18/09/2011

Liberté pour les journalistes de Voice of Burma

Défenseur des droits humains, j'envoie une lettre au Secrétaire général de l'ASEAN, Association des nations de l'Asie du Sud-Est :

 

Je vous demande de faire pression sur le gouvernement birman afin qu'il libère les dix-sept journalistes de la Democratic Voice of Burma (DVB), dont la plupart ont été torturés et condamnés à de longues peines de prison. Malgré les récentes élections, plus de 2'100 prisonniers politiques demeurent toujours derrière les barreaux, et le gouvernement n'a, jusqu'à présent, fait aucun geste pour les libérer.

 

Une presse libre de tout contrôle gouvernemental est le fondement d'une véritable démocratie. Le traitement que réserve la Birmanie aux journalistes indépendants prouve que la démocratie reste une lointaine perspective. Une organisation régionale aussi importante que l'ASEAN, bénéficiant d'un poids politique conséquent et d'une reconnaissance de la part de ses communautés, devrait saisir l'opportunité de cette prétendue transition vers un gouvernement civil, pour exiger de réels changements.

 

Je vous demande d'utiliser votre influence régionale pour mobiliser les efforts de la communauté internationale afin de libérer les journalistes de la DVB, et tous les prisonniers politiques. Je demande également à l'ASEAN de promulguer une résolution qui lui donnerait un mandat de poids afin de persuader les dirigeants birmans d'entamer un véritable dialogue. Je vous prie d'agréer, Monsieur le Secrétaire général, l'expression de notre haute considération.

07/01/2011

Blogueurs tunisiens arrêtés : Appel à Micheline Calmy-Rey

J’envoie un message immédiat à Micheline Calmy-Rey, Présidente de la Confédération helvétique :

 

Salut Micheline,

 

Cinq blogueurs tunisiens viennent d’être arrêtés par le pouvoir dictatorial tunisien : Hamadi Kaloutcha, Hamada Ben Aoun, Slim Amarou, Azyz Amamy et Slah Eddin Kchouk. Leur seul crime : relater les manifestations en cours en Tunisie.

 

Ces arrestations de cyber-résistants sont des violations graves des droits humains.

 

Afin que les libertés soient respectées, je te demande de bien vouloir intervenir, au plus vite, en tant que Ministre des Affaires étrangères de notre pays, pour réclamer la libération immédiate de ces utilisateurs du droit d’expression.

 

Merci d’avance pour ton soutien. Avec mes amitiés.

 

Christian Brunier, anc. Président du Parti socialiste genevois

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Manifestation des avocat-e-s tunisien-ne-s (source : www.tunivisions.net)

 

18/12/2010

Les partisans du chanvrier ont convoqué hier la presse étrangère. Pour que le débat prenne une ampleur mondiale

Renaud Michiels – Le Matin

 

Sur le front médical ou judiciaire, rien de nouveau dans l’affaire Rappaz. Après cent treize jours de grève de la faim, le chanvrier emprisonné continue à s’affaiblir. Mais aucune suspension de peine n’est en vue. Reste que ses défenseurs ne baissent pas les bras. Mieux, ils veulent maintenant internationaliser le combat. «Si la Suisse veut avoir honte jusqu’à la fin de ses jours, qu’elle laisse mourir Rappaz! Ce serait une tache de sang sur le drapeau suisse!» s’est emporté hier à Genève Michel Sitbon, éditeur français, cofondateur de Cannabis sans frontières et porte-parole du Comité international de soutien à Bernard Rappaz.

 

Avec le sociologue Jean Ziegler, il avait convoqué la presse – surtout étrangère – pour donner une dimension planétaire au débat et exiger une interruption de peine pour le Valaisan. «C’est une question de principe qui dépasse de loin la réalité helvétique, a plaidé Jean Ziegler. Une vie vaut plus que n’importe quel règlement, loi ou décision de justice.» Titre de la conférence de presse: «Veut-on rétablir la peine de mort au cœur de l’Europe?». Un peu exagéré? «Ici, ne rien faire est assimilable à une peine de mort», a rétorqué le Genevois.

 

Un avis manifestement partagé par le conseiller national Jean-Charles Rielle (PS/GE) et l’ancien patron du PS genevois Christian Brunier, également présents. «Il est simplement insoutenable, inqualifiable qu’un homme meure dans une prison suisse en 2010», a clamé Jean-Charles Rielle. Christian Brunier a fustigé la lourdeur de la peine – 5 ans et 8 mois de prison – infligée à Bernard Rappaz pour violation grave de la loi sur les stupéfiants. «C’est plus que pour un viol ou même un meurtre s’il est passionnel», a noté le socialiste.

 

Michel Sitbon, lui, a voulu jeter un regard extérieur sur l’affaire Rappaz. «En France, par exemple, on est éberlué. Rappaz demande une simple interruption de peine, on répond: «Qu’il meure!» Les Suisses se rendent-ils compte de l’indécence de ce qui est en train de se passer?» Et l’éditeur de préciser que des personnalités telles que Daniel Cohn-Bendit, José Bové ou Mgr Gaillot ont rallié le comité de soutien. Jean Ziegler a ajouté avoir parlé de l’affaire Rappaz avec la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey: «La présidente n’a aucun pouvoir de décision dans le domaine, mais elle m’a dit son inquiétude, y compris, si Rappaz mourait, pour les dommages sur le prestige de la Suisse.»

 

Malgré ces soutiens, l’affaire Rappaz semble toujours enlisée. Le chanvrier refuse de s’alimenter et tous les recours sont épuisés. «Il reste le recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg», a précisé Maggie Loretan, l’ex-compagne du chanvrier et mère de sa fille de 12 ans. «Bernard est très faible mais un peu euphorique. J’essaie de lui dire que pour continuer un combat il faut être vivant. Mais j’ai peur qu’il s’en aille avant 2011. Il m’a déjà dit que ça ne vaut plus la peine de vivre dans cette société-là.»

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Image : Keystone

Christian Brunier, Jean Ziegler, Michel Sitbon et Jean-Charles Rielle

 

 

16/12/2010

Comité International de Soutien à Bernard Rappaz

URGENCE!

INVITATION

112ème jour de grève de la faim pour le chanvrier suisse !

 

Conférence de presse à Genève, du Comité international de soutien à Bernard Rappaz, vendredi 17 décembre à 14h au Club Suisse de la Presse, 106, rue de Ferney à Genève.

 

« Veut-on rétablir la peine de mort au cœur de l'Europe ? »

  

À l’annonce du refus de grâce pour Bernard Rappaz par le Grand conseil Valaisan le 18 novembre, Michel Sitbon (éditeur français) a décidé d’entamer un jeûne solidaire afin de « réveiller les consciences face au sort réservé par les autorités suisses à Bernard Rappaz ». Au 29ème jour de son jeûne, il sera à Genève pour y présenter les initiatives en cours du Comité international de soutien à Bernard Rappaz, et lire des témoignages de solidarité venus du monde entier.

 

Parmi les actions engagées par le Comité international de soutien à Bernard Rappaz, l’appel lancé par le vice-président du Comité consultatif des Droits de l’Homme des Nations Unies, Jean Ziegler, et les députés européens français Daniel Cohn Bendit et José Bové rejoints par Mgr Gaillot, et l’ambassadeur de France, Stéphane Hessel.

 

La pétition demandant la libération immédiate de Bernard Rappaz, a reçu de nombreux soutiens, en France comme en Amérique latine, aux États-Unis, et partout en Europe, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas ou d'ailleurs.

 

Pour signer la pétition « Sauvez Rappaz !» : http://supportrappaz.org

 

Vendredi 17 décembre à 14h, le Comité international de soutien à Bernard Rappaz invite à une conférence de presse à Genève, au Club Suisse de la Presse, 106, rue de Ferney.

 

Sont prévues les interventions de : Jean Ziegler, Jean Charles Rielle, Manuela Crettaz, Christian Brunier, et Michel Sitbon.

 

Chacun des intervenants présentera son point de vue sur la situation de Bernard Rappaz au 113ème jour de grève de la faim.

 

Contact Presse : Farid Ghehioueche 0614815679

 

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17/11/2010

Appel contre l’hypocrisie liée à la production de chanvre : Bernard Rappaz ne doit pas mourir !

Aujourd’hui, une hypocrisie existe par rapport au chanvre en Suisse. Sa consommation à des fins personnelles est largement tolérée. On utilise cette substance pour élaborer des tisanes, des tissus naturels, des baumes de massage ou des confitures.

 

Par ailleurs, les applications thérapeutiques du chanvre sont de plus en plus reconnues. Le monde médical calme des douleurs grâce à cette plante. Elle est prescrite dans bon nombre de cas de sida, d’anorexie, de traitement de chimiothérapie et de sclérose en plaques.

 

Si sur son utilisation, la Suisse est tolérante. Elle l’est beaucoup moins sur sa production.

 

Bernard Rappaz a écopé, en Valais, près de 6 ans de prison ferme principalement pour en avoir cultivé, une peine bien supérieure à celle infligée aux auteurs de violences conjugales, aux tueurs de la route ou aux violeurs.

 

Nous, défenseur-euse-s des droits humains, demandons respectueusement, aux parlementaires valaisans de revoir le jugement de Bernard Rappaz en le graciant afin que la justice puisse commuer sa peine infligée en un arrêt à domicile (par exemple avec bracelet, une loi dans ce sens pourrait être votée en urgence en Valais) ou en un régime de semi-détention pour une durée proportionnelle au délit commis.

 

Laurence Fehlmann Rielle, anc. Députée, anc. Présidente du PS Genevois ;

Jean Ziegler, Vice-Président du Comité consultatif du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies;

Liliane Maury Pasquier, Conseillère aux Etats

Ueli Leuenberger, Président des Verts suisses, conseiller national,

Carlo Lamprecht,

Erica Deuber Ziegler, Historienne de l’Art;

Philippe Cohen, Auteur, comédien;

Ariane Blum Brunier, anc. Députée ;

Cyrille Schnyder-Masmerjan, Directrice artistique,

Didier Bonny, anc. Député ;

Alain Vaissade, anc. Maire de Genève ;

Raymond Burki, Dessinateur  de presse ;

Anne-Catherine Menétrey-Savary,

Loly Bolay, Députée, anc. Présidente du Parlement cantonal de Genève,

Mathias Buschbeck, Conseiller municipal de la Ville de Genève,

Christian Brunier, anc. Député, anc. Président du PS Genevois

 

 

14/11/2010

La question du jour :

Genève, Capitale mondiale des droits de la personne, va-t-elle laisser mourir Bernard RAPPAZ (80 jours de grève de la fin) dans son Hôpital universitaire, condamné pour avoir cultivé du chanvre à 6 ans de prison ferme, une peine bien supérieure à celle infligée aux auteurs de violences conjugales, aux tueurs de la route ou aux violeurs ?

 

Un nouveau procès doit avoir lieu pour que la peine soit proportionnelle au délit commis !

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12/11/2010

Sauvons le nouveau Farinet

Le Valais célèbre Farinet. Malgré la dévotion à cet insoumis, on incarcère son héritier : Bernard Rappaz. Son crime : avoir planté du cannabis, vieille plante servant à la fumette, mais aussi à produire tissus, confiture, tisane ou baumes médicinaux.

 

Bien sûr, son excès de consommation est dangereux, comme le tabac ou l’alcool. Pourtant, est-ce normal de condamner ce provocateur à près de 6 ans de prison ?

 

En Suisse, on a trop de complaisance par rapport aux maris violents et aux voyous du volant. Par contre, la justice valaisanne montre les dents face à l’indocilité. Au Royaume de la démocratie chrétienne rigide, la marginalité est condamnable et dérange l’establishment traditionaliste.

 

Pour non respect de la loi, Rappaz est condamné. On rajoute une couche parce qu’il n’entre pas dans le moule du prêt-à-penser. Au regard de ses infractions, sa condamnation est disproportionnée et injustifiable du point de vue des droits humains.

 

Dans ce règne de l’arbitraire, les défenseur-euse-s des libertés doivent se mobiliser pour obtenir sa grâce ou la réduction de sa peine afin de la rendre proportionnelle aux infractions commises.

23/08/2010

Les droits humains sont aussi pour les Roms

Les Roms sont chassés de partout. On les rend responsables de tous les maux rencontrés par les populations européennes. Nicolas Sarkozy les stigmatise, assimilant les Roms à l’insécurité. Belle excuse pour un homme incapable de résoudre ce problème, monté en épingles par lui-même à des fins électorales perverses. Bon moyen pour détourner les regards de la presse sur ses affaires nauséabondes.

 

Les grands problèmes d’insécurité existent et il faut les combattre avec détermination, mais sans les exagérer et en les traitant dans leur complexité.

 

La grande majorité des Roms sont des gens  honnêtes, dérangeant les bien-pensants par leur mode de vie itinérant et atypique. Certains peuvent certes déranger, tendant la main pour obtenir une pièce, lavant avec insistance un pare-brise ou organisant les jeux dans la rue. Ces actions sont parfois chiantes. Mais, on est  bien loin des grands problèmes de sécurité. Les expulser ne baisse pas les trafics, les agressions, les viols, les meurtres ou le blanchiment d’argent sale.

 

Par contre, une bonne partie des Roms sont pauvres, persécutés et méprisés. L’extrême-droite italienne, la Ligue du Nord en tête, sacralise aujourd’hui les thèses sarkozyennes. Quelle honte pour le Président du pays créateur de la Charte des droits de l’homme.

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Les Roms doivent pouvoir bénéficier des droits humains

 

26/03/2009

Lettre ouverte à Eveline Widmer-Schlumpf et Eduard Gnesa

Madame la Conseillère fédérale de la Confédération helvétique,
Monsieur le Directeur de l’Office fédéral des migrations,

J’ai appris l’arrestation de M. Fahad K., principal protagoniste du film La Forteresse, lundi 23 mars 2009 à Zurich. Par la présente, je tiens à vous exprimer ma plus vive inquiétude sur le sort de ce jeune requérant d’asile irakien qui risque d’être renvoyé, via la Suède, en Irak où sa vie est en grand danger.

Menacé de mort par les milices islamistes irakiennes, Fahad K. a fui vers l'Europe. Il erre maintenant depuis deux ans, balloté d'un pays à l'autre, en quête de protection. En Suisse, une demande d'asile lui a été refusée en vertu des accords de Dublin et il a été renvoyé de force vers la Suède, premier pays européen où il a demandé l’asile. La Suède lui annonçant un renvoi forcé vers l'Irak, Fahad K. est revenu en Suisse se réfugier.

Contrairement à la Suède, la Suisse, la France et Amnesty International sont opposés à tout renvoi forcé vers l'Irak vu la situation de violence généralisée qui persiste dans ce pays. Conformément à la position du Haut Commissariat aux Réfugiés, ils estiment que toutes les personnes originaires, comme Fahad K., du sud et du centre de l'Irak doivent obtenir le statut de réfugié ou une forme de protection subsidiaire. En Suisse, Fahad K. remplit donc parfaitement toutes les conditions légales lui permettant d’obtenir le statut de réfugié.

Pour Amnesty International, Fahad K. court un très grand danger et a quitté l’Irak avec des motifs d’asile solides. Il ressort de son dossier que les autorités suédoises n’ont pas tenu compte de la portée des risques que ce dernier encoure dans son pays comme ancien interprète de l’Armée américaine. La Suisse a la possibilité de corriger cette erreur en faisant recours à la clause de souveraineté qui permet aux Etats signataires de Dublin de se saisir en tout temps d’une demande d’asile et d’appliquer ses propres critères.

Je me permets de m’adresser à vous, Madame la Conseillère Fédérale, Monsieur le Directeur, compte tenu de l’urgence de la situation. Je souhaite que vous preniez toutes les mesures nécessaires pour protéger la vie de Fahad K. Je vous rappelle qu’il risque la torture et la mort dans son pays et que la Suisse ne saurait s’en laver les mains sans trahir profondément l’esprit des Conventions de Genève dont nous sommes les dépositaires.

Je vous prie d’agréer, Madame la Conseillère Fédérale, Monsieur le Directeur, mes salutations respectueuses.

Christian Brunier, ancien député socialiste - Genève