver un compromis politique capable de contrer les mouvements rétrogrades de l'école et de recueillir une majorité, comme ça été le cas dans les urnes.

 

Certes ce compromis n'est pas mon idéal. Néanmoins, il a permis d'améliorer la situation, de remporter un large succès populaire (la volonté  populaire doit être toujours respectée, surtout quelques semaines après son expression) et surtout de ramener une certaine sérénité au Cycle d'orientation.

 

Dans ce contexte, l'IN138 n'a aucune chance de gagner. Une défaite, certainement assez nette, ne servira pas notre cause. Au contraire, elle marginalisera nos thèses aujourd'hui minoritaires.

 

Nous avons un devoir de pédagogie envers les électrices et électeurs pour leur présenter des évolutions pédagogiques bien différentes de l'école qu'ils ont connue et qu'ils idéalisent, et non un devoir suicidaire d'amener une initiative à un échec cuisant.

 

Hier encore, nous pensions que l'initiative démagogique et élitiste de REEL avait toutes ses chances de passer au détriment des intérêts des élèves. L'IN138, initiative de combat, a poussé les forces politiques à trouver un compromis pour contrer le projet dangereux de REEL. L'objectif est atteint ! Maintenir l'IN138 serait une erreur qui pousserait notre idéal à l'échec et renforcerait nos adversaires.

 

Sachons garder raison et travaillons à faire évoluer les mentalités, notamment en montrant à la population les exemples proches de nos aspirations qui réunissent un peu partout dans le monde.

 

Ces considérations personnelles ne sont dictées que par le souci de ne pas transformer l'école en un terrain de jeux pour recueillir des voix.

22/05/2009

Faut-il retirer l’initiative pour un Cycle d’orientation hétérogène ?

Dans « Le Courrier », sous la plume de Rachad Armanios :

 

ECOLE - Vu le plébiscite enregistré dimanche par le contre-projet instaurant un système à trois sections, certains partisans de l'IN 138 songent à la retirer. Le comité d'initiative tranchera le 8 juin.

 

Revotera-t-on en automne sur le Cycle d'orientation? Dimanche, le contre-projet instaurant un système à trois sections a remporté la première bataille, renvoyant dans les cordes le Cycle très sélectif qu'imaginait le Réseau école et laïcité (RÉEL). La seconde manche devrait opposer le gagnant à l'Initiative 138 de la Coordination enseignement, en faveur d'un Cycle hétérogène. Mais le conditionnel est de mise. Car le plébiscite pour le contre-projet (74,5%) a divisé les initiants sur l'opportunité de maintenir leur texte. Lundi soir, la Coordination enseignement – regroupement de syndicats enseignants et de partis de gauche – a décidé... de ne pas décider. «La tendance générale était au maintien, mais il a été jugé prématuré de trancher, explique Olivier Baud, président de la Société pédagogique genevoise. L'association professionnelle des enseignants du primaire mais aussi celle des maîtres du Cycle (FAMCO) veulent consulter leurs bases, qui se positionneront lors de leurs assemblées générales respectives, le 26 mai et le 4 juin. Fort de quinze personnes, le comité d'initiative est seul habilité à retirer le texte. Il réserve son verdict pour le 8 juin.

 

Olivier Baud dit ne pas vouloir influencer les débats. Mais sa présentation des enjeux laisse paraître ses doutes: «L'hétérogénéité est le meilleur moyen pour augmenter le niveau scolaire général. Ce principe demeure, mais un vote en septembre est-il la meilleure stratégie pour y parvenir, vu le fort score du contre-projet et le contexte électoral? Ce risque doit être évalué.»

 

Dans le mur?

 

Une gifle similaire à celle reçue par RÉEL repousserait très loin l'idéal de l'hétérogénéité, assure le socialiste Christian Brunier. Membre du comité d'initiative, il doute que les voix stratégiquement données au contre-projet pour couler RÉEL empêchent l'IN 138 d'aller dans le mur: «Mieux vaut revenir à la charge dans quelques années.»

 

Sa collègue de parti Véronique Pürro ajoute que l'IN 138 «a joué son rôle» en permettant d'intégrer au contre-projet – texte de compromis qu'elle soutient – des préoccupations de l'initiative. La maintenir serait rallumer la guerre scolaire, alors que le Cycle a besoin de sérénité, clament les deux socialistes. Si l'IN 138 est maintenue, le PS décidera le 17 juin en assemblée générale s'il abandonnera le contre-projet pour son adversaire, mais Véronique Pürro en doute.

 

 «Il n'y a rien à attendre du PS, incapable de se mobiliser», raille Olivier Baud. Il est rejoint par le permanent de Solidarité Pierre Vanek. «L'IN 138 n'est pas un simple épouvantail, elle est porteuse d'un vrai projet, commente-t-il. On ne récolte pas 12 000 signatures pour les jeter à la poubelle et si on a peur de l'échec, on ne mène pas de batailles.»

 

Lundi, Bilal Ramadan, membre du comité, insistait sur l'incapacité du contre-projet à lutter contre l'échec scolaire, point focal de l'IN 138. «La question n'est pas de savoir si on va prendre une baffe ou non, mais s'il est important d'apporter quelque chose aux niveaux pédagogique et philosophique.» Pour faire progresser une idée, ajoutait-il, une seule votation ne suffira pas.

16/11/2008

Unité politique, absence de polémique, silence médiatique

Décidés à calmer le jeu sur l’enseignement et à arrêter de transformer l’école en terrain de jeu électoral, tous les partis du Grand Conseil genevois ont élaboré un contre-projet à l’initiative de REEL pour élaborer le cycle d’orientation de demain.

Trouver un accord entre tous ces courants politiques était une performance.

Valorisant enfin la formation professionnelle, aujourd’hui considérée à tort comme une sorte de filière de l’échec, établissant des passerelles pour faciliter le passage d’une filière à l’autre afin d’orienter au mieux les élèves, évitant de sélectionner les enfants trop tôt, donnant des soutiens supplémentaires aux élèves en difficulté, uniformisant enfin le fonctionnement du cycle sur l’ensemble du canton, ce projet n’est pas novateur, ni exemplaire, mais améliore fortement la situation actuelle.

Afin de faire barrage à l’initiative de REEL qui prône un cycle d’orientation hyper sélectif, basé sur une organisation aussi complexe qu’illisible, tous les partis du Grand Conseil ont organisé une conférence de presse commune, à l’exception du MCG qui a retourné sa veste votant pour au parlement, mais défendant le contre dans la campagne du vote populaire.

Les médias reprochent souvent aux partis de se faire la guéguerre au détriment des intérêts de la population. Pour une fois que les partis sont unis, la presse a déserté la conférence de presse interpartis. Seuls 2 journalistes (Tribune de Genève et Radio Cité) étaient présents et le retour médiatique est quasiment inexistant.

C’est vrai, la polémique, le populisme et le scoop n’étaient pas au rendez-vous. Mais, ce silence médiatique est une forme de mépris contre le travail politique constructif.

Bien qu’étant l’un des promoteurs de ce contre-projet, je n’étais pas à la conférence de presse en question retenu professionnellement, ce qui me laisse une totale liberté de regretter ce désintérêt grave des journalistes.